Actualités locales
Climat des affaires : Paris s’inquiète de la dette de l’Etat camerounais envers les entreprises françaises

(Investir au Cameroun) – La France a officiellement exprimé au Cameroun ses préoccupations sur le traitement des créances dues aux entreprises françaises intervenant pour le compte de l’État. À l’issue de son entretien avec le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, le ministre délégué français chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Nicolas Forissier, a identifié ce dossier comme un point sensible de la relation économique entre les deux pays.
« On a un sujet qui est important, je l’ai dit, qui a besoin d’être résolu si l’on veut amener d’autres entreprises ou avoir d’autres partenariats, et qui est le fait que, parfois, il y a des retards de paiement », a-t-il déclaré.
Derrière cette mise en garde, Paris pointe une difficulté récurrente rencontrée par les entreprises françaises opérant au Cameroun : le règlement tardif de prestations exécutées dans le cadre de marchés publics. Selon les autorités françaises, ces retards pèsent sur la confiance des investisseurs et brouillent la lisibilité de l’environnement des affaires.
Le constat est d’ailleurs reconnu côté camerounais, notamment dans les travaux publics. Un responsable du ministère des Travaux publics indique que l’État doit plusieurs dizaines de milliards de FCFA à une entreprise française engagée sur des projets routiers urbains et interurbains. Ce type d’arriérés alimente les inquiétudes des opérateurs concernés, dans un contexte où les besoins d’investissement restent élevés.
Au-delà de la dette commerciale
Pour Nicolas Forissier, l’enjeu dépasse la seule gestion de dettes commerciales. Le règlement plus rapide des créances publiques est présenté comme un levier direct d’amélioration du climat des affaires. « Il y a toujours des raisons, je le comprends parfaitement, mais tout ce qu’on peut trouver pour se débarrasser des retards de paiement ne fait que concourir à améliorer, là aussi, l’attractivité de l’économie camerounaise », a-t-il souligné.
Dans cette perspective, le ministre français plaide pour un approfondissement de la coopération technique avec Yaoundé, notamment sur les questions de performance comptable et de gestion administrative, afin de réduire les délais de règlement. « La France est prête à apporter son expertise et son concours pour essayer de trouver des solutions qui améliorent le climat des affaires et qui permettent de faire venir plus d’entreprises françaises ici, au Cameroun, pour développer l’économie et les partenariats gagnant-gagnant que j’appelle de mes vœux », a-t-il affirmé.
Au-delà des retards de paiement, Paris dit également avoir attiré l’attention des autorités camerounaises sur des fragilités plus larges dans l’environnement d’investissement. Nicolas Forissier évoque « certaines incertitudes » qui, selon lui, freinent le développement économique. Il cite en particulier la nécessité d’une plus grande « prévisibilité, transparence [et] clarté des règles ».
Le ministre français insiste aussi sur la question de la sécurité réglementaire, en estimant que des progrès restent possibles en matière de gestion administrative et de fiscalité des entreprises. « On a besoin peut-être de plus de prévisibilité en matière de gestion administrative, de fiscalité des entreprises », a-t-il analysé. En filigrane, Paris appelle à un cadre d’affaires plus stable, plus lisible et plus propice à l’engagement de long terme.
La France demeure un partenaire économique de premier plan pour le Cameroun. Selon Nicolas Forissier, elle est le sixième partenaire commercial du pays et y compte plus de 200 entreprises, représentant plus de 20 000 emplois.
D’après les données du gouvernement français, les échanges de biens entre les deux pays ont atteint en 2023 près de 1 000 milliards de FCFA, soit environ 1,5 milliard d’euros. Ce niveau est en recul de 9 % par rapport à 2022, mais en hausse de 57 % par rapport à 2015. Sur la même période, les exportations françaises vers le Cameroun sont revenues à 376 milliards de FCFA, en baisse de 11 %, tandis que les importations françaises depuis le Cameroun ont atteint 602 milliards de FCFA, en recul de 9 %. La balance commerciale demeure ainsi favorable au Cameroun.
Pour Paris, l’enjeu est désormais clair : préserver une relation économique dense, tout en obtenant des avancées concrètes sur les délais de paiement, la sécurité administrative et la visibilité réglementaire. Autant de conditions jugées nécessaires pour relancer l’appétit des entreprises françaises sur le marché camerounais.
Ludovic Amara
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
ses appels à l’alternance refont surface après la polémique des Canal 2’Or

