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Budget 2026 : le Cameroun mobilise seulement 61% de ses ressources attendues à fin mars, plombé par les emprunts et dons

(Investir au Cameroun) – Entre janvier et mars 2026, le gouvernement camerounais a mobilisé environ 1 331,7 milliards de FCFA de ressources budgétaires sur un objectif trimestriel de 2 181 milliards de FCFA. Ces données révèlent un écart de près de 850 milliards de FCFA, correspondant à un taux de réalisation de 61%. Elles sont contenues dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029, élaboré par le ministère des Finances (Minfi) en prélude au Débat d’orientation budgétaire (DOB) à l’Assemblée nationale.
Les emprunts et dons concentrent l’essentiel du retard
Le Minfi explique cette « sous-performance » par la faible mobilisation à la fois des recettes internes, des emprunts et des dons. Mais le détail des chiffres montre que le principal décrochage provient surtout des emprunts et dons, réalisés à seulement 16,6% de l’objectif fixé pour le premier trimestre 2026.« Le taux de réalisation des emprunts et dons est de 16,6% par rapport aux 827,7 milliards d’objectif du premier trimestre », apprend-on dans le document.
Concrètement, sur une prévision trimestrielle de 827,7 milliards de FCFA, les emprunts et dons effectivement mobilisés par le gouvernement camerounais entre janvier et mars 2026 se sont limités à 137,5 milliards de FCFA, contre 327,6 milliards un an plus tôt. Cela représente une chute de 190,1 milliards de FCFA en glissement annuel, soit un recul de 58%.
Dans le détail, les prêts projets se sont établis à 39,4 milliards de FCFA sur une prévision de 206,7 milliards, soit un taux de réalisation de 19%. Les dons, eux, n’ont atteint que 0,1 milliard de FCFA sur les 18,5 milliards attendus. Les appuis budgétaires et les autres emprunts n’ont enregistré aucun décaissement à fin mars, alors qu’ils étaient respectivement attendus à hauteur de 66,1 milliards et 376,5 milliards de FCFA.
À l’inverse, les émissions de titres publics ont mieux résisté. Le Trésor public a mobilisé 98 milliards de FCFA sur le marché des titres, dont 50,3 milliards en Obligations du Trésor assimilables (OTA) et 47,7 milliards en Bons du Trésor assimilables (BTA) de 52 semaines. Ce montant est en hausse de 13,6 milliards de FCFA par rapport à la même période en 2025, soit une progression de 16,2%.
Les recettes internes résistent mieux que les financements
Bien qu’en retrait par rapport aux objectifs, la mobilisation des recettes internes apparaît beaucoup plus vigoureuse que celle des emprunts et dons. À fin mars 2026, les recettes internes recouvrées se sont établies à 1 193,9 milliards de FCFA, pour un objectif trimestriel de 1 353,3 milliards, soit un taux de réalisation de 88,2%. Elles accusent toutefois une légère baisse de 22,6 milliards de FCFA, soit -1,9%, par rapport aux 1 216,5 milliards collectés à fin mars 2025.
Cette baisse est principalement portée par les recettes pétrolières. À fin mars 2026, celles-ci sont ressorties à 106,6 milliards de FCFA, contre une prévision de 130,9 milliards, soit un taux de réalisation de 81,4%. En glissement annuel, elles reculent de 56,5 milliards de FCFA, soit -34,6%, par rapport à fin mars 2025. Cette contreperformance s’explique, selon le gouvernement,« essentiellement du fait de la baisse de la production de pétrole, qui a annihilé l’effet de la flambée des cours mondiaux du pétrole induite par le conflit au Moyen-Orient ».
Les recettes non pétrolières, elles, progressent malgré le retard par rapport aux prévisions. Elles passent de 1 053,5 milliards de FCFA à fin mars 2025 à 1 087,4 milliards à fin mars 2026, soit une hausse de 33,8 milliards de FCFA (+3,2%). Par rapport aux 1 222,4 milliards attendus sur la période, elles affichent un taux de réalisation de 89%.
Cette dynamique est notamment portée par les recettes fiscales, qui atteignent 1 040,1 milliards de FCFA sur une prévision de 1 122,4 milliards, soit un taux de réalisation de 92,7%. Les recettes des impôts et taxes s’élèvent à 779,2 milliards de FCFA, tandis que les recettes douanières ressortent à 260,9 milliards. Les recettes non fiscales restent, en revanche, nettement en retrait, avec 47,3 milliards mobilisés sur une prévision de 100 milliards, soit un taux de réalisation de 47,3%.
L’exécution budgétaire ralentit aussi côté dépenses
Ce retard de mobilisation des ressources intervient dans un contexte d’exécution budgétaire également ralentie. Selon le même document, les dépenses budgétaires totales ordonnancées à fin mars 2026 se situent à 1 547,1 milliards de FCFA, contre 1 593,2 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 46 milliards de FCFA (-2,9%).
Le recul est particulièrement marqué sur les dépenses d’investissement, tombées à 45 milliards de FCFA à fin mars 2026, contre 175,5 milliards à la même période en 2025, soit une chute de 74,4%. Cette baisse traduit un démarrage difficile de l’exécution du budget d’investissement public, dans un contexte où l’État fait déjà face à des contraintes de mobilisation des financements extérieurs et des appuis budgétaires.
Au total, les données du Minfi montrent que la faiblesse globale des ressources budgétaires au premier trimestre 2026 ne traduit pas d’abord un effondrement des recettes fiscales. Elle révèle surtout un retard important dans la mobilisation des financements attendus, en particulier les prêts projets, les dons, les appuis budgétaires et les autres emprunts. Un enjeu majeur pour l’exécution du budget 2026, alors que le gouvernement anticipe déjà une révision à la hausse de son besoin de financement.
