Actualités locales
le débat sur les entraîneurs camerounais relancé
Les déclarations du journaliste sportif Franck Pujadas ont ravivé une controverse aussi ancienne que sensible dans le football camerounais : les techniciens locaux ont-ils réellement le profil pour diriger les Lions Indomptables ? À travers une sortie particulièrement critique visant David Pagou, le journaliste remet au centre des discussions la politique de nationalisation du banc de touche engagée ces dernières années par la FECAFOOT.
Pour Franck Pujadas, les récents événements autour de la sélection nationale constituent la preuve que les entraîneurs camerounais ne seraient pas encore prêts à gérer une équipe du standing des Lions Indomptables. En prenant pour exemples l’échec de Rigobert Song et les difficultés actuelles de David Pagou, il estime que les techniciens locaux manqueraient encore des compétences nécessaires pour porter les ambitions d’une nation quintuple championne d’Afrique.
Cette sortie intervient dans un contexte déjà tendu autour de la gestion sportive des Lions. L’expédition australienne, marquée par plusieurs dysfonctionnements durant la dernière fenêtre FIFA, avait déjà suscité de nombreuses critiques. Mais c’est surtout l’absence annoncée du Cameroun sur la scène internationale lors de la prochaine période FIFA qui a alimenté les interrogations. Les justifications avancées par David Pagou n’ont visiblement pas convaincu, renforçant le scepticisme de certains observateurs sur sa capacité à gérer une sélection de très haut niveau.
Au-delà du cas Pagou, c’est toute la question de la compétence des entraîneurs locaux qui ressurgit. Depuis plusieurs décennies, le Cameroun oscille entre entraîneurs nationaux et techniciens étrangers. Les partisans des coaches locaux mettent souvent en avant leur connaissance du football camerounais, leur proximité culturelle avec les joueurs et leur compréhension des réalités du pays. À l’inverse, leurs détracteurs estiment que l’expérience internationale, la gestion de la pression médiatique et la rigueur tactique restent insuffisantes chez plusieurs techniciens nationaux.
L’épisode Rigobert Song a profondément marqué les esprits. Malgré son immense aura comme ancien capitaine emblématique des Lions Indomptables, son passage à la tête de la sélection n’a pas produit les résultats espérés. Pour beaucoup, cette expérience a révélé les limites d’une nomination davantage portée par l’émotion populaire que par une véritable logique de performance et de compétence technique.
Cependant, réduire les difficultés des Lions Indomptables au seul profil des entraîneurs locaux pourrait apparaître simpliste. Le football camerounais souffre également de problèmes structurels persistants : instabilité administrative, conflits d’autorité, préparation approximative des compétitions, gestion contestée des joueurs et manque de vision à long terme. Même les entraîneurs étrangers passés sur le banc des Lions ont souvent été confrontés à ces mêmes difficultés.
Le débat posé par Franck Pujadas soulève donc une question essentielle : faut-il abandonner la politique de nationalisation du banc des Lions ou plutôt mieux accompagner les techniciens camerounais ? Car si certains entraîneurs locaux semblent encore manquer d’expérience pour gérer une sélection aussi exigeante, cela pose aussi le problème de leur formation, de leur exposition au haut niveau et des moyens mis à leur disposition.
Dans les grandes nations de football, les entraîneurs locaux deviennent performants grâce à un véritable système de développement technique. Sans investissements dans la formation, les échanges internationaux et la professionnalisation des staffs, il sera difficile pour le Cameroun de bâtir durablement une élite d’entraîneurs capable de rivaliser avec les meilleurs standards internationaux.
Aujourd’hui, la FECAFOOT se retrouve face à un choix délicat. Revenir à des entraîneurs étrangers pourrait calmer certaines critiques à court terme, mais cela ne résoudrait pas nécessairement les problèmes profonds du football camerounais. À l’inverse, maintenir la confiance aux techniciens locaux exigera patience, accompagnement et exigence de résultats.
