Connect with us

Dernières actualités

Et si le problème du Cameroun était de ne pas assez s’endetter ?

Published

on

Et si le problème du Cameroun était de ne pas assez s’endetter ?
Spread the love

« Il faut privilégier la relance immédiate, même financée par la dette, plutôt que l’obsession de l’équilibre budgétaire à long terme ». Cette idée, directement inspirée de John Maynard Keynes — qui écrivait dès 1923 « à long terme, nous serons tous morts »  demeure d’une actualité brûlante pour le Cameroun. Car derrière le discours officiel d’une dette « maîtrisée » à environ 43 % du PIB se cache une réalité plus préoccupante : celle d’une économie certes sous-endettée, mais freinée dans sa transformation, et prisonnière d’une prudence budgétaire érigée en dogme.

À première vue, les autorités camerounaises peuvent se prévaloir d’un indicateur flatteur. Dans une Afrique où de nombreux pays affichent des ratios d’endettement supérieurs à 60 %, voire davantage, le Cameroun apparaît comme un élève discipliné des institutions financières internationales. Le respect du seuil communautaire de la CEMAC (70 %) est régulièrement souligné, à raison, comme une preuve de rigueur. Mais cette lecture, purement comptable, est économiquement réductrice. Elle confond stabilité apparente et performance réelle, prudence et inertie.

Les chiffres eux-mêmes, pourtant souvent mobilisés pour justifier cette posture, racontent une autre histoire. En 2025, l’encours de la dette publique camerounaise se situe autour de 14 000 à 14 600 milliards de FCFA, soit environ 43 à 44 % du PIB. Ce niveau est non seulement largement inférieur au plafond de 70 % fixé au niveau sous-régional, mais aussi en deçà du seuil interne de prudence de 50 % retenu par les autorités elles-mêmes. Plus encore, il reste nettement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, estimée autour de 56 à 60 % du PIB ces dernières années. Autrement dit, du point de vue strictement quantitatif, la dette camerounaise est non seulement soutenable, mais confortablement contenue.

Mieux encore, l’évolution récente confirme cette soutenabilité. La dette camerounaise progresse de manière modérée et maîtrisée, avec des hausses annuelles limitées. Elle demeure dominée par l’administration centrale, ce qui traduit une gestion relativement centralisée et cohérente. Surtout, elle reste très éloignée des niveaux historiquement critiques qu’a connus le pays dans les années 1990, où elle dépassait largement 100 % du PIB. En d’autres termes, non seulement le Cameroun n’est pas surendetté, mais il évolue aujourd’hui dans une zone de confort budgétaire relative, rarement atteinte dans son histoire économique récente.

Dès lors, une question s’impose avec acuité : pourquoi maintenir une telle retenue dans l’usage de l’endettement alors même que les marges existent ? Car une dette soutenable n’a de sens que si elle est mobilisée au service du développement. À défaut, elle devient un indicateur vide, une performance statistique sans impact réel sur la transformation économique.

À cet égard, il est frappant de constater que ce diagnostic n’est pas nouveau, ni même contesté au sommet de l’État. Il y a quelques années, Louis Paul Motaze, alors ministre de l’Économie, soulignait dans une tribune largement relayée que « l’insuffisance des infrastructures ampute la croissance de deux points par an […] le manque ou la défectuosité des infrastructures nuisent au développement des affaires […] puisque des investissements publics dans l’infrastructure […] sont essentiels pour stimuler l’activité et créer des emplois, et que si l’investissement est bien géré, son effet stimulant sur la production compense les emprunts contractés ».

Tout est dit. L’endettement, lorsqu’il est orienté vers des investissements productifs, n’est pas un fardeau mais un levier. Mieux encore : en stimulant durablement la croissance, il peut améliorer les ratios de dette eux-mêmes. Car le ratio dette/PIB dépend autant du dénominateur (la richesse produite) que du numérateur. Une économie qui croît plus vite grâce à des investissements financés par la dette peut non seulement absorber cette dette, mais en réduire le poids relatif dans le temps.

Car une question fondamentale s’impose : que vaut une dette faible dans une économie qui peine à financer ses infrastructures, à industrialiser sa base productive et à créer massivement des emplois ? Le véritable enjeu n’est pas le niveau absolu de la dette, mais sa capacité à soutenir la croissance. Comme le rappelle Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, “Si les gouvernements empruntent pour investir dans l’avenir, l’économie croît et la dette devient gérable”.  Autrement dit, une dette bien utilisée s’auto-amortit par les richesses qu’elle permet de générer.

