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Cameroun–Allemagne : 320 milliards FCFA pour améliorer la gouvernance et le climat

Les discussions ouvertes le 27 avril et conclues ce 28 avril 2026 à Yaoundé par la signature du procès-verbal des négociations s’inscrivent dans un cadre désormais structuré entre les deux partenaires. Le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, et le directeur Afrique II du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), Philipp Knill, chef de la délégation allemande, ont fixé les contours de ces négociations, centrées sur l’évaluation des engagements passés et la définition des priorités du cycle 2025-2026. Examiner les engagements passés et fixer les priorités du cycle 2025-2026. Au cœur des échanges, un portefeuille estimé à plus de 320 milliards de FCFA. Des ressources majoritairement accordées sous forme de dons, ce qui distingue cet appui des financements classiques.
Dans son intervention, Alamine Ousmane Mey insiste sur la ventilation de ces financements. « Le développement rural, la gouvernance, la décentralisation, la paix et la cohésion sociale, la gestion durable des ressources naturelles, la santé […] sont les principaux secteurs bénéficiaires », déclare-t-il. Cette structuration traduit une concentration sur des secteurs à forte intensité institutionnelle et sociale, davantage que sur des investissements productifs immédiats.
Dans le cadre de cette coopération, le Cameroun et l’Allemagne orientent leurs interventions vers des secteurs jugés structurants pour le développement. Elle met notamment l’accent sur l’amélioration des services de santé, avec des programmes destinés à renforcer l’accès et la qualité des soins. Parallèlement, des investissements sont engagés dans la construction d’infrastructures, considérées comme un levier essentiel de croissance et de désenclavement. La coopération porte également sur le renforcement de la gouvernance publique, à travers des appuis institutionnels et des réformes visant à améliorer la transparence et l’efficacité de l’action publique. Enfin, les initiatives soutenues intègrent un objectif de création d’emplois, en lien avec le développement économique et l’appui au secteur productif.
Gouvernance, climat et décentralisation en tête des priorités
L’analyse sectorielle montre une prédominance des domaines liés à la transformation structurelle de l’État. Gouvernance publique, décentralisation et cohésion sociale occupent une place centrale dans l’allocation. Pour Berlin, ces choix relèvent d’une logique assumée. Philipp Knill évoque un partenariat multidimensionnel. « On travaille ensemble sur beaucoup de sujets. La protection des forêts, le développement rural, la paix et la cohésion sociale, la décentralisation », explique-t-il. La dimension environnementale s’impose également comme un pilier. La gestion durable des ressources naturelles, notamment forestières, s’inscrit dans les engagements climatiques internationaux et dans les dispositifs multilatéraux auxquels le Cameroun participe.
Dans le même registre, la santé apparaît comme un secteur en tension. Le responsable allemand évoque explicitement la réforme des mécanismes de financement. « On parle très ouvertement des défis dans le secteur de la santé, par exemple la réforme des chèques santé. Il faut la mettre pleinement en œuvre », affirme-t-il.
Une allocation alignée sur la SND30, mais peu orientée vers la production
Côté camerounais, cet agencement sectoriel s’inscrit dans la logique de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Le ministre de l’Économie rappelle que les interventions doivent « s’aligner sur les orientations prioritaires et stratégiques […] avec pour objectif la transformation structurelle de l’économie ». Dans les faits, l’essentiel des dons cible des fonctions de stabilisation et de régulation. Paix, gouvernance, décentralisation, climat.
Ce choix interroge la place accordée aux secteurs directement productifs. L’agriculture est présente à travers le développement rural, mais les investissements industriels ou infrastructurels restent en retrait dans cette architecture de financement. Berlin assume ce positionnement. L’amélioration du climat des affaires constitue un levier indirect. « Notre visite vise aussi à améliorer le climat d’affaires pour mieux travailler sur la coopération économique », indique Philipp Knill.
Le don comme instrument de politique économique
Le recours massif aux dons modifie la nature de la relation financière. Il allège la contrainte d’endettement pour Yaoundé tout en renforçant les exigences en matière de réformes. Le responsable allemand insiste sur ce point. « Il faut penser à la bonne gouvernance et faire des réformes pour vraiment avancer », déclare-t-il. De son côté, le gouvernement camerounais met en avant la dimension partenariale. Alamine Ousmane Mey souligne « l’importance du partenariat qui lie nos deux pays » et exprime la « gratitude du Cameroun […] pour le soutien constant apporté au développement du pays ».
Dans ce cadre, le portefeuille de dons apparaît moins comme un simple flux financier que comme un instrument structurant. Il oriente les politiques publiques, hiérarchise les priorités et redéfinit les marges de manœuvre de l’État.
Fabrice BELOKO
Réaction
Philipp Knill, directeur Afrique II du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ)
« Nous travaillons pour la protection des forêts et le renforcement de la coopération économique »
« Nous sommes venus pour échanger avec le gouvernement du Cameroun sur le développement et la coopération au développement. Nous travaillons ensemble sur de nombreux sujets, notamment la protection des forêts et le développement rural durable. Nous collaborons également sur les questions de paix, de cohésion sociale et de décentralisation. Nous œuvrons aussi au renforcement de la coopération économique entre le Cameroun et l’Allemagne, mais également entre l’Afrique et l’Europe. Nous sommes ici pour multiplier les échanges avec le gouvernement ainsi qu’avec la société civile, au Cameroun comme en Allemagne. Il est essentiel de promouvoir la bonne gouvernance et de mettre en œuvre des réformes pour progresser. Nous voulons construire ce partenariat ensemble.
Nous félicitons la République du Cameroun pour la visite du pape Léon XIV et nous nous associons pleinement à son appel à la paix, à la sécurité, à la stabilité, au respect des droits humains et au travail collectif pour avancer. Notre visite vise également à améliorer le climat des affaires afin de renforcer la coopération économique. Nous discutons ouvertement des réformes nécessaires pour protéger les forêts et promouvoir un développement rural durable.
Nous abordons aussi les défis du secteur de la santé, notamment la réforme des chèques santé, qui est une réforme très importante et qui doit être pleinement mise en œuvre. Nous évoquons également les défis sécuritaires au Nord-ouest, Sud-ouest et à l’Extrême-nord du pays. Nous reconnaissons les efforts du Cameroun pour accueillir les réfugiés provenant d’autres pays. Il est essentiel de préserver la paix et d’engager un dialogue national, comme l’a recommandé le pape Léon XIV. »
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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.
Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.
L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.
Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».
Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.
Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.
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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.
Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.
« République en pilotage automatique »
Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».
Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…
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