Une chose est certaine : autour des Lions Indomptables, le débat sur le profil idéal du sélectionneur est loin d’être terminé.
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Actualités locales
les interpellations devant Olympic Glory School ravivent le débat sur la protection des enfants
Entre émotion populaire, colère des familles et démonstration d’autorité, la journée du 28 mai 2026 restera marquée à Yaoundé par une vague de tension et d’indignation populaire autour de l’établissement scolaire Olympic Glory School, situé au quartier Odza. Ce qui devait être une manifestation spontanée de solidarité et de revendication de justice après les graves accusations de violences sexuelles sur une enfant de trois ans s’est rapidement transformé en scène de confrontation entre citoyens et forces de maintien de l’ordre, rappelle Charles Armel Mbatchou.
Lire ici son analyse :
Au cœur de cette séquence : des interpellations de manifestants, des mouvements de foule, une émotion collective palpable et, surtout, une question fondamentale que les autorités peinent désormais à contourner : comment une affaire aussi grave a-t-elle pu provoquer une telle fracture de confiance entre population, administration et système éducatif ?
Chronologie des faits
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Les premières accusations et l’onde de choc
Selon les informations relayées par plusieurs médias locaux, l’affaire éclate après des accusations de viol portées sur une fillette prénommée Joyce Nawal, âgée de trois ans, au sein même de l’établissement Olympic Glory School d’Odza à Yaoundé. Très vite, l’affaire provoque une onde de choc dans l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux où circulent témoignages, vidéos et appels à mobilisation.
L’émotion dépasse immédiatement le cadre scolaire. Ce n’est plus seulement une affaire judiciaire : c’est une affaire sociétale.
Dans un pays où de nombreuses familles dénoncent régulièrement le silence autour des violences faites aux enfants, cette affaire agit comme un révélateur brutal d’un malaise profond.
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Mobilisation des femmes et rassemblement devant l’école
Le jeudi 28 mai au matin, plusieurs dizaines de femmes, essentiellement des mères de famille, se rassemblent devant l’établissement pour exiger vérité, justice et transparence. Les manifestantes dénoncent à la fois les faits allégués et ce qu’elles considèrent comme des lenteurs ou des ambiguïtés dans la gestion du dossier.
Des slogans hostiles à l’établissement sont scandés. Certaines manifestantes réclament la fermeture immédiate de l’école en attendant les conclusions de l’enquête.
Le rassemblement, présenté comme pacifique au départ, prend progressivement une ampleur plus importante sous l’effet de la colère populaire et de la médiatisation accélérée de l’affaire.
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Déploiement sécuritaire et premières tensions
Face à la montée de la foule, les autorités administratives et les forces de sécurité se déploient autour du site afin d’éviter des débordements.
Le sous-préfet de Yaoundé IV, Akondi Elvis Mbahangwen, se rend sur les lieux pour tenter d’apaiser les tensions. Selon plusieurs séquences vidéo largement relayées, le responsable administratif apparaît submergé par l’émotion au moment de s’adresser aux manifestants.
Mais cette présence administrative n’a pas suffi à calmer les esprits.
Des échanges tendus sont signalés entre certains manifestants et les forces de maintien de l’ordre. Des interpellations sont alors effectuées dans un climat particulièrement électrique.
Les interpellations : maintien de l’ordre ou réflexe répressif ?
La question centrale demeure celle de la proportionnalité de la réponse sécuritaire.
Dans les faits, les autorités justifient généralement ce type d’interventions par la nécessité de préserver l’ordre public, d’éviter des actes de vandalisme ou des violences contre les infrastructures et les personnes.
Cependant, plusieurs éléments fragilisent déjà cette ligne officielle. D’abord parce que la manifestation trouve son origine dans une indignation morale largement partagée. Ensuite parce que l’émotion collective concernait ici la sécurité d’une enfant, sujet particulièrement sensible dans une société où les violences sexuelles sur mineurs provoquent désormais des réactions de plus en plus immédiates et massives.
