Manchester United retrouve la Ligue des champions la saison prochaine grâce à la troisième place décrochée sous Michael Carrick. Bonne nouvelle. Sauf qu’en matière de mercatos d’été post-qualification européenne, les Red Devils ont un historique qui inspire davantage la prudence que l’optimisme. Revue de détail sur sept fenêtres de transferts, du naufrage absolu au médiocre assumé.
7. Été 2023 : le pire mercato de l’ère récente
C’est le fond du classement, et c’est mérité. Ten Hag dispose pour la première fois d’un budget abondé par la Ligue des champions, et les résultats sont consternants.
Mason Mount arrive de Chelsea, Rasmus Hojlund d’Atalanta. Le poste de gardien est entièrement revu : De Gea part libre, André Onana et Altay Bayindir le remplacent. Jonny Evans revient en fin de carrière, Reguilon et Amrabat débarquent en prêt.
Le bilan deux ans plus tard est accablant. André Onana et Bayindir ont multiplié les erreurs, le premier étant tenu directement responsable de l’élimination en phase de groupes de Ligue des champions 2023-24. Hojlund a inscrit cinq buts en coupe d’Europe lors de cette campagne, puis 14 buts en Premier League sur deux saisons avant de rejoindre Naples en permanence. Mount, lui, a livré 32 titularisations toutes compétitions confondues en trois saisons, plombé par les blessures. Reguilon a vu son prêt résilié après quatre mois. Amrabat n’a pas été conservé.
Evans est sans doute le seul bilan positif de cette fenêtre catastrophique, ayant offert de la solidité défensive quand United en avait le plus besoin.
6. Été 2020 : contraint par le Covid, plombé par la panique
Deuxième en championnat en 2019-20, United arrive sur ce mercato avec un budget limité par la pandémie. Le contexte explique beaucoup, mais pas tout.
Donny van de Beek débarque avec une réputation construite à l’Ajax. Il ne réussira jamais à s’adapter et ne démarrera que six matchs de Premier League. En réaction à une défaite 6-1 contre Tottenham, le club panique et signe trois joueurs le dernier jour du mercato : Alex Telles, Edinson Cavani et Facundo Pellistri.
Cavani marque 17 buts lors de sa première saison et devient populaire auprès des supporters, avant de s’éteindre la saison suivante. Telles ne parvient jamais à déloger Luke Shaw du flanc gauche. Pellistri totalise 25 apparitions en tout.
5. Été 2021 : le mercato le plus spectaculaire, et le plus décevant
Sur le papier, c’est le grand été. Jadon Sancho débarque de Dortmund, présenté comme l’un des meilleurs jeunes joueurs de la planète. Raphaël Varane quitte le Real Madrid. Et Cristiano Ronaldo revient à Old Trafford, censé être la pièce manquante pour un titre de champion.
Ce qui s’est passé ensuite, tout le monde le sait. United termine sixième en 2021-22. Ronaldo termine la saison avec 24 buts toutes compétitions confondues, mais son contrat est résilié d’un commun accord en novembre 2022 après une brouille avec Ten Hag. Sancho n’arrive jamais à reproduire son niveau de Dortmund et s’apprête à quitter le club libre après trois prêts successifs. Varane remporte la FA Cup et la League Cup, mais trois ans de blessures à répétition gâchent son passage.
Tom Heaton signe également cet été-là. Il a survécu aux trois recrutements vedettes et comptabilise trois apparitions en équipe première.
4. Été 2013 : Moyes, Fellaini et le fiasco du mercato
Ferguson vient de quitter Manchester United après le titre 2012-13. David Moyes arrive avec de grandes ambitions et une liste de cibles impressionnante : Fabregas, Thiago Alcantara, Gareth Bale, Khedira, Ander Herrera, Leighton Baines.
Il n’en signera aucun. La seule arrivée majeure est Marouane Fellaini, dont le début de saison est catastrophique alors que United termine septième. Pourtant, l’histoire de Fellaini s’écrit différemment sur la durée : le milieu belge devient un joueur de référence pour Van Gaal puis Mourinho, totalise 177 apparitions et participe aux titres en FA Cup, League Cup, Europa League et Community Shield.
3. Été 2015 : beaucoup de bruit pour un bilan mitigé
Van Gaal requalifie United pour la Ligue des champions et renforce l’entrejeu avec Bastian Schweinsteiger et Morgan Schneiderlin. Memphis Depay, Matteo Darmian et Sergio Romero complètent le groupe. Dernier jour du mercato : Anthony Martial débarque de Monaco pour 41 millions d’euros environ, gamin de 19 ans qui va scotcher tout Old Trafford lors de ses débuts contre Liverpool.
La suite est plus contrastée. Le trio de milieu baptisé « Schmidfield » ne fonctionne pas. Depay déçoit. Romero et Darmian s’avèrent utiles en option, les deux jouant la finale d’Europa League victorieuse de 2017 face à l’Ajax. Martial, lui, ne tient jamais tout à fait ses promesses, mais enregistre quand même 90 buts et 54 passes décisives pour United. Ce n’est pas rien.
2. Été 2018 : discret, mais honnête
Mourinho vient de livrer la meilleure saison de Premier League de United à l’ère post-Ferguson avec 81 points. Le contexte est bon. Le mercato est sobre : Diogo Dalot et Fred arrivent pour un total d’environ 75 millions d’euros, Lee Grant en free.
Dalot et Fred démarrent lentement, mais tous deux franchissent la barre des 200 apparitions avec le club. Dalot est encore un titulaire régulier. Grant joue deux matchs en quatre ans avant de raccrocher.
Ce qui gâche le souvenir, c’est l’impression de passer à côté d’une opportunité. United avait les ressources pour aller plus loin. Et Mourinho est congédié en milieu de saison suivante.
1. Été 2017 : moyen, mais meilleur que les autres
United termine sixième en 2016-17, mais se qualifie pour la Ligue des champions en battant l’Ajax en finale d’Europa League. Mourinho ramène de Chelsea deux joueurs qu’il connaît bien : Nemanja Matic et Romelu Lukaku. Victor Lindelof arrive de Benfica pour fermer la défense.
Lukaku marque 42 buts en 96 matchs avant d’être vendu à l’Inter Milan en 2019, le club récupérant l’essentiel de la mise. Matic est incontournable sous Mourinho avant de tomber en disgrâce avec Solskjaer, jugé trop peu mobile. Lindelof, après une première saison compliquée, construit un solide partenariat avec Harry Maguire et accumule plus de 250 apparitions.
Franchement, c’est un mercato ordinaire. Mais au vu de la concurrence sur cette liste, c’est largement suffisant pour occuper la première place.
















