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CEMAC : la CDEC conteste la supervision de la COBAC et rappelle son recours devant la Cour de justice

(Investir au Cameroun) – La Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (CDEC) réaffirme son opposition au règlement communautaire soumettant certaines activités des caisses de dépôts à la supervision de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Dans une mise au point publiée après un article deCameroon Tribunedaté du 15 juillet 2026, l’établissement public rappelle que ce texte, adopté en 2025, fait l’objet d’un recours en annulation devant la Cour de justice communautaire de la CEMAC, à N’Djamena.
La réaction vise un article intitulé « Activités des Caisses de dépôts et consignations : les conditions d’exercice fixées ». Le quotidien public y présente les nouvelles règles applicables aux caisses de dépôts de la sous-région, notamment la qualification de certaines de leurs activités comme opérations de banque et leur placement sous le contrôle de la COBAC.
Selon cette présentation, le régulateur bancaire serait habilité à encadrer leur gouvernance, leurs modes d’administration et de gestion, ainsi que les conditions d’exercice de leurs dirigeants. Il pourrait également exiger les informations nécessaires à ses contrôles et prononcer des sanctions en cas de manquement aux prescriptions communautaires.
La CDEC ne conteste pas seulement la portée du dispositif. Elle remet d’abord en cause la chronologie retenue.
Un règlement adopté en juillet 2025, et non en 2026
La CDEC affirme qu’aucune session du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale consacrée à ce règlement ne s’est tenue à Malabo en juillet 2026.
« La réunion du Comité ministériel de l’UMAC suscitée ne se serait jamais tenue au courant du mois de juillet de l’année en cours à Malabo et, d’autre part, le règlement prétendument adopté est en réalité celui de 2025 », écrit son directeur général, Richard Evina Obam.
Le texte concerné est le règlement n° 1/25/CEMAC/UMAC/CM/COBAC du 12 juillet 2025, relatif aux conditions d’exercice et à la supervision de l’activité des caisses de dépôts et consignations dans la CEMAC.
La mise au point vise donc à corriger une ambiguïté susceptible de faire croire à l’adoption récente d’un nouveau texte. Le règlement existe depuis un an. Mais sa légalité et son applicabilité aux activités de la CDEC restent contestées par l’établissement camerounais.
Cette clarification chronologique ne modifie pas le fond du différend. La CDEC rejette toujours l’assimilation de ses missions de consignation, de gestion des dépôts réglementés et de conservation des avoirs en déshérence à des opérations bancaires soumises à la COBAC.
Un recours en annulation toujours pendant
La CDEC indique avoir saisi la Cour de justice communautaire de la CEMAC afin d’obtenir l’annulation du règlement de juillet 2025.
« Le règlement prétendument adopté est en réalité celui de 2025, faisant actuellement l’objet d’un recours en annulation engagé par la CDEC devant la Cour de justice communautaire à N’Djamena », précise Richard Evina Obam.
L’existence de ce recours ne suspend pas automatiquement le texte et ne signifie pas qu’il a déjà été invalidé. En l’absence d’une décision définitive rendue publique, le règlement demeure en vigueur, tandis que les arguments de la CDEC restent ceux d’une partie au contentieux.
Le litige porte principalement sur l’étendue des compétences de la COBAC. Le règlement communautaire considère que certaines opérations effectuées par les caisses de dépôts relèvent de la réglementation bancaire issue de la convention du 17 janvier 1992 portant harmonisation de la réglementation bancaire dans les États d’Afrique centrale.
La CDEC défend une lecture inverse. Elle estime que les ressources qu’elle reçoit ne sont pas des dépôts librement collectés auprès du public, comme ceux d’une banque commerciale, mais des fonds qui lui sont confiés en application de dispositions législatives ou réglementaires.
Il s’agit notamment des consignations, des dépôts réglementés et des avoirs en déshérence. Pour la Caisse, leur origine juridique et leur mode de transfert excluent leur assimilation automatique à des ressources bancaires ordinaires.
La CDEC revendique son statut de comptable public
Au cœur du différend se trouve la nature juridique de l’établissement. La CDEC soutient qu’elle ne peut être traitée comme un établissement de crédit classique.
« Elle reste un établissement public de nature particulière, régi par l’ordre juridique interne », affirme son directeur général.
Créée par la loi camerounaise du 14 avril 2008, la CDEC a pour mission de recevoir, conserver et gérer les dépôts et consignations prévus par les textes. Elle est également appelée à mobiliser des ressources de long terme susceptibles de financer l’économie et certaines politiques publiques.