Or, au Cameroun, les besoins d’investissement sont immenses. Infrastructures de transport insuffisantes, déficit énergétique persistant, industrialisation embryonnaire, capital humain encore sous-valorisé : autant de contraintes structurelles qui limitent le potentiel de croissance. Dans ce contexte, maintenir volontairement un niveau d’endettement bas revient à renoncer à des leviers essentiels de transformation économique. C’est faire le choix implicite d’une croissance lente, d’un chômage persistant et d’une réduction trop progressive de la pauvreté.

Cette posture traduit une erreur d’interprétation fréquente dans les politiques publiques : assimiler la maîtrise de la dette à une fin en soi. Or, comme le souligne Paul Krugman, ’austérité ou la restriction budgétaire peuvent être pertinentes en période d’expansion, mais elles deviennent contre-productives lorsque l’économie a précisément besoin d’un choc d’investissement.

L’histoire économique mondiale confirme cette analyse. Les pays aujourd’hui développés n’ont pas bâti leur prospérité sur la frugalité budgétaire, mais sur des politiques d’investissement massif, souvent financées par la dette. Routes, chemins de fer, systèmes éducatifs, industries stratégiques : ces transformations ont exigé des ressources que seule la mobilisation de l’endettement pouvait fournir.

Les exemples contemporains ne manquent pas non plus. Des pays comme l’Éthiopie ou le Rwanda ont, à des degrés divers, utilisé la dette pour financer des infrastructures structurantes et accélérer leur croissance. Certes, ces trajectoires ne sont pas exemptes de risques, mais elles illustrent une réalité fondamentale : il n’y a pas de développement rapide sans investissement massif, et donc sans recours, à un moment ou à un autre, à l’endettement.

Faut-il pour autant prôner un endettement sans limite ? Évidemment non. La question n’est pas quantitative, elle est qualitative. Toute dette n’est pas vertueuse. Une dette qui finance des dépenses improductives, des projets mal conçus ou des investissements à faible rendement constitue un fardeau. En revanche, une dette orientée vers des infrastructures rentables, l’énergie, l’éducation ou l’industrialisation devient un actif pour l’économie.

C’est précisément sur ce terrain que le Cameroun doit opérer un changement de doctrine. Il ne s’agit plus de se satisfaire d’un ratio dette/PIB inférieur à la moyenne africaine, mais de se demander si ce niveau est cohérent avec ses ambitions de développement. Une dette trop faible peut être le signe non pas d’une bonne gestion, mais d’une insuffisance d’investissement. Elle peut traduire une incapacité ou une réticence à mobiliser les ressources nécessaires à la transformation économique.

Le véritable risque, pour le Cameroun, n’est donc pas de s’endetter davantage — à condition de le faire intelligemment — mais de rester en deçà de son potentiel de financement. En s’enorgueillissant d’une dette « maîtrisée », le pays prend le risque de retarder sa mutation structurelle et de prolonger des déséquilibres économiques et sociaux pourtant bien identifiés.

Il est temps de dépasser cette vision restrictive et de réhabiliter une vérité économique simple, mais trop souvent oubliée : la dette n’est pas un problème en soi. Elle est un outil. Et comme tout outil, sa valeur dépend de l’usage que l’on en fait. Pour le Cameroun, l’enjeu n’est plus de prouver qu’il peut contenir sa dette, mais de démontrer qu’il sait s’en servir pour construire son avenir.

Par Hermann Mpeck, Analyste Économique. Enseignant à la retraite.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Nouveau siège Fécafoot : Samuel Eto’o humilie l’Etat du Cameroun

Published

on

Nouveau siège Fécafoot : Samuel Eto’o humilie l’Etat du Cameroun
Spread the love

« Le 13 mai de l’an 2026, l’immeuble siège de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a été inauguré par le Dr Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (Caf), en présence de Monsieur Eto’o Fils Samuel, président de la Fécafoot ». Tel est le message inscrit sur la plaque commémorative du nouvel immeuble siège de l’instance faîtière du football camerounais inauguré ce 13 mai à Yaoundé au carrefour Warda, en plein cœur de Yaoundé. Au regard des usages protocolaires en vigueur en pareille circonstance, la plus haute personnalité présente à cette cérémonie, est le président de la Caf. Et pourtant, la cérémonie était présidée par Joseph Dion Ngute, Premier ministre de la République du Cameroun ; en présence du ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep). Et pourtant, aucune mention des représentants de l’Etat du Cameroun n’est visible sur cette plaque commémorative.

