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Socadel : Antoine Ntsimi, Oumarou Hamandjoda et Basile Ekobena aux commandes dans un contexte de crise

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Socadel : Antoine Ntsimi, Oumarou Hamandjoda et Basile Ekobena aux commandes dans un contexte de crise
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(Investir au Cameroun) – La Société camerounaise d’électricité (Socadel), née de la transformation d’Eneo Cameroon, a mis en place sa première équipe dirigeante à l’issue de son tout premier conseil d’administration, tenu ce jour sous la présidence du ministre de l’Eau et de l’Énergie.

Le conseil d’administration a porté Antoine Ntsimi à sa présidence. Ancien ministre des Finances, économiste et banquier, il fait partie des hauts responsables publics appelés à accompagner la nouvelle phase de gouvernance de l’entreprise.

Oumarou Hamandjoda a, pour sa part, été nommé directeur général. Il succède à Amine Homman Ludiye, nommé en 2023. Jusqu’ici directeur général adjoint d’Eneo Cameroon, Oumarou Hamandjoda est un profil bien connu du secteur de l’énergie au Cameroun. Il cumule plus de vingt ans d’expérience, à la fois dans l’industrie, la finance du développement et l’administration publique.

Il a notamment occupé les fonctions de Deputy CEO au sein de The AES Corporation entre 2009 et 2014, avec des responsabilités liées à la production, aux investissements et aux relations institutionnelles avec l’État. Entre 2003 et 2009, il avait également été conseiller technique à la Présidence de la République sur les questions d’énergie, d’eau et de projets structurants. Plus tôt dans sa carrière, il a travaillé à l’International Finance Corporation (IFC), où il a participé au suivi de plusieurs opérations de privatisation dans la sous-région. Il est par ailleurs professeur titulaire à l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé.

À ses côtés, Jean Basile Ekobena a été nommé directeur général adjoint. Ingénieur économiste de l’énergie, il revendique plus de trente ans d’expérience dans le secteur électrique camerounais. Il a effectué l’essentiel de sa carrière au sein de la Sonel, puis d’Eneo Cameroon, où il a occupé plusieurs postes de responsabilité, dont celui de conseiller spécial du directeur général.

Lors de l’installation de cette nouvelle équipe, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a insisté sur la nécessité d’une « rupture », dans un secteur marqué par de fortes attentes en matière de performance et de qualité de service.

Attendus sur le terrain du redressement

Au-delà des nominations, la nouvelle équipe prend les commandes d’un opérateur confronté à de lourdes tensions financières et techniques.

Le 22 janvier à Douala, le ministre de l’Eau et de l’Énergie indiquait que l’entreprise affichait en moyenne 31 milliards de FCFA de recettes mensuelles pour 44 milliards de FCFA de charges, soit un déficit d’environ 13 milliards de FCFA par mois. La dette cumulée, selon les mêmes données, est estimée à 177 milliards de FCFA.

Cette situation continue de peser sur la qualité de service. Délestages récurrents, instabilité de la fourniture et variations de tension affectent aussi bien les ménages que les entreprises, avec un impact particulier sur l’activité industrielle.

Pour desserrer cette contrainte, l’exécutif prévoit un refinancement des engagements d’Eneo à travers un syndicat bancaire local. L’objectif affiché est de dégager des gains financiers mensuels estimés à 2,5 milliards de FCFA. Pour le tissu productif, l’enjeu est immédiat : réduire les effets des coupures et des perturbations de tension sur les coûts de production, les cadences industrielles et les décisions d’investissement, en particulier dans le bassin économique de Douala.

Un plan d’action sous surveillance

Dans la présentation de ses « 100 premiers jours d’action » après la renationalisation d’Eneo, le ministre a détaillé une feuille de route articulée autour de trois leviers : la renégociation de la dette avec les banques locales afin d’allonger la maturité des financements, le règlement des factures impayées et arriérés dus par les entités publiques, ainsi que la réduction des coûts d’exploitation.

Le calendrier avancé par les autorités prévoit le démarrage des raccordements industriels à partir du quatrième trimestre 2026. En parallèle, le ministère annonce un renforcement de la lutte contre la fraude, avec l’objectif de réduire des pertes évaluées à 60 milliards de FCFA par an.

À l’horizon 2027, l’effet cumulé de ces mesures est projeté à 9,853 milliards de FCFA de recettes mensuelles supplémentaires et à 3,853 milliards de FCFA de charges en moins, sous réserve de la mise en œuvre effective de l’ensemble du programme. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre de l’Energy Compact signé en août 2025, qui vise 3 000 MW de capacité installée d’ici 2030 et l’élargissement de l’accès à l’électricité à huit millions de personnes supplémentaires.

Des marges de manœuvre étroites

Le redressement annoncé devra toutefois composer avec des contraintes structurelles persistantes. Le déficit hydrologique, estimé à près de 3 milliards de m³, continue de peser sur la production. À cela s’ajoute la congestion de certains axes de transport, notamment sur le corridor Edéa-Douala, qui limite la qualité et la stabilité de l’offre.

C’est dans ce contexte qu’Antoine Ntsimi, Oumarou Hamandjoda et Jean Basile Ekobena prennent leurs fonctions. Leur mandat s’ouvre à un moment charnière pour le secteur électrique, alors que l’amélioration du service est attendue à la fois comme un impératif social et comme une condition de compétitivité pour l’économie camerounaise.

