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la République face aux impostures politiques

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la République face aux impostures politiques
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Dans l’ordre républicain, ce n’est pas l’autochtonie qui fonde l’existence politique, mais la citoyenneté. L’autochtonie possède une valeur réelle : elle est culturelle et symbolique, elle exprime la mémoire des lignages et l’enracinement des communautés dans un territoire. Elle nourrit l’identité collective, elle donne sens aux traditions et aux appartenances locales. Mais elle ne confère un statut juridique qu’exceptionnellement, dans des cas précis où la loi reconnaît des droits particuliers aux peuples autochtones. En règle générale, l’autochtone se doit d’abord d’être citoyen pour participer à la souveraineté et accéder aux droits, explique Oscar Njiki.

Lire ici ses explications :

Généralement, ce sont souvent des acteurs politiques qui brandissent l’autochtonie comme étendard, mais on ne les voit jamais promouvoir la culture qu’ils invoquent. Ils n’organisent ni festivals de danse, ni congrès sur les langues locales, ni colloques sur les savoirs traditionnels, ni expositions d’artisanat, ni musées de mémoire.

Ils ne financent pas les initiatives culturelles, ne soutiennent pas les artistes, ne valorisent pas les rites. La culture n’apparaît dans leur discours que lorsqu’il s’agit de revendiquer des postes politiques en surfant sur l’ethnie. Ethnie qu’ils ne promeuvent pas, qu’ils ne valorisent pas, mais qu’ils instrumentalisent pour se valoriser eux-mêmes. Ces acteurs deviennent des marchands d’ethnie, des gestionnaires de mémoire fictive, qui prétendent défendre une identité qu’ils laissent en réalité en friche.

Un autochtone qui n’est pas citoyen ne participe pas à la République : il ne vote pas, il ne délibère pas, il ne représente rien dans l’espace institutionnel. À l’inverse, la citoyenneté suffit pour accéder aux droits et à la reconnaissance politique. Elle est l’unique clé d’accès aux institutions, à la légitimité et à la souveraineté.

Lorsque l’on n’a rien à proposer en termes de projet politique, on brandit l’autochtonie comme un programme. On transforme une mémoire en slogan, une origine en argument, une appartenance en stratégie d’exclusion. Mais cela ne construit pas la République, cela la fragmente. L’autochtonie, dans sa valeur culturelle, doit être respectée et préservée ; mais elle ne peut se substituer à la citoyenneté, qui seule fonde la légitimité politique.

Les ethnies et les tribus peuvent exister, coexister, enrichir la diversité culturelle. Elles sont des réalités sociales et historiques, des matrices de sens et de mémoire. Mais ce qui prévaut, ce qui fonde l’ordre républicain, c’est la citoyenneté. Elle transcende les lignages et les mémoires pour faire de chacun un sujet de droit et un acteur de la souveraineté.

Peter Geschiere a montré que l’autochtonie est une catégorie mobilisée dans les luttes politiques, souvent pour revendiquer un accès privilégié aux ressources ou aux postes de pouvoir. Mais cette invocation, lorsqu’elle entre en conflit avec la citoyenneté, engendre des tensions et des exclusions qui fragilisent l’État républicain. Mahmood Mamdani, dans « Citizen and Subject » , a démontré que la distinction entre “citoyen” et “sujet” en Afrique postcoloniale a prolongé les hiérarchies coloniales, créant une citoyenneté incomplète et fragmentée. Fredrik Barth, en travaillant sur les frontières ethniques, rappelle que l’identité est relationnelle et mouvante, et qu’elle ne peut être figée comme critère politique.

En vérité, l’autochtonie est une valeur culturelle et symbolique, mais la République ne reconnaît que le citoyen comme acteur politique. Dans l’espace républicain, c’est toujours la citoyenneté qui prévaut. Ceux qui veulent substituer l’autochtonie à la citoyenneté ne défendent pas la tradition, ils détournent la République de son principe fondateur : l’universalité des droits.

Pour finir, l’autochtonie peut continuer à nourrir les mémoires et les cultures, mais dans la République, elle reste une identité symbolique. Le citoyen, lui, est la seule figure légitime, le seul acteur reconnu, le seul porteur de souveraineté.

NB: c’est après avoir lu 302 publications sur l’autochtonie que je reagis.

OSCAR NJIKI

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Nasser al-Khelaïfi visé par une enquête préliminaire à Paris

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Nasser al-Khelaïfi se retrouve au cœur d’une enquête préliminaire à Paris pour une possible prise illégale d’intérêts. Le parquet de Paris a saisi la Brigade […]

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Cameroun – Comores : un quatuor nigérian désigné pour le choc de Garoua

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La rencontre entre le Cameroun et les Comores, comptant pour les éliminatoires de la CAN 2027, sera dirigée par un quatuor arbitral venu du Nigeria. […]

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Me Félicité Esther Zeifman ressuscite l’affaire du téléphone distrait de l’une des épouses du patron du Groupe L’Anecdote (Première partie)

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Me Félicité Esther Zeifman ressuscite l’affaire du téléphone distrait de l’une des épouses du patron du Groupe L’Anecdote (Première partie)
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Au cours de l’audience criminelle spéciale consacrée à l’examination in chief et à la cross-examination du 35ᵉ témoin, le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, les avocats des parties civiles ont fait ressurgir, ce mardi 15 septembre 2026, l’affaire des terminaux numériques manquants, dans lesquels seraient contenus des éléments liés à l’assassinat de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude FM.