Richard Evina Obam estime que ces missions lui confèrent un statut distinct de celui des banques.« Elle exerce les fonctions de comptable public maniant des deniers publics et privés réglementés ; de ce fait, [elle est] exclue de la supervision de la Commission bancaire conformément à l’article 11 de l’annexe à la convention du 17 janvier 1992 visant à harmoniser la réglementation bancaire en Afrique centrale », soutient-il.
C’est précisément cette interprétation que remet en cause le règlement de l’UMAC. Celui-ci soumet les caisses à la surveillance de la COBAC lorsqu’elles exercent des activités qualifiées d’opérations de banque, tout en leur accordant certaines dérogations par rapport au régime applicable aux établissements de crédit.
Les caisses ne seraient notamment pas contraintes d’adopter la forme d’une société anonyme avec conseil d’administration. Pour la CDEC, ces dérogations ne règlent toutefois pas la question centrale : celle de savoir si une norme bancaire communautaire peut requalifier en opérations bancaires des missions de service public attribuées par la loi à un comptable public.
Un bras de fer juridique, réglementaire et institutionnel
La mise au point intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la CDEC et le régulateur bancaire régional. En juin 2026, l’établissement camerounais avait déjà refusé de participer à une consultation lancée par la COBAC sur des projets de textes relatifs à la gouvernance et au contrôle interne des caisses de dépôts de la CEMAC.
Le désaccord se joue désormais sur trois terrains.
Le premier est judiciaire, avec le recours en annulation pendant devant la Cour de justice communautaire. Le deuxième est réglementaire, autour des textes d’application préparés par la COBAC. Le troisième est institutionnel, la CDEC cherchant à préserver son statut d’instrument financier de l’État, distinct du secteur bancaire traditionnel.
L’enjeu dépasse le seul cas camerounais. Une validation du règlement par la Cour renforcerait la capacité de la COBAC à contrôler les activités, la gouvernance et les dirigeants des caisses de dépôts dans l’ensemble de la sous-région.
À l’inverse, une annulation obligerait les autorités communautaires à revoir le fondement juridique et l’architecture du dispositif retenu pour encadrer ces institutions.
En attendant la décision du juge, la CDEC cherche surtout à empêcher que la réforme soit présentée comme récente, incontestée ou définitivement acquise. Le règlement a bien été adopté en 2025, mais son application aux caisses de dépôts demeure au cœur d’un contentieux susceptible de redéfinir le partage des compétences entre les États et le régulateur bancaire communautaire.
Baudouin Enama
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le maire de Makary fait le lien avec l’arrestation d’un présumé ravitailleur de Boko Haram

Le village Madegoua, situé à environ 9 km de Makary, dans le département du Logone-et-Chari, a été pris pour cible dans la nuit du mercredi au jeudi 17 septembre 2026.
Selon le maire de la commune de Makary, Agbassi Adoum, joint au téléphone par le journaliste Jean Charles Biyo’o Ella, il est fort probable que l’attaque de Madegoua survenue vers 2 h du matin ce 17 septembre et qui a coûté la vie à 13 personnes, toutes inhumées ce matin, soit une opération de représailles !
Tôt ce jeudi vers 2 h du matin, alors que les habitants dormaient, une escouade d’hommes armés a fait irruption dans la localité. Les premiers tirs ont brutalement réveillé les populations. Les assaillants ont alors ouvert le feu sur plusieurs habitants, faisant treize morts et plusieurs blessés.
Des enfants auraient également été enlevés au cours de cette incursion, selon la même source. Le nombre exact des personnes kidnappées reste toutefois à établir.
Pour le maire de Makary, cette attaque pourrait être liée à une opération de représailles. L’édile fait le rapprochement avec l’arrestation, le 9 août dernier, d’un homme présenté comme un présumé ravitailleur de Boko Haram. Le suspect, domicilié à Ngouma, avait été interpellé à Dougoum-Silo, dans l’arrondissement de Hilé-Alifa, avec une importante cargaison de munitions.
Selon les éléments rendus publics à l’époque par la Gendarmerie nationale, les forces de l’ordre avaient découvert 7 412 munitions de calibre 7,62 × 39 millimètres, dissimulées dans trois bidons. Le suspect avait ensuite été conduit à l’état-major de la compagnie de gendarmerie de Makary pour les besoins de l’enquête.
Pour le maire, l’homme avait été dénoncé par des habitants avant son interpellation. L’attaque de Madégoua, survenue tôt ce matin, serait donc, selon lui, une vengeance contre une population accusée d’avoir contribué à son arrestation. Une hypothèse qui reste, à ce stade, à confirmer par les autorités sécuritaires et judiciaires.
