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Produits pétroliers : Comment la SNH a privé la SCDP d’une partie de ses recettes sur le GPL

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Produits pétroliers : Comment la SNH a privé la SCDP d’une partie de ses recettes sur le GPL
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La progression du chiffre d’affaires de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) n’a donc pas empêché l’apparition d’un manque à gagner sur une activité relevant de son cœur de métier. Selon le rapport d’audit de la Chambre des comptes de la Cour suprême portant sur la période 2018-2023, le retrait progressif de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du circuit de stockage de la SCDP a privé cette entreprise publique d’une partie des revenus générés par le gaz de pétrole liquéfié.

Depuis 1979, la SCDP assure le stockage et la distribution des produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national. Dans le cadre de cette organisation, la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) lui a confié, à travers deux contrats de gestion, l’exploitation des centres emplisseurs de GPL de Bertoua et de Maroua, construits une vingtaine d’années plus tôt. En avril 2018, la SCDP commence également à réceptionner les cargaisons de GPL produites par l’unité flottante de Bipaga, au large de Kribi. D’après les projections de la SNH et de Perenco, rappelées dans le rapport d’audit, cette installation, officiellement entrée en exploitation en mars 2018, devait produire 30 000 tonnes de gaz domestique par an.

La situation évolue toutefois après la transformation de la SNH en société à capital public. Le rapport de la Chambre des comptes rappelle que le décret du 9 juillet 2019 confie désormais à cette entreprise la mission de « réaliser tous travaux et toutes opérations relatifs à la prospection, l’exploration, la production, le traitement, le transport, le stockage, la commercialisation, le trading et la distribution des hydrocarbures liquides et gazeux, ainsi que de leurs produits dérivés ou connexes ; de réaliser (conception, ingénierie, financement, construction), d’acquérir et d’exploiter des infrastructures de production, de traitement, de transport, de stockage et de distribution d’hydrocarbures liquides et gazeux ».

Cette évolution réglementaire marque un tournant. La SNH cesse progressivement de faire transiter la production de Bipaga par les dépôts de la SCDP. Aux yeux de la Chambre des comptes, elle devient ainsi concurrente de l’entreprise historiquement chargée du stockage des produits pétroliers.

DES VOLUMES DEVENUS MARGINAUX

Le rapport d’activités 2021 de la SCDP, cité par la Chambre des comptes, mesure les effets de cette évolution sur les flux de GPL. Il indique qu’« en ce qui concerne le GPL, la SCDP a reçu 134 471 TM au cours de l’année 2021 contre 125 410 TM en 2020, soit une hausse de 7,23 %, dont 133 966 TM par caboteurs en 2021 contre 123 610 TM en 2020, soit une hausse de 8,38 %. En revanche, 505 TM seulement provenaient de Bipaga en 2021 contre 1 800 TM en 2020, soit une baisse de 71,94 %, qui s’explique par des enlèvements ex-Bipaga ne transitant pas par les dépôts de la SCDP ».

Le même document ajoute que « depuis la mise en service du dépôt SNH de Bipaga en avril 2018, le volume transitant par la SCDP est passé de 38 % à 1 % de la production, soit 505 TM réceptionnées sur les 35 447 TM produites en 2021. Cette situation crée un énorme manque à gagner pour la SCDP, du fait de la non-perception des frais liés au stockage et à l’emplissage ». Interrogé sur cette question, le ministère de l’Eau et de l’Énergie a indiqué, selon la Chambre des comptes, que le dossier est connu de ses services et qu’il est en cours d’examen par les hautes instances de la République.

Pour sa part, la Chambre des comptes estime que « la poursuite de cette tendance est susceptible de déposséder la SCDP de sa raison d’être, la SNH pouvant contrôler elle-même toute la chaîne des hydrocarbures liquides et gazeux, depuis leur exploration jusqu’à leur distribution-commercialisation ». Elle recommande ainsi au gouvernement de clarifier les responsabilités respectives de la SNH et de la SCDP en matière de transport, de stockage et de distribution des hydrocarbures liquides et gazeux, tout en garantissant à la SCDP la perception des droits de passage sur l’ensemble du territoire.

