Connect with us

Dernières actualités

SND30 : les limites de l’import-substitution

Published

on

SND30 : les limites de l’import-substitution
Spread the love

Pour atteindre les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), trois orientations fondamentales ont été retenues dont la principale est le mix entre Import-Substitution et promotion des exportations en s’appuyant sur les avantages comparatifs de l’économie nationale. Cette orientation part du constat de la forte extraversion de l’économie camerounaise dont l’une des conséquences est le déficit quasi structurel de la balance commerciale. Dans ce contexte, l’import-substitution est annoncée comme étant le levier essentiel devant permettre la transformation structurelle de l’économie, principal pilier de la SND30.

 L’IMPORT-SUBSTITUTION EST IMPERTINENTE AUX PLANS CONCEPTUEL, HISTORIQUE ET OPÉRATIONNEL

Si l’optique de réduction de la forte dépendance aux importations et de revitalisation de la production locale tant dans le secteur primaire que secondaire s’impose comme un impératif, l’import-substitution semble cependant impertinente tant au plan conceptuel, historique, qu’opérationnel, ce qui dilue sa portée stratégique. Au plan conceptuel, il convient de rappeler que l’Import-Substitution a fait l’objet de nombreux travaux intellectuels dont l’un des précurseurs est Friedrich List qui a développé dès le 19ième siècle le concept de « Protectionnisme éducateur ». Il préconise l’utilisation de barrières douanières par l’État pour protéger les industries naissantes. List a influencé des générations d’économistes dits de gauche. Les travaux les plus connus dans le contexte africain sont ceux de Samir Amin, éminent économiste, théoricien de l’Economie du Développement qui a inspiré pratiquement tous les pays dits du Tiers monde dans les années 60-70. Il est l’un des chantres de l’industrialisation par substitution aux importations (ISI). Ses travaux sur le Développement Inégal (1973) restent une référence en matière réflexion sur le développement économique des pays africains.

Pour Samir Amin, le développement n’est pas un processus universel, mais une conséquence du capitalisme mondial, qui crée un développement inégal en opposant des pays riches « centre » et des pays pauvres « périphérie ». Le fameux concept du centre et de la périphérie. Pour que les pays de la périphérie se développent réellement, Samir Amine préconise qu’ils doivent s’extraire de cette domination par un développement autocentré, géré par l’État et axé sur la souveraineté économique et la production locale, plutôt que sur l’intégration au marché mondial.

LES POLITIQUES DE SUBSTITUTION DES IMPORTATIONS MISES EN ŒUVRE DANS LES ANNÉES 60-70 SE SONT SOLDÉES PAR DES ÉCHECS

 Au plan historique, les politiques de substitution des importations appliquées dans de nombreux pays sous-développées dans les années 60-70, notamment en Amérique Latine et en Afrique, ont connu un échec retentissant. Au Cameroun, le développement autocentré si cher au Président Ahidjo s’inspirait de l’import-substitution et constituait la trame des divers plans quinquennaux de développement. C’est dans ce contexte qu’est créée la SNI en 1963 dont les missions d’une extrême clairvoyance ont été plus tard dévoyées.

Grâce aux ressources tirées du cacao, du café et puis du pétrole, l’import-substitution s’est manifestée dans toute sa plénitude par la création d’entreprises publiques dont SOCAME (Société Camerounaise des Engrais), CERICAM (Céramiques Industrielles du Cameroun), CELLUCAM (Cellulose du Cameroun), CAMSUCO (Cameroon Sugar Company), SIPEC (Société Industrielle de Pêche du Cameroun), SODEBLE (Société de Développement du Blé), SOFIBEL (Société Forestière Industrielle de Belabo), COCAM (Contre-plaqués du Cameroun), CREVETCAM (les Crevettes du Cameroun), STPC (Société de Tanneries et Peausseries du Cameroun) etc. L’Etat à travers l’Office National de Commercialisation des Produits de Base (ONCPB) et la SNI, a financé sans discernement des entreprises dont certaines s’avèreront être de véritables éléphants blancs. Quand survient la crise économique au milieu des années 80, l’import-substitution a déjà montré toutes ses limites, le constat est amer.