C’est Me Félicité Esther Zeifman qui, après avoir obtenu du 35ᵉ témoin du ministère public la définition de l’enquête environnementale contenue dans sa grille méthodologique, a posé au lieutenant-colonel Dieudonné Bialo la question de savoir s’il est au courant que Melissa Amougou Belinga avait distrait un iPhone lors du déroulement de l’enquête préliminaire.

L’officier supérieur de la gendarmerie nationale a répondu à cette question par l’affirmative, tout en indiquant que c’est grâce au tracking des terminaux numériques que les enquêteurs se sont rendu compte de l’incorporation du numéro de téléphone de la puce et du numéro IMEI de l’appareil de la concernée.

À la question de l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo de savoir quelles sont les dispositions prises par la commission mixte d’enquête police/gendarmerie nationale pour retrouver ce téléphone distrait par l’épouse de Jean-Pierre Amougou Belinga, D. Bialo fait savoir au tribunal que la commission avait interpellé deux personnes, dont une dame qui s’est présentée comme une femme de ménage du couple de l’homme d’affaires et, avant elle, un monsieur qui avait été interpellé.

Ce dernier s’est présenté comme proche de cette femme de ménage, dont la puce téléphonique avait rayonné dans le téléphone recherché. Selon l’officier supérieur de la gendarmerie nationale, c’est l’audition de cet homme proche de l’agent domestique du couple Amougou Belinga qui a conduit à la découverte de la disparition de cet iPhone.

S’agissant des dispositions prises pour auditionner Melissa Amougou Belinga, indexée par sa femme de ménage, la commission mixte, en son temps, explique D. Bialo, avait sollicité sa présence via les conseils du patron du groupe L’Anecdote.

Lorsque Me Félicité Esther Zeifman demande au témoin du ministère public si ce téléphone distrait sciemment n’aurait pas pu participer à la manifestation de la vérité, le lieutenant-colonel Bialo répond : « Le téléphone est recherché parce que le lieutenant-colonel Justin Danwe communique, dans une de ces auditions, un numéro de téléphone appartenant et utilisé par M. Amougou Belinga. Les divers trackings ont révélé des rayonnements correspondant aux divers lieux fréquentés par son utilisateur ».

Aussi le lieutenant-colonel Danwe avait-il affirmé avoir transmis une vidéo de la victime à Amougou Belinga via cet iPhone. Mais durant la cross-examination du 35ᵉ témoin faite par l’avocat du lieutenant-colonel Justin Danwe, Me Jacques Mbuny, ce dernier a rappelé au lieutenant-colonel Bialo que relativement au transfert de cette vidéo à l’homme d’affaires, l’expert Georges Bell Bitjocka avait déclaré que cette vidéo avait été extraite d’un téléphone d’un membre du commando, Vincent Godje, qui avait été nommément cité. Cependant, D. Bialo a réagi : « En tant que membre de la commission d’enquête mixte, nous avons écouté ces extraits de vidéo courts ».

Sur le champ, Me Mbuny pose la question à Bialo : « Vous avez extrait les vidéos du téléphone de Danwe ou vous avez ouï dire qu’il y avait des vidéos dans son téléphone ? Et l’officier supérieur de la gendarmerie nationale de répondre, de façon laconique : « C’était un ouï-dire! »

En suivant le prolongement du questionnement de Me Zeifman, l’avocate juge qu’il était nécessaire que ce téléphone soit mis à la disposition de l’enquête pour contribuer à la manifestation de la vérité. Les (ces éléments) avez-vous consignés et adressés au commissaire du gouvernement ?, s’interroge l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo.

Et Bialo de répondre : « Je pense ». « Que faisons-nous en ce moment ? Comment rattraper cet impair ? », s’interroge, in fine, Me Zeifman. C’est sur ces entrefaites qu’une objection a été formulée par Me Tchudjo, un des avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui a demandé au tribunal de rejeter cette question qui, explique-t-il, est une question d’opinion. Au bout du compte, le président du tribunal a retenu cette objection et a invité le témoin à apporter des réponses techniques aux questions de fait et de connaissance s’inscrivant en droite ligne du contenu de l’enquête.

À titre informatif, le Service central de recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, dont le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo est le responsable, s’est auto saisi à la suite de l’information liée à la disparition d’Arsène Mbani Zogo et après la découverte de sa dépouille. L’officier supérieur de la gendarmerie nationale reconnaît, dans le cadre de ses recherches, n’avoir pas fait de constatations.

En revanche, s’agissant des observations, le Service central des recherches judiciaires (Scrj) s’est déployé dans une enquête environnementale (recherche de tout indice non enregistré devant contribuer à la manifestation de la vérité) auprès des citoyens. La vidéo surveillance a été aussi mise à contribution tant elle était gérée, indique D. Bialo, par la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN), en appui avec la légion de gendarmerie du Centre.

De plus, ajoute Bialo, le Service central des recherches judiciaires n’a pas posé d’acte d’enquête ; il assistait le commandant de la légion de gendarmerie du Centre et utilisait le matériel pour faire le tracking de tout ce que l’on pouvait avoir comme numéro de téléphone des intervenants.

Serge Aimé BIKOI

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