Cette évolution intervient pourtant dans un contexte de progression des performances commerciales de la SCDP. Les données reprises dans le rapport d’audit montrent que son chiffre d’affaires est passé de 16,76 milliards de FCFA en 2018 à 25,69 milliards en 2023, soit une hausse de 53,32 %.

Cette progression s’explique principalement par l’augmentation des volumes de produits liquides stockés et par la revalorisation de 2 FCFA du droit de passage, lequel représente en moyenne 74 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Ces deux facteurs ont ainsi permis de compenser, sur la période examinée, une partie des recettes que la SCDP n’a plus perçues au titre des activités de stockage et d’emplissage du GPL en provenance de Bipaga.

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Crise : Kousséri à feu et à sang

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Crise : Kousséri à feu et à sang
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Un individu, menottes aux poignets, se bat contre des éléments de la police à l’arrière d’un pick-up. Il veut descendre du véhicule. Une foule éparse veut intervenir, mais ne peut s’approcher de plus près. «Laissez-le ! Laissez-le !», entend-on. Quelques courageux prennent le risque de se rapprocher de plus près. La menace devient de plus en plus grande. Entre le « délinquant » arrêté et la foule, les éléments des Esir (corps d’élite de la police, Ndlr) doivent choisir en une fraction de seconde.

L’homme menotté est désormais accroché au bord du véhicule qui se met progressivement en mouvement, suivi d’un autre pick-up de la police. Puis l’on entend deux détonations. L’homme arrêté se retrouve au sol, le menton béant. Du sang coule à flot, alors que le jeune homme se bat contre la mort, criant son mal à gorge déployée. La foule surexcitée crie vengeance.

Les images circulent en boucle sur les réseaux sociaux depuis les premières heures de ce 23 juillet 2026. Témoignant ainsi des tensions annoncées dans la nuit dans la ville de Kousseri, chef-lieu du département du Logone et Chari. Des sources concordantes parlent de deux morts, et un véhicule de la police incendié.

Selon des sources concordantes, tout est parti d’une opération d’arrestation de « fumeurs » de drogue dans un quartier de la ville de Kousseri la veille. La police aurait affronté la résistance des « délinquants », et a usé des armes à feu, tuant deux personnes. Ce qui a provoqué la colère des jeunes de cette ville. Lesquels s’en sont pris aux éléments des Esir qui ont mené l’opération. Dépassé par l’ampleur des événements, les hommes en ténue ont pris la poudre d’escampette, abandonnant leur véhicule que les émeutiers ont brulée. De la journée, des renforts sont intervenus, alors que les autorités et des élites locales tentent de calmer la situation.

La ville de Kousséri et même l’ensemble du département du Logone et Chari, sont réputées être des villes instables. Les tensions intercommunautaires y sont légion, tout comme les guerres entre éleveurs et agriculteurs. Ajouté à cela, la secte terroriste Boko Haram joue sa partition, semant trouble et désolation dans une contrée très enclavée. En février 2025, ce sont des élus du Rdpc, parti au pouvoir, qui avaient pris à partie Ferdinand Ngoh Ngoh le secrétaire général de la présidence de la République venu s’en quérir de la situation sociale des populations. L’homme qui avait snobé les élus locaux, a été contraint de passer la nuit à Kousseri, le temps de s’entretenir avec ces derniers qui tenaient à lui transmettre (à l’intention du président de la République dont il était présenté comme l’émissaire) le mal-être des populations de l’Extrême-Nord en général, et du Logone et Chari en particulier. C’est dire si dans ce coin aux mille problèmes, toute étincelle est susceptible d’embraser.

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Port de Limbe : le Cameroun en discussions avec le groupe suisse TIL

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Port de Limbe : le Cameroun en discussions avec le groupe suisse TIL
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Le Cameroun cherche un partenaire pour accompagner le développement du port en eau profonde de Limbé. Le 15 juillet 2026, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a reçu à Yaoundé une délégation de Terminal Investment Limited (TIL), société suisse spécialisée dans le développement, l’acquisition et l’exploitation de terminaux à conteneurs. Conduite par David El-Bez, directeur Atlantique Est et Afrique de TIL, et accompagnée de l’ambassadeur de Suisse au Cameroun, la délégation est venue répondre à une invitation des autorités camerounaises afin d’examiner les possibilités de participation du groupe au projet.