Selon ce qui est alors la Mission de réhabilitation des entreprises publiques, au cours de l’année fiscale 1986/87, les 147 entreprises publiques non financières (dont la majorité est du portefeuille de la SNI) dégagent un déficit de financement de 151 milliards de F CFA (soit environ 6% du PIB du Cameroun à l’époque) et leur endettement est deux fois et demie le montant de leurs fonds propres. En somme une situation de faillite longtemps masquée par la santé relative des finances publiques et les subventions qui se sont avérées ruineuses pour l’ensemble de la collectivité. En Amérique latine, c’est la même bérézina. L’exemple du Brésil souvent cité comme une réussite de l’Industrialisation par Substitution aux Importations est singulier. Fautil le rappeler, le Brésil est le sixième pays le plus vaste du monde (8,6 millions de Km2), plus de 200 millions d’habitants donc un marché, des frontières avec plus de 10 pays en Amérique du Sud etc. Au plan opérationnel, l’import-substitution suppose la mise en application d’un certain nombre de mesures permettant de protéger l’espace économique national et faciliter par des incitations diverses la production et la consommation locales au mépris de la compétitivité des entreprises.

Ces mesures peuvent prendre plusieurs formes notamment :

• Les protections tarifaires à travers l’imposition des droits de douanes prohibitifs qui renchérissaient le prix des produits importés ;

• Les protections non-tarifaires de tous ordres (contingentement, quotas, normes, autorisations préalables, licences d’importation etc.) ;

• Les subventions et incitations de l’Etat qui offrirait des facilités financières et des avantages fiscaux à des entreprises afin de leur garantir artificiellement une protection.

L’IMPORT-SUBSTITUTION EST UN ANACHRONISME AU REGARD DES RÈGLES DE L’OMC

Au regard de l’opérationnalisation de ces pratiques, l’import-substitution est un véritable anachronisme. Depuis les accords de Marrakech de 1994 qui consacrent l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le crédo est l’ouverture tous azimut des frontières et le bannissement de toutes entraves au commerce. Les accords de l’OMC auxquels le Cameroun est partie, proscrivent toutes les mesures tarifaires et non-tarifaires pouvant entraver la libre circulation des biens et services. La libéralisation du commerce qui est le principe de base de l’OMC engage les membres à supprimer les barrières commerciales, comme les droits de douane, les quotas et les subventions à l’exportation, l’objectif étant de rendre le commerce plus libre, tout en évitant les effets secondaires indésirables, pour contribuer au développement économique. Dans un tel contexte, une application stricte des règles de l’OMC rendrait les principes de base de l’import-substitution désuets.

Plus concrètement, un des points de friction voire de controverse de l’import-substitution est la signature en 2014 de l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre le Cameroun et l’Union Européenne, accord entré en vigueur en 2016. Cet accord permet au Cameroun d’exporter sans droits de douane ni quotas vers l’UE. En retour, à l’échéance de 2029, le Cameroun devrait progressivement démanteler et éliminer les droits de douane sur plus de 80% des produits importés de l’Union Européenne. Ce démantèlement tarifaire consacre une ouverture totale de l’espace économique camerounais, une béance pour les produits manufacturés d’origine européenne au détriment de la l’industrie locale peu compétitive.

L’APE ENTRE LE CAMEROUN ET L’UNION EUROPÉENNE S’APPARENTE À DE L’AIDE À LA RECOLONISATION

Au-delà de l’incompatibilité entre l’import-substitution et les APE et au regard de la structure de ses exportations constituée essentiellement de matières premières, notamment les hydrocarbures (pétrole brut et gaz naturel), le cacao en fèves et ses produits dérivés, le bois (scié et placage), ainsi que la banane fraîche, une autre question de fond est la capacité du Cameroun à tirer avantage de l’ouverture des frontières d’un marché de près de 450 millions de consommateurs de l’Union Européenne dans le cadre d’un accord inégalitaire qui fait dire de l’APE qu’il confine à de l’aide à la recolonisation pour paraphraser Tibor Mende (1972). Bien plus, l’environnement international est davantage marqué par une guerre économique sans précédent et la reconfiguration des échanges internationaux qui consacrent plus que jamais le compétitivité, gage de la montée en gamme industrielle. Trois événements majeurs qui pourraient davantage marginaliser les pays africains et singulièrement le Cameroun illustrent cette tendance.

Le premier est la dérive hégémonique de l’administration américaine qui, de manière unilatérale et en violation des règles de l’OMC, impose des droits de douane prohibitifs à tous ses partenaires afin de rééquilibrer sa balance commerciale structurellement déficitaire. Le second événement est l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, et le Venezuela) signé le 17 janvier 2026 et qui vise à créer un marché de plus 780 millions de consommateurs avec la suppression de 90% des droits de douane.