La polémique autour de l’absence de Charlotte Dipanda à la cérémonie des Canal 2’Or 2026 remet en lumière les prises de position politiques exprimées par la chanteuse ces dernières années. Dans une déclaration antérieure (voir vidéos ci-dessous), l’artiste avait notamment plaidé pour une alternance à la tête de l’État camerounais, estimant que le pays avait besoin d’une nouvelle gouvernance pour répondre aux aspirations de sa jeunesse.
La controverse a pris de l’ampleur après la cérémonie organisée le 31 octobre au Palais des Congrès de Yaoundé. Présentée, selon les informations relayées autour de l’événement, comme l’invitée vedette de la soirée, Charlotte Dipanda n’a finalement pas été aperçue sur scène. Son absence a suscité des interrogations et des réactions.
À ce stade, les circonstances précises de cette absence ne sont pas publiquement établies. Aucun élément confirmé ne permet d’affirmer qu’elle serait directement liée aux déclarations politiques de l’artiste.
Une prise de position en faveur de l’alternance
Dans une intervention antérieure, Charlotte Dipanda avait abordé la question de la diversité culturelle du Cameroun avant d’évoquer son avenir politique.
La chanteuse expliquait alors n’avoir connu que le président Paul Biya à la tête de l’État. Elle disait souhaiter l’émergence d’une nouvelle proposition politique, en phase avec les aspirations d’une jeunesse davantage ouverte sur le monde et attentive aux évolutions internationales.
« Tant qu’il n’y a pas d’alternance, il n’y a pas véritablement de développement possible », affirmait-elle dans cette intervention.
Charlotte Dipanda estimait également que le pouvoir en place avait atteint les limites de ce qu’il pouvait proposer au pays et qu’il gagnerait à céder la place à une nouvelle gouvernance.
Lire la déclaration de Charlotte Dipanda :
«Effectivement, j’ai vraiment eu la chance en tant que Camerounaise d’aller dans plusieurs régions du Cameroun. C’est un atout parce que les Camerounais à l’intérieur du pays ne voyagent pas beaucoup. Donc chacun reste dans sa région, dans sa ville.
Souvent, on nait, on grandit et puis les autres, on les voit toujours comme si c’était un peu des étrangers. D’où l’appellation de l’Afrique en miniature. C’est vraiment un pays qui, du nord au sud, est complètement différent.
Les gens ont des postures différentes, des cultures différentes. D’ailleurs, on a plus de 200 langues au Cameroun. D’où la difficulté, même pour un chef d’État, de diriger tous ces Camerounais de tous bords, différents.
Mais j’avoue que moi, par exemple, je n’ai connu que le président actuel. Qu’est-ce que ça me ferait du bien d’avoir une autre proposition, de se dire que c’est une époque qui est inéluctablement révolue aujourd’hui et qu’on a besoin de voir ce que ce pays peut apporter à cette jeunesse-là qui est différente. Parce que c’est une jeunesse qui est ouverte aussi à l’extérieur, qui voit ce qui se passe ailleurs et qui a le devoir, en tout cas l’espère aussi pour son pays.
Donc moi je pense qu’il est temps qu’on nous propose autre chose. Il est temps que le Cameroun se développe, parce que tant qu’il n’y a pas d’alternance, il n’y a pas véritablement de développement possible. Je pense que l’État actuel est arrivé à bout de ce qu’il pouvait proposer au Cameroun et qu’humblement il gagnerait à céder la place à une nouvelle gouvernance sans rancune« .
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
Actualités locales
CDEC : pour atteindre 525 milliards de FCFA mobilisés en 2028, la Caisse veut durcir le recouvrement dès 2027

