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Kolofata, vivre à l’ombre de Boko Haram : la peur permanente

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Kolofata, vivre à l’ombre de Boko Haram : la peur permanente
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À Kolofata, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, la vie se joue entre peur et survie. Depuis 2014, les attaques de Boko Haram ont détruit des villages, semé la mort et forcé des milliers de personnes à fuir.

La prière de midi vient de s’achever. Les fidèles se dispersent lentement. À l’ombre d’un arbre à proximité d’un camp de déplacés au centre de Kolofata, Ousmane et d’autres rescapés de Boko Haram se parlent à voix basse, comme pour ne pas réveiller les soupçons. « Ici tout le monde se méfie de l’autre. On ne sait pas qui est sympathisant de ces gens », chuchote-t-il. Pour lui, ces hommes armés ne sont jamais loin. Ils vivent au milieu de la population et bénéficient d’un bon réseau d’informateurs.

Le technicien en hydraulique villageoise formé par l’UNICEF nous raconte comment il s’est retrouvé dans le camp de déplacés. « En 2014, mon village a été attaqué. Mon cousin a été tué. Les Boko Haram sont arrivés au village dans la nuit. Après avoir tiré sur mon cousin, ils m’ont demandé ce que je fais dans la vie. Je leur ai présenté mon attestation de technicien de dépannage de forages. Ils m’ont intimé l’ordre de quitter le village et de ne plus jamais revenir. » Cette nuit-là, dix maisons ont été brûlées et du bétail volé.

« Mes frères ont été dans les Boko Haram »

Deux semaines plus tard, après la première attaque, Boko Haram refait surface avec un effectif plus renforcé. Le scénario sera le même : des hommes enlevés ou tués, des maisons incendiées et du bétail emporté. Ado se souvient lui aussi de cette fameuse nuit où le destin du village a tourné au cauchemar.

« Nous avons entendu des bruits, on pensait que c’était une simple attaque. Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’ils voulaient nous enrôler dans leurs effectifs. Certains frères ont accepté d’adhérer. Ils sont partis avec eux. Je ne sais pas ce qu’ils deviennent aujourd’hui. Mais nous autres qui avions refusé de les rejoindre, on a fui le village pour venir nous réfugier ici à Kolofata ». Et depuis 2014, il n’y est plus jamais retourné. « D’ailleurs, le village n’existe plus », confie-t-il, le regard fixé au sol. Tout à coup, il se tait !

Aujourd’hui, le village Waouly, pourtant situé à trois kilomètres du centre de Kolofata, est totalement rayé de la carte. Au loin, l’on aperçoit quelques carcasses de cases noircies, malgré le temps et la violence. Au pied d’un arbre en bordure de route, un groupe de trois membres d’un comité de vigilance est assis. Face à eux, des militaires du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) patrouillent à pied à notre passage. La zone est casée en rouge-vif.

La peur comme quotidien

Avec les séries d’attaques meurtrières enregistrées depuis 2014 et les enlèvements contre rançon devenus monnaie courante, Kolofata abrite aujourd’hui plus de 3 000 déplacés internes. Ils sont entassés dans des abris de fortune où la misère s’ajoute à la pauvreté. La vie s’organise, mais chaque bruit, chaque déplacement rappelle la menace.

« Les militaires sont là. Mais Boko Haram n’est jamais loin. Ils enlèvent, demandent des rançons. Comment survivre ? », s’interroge Ali, un habitant.

La frontière avec le Nigeria est officiellement contrôlée. Les autorités assurent que le trafic et les attaques ont diminué. Mais sur le terrain, la peur se lit dans les yeux des enfants qui ne peuvent plus jouer dehors. Le couvre-feu reste effectif à partir de 20 h, et les familles continuent de fuir ces villages où tout est à reconstruire.

Un peu partout sur le corridor Mora-Kolofata-Kerawa, frontière avec l’État du Borno, des postes militaires sont visibles. Des patrouilles de l’armée camerounaise et de la Force multinationale mixte se relèvent sur le terrain. De quoi rassurer l’autorité administrative de la ville. Guy Pascal Bamyo, le sous-préfet de Kolofata, affirme que la situation sécuritaire est « maîtrisée ».

