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Ciment : les ventes de Cimencam et Dangote reculent de 12,1 % au 1er trimestre 2026

(Investir au Cameroun) – Les ventes cumulées de Cimencam et Dangote Cement sur le marché camerounais ont reculé de 12,1 % au premier trimestre 2026, à 677 392 tonnes, contre 771 018 tonnes un an plus tôt. Ces deux opérateurs ont ainsi écoulé 93 626 tonnes de moins en l’espace d’un an, selon le rapport sur la conjoncture du Comité national économique et financier (CNEF).
Ce chiffre ne représente toutefois pas l’ensemble des ventes de ciment au Cameroun. Le rapport fournit ici des données détaillées sur Cimencam et Dangote, sans présenter les volumes des autres producteurs présents sur le marché. La baisse de 12,1 % doit donc être strictement ramenée à ce périmètre.
La production cumulée des deux entreprises a suivi la même tendance. Elle s’établit à 713 608 tonnes au premier trimestre 2026, contre 819 808 tonnes un an auparavant, soit une contraction de 13 %. Le volume de 2,96 millions de tonnes initialement présenté comme la production globale du trimestre ne correspond pas à la somme des données détaillées et ne peut être retenu en l’état.
Cimencam et Dangote reculent simultanément
Cimencam a produit 420 608 tonnes de ciment entre janvier et mars 2026, contre 461 808 tonnes au premier trimestre 2025, soit une baisse de 8,9 %. Ses ventes sur le marché camerounais ont diminué de 9,1 %, à 377 392 tonnes.
Chez Dangote Cement Cameroon, la production rapportée par le CNEF est passée de 358 000 à 293 000 tonnes, soit un recul de 18,2 %. Les ventes ont atteint 300 000 tonnes, contre environ 356 000 tonnes un an plus tôt.
Dans ses résultats officiels publiés le 29 avril 2026, le groupe Dangote Cement chiffre précisément cette baisse des ventes à 15,8 %. La société l’attribue à un ralentissement de l’activité de construction après l’élection présidentielle, aux retards dans les dépenses publiques et à une exécution moins rapide des projets d’infrastructures. Cette explication est celle de l’entreprise et ne permet pas, à elle seule, d’établir les causes du recul observé chez l’ensemble des producteurs.
La baisse simultanée des ventes et de la production peut en effet traduire plusieurs phénomènes : un ralentissement de la demande, une réduction des stocks, des contraintes de production ou une redistribution des parts de marché au profit d’autres cimentiers. Faute de données consolidées couvrant tous les opérateurs, il serait prématuré de conclure que le marché camerounais dans son ensemble s’est contracté de 12,1 %.
Des données d’exportation à réconcilier
Sur le même périmètre, le CNEF fait état de 46 681 tonnes expédiées à l’extérieur au premier trimestre 2026, contre 56 818 tonnes un an plus tôt, soit une baisse de 17,8 %. Cimencam concentre 46 381 tonnes de ces expéditions, contre seulement 300 tonnes pour Dangote.
Ces volumes doivent cependant être interprétés avec prudence. Pour l’ensemble de l’année 2025, le rapport sectoriel cité dans le texte initial mentionne 235 402 tonnes exportées par les deux entreprises. Or, la note officielle de l’Institut national de la statistique sur le commerce extérieur ne recense que 10 463 tonnes de ciment exportées par le Cameroun en 2025, contre 2 498 tonnes en 2024.
L’écart est trop important pour relever d’un simple arrondi. Il peut provenir de définitions différentes — ventes déclarées par les entreprises, expéditions régionales, données douanières ou inclusion éventuelle d’autres produits — mais aucune explication vérifiable n’est fournie à ce stade. Les 46 681 tonnes du CNEF ne doivent donc pas être présentées comme le total douanier des exportations camerounaises avant la réconciliation des deux sources.
Le recul observé chez Cimencam et Dangote intervient dans un secteur marqué par l’arrivée de nouveaux producteurs et par plusieurs annonces d’extension de capacités. Cette évolution renforce la pression concurrentielle, mais elle ne suffit pas à démontrer une saturation effective du marché. Il faudrait, pour cela, disposer des capacités réellement opérationnelles, de la production de tous les cimentiers, des volumes importés et de la consommation nationale actualisée.
À ce stade, la conclusion la plus solide est donc celle d’un affaiblissement simultané de deux opérateurs importants au premier trimestre 2026. Ce mouvement peut combiner ralentissement de la demande et pertes de parts de marché, sans que les données disponibles permettent encore d’en mesurer la contribution respective.
Amina Malloum
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Allocations familiales : 118 950 agents restent à recenser, aucune fraude encore établie

(Investir au Cameroun) – Le gouvernement camerounais n’a encore établi aucune fraude dans le fichier des allocations familiales, malgré les anomalies formelles relevées sur certains actes de naissance collectés auprès des agents publics. La phase d’authentification, qui devra permettre de distinguer les erreurs administratives des fausses déclarations, n’a pas encore commencé, a précisé la Direction générale du Budget lors d’un briefing organisé le 24 juillet 2026 à Yaoundé.
« Nous ne pouvons pas, à ce jour, dire que nous avons tel ou tel résultat. Nous avons des indices qui nous interrogent et qui nous amènent à approfondir l’analyse », a déclaré le directeur général du Budget. « Il ne faut pas aller vite en besogne. Il faut être certain de ce que l’on dit », a-t-il insisté.