BRM
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Budget 2026 : l’exécution des investissements publics chute de 74 % à fin mars

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun a fortement ralenti l’exécution de ses investissements publics au cours du premier trimestre 2026. Selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029, élaboré par le ministère des Finances (Minfi) en prélude au Débat d’orientation budgétaire (DOB), les dépenses d’investissement exécutées à fin mars se sont établies à 45 milliards de FCFA, contre 175,5 milliards de FCFA à la même période en 2025. Cela représente une baisse de 130,5 milliards de FCFA en valeur absolue et de 74,4 % en glissement annuel.
Ce recul se traduit par un taux d’exécution de seulement 2,5 % des crédits d’investissement inscrits dans la loi de finances 2026. Le ralentissement est encore plus marqué sur les investissements financés sur ressources propres, qui n’affichent qu’un taux d’exécution de 0,3 %, contre 5,2 % pour ceux financés sur ressources extérieures. Dans le détail, « les dépenses d’investissement s’élèvent à 45,0 milliards à fin mars 2026 contre 175,5 milliards à fin mars 2025, soit une diminution de 130,5 milliards (-74,4 %) entre les deux périodes », indique le DPEB.
PROBMIS IA ralentit le démarrage de l’exécution budgétaire
Le gouvernement attribue une partie de ce retard à des contraintes techniques liées au basculement de la gestion budgétaire vers une nouvelle plateforme informatique. Dans le document, le Minfi indique que « l’exécution des dépenses à fin mars 2026 affiche donc un retard par rapport à 2025, du fait à la fois des dépenses d’investissement (2,5 %) et celles courantes (14,7 %), qui ont fait face aux contraintes techniques liées au basculement, au début de l’exercice 2026, de la gestion budgétaire dans la nouvelle plateforme informatique PROBMIS IA ».
Autrement dit, la migration vers ce nouveau système de gestion budgétaire a perturbé le traitement des opérations au cours des premiers mois de l’année. Cette difficulté technique a touché à la fois les dépenses courantes et les dépenses d’investissement, mais elle apparaît beaucoup plus visible sur le budget d’investissement public, dont l’exécution reste très faible à fin mars.
Cette contreperformance intervient alors que les dépenses budgétaires totales ordonnancées se sont établies à 1 547,1 milliards de FCFA à fin mars 2026, contre 1 593,2 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 46 milliards de FCFA (-2,9 %). Les dépenses courantes hors intérêts ont également reculé de 80,5 milliards de FCFA, pour se situer à 566,1 milliards de FCFA sur la période.
Les financements extérieurs se mobilisent plus lentement
À cette contrainte technique s’ajoute un environnement de mobilisation des ressources moins favorable, susceptible de peser sur le rythme des décaissements. Selon le même document, les emprunts et dons mobilisés à fin mars 2026 se sont limités à 137,5 milliards de FCFA, contre 327,6 milliards de FCFA à la même période en 2025, soit une chute de 190,1 milliards de FCFA (-58 %).
Le Minfi précise que « le retard dans la mobilisation des financements en 2026 par rapport à 2025 est observé notamment sur les décaissements des prêts et dons projets, ainsi que des appuis budgétaires ». Dans le détail, les prêts projets n’ont atteint que 39,4 milliards de FCFA sur une prévision trimestrielle de 206,7 milliards, soit un taux de réalisation de 19 %. Les dons se sont limités à 0,1 milliard de FCFA sur les 18,5 milliards attendus, tandis que les appuis budgétaires n’ont enregistré aucun décaissement à fin mars.
Au total, les ressources budgétaires mobilisées à fin mars 2026 se chiffrent à 1 331,4 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation de 15,3 % sur un objectif annuel de 8 683,9 milliards prévu dans la loi de finances. À la même période en 2025, ce taux était de 19,6 %. Cette évolution confirme un démarrage plus lent de l’exécution budgétaire, dans un contexte où le gouvernement doit à la fois absorber les contraintes techniques liées au nouveau système budgétaire et accélérer la mobilisation des financements attendus.
Un risque de retard sur les projets structurants
Ces différents facteurs pourraient expliquer en partie le ralentissement de l’investissement public au cours des trois premiers mois de l’année. Certes, les dépenses d’investissement sont traditionnellement faibles au premier trimestre, en raison des procédures administratives, des délais de passation des marchés et de la montée en charge progressive des projets. Mais l’écart observé cette année avec la même période de 2025 traduit un retard plus marqué dans l’exécution du budget d’investissement public.
L’enjeu pour le gouvernement sera désormais d’accélérer le rythme des décaissements afin d’éviter que ce retard ne se répercute sur l’ensemble de l’exercice. L’investissement public demeure en effet l’un des principaux leviers de la stratégie de transformation économique du Cameroun. Une exécution durablement inférieure aux prévisions pourrait retarder certains projets d’infrastructures inscrits dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) et peser sur les secteurs dépendants de la commande publique, notamment le BTP, les matériaux de construction, les services d’ingénierie et les transports.
Sans préjuger de l’exécution sur l’ensemble de l’année, les résultats du premier trimestre montrent que l’atteinte des objectifs d’investissement fixés pour 2026 dépendra largement de la capacité de l’État à lever rapidement les contraintes techniques liées à PROBMIS IA et à accélérer la mobilisation des financements, notamment extérieurs.
Amina Malloum
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