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Cacao : le ministre Mbarga Atangana pointe « l’écologie punitive » de la nouvelle règlementation de l’UE

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Cacao : le ministre Mbarga Atangana pointe « l’écologie punitive » de la nouvelle règlementation de l’UE
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(Investir au Cameroun) – Alors que la filière cacao camerounaise se prépare aux nouvelles exigences européennes de traçabilité et de lutte contre la déforestation, les producteurs s’inquiètent du coût de cette transition. À l’ouverture des Cocoa Days, organisés ce jeudi 2 juillet 2026 à Yaoundé, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a dénoncé une forme d’« écologie punitive », estimant que les planteurs sont appelés à supporter des contraintes croissantes sans contrepartie suffisante sur les prix.

Le propos intervient dans un contexte de retournement du marché local. Après l’embellie observée au cours des récentes saisons cacaoyères, avec des prix bord-champ ayant atteint jusqu’à 5 000 FCFA le kilogramme, les producteurs font face à une forte correction. Selon le ministre du Commerce, le kilogramme s’échange aujourd’hui autour de 1 800 à 2 000 FCFA, un niveau jugé insuffisant pour absorber les charges nouvelles liées à la conformité, à l’achat d’intrants et à la main-d’œuvre.

À en croire Luc Magloire Mbarga Atangana,« le sentiment des producteurs est que chaque jour, on leur demande toujours un peu plus, sans contrepartie ». Le membre du gouvernement dit ne pas contester le principe de la durabilité, mais interroge la répartition du coût de cette transition dans une filière où les petits producteurs restent le maillon le plus vulnérable.

Le RDUE, une pression déjà réelle sur la filière

Adopté par l’Union européenne, le Règlement contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE) impose aux opérateurs et commerçants concernés de prouver que les produits mis sur le marché européen, ou exportés depuis l’UE, ne sont pas issus de terres déboisées après le 31 décembre 2020 et respectent la législation pertinente du pays de production. Le cacao fait partie des produits concernés, au même titre que le café, le soja, le palmier à huile, le bois, le caoutchouc ou encore les bovins.

Même si sa pleine application a été repoussée — au 30 décembre 2026 pour les grands et moyens opérateurs, puis au 30 juin 2027 pour les micro et petits opérateurs —, le règlement exerce déjà une pression sur les chaînes d’approvisionnement. Les exportateurs, acheteurs et industriels exigent progressivement des producteurs des informations plus précises sur l’origine des fèves, la géolocalisation des parcelles et le respect des normes sociales, environnementales et fiscales applicables.

Pour les producteurs camerounais, cette pression se traduit par une mutation du modèle de production. Le RDUE ne leur impose pas directement une obligation juridique uniforme, mais il conditionne l’accès au marché européen à une traçabilité plus exigeante. En pratique, les planteurs doivent donc s’adapter aux demandes de leurs acheteurs s’ils veulent continuer à écouler leur production dans les circuits d’exportation.

“Oui à la durabilité, mais aussi à la profitabilité”

Luc Magloire Mbarga Atangana assure que le Cameroun ne rejette pas l’objectif environnemental poursuivi par l’Union européenne.« Loin de moi l’idée ou l’intention de remettre en cause le règlement sur la déforestation, qui est une cause noble pour la préservation de l’environnement. Nos producteurs s’y sont pliés, parfois à leur corps défendant », a-t-il déclaré.

Mais le ministre pose la question de la compensation économique.« La question que ceux-ci nous posent est de savoir ce qu’ils reçoivent en retour », poursuit-il. Avant de résumer la position camerounaise :« Nous disons oui à la durabilité », mais aussi« oui, trois fois oui, à la profitabilité, à la décence des prix, à l’équité de la rémunération et à la transparence du marché ».

Cette ligne traduit une préoccupation de plus en plus récurrente dans les pays producteurs : la durabilité ne peut pas être exigée uniquement au niveau de la production, sans mécanisme garantissant une meilleure rémunération des planteurs. Pour le Cameroun, l’enjeu est d’éviter que les nouvelles normes environnementales ne deviennent une barrière commerciale supplémentaire, supportée principalement par les petits producteurs.

