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miroir sacré de l’homme et gardien vivant de la nature

Dans la pensée Bamiléké, le totem n’est ni un mythe figé ni une croyance marginale. Il constitue une institution vivante, au cœur de la relation entre l’homme, les ancêtres et la nature. Le totem incarne un lien invisible mais structurant, une alliance sacrée qui inscrit l’être humain dans un univers où tout est interdépendant. Ici, l’homme ne domine pas la nature : il cohabite avec elle, dans un équilibre nourri par le respect et la mémoire, explique l’anthropologue Hilaire Toukou.
Lire ici son texte :
TOUKO HILAIRE
.
Dans de nombreuses chefferies Bamiléké, chaque lignage se reconnaît à travers un totem spécifique, souvent hérité d’un récit fondateur. Ces totems peuvent être des animaux, des plantes ou des éléments naturels. Parmi les plus connus, on retrouve le python (symbole de protection et de sagesse ancestrale), la panthère (incarnation de la puissance et de la royauté), le crocodile (gardien des eaux et des secrets), le léopard (figure d’autorité et de vigilance), le colibri (messager subtil entre les mondes), ou encore le porc-épic (symbole de défense et de résilience). À cela s’ajoutent des totems végétaux comme le rônier, le kolatier ou certains arbres sacrés, ainsi que des rivières ou des collines investies d’une valeur spirituelle.
Le choix du totem n’est jamais arbitraire
Il renvoie souvent à un événement marquant de l’histoire du clan : un ancêtre sauvé par un animal, une apparition mystérieuse lors d’un déplacement, ou une révélation transmise par les anciens. Le totem devient alors une mémoire vivante, transmise de génération en génération, et qui relie les vivants à leurs origines. Mais le totem ne se limite pas à une identité symbolique. Il agit concrètement sur la vie des individus.
Par exemple, dans une famille liée au python, il est strictement interdit de tuer ou de consommer cet animal. Cette interdiction dépasse la simple morale : elle est perçue comme une loi sacrée. Sa transgression peut entraîner des conséquences graves maladies inexpliquées, malchances persistantes, voire ruptures sociales. Ce type d’interdit installe une relation de respect profond envers l’animal, qui est perçu comme un parent spirituel. Ainsi, le totem devient un régulateur du comportement humain face à la nature.
Plus encore, le totem est vécu comme une présence active. De nombreux récits évoquent des moments où l’animal totémique *réagit* à la vie de l’individu : rêves prémonitoires, apparitions soudaines en période de danger, ou signes interprétés comme des avertissements ou des bénédictions. Pour les Bamiléké, ces manifestations ne relèvent pas du hasard, mais d’une communication subtile entre l’homme et le monde invisible. Le totem devient alors une extension de la conscience, un miroir de l’âme et un guide silencieux.
Sur le plan social, le totem structure les relations. Il influence les alliances matrimoniales, les interdits alimentaires, et même les formes de respect entre individus. Un Bamiléké ne se définit pas uniquement par son nom ou son village, mais aussi par son appartenance totémique. Celle-ci constitue un code implicite qui organise la vie collective et renforce la cohésion du groupe.
D’un point de vue écologique, cette vision est d’une étonnante actualité. En protégeant leur totem, les communautés préservent indirectement des espèces et des écosystèmes. Un animal sacré ne sera pas chassé, une forêt liée à un totem ne sera pas détruite, une rivière sacrée ne sera pas profanée. Le sacré devient ainsi un outil de conservation, bien avant les politiques modernes de protection de l’environnement.
Au-delà de ses dimensions sociales et écologiques, le totem porte une philosophie profonde. Il rappelle à l’homme qu’il fait partie d’un univers habité, où chaque élément visible ou invisible a une place et une signification. La nature n’est pas un objet à exploiter, mais une réalité vivante à respecter. Le totem enseigne ainsi l’humilité, la retenue et l’écoute.
Aujourd’hui, sous l’effet de l’urbanisation et des transformations culturelles, cette relation tend à s’affaiblir. Pourtant, elle demeure une source précieuse de savoir et de sagesse. Dans un monde confronté à des crises écologiques majeures, la vision Bamiléké du totem propose une alternative : celle d’un vivre-ensemble harmonieux entre l’homme et la nature.
Le totem n’est donc pas un vestige du passé. Il est une clé de lecture du présent et, peut-être, une voie pour réinventer l’avenir.
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Me Félicité Esther Zeifman ressuscite l’affaire du téléphone distrait de l’une des épouses du patron du Groupe L’Anecdote (Première partie)

Au cours de l’audience criminelle spéciale consacrée à l’examination in chief et à la cross-examination du 35ᵉ témoin, le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, les avocats des parties civiles ont fait ressurgir, ce mardi 15 septembre 2026, l’affaire des terminaux numériques manquants, dans lesquels seraient contenus des éléments liés à l’assassinat de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude FM.