Cette prudence intervient alors que la première phase de l’Opération d’audit des allocations familiales, menée du 25 juin au 15 juillet, n’a permis de recenser que 61 856 allocataires sur les 180 806 agents publics attendus. Le taux de couverture atteint ainsi 34,2 %, laissant 118 950 bénéficiaires à enregistrer pendant la deuxième et dernière phase, prévue du 25 juillet au 15 août.
Au total, 301 083 actes de naissance ont été collectés, soit 31,4 % des enfants concernés par l’opération.
Un rythme de recensement à presque doubler
Pour achever l’opération dans le délai annoncé, les équipes devront enregistrer en moyenne environ 5 407 agents par jour calendaire au cours de la seconde phase. Ce rythme est supérieur de 83,6 % à la moyenne quotidienne de la première phase, estimée à 2 946 allocataires.
L’administration a toutefois montré qu’elle pouvait dépasser ponctuellement ce niveau. Le 14 juillet, 7 723 agents ont été recensés en une seule journée. Près de 30 % de l’ensemble des dossiers ont par ailleurs été déposés pendant les trois derniers jours de la première phase.
Cette concentration tardive expose les équipes à une surcharge de travail, à un allongement des files d’attente et à un risque accru d’erreurs dans le traitement des dossiers. La Direction générale du Budget appelle donc les agents concernés à ne pas attendre les derniers jours pour se rendre dans les banques ou les Trésoreries générales de région.
« Notre objectif est de faire 100 %. C’est pour cela que nous appelons ceux qui ne se sont pas encore fait recenser à le faire », a déclaré le responsable. Des sites supplémentaires ont été ouverts dans certaines administrations de Yaoundé afin de rapprocher les équipes de collecte des bénéficiaires.
La région du Centre accuse le plus grand retard
La mobilisation apparaît particulièrement faible dans la région du Centre. Les équipes qui y sont déployées ont enregistré un taux moyen de réalisation d’environ 15,9 %, contre 59,3 % hors de cette région, selon les données présentées lors du briefing.
Ces taux semblent toutefois correspondre à des moyennes par équipe ou par site de collecte. En l’absence de précisions sur les populations de référence utilisées, ils ne permettent pas de comparer directement le nombre d’agents enregistrés dans le Centre à celui recensé dans le reste du pays.
Le retard du Centre est d’autant plus préoccupant que cette région abrite Yaoundé et concentre une part importante des administrations centrales et des agents publics. Le ministère des Finances annonce une communication plus ciblée dans les services publics, les banques, les médias et sur les plateformes numériques.
La deuxième phase est présentée comme la dernière possibilité offerte aux bénéficiaires qui n’ont pas participé à la première de régulariser leur situation. La date butoir du 15 août 2026 reste, à ce stade, inchangée.
Des anomalies qui doivent encore être authentifiées
Les premières vérifications ont révélé des actes de naissance ne comportant pas le nom de la mère, de numéro de série ou de date de délivrance. D’autres documents présenteraient des informations incomplètes ou des discordances concernant les centres d’état civil qui les auraient délivrés.
La Direction générale du Budget souligne cependant que ces irrégularités formelles ne constituent encore que des signaux d’alerte. Un document incomplet ou comportant une erreur matérielle ne peut être déclaré faux avant sa confrontation avec les registres du centre d’état civil concerné.
« Vous pouvez prendre un élément pour irrégulier, mais, au moment de l’authentifier, vous vous rendez compte qu’il est régulier », a expliqué le directeur général du Budget. La prochaine étape consistera donc à vérifier les actes auprès des centres d’état civil et à croiser les informations recueillies.
Après le 15 août, les allocations versées au titre des enfants non recensés seront retirées du fichier de la solde jusqu’à la clarification de leur situation. En cas de fraude, de fausse déclaration ou de perception indue formellement établie, l’État prévoit de récupérer les sommes versées. Les modalités de ce recouvrement doivent encore être précisées.
« Notre objectif n’est pas de sanctionner les agents de bonne foi, mais de faire respecter la légalité, de protéger les droits réguliers et de mettre fin aux paiements injustifiés », a assuré le responsable. L’opération concerne uniquement les agents publics en activité. Les pensionnés en sont exclus.
Une enveloppe passée de 21 à 38 milliards de FCFA
L’audit intervient après une progression rapide des inscriptions dans le fichier de la solde. Selon le ministère des Finances, le nombre d’enfants déclarés est passé de 594 728 en juin 2024 à 923 307 en mars 2026, soit une augmentation de 55,3 % en 21 mois.
Dans le même temps, l’enveloppe consacrée aux allocations familiales serait passée de 21 à 38 milliards de FCFA en moins de cinq ans, soit une hausse d’environ 81 %.
Ces 38 milliards de FCFA correspondent toutefois au montant de l’enveloppe budgétaire, et non aux économies déjà identifiées grâce à l’audit. Le gouvernement affirme ne pas encore être en mesure de chiffrer les pertes imputables à d’éventuels paiements irréguliers.
« Nous ne pouvons pas dire, à ce stade, que nous perdons ceci ou cela. Nous faisons l’opération et nous allons donner les chiffres à la fin », a indiqué le directeur général du Budget.
L’enjeu de la deuxième phase sera donc double : recenser les 118 950 agents encore absents du dispositif et authentifier les documents collectés avant de déterminer si la forte progression des dépenses résulte d’une évolution normale des droits, d’erreurs administratives ou de fraudes effectivement constituées.
Ludovic Amara
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