En procédant à des interpellations au cœur d’une mobilisation essentiellement portée par des femmes et des parents, les autorités prennent le risque d’apparaître davantage préoccupées par le contrôle de la rue que par la recherche rapide de vérité.
Le danger politique est évident : lorsque la population estime qu’on protège davantage les institutions que les victimes potentielles, la défiance explose. Une crise de confiance envers les institutions scolaires. L’affaire Olympic Glory dépasse désormais le seul cadre judiciaire.
Elle révèle une anxiété croissante des parents face à la sécurité dans les établissements scolaires privés. Depuis plusieurs années, de nombreux scandales — violences, abus, négligences, absence de contrôle rigoureux — alimentent un climat de suspicion généralisée.
Le problème structurel est là : beaucoup d’établissements privés se développent plus vite que les mécanismes de contrôle de l’État.
La question n’est donc plus seulement de savoir si des faits ont eu lieu, mais aussi de comprendre :
* quels dispositifs de surveillance existent réellement ;
* comment les personnels sont recrutés ;
* quelles procédures de protection des enfants sont appliquées ;
* et pourquoi les familles ont le sentiment qu’il faut descendre dans la rue pour être entendues.
Réseaux sociaux : accélérateurs de colère
Autre élément majeur : le rôle des réseaux sociaux.
En quelques heures, l’affaire est devenue virale. Vidéos, directs Facebook, commentaires militants et prises de parole émotionnelles ont contribué à transformer une affaire locale en sujet national.
Cette viralité a deux conséquences :
- elle empêche l’étouffement discret des affaires sensibles ;
- elle augmente considérablement la pression populaire sur les autorités.
Mais elle comporte aussi des risques : diffusion d’informations non vérifiées, emballement émotionnel, accusations prématurées et pression sur l’enquête judiciaire.
Dans ce contexte, l’État camerounais se retrouve face à un défi récurrent : comment gérer une crise publique à l’ère numérique sans tomber dans une logique uniquement coercitive ?
Ce que cette affaire dit du Cameroun actuel L’affaire Olympic Glory révèle trois fractures majeures.
Première fracture : la confiance institutionnelle
Une partie croissante de la population ne croit plus spontanément à la capacité des institutions à protéger les plus vulnérables.
Deuxième fracture : la gestion sécuritaire des émotions populaires
Au Cameroun, la réponse administrative aux mobilisations citoyennes demeure très souvent dominée par la logique du contrôle plutôt que par celle de l’écoute.
Troisième fracture : la protection de l’enfance
Chaque scandale de ce type rappelle brutalement les insuffisances des mécanismes de prévention, de signalement et de prise en charge des violences sur mineurs.
Ce qu’attend désormais l’opinion publique
L’opinion ne réclame plus seulement des déclarations officielles.
Elle exige :
* une enquête crédible et indépendante ;
* des conclusions rendues publiques ;
* des responsabilités clairement établies ;
* et des sanctions exemplaires si les faits sont confirmés.
Toute tentative d’opacité pourrait transformer cette affaire en crise politique et sociale plus large.
Car désormais, dans l’esprit de nombreux citoyens, une question domine :
si même l’école ne protège plus les enfants, alors que reste-t-il de la confiance collective ?
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La CDC accuse 20 milliards FCFA de pertes, un an après l’annulation d’une dette fiscale et sociale de 59 milliards FCFA
(Investir au Cameroun) – La Cameroon Development Corporation (CDC) a enregistré une perte nette de 20 milliards de FCFA en 2025, après un bénéfice de 45 milliards de FCFA en 2024, selon les états financiers publiés par l’entreprise.