Des charges en hausse pour les producteurs

Le ministre du Commerce estime que les prix actuellement pratiqués ne permettent pas aux producteurs de faire face aux charges induites par les nouvelles exigences. La transition vers une agriculture moins extensive, destinée à limiter la pression sur les forêts, suppose notamment d’améliorer les rendements sur des parcelles existantes. Cela passe par l’usage d’intrants, de traitements phytosanitaires et de meilleures pratiques culturales, dont le coût reste élevé pour de nombreux planteurs.

«On nous oblige aujourd’hui à pratiquer une agriculture non plus extensive, pour éviter la déforestation, mais intensive, sur des parcelles limitées, en utilisant des intrants chimiques. Or ceux-ci ne sont pas à portée de prix. Avant, nous utilisions des méthodes de culture traditionnelles sur nos parcelles»,explique Martin Kamdjeu, Président du conseil d’administration d’une coopérative agricole, et producteur dans la localité de Nkondjock.

À cette contrainte s’ajoute le renchérissement de la main-d’œuvre. Selon les producteurs, l’envolée des prix observée lors des précédentes campagnes a modifié l’équilibre local du travail agricole. Certains ouvriers sont devenus eux-mêmes propriétaires de parcelles, réduisant l’offre de main-d’œuvre disponible.

« Avec l’envolée du prix du kilogramme, certains ouvriers sont devenus eux aussi propriétaires de parcelles, donc producteurs. La main-d’œuvre est donc devenue rare et chère. Aujourd’hui, vous ne payez pas un ouvrier moins de 40 000 FCFA, contre 25 000 FCFA il y a encore quelques années », explique Hortense Nguele, présidente régionale de l’Association nationale des producteurs de cacao et de café.

Débat sur le partage de la valeur

Au-delà du coût des intrants et de la main-d’œuvre, plusieurs producteurs accusent les grandes firmes internationales qui achètent le cacao de préserver leurs marges, tout en transférant une partie du coût de la conformité vers l’amont de la chaîne. Cette critique relance le débat sur le partage de la valeur entre planteurs, exportateurs, industriels, chocolatiers et distributeurs.

Pour l’Union européenne, le RDUE vise à réduire l’impact de sa consommation sur la déforestation mondiale et à garantir que les produits importés ne contribuent pas à la dégradation des forêts. Mais pour les pays producteurs, la question demeure : qui doit financer l’adaptation des filières agricoles aux nouvelles exigences environnementales ?

C’est sur ce point que le ministre du Commerce cherche à déplacer le débat. Le Cameroun ne conteste pas officiellement la lutte contre la déforestation, mais il alerte sur une transition environnementale qui risque de fragiliser davantage les producteurs si elle n’est pas accompagnée par des prix rémunérateurs, des mécanismes de soutien et une plus grande transparence du marché.

La filière cacao camerounaise se retrouve ainsi prise entre deux impératifs : préserver son accès au marché européen en se conformant aux nouvelles normes, tout en évitant que le coût de cette conformité ne réduise davantage le revenu des planteurs. Pour Luc Magloire Mbarga Atangana, la durabilité ne pourra être acceptée durablement par les producteurs que si elle s’accompagne d’une meilleure équité économique.

Ludovic Amara

Lire aussi :

24-12-2025 – RDUE : le Cameroun affirme pouvoir produire du cacao sans déforestation grâce à 650 000 hectares

Le cacao camerounais bientôt soumis à sept exigences légales pour entrer sur le marché européen

30-06-2026-Agriculture durable : plus de 8 milliards FCFA investis depuis 2020 dans la certification des bassins agricoles

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Hiram Iyodi appelle à la vigilance face aux « grandes manœuvres » au sommet de l’État

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Hiram Iyodi appelle à la vigilance face aux « grandes manœuvres » au sommet de l’État
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Le président national du Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple (MP3), Samuel Hiram Iyodi, appelle le peuple camerounais à accroitre la vigilance au cours du mois de novembre 2026, mois qui annonce le « point d’achèvement des grandes manœuvres » au sommet de l’État.