Tsinga a purement et simplement ignoré Joseph Dion Ngute qui représentait pourtant le président de la République. Et le choix porté sur le Premier ministre Joseph Dion Ngute, pour représenter le président de la République à l’événement, avait déjà célébré par les partisans de l’exécutif de la Fécafoot. Dans le cadre d’une polémique sur la question. Dans un premier temps, la veille, un document signé du directeur du Cabinet civil (Dcc) du président de la République, indiquait que le Minsep représentera Paul Biya. Aussitôt, les réseaux sociaux se sont mis à s’agiter. Les communicants officieux de la Fécafoot ont brocardé ce choix. Plus tard dans la soirée, un autre document signé du même Dcc désignera le Premier ministre pour la mission. Quelques instants après, les mêmes sources proches de la présidence de la République, viendront contredire le premier document ; même si les lanceurs d’alertes dédiés à la cause d’Etoudi, se contrediront sur le sujet. Toujours est-il que ce sera finalement, Joseph Dion Ngute que l’on verra à Warda, présidant la cérémonie.

La plaque commémorative du nouveau siège de la Fécafoot. Le représentant de l’Etat oublié.

Hypocrisie

Et Samuel Eto’o ne manquera pas de se plier en quatre pour encenser la personne de Dion Ngute : « Monsieur le Premier ministre, cher papa, merci d’être l’homme d’Etat que vous êtes… Je vais vous expliquer la différence entre un homme d’Etat et un politicien. Le politicien pense constamment à l’élection. L’homme d’Etat pense au bien-être des Camerounais. Vous êtes un homme d’Etat papa. Et merci d’être un  homme d’Etat. Et je sais pourquoi je le dis, et vous le savez», a-t-il fait un clin d’œil au chef du gouvernement. Laissant planer l’énigme, mais ceux qui suivent la chronique du football depuis quelques années, notamment depuis l’installation de l’ancien capitaine des Lions indomptables à la Fécafoot, savent qu’en parlant du politicien, l’homme fait allusion à Narcisse Mouelle Kombi avec qui il est en conflit ouvert sur la gestion de l’équipe nationale fanion de football du Cameroun, les Lions indomptables. Le ministre de tutelle qui a tenté en vain d’interrompre le processus électoral ayant abouti à la réélection de Samuel Eto’o.

Et pourtant, Samuel Eto’o dont les partisans couvrent le Pr Mouelle Kombi d’injures au quotidien, au vu et au su de tous, a su jouer le jeu de l’hypocrisie, en convoquant le communautarisme pour faire des yeux doux à son ennemi. «Son excellence monsieur le ministre des sports, cher aîné Sawa, nous l’avons fait. Les enfants venus de l’eau l’ont fait ! Nous l’avons fait ensemble. L’histoire retiendra qu’un père et un fils venus de Douala ont réalisé ceci. Nous partirons un jour, peu importe ce qui a pu se passer ou ne pas se passer, mais nous l’avons fait. Excellence, merci », a-t-il déclamé à l’intention du Minsep.

Pose de la première pierre du nouveau siège de la Fecafoot le 13 novembre 2012.

Tous ces maux à l’intention des hauts représentants de l’Etat venus rehausser l’éclat de cette cérémonie ; pour à la fin ignorer l’Etat du Cameroun sur la plaque commémorative de l’immeuble inauguré. Le sulfureux patron du football camerounais n’a d’ailleurs pas su faire la part belle dans l’éloge qu’il prononce à l’endroit d’Iya Mohamed dont l’emprisonnement est perçu comme un forfait causé par le régime de Yaoundé. En louant l’initiative de ce prédécesseur qu’il a persécuté en son temps. « Monsieur le Premier ministre, représentant personnel du chef de l’Etat, Iya Mohamed voyait bien plus loin que son époque. Il est à l’origine de ce beau rêve. Il a vu juste. Il avait compris ce dont l’histoire de notre football avait besoin ; une administration à la hauteur des performances des Lions indomptables », vantera-t-il celui qu’il avait pourfendu des années durant ; et notamment sur le projet de siège moderne : l’homme dénonçait le choix des « bureaux » là où « les footballeurs manquent des terrains dignes», sur les antennes de Canal 2 international.    