Cette nouvelle attaque rappelle l’incursion menée en juin dernier à Afadé, autre localité de l’arrondissement de Makary. Des hommes armés avaient alors fait irruption de nuit au palais du sultan et enlevé plusieurs personnes, parmi lesquelles deux filles du chef traditionnel, âgées de cinq et quatorze ans.
À Madégoua, l’heure est désormais au deuil et à l’inquiétude. Dans cette partie du Logone-et-Chari, les populations restent exposées aux incursions nocturnes, aux enlèvements et aux attaques attribués aux groupes armés actifs autour du bassin du lac Tchad.
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Logone-et-Chari : 13 morts dans une attaque à Madegoua
Le village de Madegoua, situé à environ 9 km de Makary, dans le département du Logone-et-Chari, a été attaqué dans la nuit du mercredi au […]
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Willy Mengue attaqué par Mamadou Mota après sa défaite judiciaire face au MRC

L’ancien premier vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Yacouba Mota, a vivement réagi à la décision du Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou dans l’affaire opposant le parti à trois de ses anciens militants, dont Willy Mengue.
Dans un texte publié sur les réseaux sociaux, M. Mota s’en prend particulièrement à Willy Mengue, qu’il accuse d’avoir choisi la voie judiciaire pour contester le fonctionnement interne du MRC.
« Le cas d’école Willy Mengue », écrit-il en ouverture, avant de dénoncer ce qu’il présente comme une démarche contraire, selon lui, au combat politique mené par le parti.
Le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou s’est déclaré, jeudi, incompétent pour examiner en référé la demande introduite par Willy Mengue, Kamegne Georgette Laure, dite Laure Noutchang, et Sébastien Mbala Wouria II. Les trois requérants sollicitaient notamment la désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc chargé de « normaliser » le fonctionnement du MRC.
Lire la sortie de Mamadou Mota :
« De l’art d’être le dindon d’une farce tragique : le cas d’école Willy Mengue.
Mes chers amis, s’il y a bien une leçon à tirer des soubresauts politiques qui agitent notre scène nationale, c’est que le ridicule possède désormais ses propres professionnels. Pour comprendre la dernière sortie numérique de Monsieur Willy Mengue, il convient d’abord de rappeler le décor. Nous ne sommes pas dans une démocratie scandinave où l’on débat du budget autour d’un thé. Nous sommes au Cameroun, un pays où faire de l’opposition et en particulier au MRC s’apparente à une discipline de haute voltige sans filet.
L’acharnement du régime de Yaoundé n’est plus une tactique, c’est une seconde nature. Arrestations arbitraires, interdictions systématiques, diabolisation médiatique : l’appareil d’État déploie un zèle kafkaïen pour étouffer le moindre souffle de dissidence. Et c’est précisément au milieu de cette tempête, alors que ses anciens camarades font face aux vents contraires avec un courage qui force le respect, que Monsieur Willy Mengue a eu cette illumination magistrale : traîner son propre parti en justice. Quelle audace. Quelle vision stratégique.
Malheureusement pour lui, son plan s’est fracassé sur un écueil prévisible : la justice s’est déclarée incompétente. Traduction politique : circulez, il n’y a rien à voir.
En renvoyant ce plaignant égaré à ses chères études, le tribunal n’a pas seulement douché ses ambitions de grandeur ; il a involontairement privé le MINAT d’un hochet qu’il s’apprêtait à agiter avec gourmandise pour déstabiliser l’opposition. Mais le summum de l’art dramatique est atteint lorsque l’intéressé se répand sur Facebook, la mine défaite, en écrivant : « Quelle triste nouvelle pour le MRC ». Voyez-vous cela.
Monsieur joue les Tartuffes de la démocratie. Il feint de pleurer sur le sort d’un parti qu’il a lui-même tenté de saboter. La vérité, c’est que la triste nouvelle n’est que pour lui, et pour cette cohorte d’opportunistes qui n’ont jamais compris la gravité de la tâche qui leur incombait. Ils ont confondu le combat pour la liberté avec une vulgaire querelle d’arrière-boutique, jouant avec une constance touchante le rôle d’idiots utiles pour un régime qui n’en demandait pas tant. Heureusement, face à ce vaudeville juridico-politique, il restait des adultes dans la pièce.
Je tiens à saluer le collectif Souop Sylvain. Votre patience face à l’absurde, votre abnégation et votre rigueur ont agi comme un puissant révélateur. Vous avez démontré que face aux marionnettes et aux maîtres du cynisme d’État, la droiture et la constance restent les seules boussoles. Les masques sont tombés, et le spectacle est terminé.
Mamadou Mota
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