« Les activités économiques reprennent, certes à un rythme un peu lent. Mais les populations regagnent de plus en plus confiance. Elles ne s’étaient jamais arrêtées, d’ailleurs, malgré la situation décriée, renchérie l’autorité.

« L’activité économique avait juste baissé en intensité avec le voisin nigérian », complète-t-il. « Mais aujourd’hui, les frontières sont ouvertes. L’armée et les comités de vigilance font un sacré travail sur le terrain », assure le représentant de l’État, assis dans son bureau nouvellement aménagé à proximité d’une base militaire.

Kolofata-Boko haram

« Des traumatismes invisibles »

Pour beaucoup de déplacés rencontrés, cette normalité apparente masque une précarité profonde. La menace n’a pas disparu. Elle a changé de forme. Moins de territoires occupés, mais toujours des enlèvements et toujours la peur qui s’infiltre dans le quotidien. « La guerre n’est plus faite de combats spectaculaires, mais de silences, d’absences et de traumatismes invisibles », explique une défenseure des droits humains basée à Maroua.

Dans ce contexte, comment se reconstruire ? À ces difficultés sécuritaires s’ajoutent des besoins énergétiques. Kolofata broie du noir. Le réseau électrique, détruit par les groupes armés depuis plusieurs années, n’a plus été réhabilité. Kerawa, de son côté, n’a jamais été connecté au réseau électrique. Seules alternatives précaires, quelques plaques solaires observées ici et là. C’est avec ces moyens du bord que les communautés luttent contre l’insécurité pour survivre.

Une survie suspendue à la main des organisations humanitaires : Plan Cameroon, OCHA, CICR et bien d’autres, qui distribuent des denrées alimentaires et des biens de première nécessité aux milliers de déplacés. Avec la fermeture de l’USAID, les budgets des organisations ont drastiquement diminué, impactant leurs actions sur le terrain.

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Blériot Nyemeck raconte comment Parfait Ayissi a perdu son poste de DG

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Blériot Nyemeck raconte comment Parfait Ayissi a perdu son poste de DG
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Blériot Nyemeck est revenu sur les circonstances qui ont conduit au départ de Parfait Ayissi de la direction générale d’Info TV.

Invité de l’émission Obama Times ce dimanche 1ᵉʳ novembre 2026, diffusée sur A1 TV et présentée par Ernest Obama, il a notamment évoqué les sollicitations répétées du promoteur de la chaîne, Dieudonné Mveng, pour qu’il prenne la tête de la télévision, ainsi que l’incident survenu lors de la couverture de la Coupe André Onana à Oveng.

Selon son témoignage, Dieudonné Mveng lui aurait proposé de devenir directeur général d’Info TV environ six mois après son arrivée au sein de la chaîne. Une proposition qu’il affirme avoir refusée à plusieurs reprises, alors que Parfait Ayissi occupait déjà cette fonction.

« On est resté dans cette discussion pendant 18 mois », a déclaré Blériot Nyemeck, expliquant avoir finalement accepté après une longue période de réticence, en raison de difficultés de fonctionnement qu’il dit avoir observées au sein de la chaîne.

Cameroun Actuel vous propose cet extrait de l’interview de Blériot Nyemeck sur A1 TV :

Blériot Nyemeck : Six mois après mon arrivée à Info TV, M. Dieudonné Mveng me propose de devenir directeur général d’Info TV. Alors que Parfait Ayissi est directeur général, je lui dis non, ce n’est pas possible. Il me dit non, je lui dis ce n’est pas possible.

On est resté dans cette discussion pendant 18 mois. C’est au 18ᵉ mois, pour une raison que je vais évoquer ici, que j’ai fini par accepter.

Ernest Obama : Pourquoi vous avez accepté ?