Le contraste entre les deux exercices tient moins à un redressement suivi d’un décrochage qu’à la fin d’un soutien comptable. En 2024, la CDC avait bénéficié de l’annulation par l’État d’une dette fiscale et sociale de 59 milliards de FCFA, enregistrée comme produit exceptionnel.
En 2025, l’entreprise affiche un total de bilan de 102 milliards de FCFA pour 3,2 milliards de capitaux propres, contre 9 milliards un an plus tôt. Le chiffre d’affaires atteint 24,9 milliards de FCFA, contre 23 milliards en 2024, soit une hausse de 1,9 milliard. Les liquidités reculent, elles, de 7,4 milliards de FCFA.
L’amélioration enregistrée en 2024 provenait donc d’une décision administrative, et non d’un redressement opérationnel. L’annulation de dette portait notamment sur 24,1 milliards de FCFA de cotisations sociales. Le solde correspondait à des dettes envers le personnel, évaluées à 35 milliards de FCFA.
Le rapport d’audit de Forvis Mazars Cameroun confirme la persistance des difficultés de fond. Le cabinet relève que « les niveaux de production agricole de l’année 2025 sont restés inférieurs aux objectifs budgétaires ».
Cette contre-performance est attribuée aux journées de « ghost town » imposées par les groupes séparatistes armés dans la région du Sud-Ouest, où la CDC a son siège et l’essentiel de ses plantations. Le rapport cite également les perturbations liées aux périodes préélectorales de 2025, l’insécurité, ainsi que l’assassinat d’assistants de terrain dans les zones d’Ekona et de Sonne/Likomba.
Pour la CDC, les comptes de 2025 marquent ainsi la fin d’un répit comptable. La question n’est plus seulement celle de l’assainissement des états financiers, mais celle du retour effectif de la production.
Ludovic Amara
Lire aussi : 11-06-2025-CDC: un résultat net de 45,4 milliards FCFA en 2024, après l’annulation d’une dette de 59 milliards FCFA
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Non, les camerounais ne sont pas interdits d’entrée au Cambodge
Depuis plusieurs heures, une note officielle des autorités cambodgiennes circule abondamment sur les réseaux sociaux, provoquant inquiétudes, confusions et parfois même des interprétations totalement erronées concernant les ressortissants africains, notamment les Camerounais, informe Shance Lion.
Comme souvent sur internet, certains ont rapidement transformé une mesure administrative liée à l’immigration irrégulière en une prétendue “interdiction des camerounais au Cambodge ”. Pourtant, après lecture attentive du document, la réalité est tout autre.
Le communiqué émis par le Département Général de l’Immigration du Royaume du Cambodge ne parle à aucun moment d’une interdiction générale d’entrée visant les Camerounais ou les Africains. Le texte concerne essentiellement les étrangers en situation irrégulière, particulièrement ceux dont les visas ou autorisation de séjour ont expiré.
Selon cette note, la période de tolérance accordée à certains ressortissants étrangers prendra fin le 31 mai 2026. À partir du 1er juin 2026, les personnes restant illégalement sur le territoire cambodgien s’exposeraient à des sanctions sévères, notamment des arrestations, des poursuites judiciaires, des peines de prison et de lourdes amendes.
Autrement dit : Les Camerounais ne sont pas bannis du Cambodge ; Les voyageurs disposant de documents valides peuvent toujours entrer légalement dans le pays ; Cette mesure vise exclusivement les personnes en dépassement de séjour ou en situation migratoire irrégulière.
Le document mentionne plusieurs nationalités africaines, dont le Cameroun, le Ghana, le Kenya et l’Ouganda, dans le cadre d’un rappel général au respect des lois migratoires cambodgiennes, explique Shance Lion. Comme on le voit donc, les citoyens camerounais ne sont pas interdits d’entrée au Cambodge. Comme la majorité des visiteurs internationaux, ils sont éligibles pour obtenir un visa à l’arrivée (Visa on Arrival) ou un visa électronique (e-Visa) pour des séjours touristiques ou d’affaires.
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