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Cemac : la BEAC veut rapatrier plus de devises dès 2027, mais 6000 milliards de FCFA restent toujours hors de portée

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Cemac : la BEAC veut rapatrier plus de devises dès 2027, mais 6000 milliards de FCFA restent toujours hors de portée
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(Investir au Cameroun) – Dans un communiqué signé le 23 avril 2026, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a annoncé le relèvement progressif du taux de rapatriement des devises issues des activités des entreprises extractives opérant dans la zone Cemac. Fixé actuellement à 35%, ce taux passera à 50% à compter du 1er janvier 2027, puis à 70% dès le 1er janvier 2028.

Pour la banque centrale des six pays de la Cemac — Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine — cette mesure vise à accroître l’effet des recettes d’exportation sur les réserves de change. En clair, il s’agit de renforcer les avoirs en devises qui permettent aux États de la sous-région de faire face à leurs importations.

« Ce relèvement progressif vise à renforcer l’impact positif des recettes d’exportation sur les réserves de change de la BEAC – avoirs en devises issus des exportations qui permettent aux pays de la Cemac de payer leur facture des importations, NDLR -, tout en préservant une trajectoire réglementaire prévisible pour les entreprises concernées », justifie le gouverneur dans ce communiqué.

Cette décision traduit un durcissement de la réglementation de change appliquée aux entreprises extractives dans la Cemac. Adopté en 2018 et entré en vigueur le 1er mars 2019 pour l’ensemble des opérateurs économiques, le nouveau dispositif avait cependant dû être aménagé pour les entreprises du secteur extractif, dont les réticences avaient conduit la banque centrale à revoir sa copie.

A l’époque, la BEAC avait multiplié les concertations avec les opérateurs concernés. « Au cours de plus d’une centaine de rencontres organisées entre 2018 et 2021, les entreprises extractives ont eu l’opportunité de présenter à la BEAC les spécificités liées à leurs activités, leurs contraintes ainsi que d’autres facteurs dont la réglementation de change n’aurait pas tenu compte. Dans la foulée, la banque centrale a étudié un ensemble de mesures compatibles avec leurs modèles économiques et permettant d’assurer une application effective de la réglementation de change, sans perturber l’activité dans cette industrie », expliquait alors Abbas Mahamat Tolli, ancien gouverneur de la BEAC, à l’ouverture d’une réunion avec les pétroliers, le 17 novembre 2021 à Douala.

Le nœud des fonds RES

C’est ainsi que, alors que la nouvelle réglementation de change de la Cemac est entrée en vigueur pour tous les opérateurs économiques depuis le 1er mars 2019, elle n’est applicable aux entreprises du secteur extractif que depuis le 1er janvier 2022. Et encore, avec d’importants aménagements à la clé : possibilité de détenir des comptes en devises aussi bien dans la zone Cemac qu’à l’étranger ; exemption du rapatriement des devises pour les entreprises en phase d’exploration ; possibilité de transférer à l’étranger les revenus des travailleurs expatriés à partir des comptes en devises ouverts dans la zone Cemac.

Dans ce contexte, le relèvement progressif du taux de rapatriement des devises par les entreprises extractives traduit une inflexion de la posture de la banque centrale vis-à-vis de ces entreprises. Mais en dépit de ce qui apparaît comme un tour de vis, la BEAC avance prudemment : elle évite de toucher au sujet le plus sensible : celui des fonds de restauration des sites miniers, plus connus sous l’appellation de fonds RES.

« Les sommes affectées aux fonds de réhabilitation des sites en fin d’exploitation demeurent exclues du champde cette obligation, conformément à la réglementation en vigueur », précise le communiqué signé le 23 avril 2026 par le gouverneur de la BEAC.

Or, depuis plusieurs années, c’est justement sur cette question que se cristallisent les tensions entre la banque centrale et les entreprises extractives. Les fonds RES, officiellement estimés à environ 6000 milliards de FCFA, constituent le principal point d’achoppement dans les discussions engagées entre les deux parties.

Ce volume représente presque le niveau des réserves de change des pays de la Cemac à fin février 2026, soit 6769 milliards de FCFA.

Après près de sept années de négociations infructueuses sur le rapatriement des fonds RES, la BEAC a décidé de passer la main aux États, a annoncé Yvon Sana Bangui au sortir d’une audience avec le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, le 25 mars 2026.

En théorie, le rapatriement effectif des fonds RES donnerait un coup d’accélérateur significatif aux réserves de change de la sous-région. Une telle évolution contribuerait à consolider la position extérieure des pays de la Cemac et, par ricochet, à renforcer la stabilité du franc CFA.

En effet, ces fondamentaux sont régulièrement mis à mal au fur et à mesure de l’érosion des réserves en devises.

Pour l’année 2026, par exemple, la BEAC projette le niveau de couverture des importations par les réserves de change à 4,52 mois, contre un seuil jugé confortable de cinq mois minimum, selon le FMI.

Ce niveau reste inférieur au seuil de cinq mois généralement considéré comme confortable par les institutions financières internationales telles que le FMI. En dessous de trois mois d’importations, la situation devient critique pour l’équilibre extérieur.

Autrement dit, si la décision annoncée par la BEAC marque bien un durcissement de la réglementation de change applicable aux entreprises extractives, elle ne règle pas, à ce stade, le principal problème. Tant que les fonds RES resteront en dehors du périmètre du rapatriement obligatoire, une part essentielle de la manne en devises attendue par la Cemac continuera d’échapper à la banque centrale.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

20-01-2026 - Monnaie : la BEAC écarte tout scénario de dévaluation du FCFA en zone Cemac malgré la baisse des réserves

17-12-2025 - Cemac : la BEAC durcit à nouveau l’accès au crédit pour contrer la baisse des réserves en devises

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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Nouvelle aventure espagnole pour Raïssa Mbappé Etoundi

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Raïssa Mbappé Etoundi poursuit son aventure en Espagne. À 32 ans, l’attaquante camerounaise s’est engagée avec le CP Cacereño pour la saison 2026-2027, après une […]

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le CERAC remet 16 000 tables-bancs aux écoles

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le CERAC remet 16 000 tables-bancs aux écoles
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Le Cercle des amis du Cameroun (CERAC) a remis samedi 16 000 tables-bancs aux écoles primaires publiques du département du Mayo-Louti, dans la région du Nord, ainsi que des intrants agricoles, du matériel de production et divers appuis au Centre de promotion de la femme et de la famille de Guider.

La cérémonie s’est tenue dans la cour de l’école publique de Sanguéré, en présence notamment du gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, et du préfet du Mayo-Louti, Tam Likeng Richard Marcel.

La délégation du CERAC était conduite par le Dr Grace Dion Ngute, représentante personnelle de la Première Dame Chantal Biya, présidente fondatrice de l’organisation.

Au-delà des tables-bancs destinés aux établissements scolaires, l’appui comprenait notamment des intrants agricoles et du matériel de production. Des aides multiformes ont également été accordées au Centre de promotion de la femme et de la famille de Guider.

La cérémonie a été ponctuée de danses, de prestations culturelles et de sketchs présentés par les bénéficiaires. Plusieurs intervenants ont salué une initiative qui, selon eux, répond à des besoins particulièrement importants dans le département.

Les bénéficiaires ont exprimé leur gratitude à la Première Dame pour ces différents appuis, présentés comme un soutien aux communautés locales, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’agriculture et de l’autonomisation des femmes.

La rencontre s’est déroulée en présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses ainsi que de plusieurs élites du Mayo-Louti.

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