Alors, Dieudonné Mveng décide chaque fois qu’il y a un problème, chaque fois qu’il y a un malentendu, avec Parfait Ayissi, il m’en parle et je lui dis : « Il faut en parler à Parfait. » Il me dit non, il s’en plaint, il se plaint de beaucoup de petites choses, mais notamment du fait que Parfait, dès que les émissions sont finies, il rentre directement, il quitte l’Info TV.

Ernest Obama : Mais est-ce qu’il travaille là-bas ?

Blériot Nyemeck : Non, il était directeur général.

Ernest Obama : Mais le directeur ne doit pas rester au bureau tout le temps ?

Blériot Nyemeck : Non, non, le directeur suit la télé. Je ne parle pas du CEO, à moins que… Moi, c’est mon directeur qui gère au quotidien.

Donc, Dieudonné Mveng a besoin d’un directeur général présent, opérationnel. Alors, Parfait fait cela et Dieudonné pense qu’il doit s’en séparer. Je lui dis non.

Un jour, même Parfait et moi, nous discutons, on est allé lui dire que Nyemeck est en train… Je lui dis non, il n’en est rien. Dieudonné m’a proposé, je n’ai pas accepté.

Il se produit un événement un jour, lors de la coupe André Onana, à Oveng. Aristide Manda, je cite les contemporains, vient voir Parfait Ayissi. Il lui dit : Je veux que Info TV vienne couvrir l’événement.

Ils s’entendent et puis Aristide Manda verse ce qu’il faut pour la couverture. Il lui dit : « Mais je veux aussi que Blériot et toi soyez là, à mon nom. » Il donne à Parfait son carburant et il dit à Parfait : « Bon, tu remets ceci à Blériot. »

Parfait Ayissi me remet mon carburant, on va à Oveng. Quand l’équipe d’Info TV va à Oveng et à la fin de la cérémonie, l’équipe d’Info TV a des problèmes pour rentrer parce qu’on ne leur a pas donné leur argent de transport.

Ernest Obama : Qui n’a pas donné ?

Blériot Nyemeck : Parfait Ayissi ne leur a pas donné l’argent de transport. Et l’un des beaux-frères de Parfait est de la délégation, son beau-frère, le cousin à sa femme. Donc, les gars,

Ernest Obama : Est-ce qu’il avait vraiment reçu les frais de transport ?

Blériot Nyemeck : Il les avait reçus. Peut-être qu’il n’a jamais su.

Ernest Obama : Peut-être qu’il a oublié…

Blériot Nyemeck : J’ai dit à Dieudonné, tu aurais dû lui dire pourquoi tu l’as enlevé DG. Donc, alors, les gars, finalement, Aristide leur donne 10 000. Ils rentrent.

Quand ils arrivent, Dieudonné Mveng il décide que l’élément ne va pas passer. Aristide, qui a des accords avec André Onana, se rend compte. Il essaie d’appeler Dieudonné Mveng, Dieudonné Mveng ne le prend pas au téléphone.

Il est dépité. Il me joint. Il me dit Mais voici ce qui s’est passé. Tu sais, maintenant, le PDG m’insulte. Il dit que j’ai méprisé ses collaborateurs…

Je demande au PDG d’écouter Aristide ? Aristide Manda lui explique ce qui s’est passé et Dieudonné Mveng m’appelle et il me dit : je vais licencier Parfait Ayissi et je vais le relever de ses fonctions ce soir.

J’essaie encore de faire la médiation. Rien. […] Et Dieudonné, me dit : « Tu deviens DG. » Jamais de la vie, je ne peux pas remplacer Parfait Ayissi.

Et je lui suggère quelqu’un qui devrait le remplacer, puisqu’il est déjà décidé. Je lui suggère une femme qui avait été DGA. Il me dit non. Et lui-même propose une certaine Ilouga Hermine qu’il nomme.

Alors Parfait me reproche le fait que je ne l’ai pas prévenu des échanges que j’avais eus avec Dieudonné Mveng, sachant qu’on allait le relever de ses fonctions.

Mais je lui dis non, je ne pouvais pas revenir te dire que même si je te l’avais dit, qu’est-ce que cela aurait changé ? Parfait est donc relevé de ses fonctions de DG.

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