Dans le communiqué publié à l’issue de l’audience, le gouvernement rapporte que l’entreprise entend mettre au service du Cameroun « une expertise de classe mondiale, les meilleures pratiques internationales ainsi que le réseau maritime mondial du groupe Mediterranean Shipping Company (MSC) afin d’accompagner l’ambition du Cameroun de renforcer sa position de principale porte d’entrée maritime et logistique de l’Afrique centrale ».

Devant la presse, David El-Bez a confirmé la nature des discussions. « Nous sommes venus à l’invitation des autorités camerounaises afin d’examiner les possibilités de développement du port en eau profonde de Limbé. Après cette réunion avec le Premier ministre, nous allons travailler avec les autorités camerounaises afin de déterminer ce que nous pouvons proposer comme activités de développement pour le port en eau profonde de Limbé », a-t-il déclaré.

À ce stade, aucune attribution de marché ni aucun engagement d’investissement n’ont été annoncés. Les discussions portent sur les possibilités de développement de cette infrastructure, dont le gouvernement poursuit la préparation.

UN PROJET RELANCÉ APRÈS L’ACTUALISATION DES ÉTUDES

Cette rencontre intervient quelques semaines après une réunion présidée le 18 juin 2026 par le Premier ministre avec les administrations concernées afin d’examiner les modalités de mise en œuvre du projet à partir de l’étude de faisabilité actualisée. Le dossier remonte à plusieurs années. Une actualisation des études avait été confiée à un cabinet international en 2019. Le processus avait été interrompu en 2020 à cause de la pandémie de Covid-19 avant de reprendre en 2021 et de s’achever en 2022.

Le coût du projet est évalué à plus de 400 milliards de FCFA. Un tel investissement suppose la mobilisation de partenaires privés et de financements adaptés. Les autorités devront également définir les modalités d’exploitation ainsi que les infrastructures d’accompagnement, notamment les accès routiers, les connexions ferroviaires, les installations logistiques, l’alimentation électrique et les dispositifs douaniers.

Le futur port viendrait compléter le dispositif portuaire camerounais aux côtés de Douala et de Kribi. Implanté dans le Sud-Ouest, à proximité du Nigeria, il pourrait renforcer les échanges avec ce marché tout en diversifiant les capacités portuaires du pays. TIL n’arrive pas en terrain inconnu. À travers MSC, le groupe est déjà présent dans l’environnement portuaire camerounais avec des activités liées aux ports de Douala et de Kribi. Il intervient également dans le secteur logistique au Cameroun à travers des projets associés à Camrail.

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Santé publique : le gouvernement prépare les États généraux de la santé pour fin 2026

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Santé publique : le gouvernement prépare les États généraux de la santé pour fin 2026
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Le ministère de la Santé publique poursuit ainsi les préparatifs de cette vaste concertation nationale. Le 20 juillet 2026, le conseiller technique n°1 a présidé une première réunion rassemblant les responsables des services centraux ainsi que les partenaires techniques et financiers afin d’arrêter les bases organisationnelles de cet événement. Même si selon différentes sources les autorités les États généraux se tiendront avant la fin de l’année, aucune date officielle n’a encore été communiquée.

Selon le communiqué du ministère, « l’objectif de cette rencontre était d’entériner les termes de référence de cette activité majeure du secteur de la santé. Spécifiquement, les participants ont revisité les axes thématiques, au nombre de huit, décliné la démarche organisationnelle de cet événement, examiné le format des différentes concertations, validé les parties prenantes et mis un cap sur les prochaines étapes ». Les échanges ont également permis d’améliorer le document préparatoire.

