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Oumarou Hamadjoda prend la direction générale de la SOCADEL après la fin d’Eneo

Il est natif de Kodeck, dans le Diamaré, à l’Extrême-Nord du Cameroun. Rien dans cette géographie aride ne laissait présager qu’Oumarou Hamandjoda deviendrait l’un des visages les plus aguerris du secteur électrique camerounais. C’est pourtant le chemin qu’il a tracé, méthodiquement, depuis les universités russes jusqu’aux conseils d’administration des grandes structures énergétiques du pays.
Sa formation parle d’elle-même. Il décroche un Master of Sciences en hydropower plants engineering and hydraulic structures en 1993, puis un PhD en hydropower plants and hydroelectric devices en 1996 — les deux obtenus dans des universités russes. Des spécialités pointues, directement ajustées aux besoins d’un pays dont le potentiel hydroélectrique figure parmi les plus importants d’Afrique.
De l’amphi aux sphères de décision
De retour au Cameroun en 1998, Hamandjoda commence par transmettre ce qu’il sait. Il enseigne à l’université de Ngaoundéré, puis à l’université de Yaoundé I, notamment à l’École Nationale Supérieure Polytechnique. Ces années dans les amphithéâtres ne constituent pas un détour — elles lui ouvrent les portes de l’État. Il rejoint le Secrétariat Général de la Présidence de la République, attaché à la division des Affaires économiques, poste depuis lequel il représente l’État au Conseil d’Administration d’Electricity Development Corporation, l’EDC. Un pied dans l’appareil d’État, un autre dans le monde opérationnel de l’énergie.
Quinze ans dans les entrailles d’Eneo
C’est à Eneo Cameroon que sa carrière prend toute son ampleur. De 2009 à 2024, soit quinze années consécutives, il occupe le poste de Directeur Général Adjoint de l’ex-concessionnaire du service public de l’électricité. Une longévité rare dans un secteur où les directions changent souvent au rythme des crises.
Ces quinze ans lui donnent une connaissance intime du réseau électrique camerounais — ses points de rupture, ses chantiers en souffrance, ses dettes accumulées. « Sa nomination est un choix de raison technique avant d’être politique », confie un expert du ministère de l’Eau et de l’Énergie.
Une maison neuve sur des fondations fragiles
La SOCADEL qu’Hamadjoda prend en main ce 5 mai 2026 affiche un visage nouveau, mais traîne des problèmes anciens. Le décret présidentiel du 4 mai transforme Eneo en société d’État à actionnaire unique, dotée d’un capital de 43,9 milliards de francs CFA. Le texte prévoit également d’ouvrir progressivement le capital à d’autres acteurs publics et au secteur privé. Antoine Ntsimi préside le Conseil d’Administration. Jean Basile Ekobena occupe le poste de Directeur Général Adjoint.
En reprenant les commandes d’une entreprise cédée à l’Américain AES puis au Britannique Actis en 2014, l’État récupère aussi tout le passif. Eneo laisse derrière elle un endettement massif, des factures impayées en volume considérable, un réseau de distribution dégradé et des tensions structurelles dans la chaîne électrique. Des experts estiment que c’est précisément ce tableau difficile qui a précipité la reprise en main par l’État — rachat de 51% des parts pour 78 milliards de francs CFA en 2025.
Un gouffre financier à combler
Les chiffres que découvre Hamandjoda sur sa table donnent le vertige. Avant la nationalisation, les revenus mensuels d’Eneo plafonnaient autour de 30 milliards de francs CFA, pour des engagements qui avoisinaient 50 milliards — soit un déficit mensuel de 20 milliards de francs CFA.
La cause principale est structurelle. Le système tarifaire reste gelé depuis 2012. Les ménages paient leur électricité entre 50 et 99 francs CFA le kilowattheure, un niveau inférieur aux coûts réels de production. L’État compense cet écart à travers une subvention tarifaire estimée entre 70 et 100 milliards de francs CFA en 2025.
L’endettement total de la structure dépasse 800 milliards de francs CFA, tous créanciers confondus — banques, fournisseurs et producteurs indépendants. Les impayés publics aggravent encore la situation. En 2024, environ 59 milliards de francs CFA de créances sur l’État et ses démembrements attendaient toujours d’être recouvrés. Début 2026, les factures impayées de l’État et d’Eneo envers Nachtigal Hydro Power Company approchaient 70 milliards de francs CFA. Pour contenir ces risques, l’État a mis en place un mécanisme de garantie financière revolving de 100 milliards de francs CFA auprès des banques locales.
La fraude électrique constitue un autre front. Les branchements illicites et la falsification des compteurs coûtent plus de 60 milliards de francs CFA par an au secteur. En mars 2026, l’État a lancé une opération nationale pour endiguer ces pratiques. En parallèle, le gouvernement engage un plan de restructuration de la dette à l’horizon 2026, avec pour objectifs l’amélioration du recouvrement des factures publiques et la réforme de la politique tarifaire.
Les chantiers qui attendent
Au-delà des urgences financières, Hamandjoda doit finaliser l’intégration des actifs hérités d’Eneo et accélérer les grands projets d’infrastructure. La SOCADEL assume désormais la production, la distribution et la commercialisation de l’électricité — un périmètre élargi qui réclame simultanément l’assainissement des comptes et la réduction du déficit énergétique. L’extension du réseau vers les zones rurales, pilier du développement inclusif voulu par le Chef de l’État, figure aussi parmi les priorités immédiates. La qualité du service, régulièrement décriée par les populations, sera le premier juge de paix du nouveau directeur général.
Ingénieur de formation, enseignant de vocation, gestionnaire d’expérience — Oumarou Hamandjoda connaît le secteur de l’intérieur, ses promesses comme ses impasses. En 2026, le Cameroun ne veut plus seulement gérer l’électricité. Il veut la maîtriser. La lune de miel sera courte. L’urgence, elle, est permanente.
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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.
Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.
L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.
Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».
Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.
Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.
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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.
Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.
« République en pilotage automatique »
Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».
Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…
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