C’est Me Félicité Esther Zeifman qui, après avoir obtenu du 35ᵉ témoin du ministère public la définition de l’enquête environnementale contenue dans sa grille méthodologique, a posé au lieutenant-colonel Dieudonné Bialo la question de savoir s’il est au courant que Melissa Amougou Belinga avait distrait un iPhone lors du déroulement de l’enquête préliminaire.
L’officier supérieur de la gendarmerie nationale a répondu à cette question par l’affirmative, tout en indiquant que c’est grâce au tracking des terminaux numériques que les enquêteurs se sont rendu compte de l’incorporation du numéro de téléphone de la puce et du numéro IMEI de l’appareil de la concernée.
À la question de l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo de savoir quelles sont les dispositions prises par la commission mixte d’enquête police/gendarmerie nationale pour retrouver ce téléphone distrait par l’épouse de Jean-Pierre Amougou Belinga, D. Bialo fait savoir au tribunal que la commission avait interpellé deux personnes, dont une dame qui s’est présentée comme une femme de ménage du couple de l’homme d’affaires et, avant elle, un monsieur qui avait été interpellé.
Ce dernier s’est présenté comme proche de cette femme de ménage, dont la puce téléphonique avait rayonné dans le téléphone recherché. Selon l’officier supérieur de la gendarmerie nationale, c’est l’audition de cet homme proche de l’agent domestique du couple Amougou Belinga qui a conduit à la découverte de la disparition de cet iPhone.
S’agissant des dispositions prises pour auditionner Melissa Amougou Belinga, indexée par sa femme de ménage, la commission mixte, en son temps, explique D. Bialo, avait sollicité sa présence via les conseils du patron du groupe L’Anecdote.
Lorsque Me Félicité Esther Zeifman demande au témoin du ministère public si ce téléphone distrait sciemment n’aurait pas pu participer à la manifestation de la vérité, le lieutenant-colonel Bialo répond : « Le téléphone est recherché parce que le lieutenant-colonel Justin Danwe communique, dans une de ces auditions, un numéro de téléphone appartenant et utilisé par M. Amougou Belinga. Les divers trackings ont révélé des rayonnements correspondant aux divers lieux fréquentés par son utilisateur ».
Aussi le lieutenant-colonel Danwe avait-il affirmé avoir transmis une vidéo de la victime à Amougou Belinga via cet iPhone. Mais durant la cross-examination du 35ᵉ témoin faite par l’avocat du lieutenant-colonel Justin Danwe, Me Jacques Mbuny, ce dernier a rappelé au lieutenant-colonel Bialo que relativement au transfert de cette vidéo à l’homme d’affaires, l’expert Georges Bell Bitjocka avait déclaré que cette vidéo avait été extraite d’un téléphone d’un membre du commando, Vincent Godje, qui avait été nommément cité. Cependant, D. Bialo a réagi : « En tant que membre de la commission d’enquête mixte, nous avons écouté ces extraits de vidéo courts ».
Sur le champ, Me Mbuny pose la question à Bialo : « Vous avez extrait les vidéos du téléphone de Danwe ou vous avez ouï dire qu’il y avait des vidéos dans son téléphone ? Et l’officier supérieur de la gendarmerie nationale de répondre, de façon laconique : « C’était un ouï-dire! »
En suivant le prolongement du questionnement de Me Zeifman, l’avocate juge qu’il était nécessaire que ce téléphone soit mis à la disposition de l’enquête pour contribuer à la manifestation de la vérité. Les (ces éléments) avez-vous consignés et adressés au commissaire du gouvernement ?, s’interroge l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo.
Et Bialo de répondre : « Je pense ». « Que faisons-nous en ce moment ? Comment rattraper cet impair ? », s’interroge, in fine, Me Zeifman. C’est sur ces entrefaites qu’une objection a été formulée par Me Tchudjo, un des avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui a demandé au tribunal de rejeter cette question qui, explique-t-il, est une question d’opinion. Au bout du compte, le président du tribunal a retenu cette objection et a invité le témoin à apporter des réponses techniques aux questions de fait et de connaissance s’inscrivant en droite ligne du contenu de l’enquête.
À titre informatif, le Service central de recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, dont le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo est le responsable, s’est auto saisi à la suite de l’information liée à la disparition d’Arsène Mbani Zogo et après la découverte de sa dépouille. L’officier supérieur de la gendarmerie nationale reconnaît, dans le cadre de ses recherches, n’avoir pas fait de constatations.
En revanche, s’agissant des observations, le Service central des recherches judiciaires (Scrj) s’est déployé dans une enquête environnementale (recherche de tout indice non enregistré devant contribuer à la manifestation de la vérité) auprès des citoyens. La vidéo surveillance a été aussi mise à contribution tant elle était gérée, indique D. Bialo, par la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN), en appui avec la légion de gendarmerie du Centre.
De plus, ajoute Bialo, le Service central des recherches judiciaires n’a pas posé d’acte d’enquête ; il assistait le commandant de la légion de gendarmerie du Centre et utilisait le matériel pour faire le tracking de tout ce que l’on pouvait avoir comme numéro de téléphone des intervenants.
Serge Aimé BIKOI
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