Enzo Ebosse termine sa saison de Serie A avec un nul spectaculaire entre Torino et Juventus. Retour sur un derby intense et sa saison contrastée.
Peut-on vraiment parler d’un match sans enjeu quand Torino et la Juventus se retrouvent face à face ? Même déjà maintenues, les deux équipes turinoises ont livré un derby tendu jusqu’aux dernières minutes. Et au milieu de cette bataille, Enzo Ebosse a encore répondu présent.
Un derby de Turin animé dès les premières minutes
Pour cette ultime journée de Serie A, le Torino FC recevait la Juventus à l’Olimpico de Turin. Une affiche toujours particulière, même quand le classement ne change plus grand-chose. Ce genre de rencontre dépasse souvent les simples calculs comptables. Il y a l’orgueil, la ville, l’atmosphère. Et parfois, ça suffit largement.
Dès le coup d’envoi, les hommes de Luciano Spalletti ont imposé un rythme élevé. La Juventus voulait finir sa saison sur une note positive. Le pressing était agressif, les transitions rapides. Torino, lui, a longtemps subi avant de retrouver un peu d’air.
À la 23e minute, Dusan Vlahovic ouvre le score après une action parfaitement construite. Alberto Paleari, pourtant vigilant jusque-là, ne parvient pas à détourner le ballon. Le but refroidit momentanément le stade, mais le Torino ne s’effondre pas.
Sur le flanc gauche, Enzo Ebosse tente d’apporter de la stabilité. Le défenseur camerounais s’emploie à contenir les offensives adverses tout en essayant de relancer proprement. Ce qui frappe surtout, c’est sa capacité à rester lucide même sous pression. Une qualité rare dans ce type de derby.
Dusan Vlahovic fait parler son efficacité
Au retour des vestiaires, la Juventus frappe encore. Et encore une fois, c’est Dusan Vlahovic qui surgit. À la 53e minute, l’attaquant serbe double la mise après une séquence confuse dans la surface. Torino accuse le coup. Pendant quelques minutes, les Bianconeri semblent totalement maîtriser leur sujet.
Roberto D’Aversa décide alors de modifier son organisation. Le technicien italien pousse ses joueurs à jouer plus haut. Pari risqué, mais nécessaire. Contrairement à ce qu’on entend souvent, certains matchs basculent moins grâce au talent qu’à une question d’élan psychologique.
Et justement, le Torino retrouve progressivement de l’énergie.
Torino refuse de céder malgré le scénario compliqué
À la 59e minute, Cesare Casadei relance complètement la rencontre. Son but remet les Grenats dans le match et change immédiatement l’ambiance du stade. Les supporters y croient de nouveau. Les duels deviennent plus rugueux, les espaces se réduisent, le milieu de terrain se transforme presque en champ de bataille.
La Juventus recule. Peut-être inconsciemment. Torino, lui, pousse de plus en plus fort.
Il faudra attendre la 83e minute pour voir Che Adams arracher l’égalisation. Une délivrance pour le public turinois. Le score passe à 2-2 après une action menée avec beaucoup de détermination. Pas forcément le plus beau but de la soirée, mais probablement le plus symbolique.
Soyons honnêtes : peu de spectateurs imaginaient un tel retour après le deuxième but de Vlahovic.
La saison contrastée d’Enzo Ebosse au Torino
Au-delà du résultat, cette rencontre marque surtout la fin de saison d’Enzo Ebosse en Serie A. Le défenseur camerounais termine l’exercice avec 17 apparitions sur 38 possibles. Cela représente 1332 minutes disputées sous les couleurs du Torino.
Des chiffres qui racontent une saison faite de hauts et de bas. Ebosse n’a pas toujours été titulaire, mais il a souvent su saisir ses opportunités. Il a notamment délivré une passe décisive face à Sassuolo, tout en écopant de quatre cartons jaunes durant la saison.
À y regarder de plus près, son exercice reste intéressant malgré une concurrence importante dans le secteur défensif. Certains observateurs lui reprochent encore un manque de régularité. Pourtant, sa capacité à revenir après des périodes plus compliquées mérite d’être soulignée. Beaucoup de joueurs disparaissent mentalement après plusieurs matchs sur le banc. Lui non.
Le Torino boucle finalement cette campagne à la 12e place avec 45 points. Un classement qui reflète assez bien la saison du club : capable de belles réactions, mais trop irrégulier pour viser plus haut.