(Investir au Cameroun) – La Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (CDEC) prévoit d’intensifier dès 2027 les opérations de recouvrement des fonds détenus par les établissements financiers et d’autres organismes dont elle réclame le transfert. Annoncée le 30 octobre 2026 à Yaoundé, lors d’un déjeuner de presse, cette orientation doit contribuer à porter le stock de ressources de l’institution à 525 milliards de FCFA à fin 2028. Après plusieurs années de négociations avec les détenteurs de fonds, la Caisse entend renforcer ses contrôles et poursuivre les procédures judiciaires lorsque les démarches amiables n’aboutissent pas.
« En 2027, on va se focaliser sur la mobilisation des fonds. Si l’État nous a donné des moyens, c’est pour qu’on puisse atteindre nos résultats », a déclaré Yvan Serge Ottou Owona, directeur des Affaires générales de la CDEC. L’institution prévoit notamment d’accroître les contrôles sur pièces et sur place et de poursuivre les procédures de recouvrement après les relances restées sans résultat.
La trajectoire financière annoncée prévoit un stock de ressources de 150 milliards de FCFA à fin 2026, puis de 262,5 milliards à fin 2027, avant d’atteindre 525 milliards en 2028. L’objectif fixé pour l’année prochaine suppose donc une augmentation de 112,5 milliards de FCFA, soit 75 % par rapport à la cible de fin 2026.
Au 30 septembre 2026, les encaissements cumulés de la CDEC ont atteint 162,3 milliards de FCFA depuis le démarrage de ses activités en 2023. Ce montant comprend 114,3 milliards issus de transferts historiques et 48 milliards de nouvelles consignations directement effectuées auprès de l’institution. Sur les sommes reçues, la Caisse indique avoir restitué 30,5 milliards de FCFA aux bénéficiaires. La différence entre les encaissements et les restitutions s’établissait ainsi à 131,8 milliards de FCFA, un solde arithmétique qui ne correspond pas nécessairement aux liquidités disponibles.
Des négociations prolongées par des procédures judiciaires
Jusqu’ici, la CDEC indique avoir privilégié le dialogue avec les établissements concernés. Dès mars 2023, elle a engagé des concertations avec l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM), avant de multiplier les rencontres avec les dirigeants des banques et leurs équipes techniques. Ces échanges ont notamment débouché sur le report à fin mai 2024 de la date limite de transfert des fonds et sur la possibilité de convenir de modalités particulières pour les établissements susceptibles d’être fragilisés par des reversements immédiats.
Ces aménagements n’ont toutefois pas permis de régler l’ensemble des différends. Selon les responsables de la Caisse, certains établissements ont conservé pendant plusieurs années des ressources qu’ils ont utilisées dans leurs activités financières, notamment pour souscrire à des titres publics ou financer des opérations de crédit. Leur transfert peut donc nécessiter des ajustements de trésorerie chez les détenteurs concernés.
La situation se reflète dans le bilan judiciaire présenté par l’institution. Selon les chiffres communiqués le 30 octobre, la CDEC est partie à 117 procédures en cours, dont 101 dans lesquelles elle intervient en défense et 16 engagées à son initiative. Ces affaires concernent notamment des contestations liées aux obligations de transfert et aux mesures de recouvrement.
En 2025, les procédures engagées ont facilité le recouvrement d’un principal de 19,3 milliards de FCFA, selon Hamza Aminou, directeur de la conformité et du contrôle permanent. Ce montant comprend 11,7 milliards transférés par des banques poursuivies en justice et 7,6 milliards correspondant à des cautions de marchés publics appelées par le ministère des Travaux publics. Il ne s’agit pas de ressources à ajouter aux encaissements cumulés présentés par la CDEC.
Parallèlement, l’institution poursuit un différend réglementaire devant la Cour de justice de la CEMAC. Elle conteste depuis le 8 septembre 2025 deux règlements communautaires adoptés le 12 juillet de la même année sur la supervision des caisses de dépôts et consignations et le traitement des comptes inactifs et des avoirs en déshérence. Elle estime notamment que certaines dispositions assimilent à tort ses missions de service public à des opérations bancaires.
Des ressources supplémentaires encore à mobiliser
L’accélération annoncée du recouvrement intervient après une période de mobilisation de fonds marquée par des résultats variables. Les encaissements ont atteint 1,5 milliard de FCFA en 2023, 67,7 milliards en 2024 et 51,7 milliards en 2025. Sur les neuf premiers mois de 2026, ils se sont établis à 41,5 milliards de FCFA, selon les données présentées par la Caisse.
Pour atteindre ses objectifs, la CDEC entend également développer de nouvelles catégories de ressources, notamment les cautions sectorielles, les fonds environnementaux et les ressources d’indemnisation. Elle prévoit de poursuivre la contractualisation des transferts avec les organismes concernés et d’élargir progressivement l’utilisation des fonds mobilisés, notamment pour le financement des politiques publiques.
Le montant global des ressources encore détenues par les organismes dont la CDEC réclame le transfert n’a toutefois pas été précisé dans le bilan présenté à la presse. L’institution ne chiffre pas non plus la part des 112,5 milliards de FCFA supplémentaires visés en 2027 qu’elle compte obtenir grâce à l’intensification des opérations de recouvrement.
Amina Malloum
Lire aussi :
01-10-2026 – Diaspora : les banques réclament un pôle unique alors que CDEC et SIC préparent des produits distincts
20-07-2026 – CEMAC : la CDEC conteste la supervision de la COBAC et rappelle son recours devant la Cour de justice
09-07-2026 – CDEC : plus de 151 milliards FCFA centralisés depuis l’opérationnalisation de la caisse
14-07-2026 – Le temps des clarifications : pourquoi la BEAC et la COBAC ne peuvent étendre leurs compétences aux Caisses de dépôts et consignations (Tribune)
09-07-2026 – CDEC : plus de 151 milliards FCFA centralisés depuis l’opérationnalisation de la caisse
18-06-2026 – COBAC: la CDEC conteste un projet de règlement qualifiant les consignations d’opérations de banque
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Tchad : 25 morts dans des affrontements meurtriers entre éleveurs et agriculteurs
Au Tchad, un conflit autour de l’accès à un point d’eau a viré au drame le vendredi 30 octobre 2026 dans le sud-ouest du pays. […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Sports2 years agoA. Song ⁚ >

Actualités locales8 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !

Sports2 years agoCameroun ⁚ les clubs déjà sous pression
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun















