Quatre mois après son licenciement par Manchester United, Ruben Amorim s’apprête à rebondir là où on ne l’attendait pas forcément : à Benfica, le rival historique du club où il a bâti sa réputation.
Mourinho vers le Real, Amorim vers Benfica : un domino portugais
Le scénario se dessine vite. José Mourinho vient de boucler une saison de championnat invaincu avec Benfica, mais le club termine troisième, hors des places qualificatives pour la Ligue des champions. Pas suffisant pour Florentino Pérez, qui a fait appel à son vieil ami pour aller remettre de l’ordre dans le vestiaire madrilène en pleine turbulence.
Mourinho parti, il faut un remplaçant à l’Estadio da Luz. Et selon les informations de SunSport, Rui Costa, le président de Benfica, a jeté son dévolu sur Amorim.
Le choix est audacieux, pour ne pas dire paradoxal. Amorim, 41 ans, a gagné deux titres de champion au Portugal… avec le Sporting, rival historique de Benfica. Les deux clubs se détestent cordialement depuis des décennies. Pourtant, la relation personnelle entre Costa et Amorim change la donne.
Une amitié qui remonte loin
Rui Costa, ancien attaquant de Benfica et de l’AC Milan, était directeur sportif du club lisboète quand Amorim y jouait comme footballeur professionnel. C’est sous sa direction qu’Amorim a raccroché les crampons en 2017. Une relation de confiance s’est construite là, dans la discrétion.
Costa a toujours gardé un œil bienveillant sur la trajectoire de son ancien joueur devenu entraîneur. Amorim s’était d’abord fait remarquer à Braga, où il avait remporté la Coupe de la Ligue portugaise en 2020, avant de s’imposer au Sporting avec deux championnats consécutifs entre 2021 et 2024. À ce moment-là, il était considéré comme l’un des coaches les plus prometteurs d’Europe.
Et puis il y a eu Manchester United.
63 matchs, 25 victoires, et un licenciement fracassant
L’aventure anglaise d’Amorim qui a eu sous ses ordres le Camerounais Bryan Mbeumo dont il a contribué à son transfert vers United, restera comme une expérience douloureuse. En 63 rencontres à la tête des Red Devils, il n’a gagné que 25 fois, pour 23 défaites. En Premier League, le bilan est encore plus rude : 15 victoires, 19 défaites. United a dégringolé dans le classement de façon spectaculaire.
Son départ, en janvier, est intervenu dans un contexte particulièrement tendu. Il avait publiquement critiqué des figures importantes du club après un match nul contre Leeds, juste après le Nouvel An. Ce genre de déclaration frontale dans un club aussi médiatisé que United, ça ne pardonne généralement pas.
Benfica plutôt que Manchester City
Une autre piste circulait pour Amorim : Manchester City, qui cherche un successeur à Pep Guardiola. Le club mancunien a même nommé Hugo Viana, ancien directeur sportif du Sporting, à un poste clé. Un signal qui pouvait laisser croire à un intérêt pour l’ancien entraîneur lusitanien.
En réalité, Amorim ne figure pas sur la liste des candidats prioritaires à l’Etihad. Enzo Maresca est considéré comme le favori pour prendre la succession de Guardiola. Et selon les informations disponibles, Amorim lui-même préfère reconstruire sa réputation au Portugal plutôt que de replonger immédiatement dans le football anglais.
Benfica lui offre un cadre connu, une langue commune, un président qui lui fait confiance, et l’opportunité de relancer une carrière qui a pris un sérieux coup de frein outre-Manche. Gagner un titre avec Benfica après en avoir remporté deux avec le Sporting : voilà un défi à la hauteur du personnage.
