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Pape Thiaw recadre sèchement Rudi Garcia
Le Sénégal est passé tout près d’un exploit historique. Longtemps devant au tableau d’affichage (2-0), les Lions de la Téranga ont finalement vu leur rêve de qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2026 s’envoler après une remontée spectaculaire de la Belgique, victorieuse au terme des prolongations (3-2).
Au coup de sifflet final, l’émotion était immense dans le camp sénégalais. Mais au-delà du scénario cruel de la rencontre, ce sont les propos de Rudi Garcia qui ont fait réagir. Le sélectionneur de la Belgique n’a pas hésité à critiquer ouvertement les choix tactiques de son homologue sénégalais.
« On connaît ces équipes, elles perdent leur structure tactique vers la fin du match. On savait aussi que vers 2-0, ils feraient tout pour protéger leur but, ce qui est à mon avis une grave erreur. Rappelez-moi quand on mènera 2-0 de ne pas faire ça, parce que quand vous prenez un but comme ils l’ont fait à 2-1, le match a changé d’âme », a lancé le technicien belge.
Des déclarations jugées peu élégantes au regard du contexte, auxquelles Pape Thiaw n’a pas tardé à répondre. Présent en conférence de presse, le sélectionneur des Lions a remis les pendules à l’heure avec calme et fermeté.
« C’est son avis, mais ce n’est pas du tout mon avis. Parce que nous étions bien en place. Une fois qu’on gagne, c’est plus facile de parler. Il faut accepter, voir ce match, voir les choses qui n’ont pas marché. C’est sûr que cette compétition est finie. Il faut aller de l’avant, bien étudier, voir ce qui n’a pas marché pour essayer de changer pour la prochaine fois », a rétorqué le technicien sénégalais.
Sans entrer dans la polémique, Pape Thiaw a préféré adopter une posture empreinte de lucidité. Là où Rudi Garcia s’est permis de juger les choix de son adversaire, le sélectionneur sénégalais a rappelé qu’une victoire facilite toujours les analyses d’après-match, tout en insistant sur la nécessité de tirer les enseignements de cette élimination.
Malgré la déception, le message est clair : le sélectionneur des Lions ne compte pas s’attarder sur les critiques extérieures. Pour lui, l’heure est déjà au bilan et à la reconstruction, avec l’ambition de revenir plus fort lors des prochaines échéances.
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Cemac : le FMI presse la BEAC de supprimer le financement des projets du secteur productif, la banque centrale résiste

(Investir au Cameroun) – La suspension du guichet spécial de refinancement de la BEAC n’est pas seulement une décision technique. Elle révèle un désaccord plus profond entre la banque centrale de la Cemac et le Fonds monétaire international (FMI) sur le rôle de la politique monétaire dans le financement de l’économie réelle. Interrogé le 29 juin 2026 à Yaoundé, à l’issue du Comité de politique monétaire (CPM), le gouverneur Yvon Sana Bangui a indiqué que le gel décidé le 2 avril répondait à une recommandation du FMI visant la suppression progressive de ce mécanisme dédié au refinancement des crédits à moyen terme accordés aux projets productifs.
Selon le gouverneur de la BEAC, cette recommandation figure dans une note technique des services du FMI sur l’exécution de la stratégie régionale de la Cemac, élaborée en amont des concertations tripartites du 26 février 2026 entre l’institution de Bretton Woods et les autorités communautaires. Dans ce document consulté par Investir au Cameroun, le FMI recommande la« suppression progressive du guichet spécial de refinancement », parmi les« priorités additionnelles de politiques économiques pouvant contribuer de manière déterminante au renforcement des assurances régionales ».
Pour le FMI, l’enjeu est d’abord macroéconomique. Dans une union monétaire à parité fixe, la préservation des réserves de change constitue un élément central de stabilité. Or, après la baisse des avoirs extérieurs observée en 2025, l’institution estime que certains instruments de financement peuvent accroître la demande de devises, notamment lorsqu’ils servent à financer des projets nécessitant l’importation d’équipements industriels.
Yvon Sana Bangui résume ainsi l’argument du FMI :« Dans une situation de fragilité des réserves de change, tout financement de projets se traduit par des importations. Tous les projets qui ont été financés ont abouti à des importations, notamment des équipements industriels, ce qui a une conséquence immédiate sur nos réserves de change ». Autrement dit, le refinancement de crédits productifs peut soutenir l’investissement, mais il peut aussi exercer une pression sur les réserves lorsque les projets financés nécessitent l’achat de machines, d’équipements ou de services à l’étranger.
La BEAC refuse une suppression automatique
La recommandation du FMI se heurte toutefois à l’opposition de la banque centrale. Pour la BEAC, le guichet spécial de refinancement ne peut pas être supprimé au seul motif d’une tension temporaire sur les réserves de change. L’institution estime qu’il s’agit d’un outil utile pour accompagner l’investissement productif dans une région où les entreprises se heurtent à des conditions de financement souvent difficiles.