Le ministère précise que « quelques amendements ont été apportés. Il s’agit, entre autres, de la reformulation des objectifs et des résultats avec une projection à long terme, de la prise en compte de la diaspora et d’autres acteurs dans les différents niveaux de concertation, ainsi que de la reformulation et de la consolidation de certains axes thématiques ». Les prochaines étapes comprendront un atelier de cadrage méthodologique, une réunion consacrée au budget de l’opération ainsi qu’une rencontre d’information officielle qui marquera le lancement des travaux.

UNE CONSULTATION NATIONALE POUR REDÉFINIR LES PRIORITÉS DU SECTEUR

L’organisation de ces États généraux intervient dans un contexte où le système de santé camerounais demeure confronté à de nombreux défis structurels, malgré les réformes engagées ces dernières années. L’un des principaux enjeux reste le poids élevé des dépenses supportées directement par les ménages. Selon les données de 2018- 2019, les paiements directs représentaient encore environ 72 % des dépenses courantes de santé, traduisant une forte dépendance des populations au financement individuel des soins.

Les disparités d’accès aux services de santé entre les zones urbaines et rurales persistent par ailleurs, tandis que la gouvernance des données sanitaires figure toujours parmi les faiblesses du système. Les défis concernent également le financement public de la santé. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les dépenses publiques de santé ne représentent que 2,9 % des dépenses totales de l’État, un niveau largement inférieur à l’objectif de 15 % fixé par la Déclaration d’Abuja. En 2023, les dépenses de santé correspondaient à 4,6 % du produit intérieur brut (PIB), soit environ 79,1 dollars par habitant.

À ces contraintes financières s’ajoute un déficit important en ressources humaines. Selon les données de l’OMS pour 2022, le Cameroun compte seulement 1,36 médecin, 6,59 infirmiers et sage-femmes, 0,22 pharmacien et 0,12 dentiste pour 10 000 habitants. Cette insuffisance est aggravée par une forte concentration des professionnels de santé dans les grands centres urbains, au détriment des zones rurales. Les infrastructures hospitalières demeurent également confrontées à de multiples difficultés, notamment des plateaux techniques vieillissants, des ruptures récurrentes de médicaments, un déficit d’équipements modernes et des problèmes de maintenance.

Les hôpitaux de référence de Yaoundé et de Douala continuent ainsi d’accueillir une grande partie des cas complexes provenant de l’ensemble du pays. Sur le plan épidémiologique, le Cameroun fait face à un double fardeau sanitaire. Les maladies transmissibles, telles que le paludisme, le VIH/sida et la tuberculose, restent fortement présentes, tandis que les maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, les cancers et l’insuffisance rénale, progressent régulièrement. Le paludisme demeure la première cause de consultation et d’hospitalisation, en particulier chez les enfants.

Malgré ces difficultés, plusieurs avancées sont enregistrées. Les pouvoirs publics poursuivent notamment la construction et la modernisation des hôpitaux de référence afin de doter progressivement chacune des dix régions d’au moins une infrastructure hospitalière de haut niveau. En parallèle, le déploiement de la Couverture santé universelle (CSU), lancée en avril 2023, se poursuit.

Selon le ministère de la Santé publique, plus de 5,8 millions de Camerounais ont été pré-enrôlés et 4,6 millions sont effectivement enregistrés, soit un taux d’inscription de 81 %. Le dispositif couvre déjà environ 68 % des enfants de moins de cinq ans et 86 % des personnes vivant avec le VIH. En juin 2026, les autorités indiquaient que plus de 9 millions de Camerounais avaient bénéficié d’au moins une prestation liée à cette réforme, notamment la gratuité de certains soins maternels et néonatals, la prise en charge du VIH, les interventions contre le paludisme ainsi que l’extension des services de dialyse.

À travers ces États généraux, les autorités entendent établir un état des lieux exhaustif du système de santé afin de définir les réformes prioritaires pour les prochaines années. Les travaux devraient déboucher sur des recommandations portant notamment sur l’amélioration de la gouvernance, le renforcement des soins de santé primaires, le financement du secteur, l’accélération de la Couverture santé universelle, le développement des ressources humaines, la modernisation des infrastructures et des équipements, ainsi que le renforcement des systèmes d’information sanitaire. Ces recommandations sont appelées à constituer le socle de la future Stratégie nationale de santé 2026-2030.

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