C’est comme un chant d’appel à l’éveil populaire que le président national du MP3 entonne ce 1ᵉʳ jour du mois de novembre, jour dédié à la célébration de tous les saints à l’Église catholique. Hiram Samuel Iyodi sonne la cloche d’entrée dans le dernier virage de l’année 2026, période qui commande l’évaluation du chemin parcouru, et l’action pour l’atteinte des objectifs. Moment qui nécessite aussi une plus grande vigilance dans le domaine politique. En ce que le mois de novembre est, d’après l’homme politique, le mois de tous les dangers au Cameroun.

Il marque le premier anniversaire de la prestation de serment du président Paul Biya après la réélection en octobre 2025. Il est le sixième mois après « la modification constitutionnelle illégitime » instaurant le poste de vice-président. Au début de ce mois, l’ancien candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025 constate un « statu quo au sommet de l’exécutif ». Une situation qui annonce « le point d’achèvement des grandes manœuvres » au sommet de l’État. Sans toutefois donner d’explications.

Pour ces raisons et bien d’autres, le président du MP3 recommande, outre la vigilance, de protéger l’avenir. De se préparer à préserver la souveraineté, à défendre le pouvoir que le peuple confie. De faire le choix de se battre pour une refondation de l’Etat portée par la volonté populaire. Plutôt que de subir en silence ces grandes manœuvres en vue de la reproduction du système gouvernant. D’empêcher qu’une « décision fabriquée par de sombres officines ne soit imposée » au peuple.

Hiram Samuel Iyodi, déjà inscrit dans la perspective de la tenue des prochaines élections législatives et municipales pour lesquelles il a annoncé sa candidature, lance un autre appel en direction des décideurs. Celui de convoquer le corps en ce mois de novembre. L’appel arrive alors que cette convocation est attendue au cours de la première décade de ce mois. Le parti a hâte d’aller conquérir des sièges. Lui qui s’active de part et d’autre pour étendre son ancrage territorial et pour mobiliser l’électorat.

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Incendie à l’usine Metafrique Steel à Douala : 16 personnes grièvement brûlées !

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À Douala, un violent incendie s’est déclaré au petit matin de ce lundi 2 novembre 2026 dans les installations de l’entreprise Metafrique Steel, située dans […]

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l’Indice Ibrahim 2026 révèle une faible progression de 0,8 point en dix ans

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l’Indice Ibrahim 2026 révèle une faible progression de 0,8 point en dix ans
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L’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026, publié le 31 octobre par la Fondation Mo Ibrahim, révèle un paradoxe : les opportunités économiques et le développement humain progressent, mais la gouvernance globale n’a gagné que 0,8 point en dix ans.

La gouvernance en Afrique n’a progressé que de 0,8 point en dix ans, pour atteindre un score moyen de 50,1 sur 100 en 2025. C’est ce que révèle l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026, publié le samedi 31 octobre par la Fondation Mo Ibrahim.

Un résultat qui illustre un contraste frappant. Les fondements des opportunités économiques (+3,7 points) et le développement humain (+2,5 points) s’améliorent nettement, tandis que la sécurité et l’État de droit (-1,7 point), ainsi que la participation, les droits et l’inclusion (-1 point) reculent.

Autrement dit, l’Afrique crée davantage de richesse et améliore les conditions de vie, mais sans que cela se traduise par un renforcement équivalent de ses institutions, de sa sécurité et de sa démocratie.

Publié tous les deux ans, l’indice évalue la gouvernance dans les 54 pays africains à partir de 96 indicateurs issus de 51 sources de données. Regroupés en quatre grandes catégories, ils couvrent les dimensions politiques, économiques, sociales et sécuritaires de la gouvernance. Chaque pays reçoit une note sur 100.

Au classement 2025, les Seychelles arrivent en tête avec 78,6 points, devant Maurice (75) et le Cap-Vert (70,3). Le Maroc entre dans le Top 10, tandis que la Tunisie le quitte.

Plus inquiétant, sur la décennie, 23 pays ont enregistré un recul de leur gouvernance globale. Un signal fort pour les décideurs : sans État de droit, sans sécurité et sans inclusion, les progrès économiques risquent de rester fragiles et inégalement partagés.

Pour les investisseurs comme pour les citoyens, le message de l’IIAG 2026 est clair : la performance économique ne suffit plus. La qualité de la gouvernance est désormais la condition de la durabilité de la croissance africaine.

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