Parlant ainsi d’un homme en prison, officiellement pour « détournement de deniers publics », mais que l’accusation n’a pas pu confondre, y compris avec ses témoins qui se sont parfois retrouvés à disculper l’accusé. Cet ancien directeur général de la Sodecoton combattu hier, avec le soutien de mains obscures tapis dans l’ombre du pouvoir, est ainsi finalement vu comme un messie, devant le représentant de celui qui tient officieusement la main de cette justice que d’aucuns disent manipulée. Samuel Eto’o s’est battu pour que l’Etat du Cameroun soit au premier rang de la cérémonie qui a fait déplacer le président de la Caf, sans donner à cet Etat la place mémorable qui lui revient.

En rappel, la première pierre de l’immeuble avait été posée le 13 novembre 2012 par Iya Mohamed. Il aura fallu quatorze ans pour voir le projet aboutir.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Bamenda : ADC injecte 700 millions FCFA pour remettre l’aéroport à niveau

Published

on

Bamenda : ADC injecte 700 millions FCFA pour remettre l’aéroport à niveau
Spread the love

Pendant près de quatre mois, Aéroports du Cameroun (ADC S.A.) a engagé une opération de remise à niveau de l’aéroport de Bamenda pour un coût global estimé à 700 millions de FCFA. Selon les informations communiquées par l’entreprise publique, 31 projets ont été exécutés entre le 6 janvier et le 21 avril 2026 afin de redonner un minimum de fonctionnalité à cette infrastructure fermée à l’exploitation depuis 2020, dans un contexte marqué par la crise sécuritaire dans les régions anglophones.

Les travaux engagés ont concerné aussi bien les infrastructures visibles par les passagers que les équipements techniques nécessaires à l’exploitation de la plateforme. ADC indique avoir procédé au rafraîchissement des peintures de l’aérogare, à la réfection de plusieurs blocs toilettes, à la réhabilitation des équipements hydrauliques et des systèmes d’éclairage, mais aussi au marquage des chaussées aéronautiques et à l’entretien des pistes.

L’entreprise évoque également le nettoyage général du site, l’entretien des espaces verts ainsi que la remise en état du salon VIP et de certains équipements d’assistance au sol. Une série d’interventions qui visait autant à améliorer l’image de la plateforme qu’à garantir des conditions minimales d’accueil et de sécurité.

Pour ADC, les travaux réalisés ont aussi permis de préserver les installations existantes. L’entreprise affirme avoir atteint un taux d’exécution de 100 % sur l’ensemble des projets engagés, entièrement financés sur ses ressources propres. « Ces travaux auront permis de préserver les infrastructures existantes et de redonner temporairement à l’Aéroport de Bamenda un niveau de fonctionnalité compatible avec les exigences d’exploitation aéroportuaire », conclut la société aéroportuaire.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

L’État camerounais boucle le rachat de la Société Générale et la renomme General Bank of Cameroon

Published

on

L’État camerounais boucle le rachat de la Société Générale et la renomme General Bank of Cameroon
Spread the love

C’est à l’hôtel Hilton de Yaoundé que s’est achevé, ce mardi 12 mai 2026, l’un des plus importants dossiers financiers qu’ait eu à gérer l’État camerounais depuis une décennie. Devant les représentants du Groupe Société Générale, le Gouverneur de la BEAC, les autorités de régulation et les cadres du ministère des Finances, Louis Paul Motaze, ministre des Finances, a présidé la cérémonie solennelle de Closing marquant la clôture définitive de l’acquisition, par l’État du Cameroun, des actions détenues par le groupe bancaire français dans le capital de sa filiale locale. « Cette opération ouvre une nouvelle phase pour la désormais ancienne filiale du Groupe Société Générale au Cameroun, qui exercera désormais sous la nouvelle dénomination sociale de : « General Bank of Cameroon » », a annoncé le ministre Louis Paul Motaze.

UN PROCESSUS D’UN AN, AU BOUT D’UN RETRAIT STRATÉGIQUE FRANÇAIS

Tout commence au tournant de 2023-2024, lorsque le Groupe Société Générale engage une réorientation stratégique profonde, décidant de se retirer progressivement de plusieurs marchés africains pour se recentrer sur ses activités européennes et asiatiques. Depuis mi-2023, le groupe vend ses filiales africaines une à une, du Maroc au Congo, en passant par la Guinée et le Cameroun. Face à ce mouvement, Yaoundé choisit d’agir. Selon une correspondance du ministre des Finances consultée par la presse, l’État du Cameroun a officiellement signifié à Société Générale sa volonté d’exercer son droit de préemption sur le rachat de sa filiale camerounaise, rendant ainsi caduc l’accord de principe que le groupe français avait avec Coris Bank International.