« Nous avons fait savoir au FMI que ce n’est pas parce qu’il y a une situation temporaire qu’il faut prendre une mesure de suppression du guichet spécial de refinancement. Sommes-nous la seule banque centrale qui dispose de cet instrument ? », s’interroge Yvon Sana Bangui.
Le gouverneur rappelle que cet outil existe depuis longtemps, mais qu’il était resté dormant avant sa réactivation. Pour la BEAC, sa remise en service répondait à un objectif clair : stimuler l’investissement productif et accompagner l’industrialisation dans les six pays de la Cemac, à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine.
« Nous disposons de cet instrument depuis fort longtemps. Nous avons voulu accompagner l’essor de notre économie, stimuler la croissance dans la zone Cemac en réactivant ce guichet qui était dormant. Nous ne pouvons pas aller vers sa suppression », affirme Yvon Sana Bangui.
La position arrêtée par la banque centrale est donc intermédiaire : le guichet est gelé, mais pas supprimé. Le CPM du 2 avril 2026 a décidé de suspendre les opérations, tout en mettant en place un groupe de travail chargé d’évaluer la pertinence du mécanisme, notamment à travers un benchmark international.
« Si aucune banque centrale au monde ne dispose d’un tel instrument, nous allons le supprimer. Mais s’il existe une seule banque centrale qui dispose d’un instrument d’accompagnement de l’économie réelle, nous n’allons pas supprimer le nôtre. Voilà notre position », explique le gouverneur.
Un outil contesté, mais jugé stratégique par la BEAC
Pour les dirigeants de la BEAC, le guichet spécial de refinancement joue un rôle stratégique dans une région où le financement de long terme reste limité. Il permet aux banques commerciales d’obtenir des ressources auprès de la banque centrale pour refinancer des crédits accordés à des projets d’investissement, notamment industriels, agricoles, miniers ou infrastructurels.
La BEAC y voit un instrument de diversification des sources de financement, mais aussi une alternative aux conditions parfois coûteuses du marché international. Selon Yvon Sana Bangui, la Cemac doit tenir compte du durcissement des conditions d’accès aux capitaux extérieurs, dans un contexte où les taux appliqués aux emprunteurs de la région sont souvent pénalisés par la perception du risque.
« Aujourd’hui, il faut tenir compte des conditions de prêts à l’international qui deviennent de plus en plus difficiles avec des taux d’intérêt quelques fois usuriers, du fait des cotations faites par des cabinets extérieurs ne maîtrisant pas le contexte économique de notre région », soutient le gouverneur.
Cette position traduit une divergence de doctrine. Pour le FMI, la priorité est de protéger les réserves de change et de limiter les instruments susceptibles d’accroître la demande de devises. Pour la BEAC, la discipline extérieure ne doit pas conduire à priver la région d’un levier de financement de l’économie réelle, alors que les pays de la Cemac cherchent à diversifier leur base productive et à réduire leur dépendance aux exportations de matières premières.
Le Cameroun, principal utilisateur du guichet
Le Cameroun, qui concentre près de la moitié du réseau bancaire de la Cemac, est l’un des pays les plus actifs sur ce guichet spécial de refinancement. En 2025, plusieurs opérations portées par des banques locales ont été validées par la BEAC.
La banque centrale a notamment approuvé le refinancement de crédits de 41,2 milliards de FCFA accordés par des banques locales pour le projet d’exploitation du gisement de fer de Bipindi-Grand-Zambi. Elle a également validé le refinancement de prêts bancaires de 31,3 milliards de FCFA destinés au programme d’investissement de l’opérateur public des télécommunications Camtel.
D’autres dossiers ont également été introduits ou validés. CCA Bank a été autorisée à lever 30 milliards de FCFA auprès de la BEAC pour participer au financement d’un projet minier au Congo. Afriland First Bank a, de son côté, sollicité le refinancement de la banque centrale pour la construction d’une huilerie de 20 milliards de FCFA à la Société de développement du coton (Sodecoton).
Cet engouement illustre l’intérêt des banques et des industriels pour un instrument susceptible d’alléger le coût du financement de projets productifs. Mais il explique aussi les réserves du FMI : plus le guichet est sollicité, plus les projets financés peuvent générer des importations d’équipements et donc des sorties de devises.
Le débat s’élargit à la BDEAC
La BEAC assume toutefois sa volonté d’accompagner les économies de la sous-région. Le gouverneur cite, à titre d’exemple, le regain de coopération avec la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC). En 2025, la banque centrale a signé avec cette institution une convention de compte courant ayant permis d’allouer 120 milliards de FCFA au financement de projets de développement dans la Cemac. Elle a également procédé à l’augmentation de sa participation au capital de la BDEAC, à hauteur de 86 milliards de FCFA.
« On va aussi nous reprocher de réactiver l’accompagnement de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale ? », interroge Yvon Sana Bangui.« Ça traduit notre volonté d’accompagner nos économies. Nous assumons pleinement notre mission et notre engagement à soutenir notre communauté », ajoute-t-il.