Amina Malloum

Lire aussi :

04-05-2026 – Électricité : Eneo devient Socadel, société publique au capital de 43,9 milliards de FCFA

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Me Félicité Esther Zeifman ressuscite l’affaire du téléphone distrait de l’une des épouses du patron du Groupe L’Anecdote (Première partie)

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Me Félicité Esther Zeifman ressuscite l’affaire du téléphone distrait de l’une des épouses du patron du Groupe L’Anecdote (Première partie)
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Au cours de l’audience criminelle spéciale consacrée à l’examination in chief et à la cross-examination du 35ᵉ témoin, le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, les avocats des parties civiles ont fait ressurgir, ce mardi 15 septembre 2026, l’affaire des terminaux numériques manquants, dans lesquels seraient contenus des éléments liés à l’assassinat de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude FM.

C’est Me Félicité Esther Zeifman qui, après avoir obtenu du 35ᵉ témoin du ministère public la définition de l’enquête environnementale contenue dans sa grille méthodologique, a posé au lieutenant-colonel Dieudonné Bialo la question de savoir s’il est au courant que Melissa Amougou Belinga avait distrait un iPhone lors du déroulement de l’enquête préliminaire.

L’officier supérieur de la gendarmerie nationale a répondu à cette question par l’affirmative, tout en indiquant que c’est grâce au tracking des terminaux numériques que les enquêteurs se sont rendu compte de l’incorporation du numéro de téléphone de la puce et du numéro IMEI de l’appareil de la concernée.

À la question de l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo de savoir quelles sont les dispositions prises par la commission mixte d’enquête police/gendarmerie nationale pour retrouver ce téléphone distrait par l’épouse de Jean-Pierre Amougou Belinga, D. Bialo fait savoir au tribunal que la commission avait interpellé deux personnes, dont une dame qui s’est présentée comme une femme de ménage du couple de l’homme d’affaires et, avant elle, un monsieur qui avait été interpellé.

Ce dernier s’est présenté comme proche de cette femme de ménage, dont la puce téléphonique avait rayonné dans le téléphone recherché. Selon l’officier supérieur de la gendarmerie nationale, c’est l’audition de cet homme proche de l’agent domestique du couple Amougou Belinga qui a conduit à la découverte de la disparition de cet iPhone.

S’agissant des dispositions prises pour auditionner Melissa Amougou Belinga, indexée par sa femme de ménage, la commission mixte, en son temps, explique D. Bialo, avait sollicité sa présence via les conseils du patron du groupe L’Anecdote.

Lorsque Me Félicité Esther Zeifman demande au témoin du ministère public si ce téléphone distrait sciemment n’aurait pas pu participer à la manifestation de la vérité, le lieutenant-colonel Bialo répond : « Le téléphone est recherché parce que le lieutenant-colonel Justin Danwe communique, dans une de ces auditions, un numéro de téléphone appartenant et utilisé par M. Amougou Belinga. Les divers trackings ont révélé des rayonnements correspondant aux divers lieux fréquentés par son utilisateur ».

Aussi le lieutenant-colonel Danwe avait-il affirmé avoir transmis une vidéo de la victime à Amougou Belinga via cet iPhone. Mais durant la cross-examination du 35ᵉ témoin faite par l’avocat du lieutenant-colonel Justin Danwe, Me Jacques Mbuny, ce dernier a rappelé au lieutenant-colonel Bialo que relativement au transfert de cette vidéo à l’homme d’affaires, l’expert Georges Bell Bitjocka avait déclaré que cette vidéo avait été extraite d’un téléphone d’un membre du commando, Vincent Godje, qui avait été nommément cité. Cependant, D. Bialo a réagi : « En tant que membre de la commission d’enquête mixte, nous avons écouté ces extraits de vidéo courts ».

Sur le champ, Me Mbuny pose la question à Bialo : « Vous avez extrait les vidéos du téléphone de Danwe ou vous avez ouï dire qu’il y avait des vidéos dans son téléphone ? Et l’officier supérieur de la gendarmerie nationale de répondre, de façon laconique : « C’était un ouï-dire! »

En suivant le prolongement du questionnement de Me Zeifman, l’avocate juge qu’il était nécessaire que ce téléphone soit mis à la disposition de l’enquête pour contribuer à la manifestation de la vérité. Les (ces éléments) avez-vous consignés et adressés au commissaire du gouvernement ?, s’interroge l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo.

Et Bialo de répondre : « Je pense ». « Que faisons-nous en ce moment ? Comment rattraper cet impair ? », s’interroge, in fine, Me Zeifman. C’est sur ces entrefaites qu’une objection a été formulée par Me Tchudjo, un des avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui a demandé au tribunal de rejeter cette question qui, explique-t-il, est une question d’opinion. Au bout du compte, le président du tribunal a retenu cette objection et a invité le témoin à apporter des réponses techniques aux questions de fait et de connaissance s’inscrivant en droite ligne du contenu de l’enquête.

À titre informatif, le Service central de recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, dont le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo est le responsable, s’est auto saisi à la suite de l’information liée à la disparition d’Arsène Mbani Zogo et après la découverte de sa dépouille. L’officier supérieur de la gendarmerie nationale reconnaît, dans le cadre de ses recherches, n’avoir pas fait de constatations.

En revanche, s’agissant des observations, le Service central des recherches judiciaires (Scrj) s’est déployé dans une enquête environnementale (recherche de tout indice non enregistré devant contribuer à la manifestation de la vérité) auprès des citoyens. La vidéo surveillance a été aussi mise à contribution tant elle était gérée, indique D. Bialo, par la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN), en appui avec la légion de gendarmerie du Centre.

De plus, ajoute Bialo, le Service central des recherches judiciaires n’a pas posé d’acte d’enquête ; il assistait le commandant de la légion de gendarmerie du Centre et utilisait le matériel pour faire le tracking de tout ce que l’on pouvait avoir comme numéro de téléphone des intervenants.

Serge Aimé BIKOI

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