Dans cette lettre datée du 16 janvier 2025, le ministre Louis Paul Motaze demande au Conseil d’administration de considérer ce courrier comme la déclaration formelle de l’État camerounais d’exercer son droit de préemption, se positionnant ainsi comme acheteur exclusif des actions mises en vente. Le 15 juillet 2025, le groupe bancaire Société Générale et le ministère camerounais des Finances annoncent la conclusion d’un accord portant sur le rachat par l’État du Cameroun de la totalité des parts — soit 58,08 % — détenues par le groupe français dans sa filiale locale. Ce rachat vient s’ajouter aux 25,6 % déjà détenus par l’État, portant sa participation totale à plus de 83 % du capital.

129 MILLIARDS DE FCFA ET UNE VALIDATION RÉGLEMENTAIRE EN BONNE ET DUE FORME

 Le montant de la transaction n’a pas été officiellement dévoilé lors des premières annonces, mais les chiffres ont fini par filtrer. La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a entériné début avril 2026 le passage de la banque sous contrôle public à 83,68 %, pour un montant global de 129 milliards de FCFA, dont 120 milliards de FCFA déjà versés par l’État camerounais. Dans son allocution, le ministre Motaze a salué le rôle déterminant des autorités de régulation — COSUMAF, COBAC et BEAC — dans la conduite de ce processus dans le strict respect des normes et des exigences de transparence. L’institution qui change de mains est loin d’être une coquille vide.

Les fonds propres nets atteignaient 138 milliards de FCFA au 31 mars 2026, et le ratio de couverture des risques s’établissait à 20,5 %, soit presque le double de la norme minimale de 11,5 % fixée pour une banque — plaçant l’établissement parmi les mieux capitalisés de la sous-région CEMAC. L’État camerounais récupère également quelque 250 000 relations clients et une légitimité institutionnelle construite sur plus d’un demi-siècle.

UNE NOUVELLE ÈRE SOUS LE NOM DE « GENERAL BANK OF CAMEROON »

La cérémonie du 12 mai marque aussi le baptême public de la nouvelle identité de l’établissement. Dans son discours, Louis Paul Motaze a annoncé que la banque exercera désormais sous la dénomination sociale de « General Bank of Cameroon ». Présente au Cameroun depuis 1963, après avoir été successivement connue comme Société Générale de Banques au Cameroun (SGBC) puis Société Générale Cameroun (SGC) à partir de 2013, l’institution entame ainsi un troisième cycle de son histoire, cette fois sous pavillon entièrement national.

Le ministre a insisté sur le fait qu’une période transitoire s’ouvrira pour assurer une migration maîtrisée des systèmes d’information et des dispositifs opérationnels de la banque. Cette phase permettra de garantir la continuité des opérations, la maîtrise des plateformes informatiques et l’accompagnement des équipes dans la mise en œuvre des nouvelles organisations.

« Je tiens à rassurer l’ensemble des acteurs économiques et le public que toutes les dispositions nécessaires ont été prises afin d’assurer la continuité des services bancaires, la sécurité des dépôts, ainsi que la préservation des engagements de la Banque vis-à-vis de sa clientèle et de ses partenaires. À cet égard, il convient de relever qu’une période transitoire s’ouvrira à l’issue de cette opération, afin d’assurer une transition progressive, efficace et maîtrisée des systèmes d’informations et des dispositifs opérationnels de la Banque. Cette phase permettra notamment de garantir la continuité des opérations bancaires, la maîtrise des aspects techniques liés aux plateformes informatiques, ainsi que l’accompagnement des équipes dans la mise en œuvre des nouveaux dispositifs organisationnels et technologiques », a tenu à rassurer le ministre Louis Paul Motaze.

STABILITÉ DES DÉPÔTS ET OUVERTURE FUTURE DU CAPITAL

 Soucieux de rassurer clients et partenaires, Motaze a rappelé que toutes les dispositions ont été prises pour assurer la continuité des services bancaires, la sécurité des dépôts et la préservation des engagements de la banque vis-à-vis de sa clientèle. Trois groupes bancaires panafricains se sont déjà positionnés pour entrer dans le capital : BGFIBank, NSIA Bank et Zenith Bank, qui souhaitent profiter de la disposition du gouvernement d’ouvrir le capital de la banque à des partenaires financiers nationaux et/ou internationaux.

 Au-delà de cette opération, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur du renforcement de la résilience du secteur financier camerounais, de l’amélioration du climat des affaires et du développement d’un système bancaire moderne, compétitif et inclusif, capable d’accompagner la transformation structurelle de l’économie nationale.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos Cliquez ici