Cette défense renvoie à une question de fond : jusqu’où une banque centrale peut-elle aller dans le soutien au développement sans compromettre son mandat de stabilité monétaire et extérieure ? Dans le cas de la Cemac, la question est d’autant plus sensible que la monnaie commune repose sur une parité fixe avec l’euro et que les réserves de change constituent un indicateur clé de crédibilité.
Entre stabilité extérieure et industrialisation
Le gel du guichet spécial de refinancement apparaît ainsi comme un compromis temporaire. La BEAC accepte de suspendre les opérations, le temps d’évaluer l’instrument et ses effets, mais elle refuse pour l’instant d’entériner sa disparition. Le FMI, de son côté, pousse à une réduction progressive des dispositifs susceptibles de fragiliser les réserves de change.
Pour les banques commerciales et les porteurs de projets industriels, l’issue de ce débat est stratégique. Une suppression du guichet réduirait l’accès à une source de refinancement jugée attractive pour les projets productifs. Mais son maintien, sans encadrement strict, pourrait nourrir les inquiétudes sur la position extérieure de la Cemac.
La décision finale dépendra donc de l’arbitrage entre deux impératifs : préserver les réserves de change, condition de stabilité monétaire, ou maintenir un instrument de financement de l’industrialisation dans une région où l’accès au crédit de long terme demeure limité. En gelant le guichet sans le supprimer, la BEAC cherche pour l’instant à gagner du temps. Mais le débat ouvert avec le FMI montre que la question du financement de l’économie réelle est désormais au cœur de la surveillance macroéconomique régionale.
Brice R. Mbodiam
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le Sénégal en pleine tempête après un incroyable naufrage face à la Belgique
L’élimination du Sénégal en seizièmes de finale de la Coupe du Monde 2026 continue de faire des vagues. Battus par la Belgique (3-2) au terme d’un scénario totalement renversant, les Lions de la Teranga traversent une véritable zone de turbulences. Entre critiques du staff, tensions internes et prises de parole fracassantes, le climat est particulièrement électrique au sein de la sélection.
Le Sénégal semblait pourtant avoir toutes les cartes en main. Solidement installés en tête grâce à une avance de deux buts jusqu’à la 85e minute, les hommes de Pape Thiaw ont finalement sombré dans les derniers instants. Les Diables Rouges ont renversé la rencontre grâce à un doublé de Romelu Lukaku et une réalisation de Youri Tielemans, avant que ce dernier n’offre la qualification à la Belgique au cours des prolongations. Une remontée spectaculaire qui propulse les Belges en huitièmes de finale et laisse les Sénégalais sous le choc.
Au coup de sifflet final, les réactions n’ont pas tardé à se multiplier. Le sélectionneur belge, Rudi Garcia, n’a pas hésité à lancer une pique à son homologue sénégalais, tandis que le milieu de terrain Pape Gueye a créé la surprise en annonçant sa mise en retrait de la sélection.
« Je reviendrai pour vous dire quelques mots par rapport à l’élimination… Mais j’annonce aujourd’hui que tant que c’est ce staff technique, je ferai une pause sur la sélection », a publié le joueur de Villarreal sur son compte Instagram.
Une déclaration qui traduit le profond malaise qui semble régner au sein du groupe.
Depuis le début de la compétition, plusieurs supporters dénoncent également une gestion privilégiant certains cadres, alimentant une polémique grandissante. Face à ces accusations, Idrissa Gana Gueye a tenu à défendre les joueurs les plus expérimentés.
« Je ne comprends pas cette question. Depuis le début de la compétition, on diabolise les cadres. Les cadres sont simplement là pour assurer le bon fonctionnement du groupe. Ils transmettent les consignes du coach, accompagnent les joueurs qui jouent moins ou traversent une période difficile. Nous ne faisons rien d’extraordinaire », a expliqué le milieu sénégalais en zone mixte.
Absent de cette Coupe du Monde, Mbaye Diagne s’est également invité dans le débat sur les réseaux sociaux. L’ancien international n’a pas mâché ses mots, pointant directement les choix effectués durant la rencontre.
« C’est à cause des changements qu’on perd le match », a-t-il écrit.
Des critiques qui fragilisent davantage la position du sélectionneur Pape Thiaw, désormais au cœur des interrogations.
Krépin Diatta, lui, a préféré pointer du doigt le manque de caractère affiché par l’équipe dans les dernières minutes.
« À ce niveau, ce n’est plus une question de détails, mais d’état d’esprit. Quand tu mènes de deux buts jusqu’à la 85e minute, tu dois être le patron dans ta surface. Nous avons failli. Mentalement, nous n’avons pas été à la hauteur. Nous voulions écrire une belle page de l’histoire de notre football, mais nous avons échoué. Les Sénégalais méritaient mieux », a regretté l’ancien joueur de l’AS Monaco.
Quelques heures seulement après cette élimination au goût amer, le Sénégal se retrouve confronté à une crise sportive et humaine. Entre remise en question du staff, critiques des choix tactiques et fractures qui semblent apparaître au sein du vestiaire, les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir des Lions de la Teranga.
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