Cet accord pourrait davantage marginaliser les pays africains et le Cameroun en particulier dont le retard de compétitivité par rapport aux pays d’Amérique Latine les marginaliserait sur le marché européen. Le troisième évènement est l’accord de libre-échange qualifié d’historique entre l’Europe et l’Inde signé le 27 janvier 2026 créant un marché de près de 2 milliards de consommateurs, le plus grand du monde. Ce pacte majeur vise à réduire ou supprimer les droits de douane sur plus de 95 % des marchandises, notamment pour les secteurs automobile, chimique et agroalimentaire, tout en libéralisant les services et en renforçant l’autonomie stratégique face à la Chine et les Etats Unis.

A ces événements, il faudrait ajouter la domination et la compétitivité de la Chine dont la balance commerciale en 2025 a enregistré un excédent historique, dépassant pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars pour atteindre environ 1 200 milliards de dollars, dopé par la croissance vertigineuse de ses exportations malgré les tensions commerciales et géopolitiques. Dans un tel contexte, l’enjeu majeur pour le Cameroun n’est pas de s’enfermer de manière obstinée dans un marché intérieur étroit caractérisé par une faible productivité des unités industrielles de petite taille.

Dès lors, l’import-substitution est une impasse voire un simple slogan auquel devrait se substituer (sans jeu de mot) la quête inlassable de la compétitivité et de la promotion des exportations. L’illustration parfaite des limites de l’import-substitution est le bilan extrêmement mitigé (pour ne pas en dire plus) du Plan Intégré d’Import-Substitution Agro-pastoral et Halieutique (PIISAH), programme triennal 2024-2026 d’un coût initial estimé à près de 1371 milliards de F CFA visant à réduire le déficit de la balance commerciale en substituant les denrées importées par une production locale accrue de bétail, de lait, de riz, de maïs, de blé, de mil, de sorgho, de soja, de poisson et d’huile de palme.

UNE NOUVELLE ORIENTATION STRATÉGIQUE : RENFORCEMENT DE LA COMPÉTITIVITÉ ET PROMOTION DES EXPORTATIONS

S’agissant particulièrement de la substitution au blé importé par des farines panifiables à base de manioc, banane plantain et patate douce, les conclusions d’une excellente étude menée par Eric Joël Fofiri Nzossié de l’Université de Ngaoundéré et Ludovic Temple du CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agricole pour le Développement (Montpelier), sont sans appel : « La production du manioc, de la banane plantain et de la patate douce dégage encore peu d’excédents pour répondre aux besoins de production de farines locales panifiables. De fait, une politique d’import-substitution, même partielle, impose d’interroger la capacité de l’agriculture à approvisionner simultanément le marché du frais (intérieur et transfrontalier en Afrique centrale) et le marché d’une industrie à la recherche d’économies d’échelles, et donc de massification des approvisionnements en matières premières à bas coût. Une polarisation sur un objectif strict de substitution à la farine importée apparaît en soi trop réductrice par rapport aux réalités structurelles de transformation du modèle alimentaire et aux opportunités de développement que structure sa diversité ».

La pertinence, l’efficacité et l’impact de l’import-substitution étant extrêmement limités, l’étroitesse du marché intérieur et les contingences internationales commandent pour le Cameroun une nouvelle orientation stratégique qu’est le renforcement de la compétitivité et la promotion des exportations.

Emmanuel Noubissie Ngankam Analyste

Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale

enoubissie7897@gmail.com

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

La BDEAC va lever 54 milliards FCFA pour financer trois projets verts au Cameroun

Published

on

La BDEAC va lever 54 milliards FCFA pour financer trois projets verts au Cameroun
Spread the love

La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) s’apprête à mobiliser près de 53,75 milliards de FCFA pour financer trois projets environnementaux au Cameroun dans le cadre du premier portefeuille prioritaire du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC). Les données contenues dans la Liste des projets du 1er Programme prioritaire du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC) indiquent que cette enveloppe est destinée à des initiatives portant sur la restauration des mangroves, la valorisation économique de la jacinthe d’eau invasive ainsi que la lutte contre l’érosion côtière et fluviale.

 Le projet le plus important attribué au Cameroun est le Programme intégré de restauration des mangroves, classé dans la catégorie « Gestion durable des écosystèmes et protection côtière ». Son coût est estimé à 58,6 millions de dollars, soit environ 33,1 milliards de FCFA. Selon les données du portefeuille prioritaire du F2BC, ce projet vise à restaurer 5 000 hectares de mangroves tout en développant une économie locale liée à ces écosystèmes. Les résultats attendus incluent la création de 800 emplois verts et une capacité de séquestration supérieure à 2,5 millions de tonnes équivalent CO₂.

Le deuxième projet concerne l’Économie circulaire pour la jacinthe d’eau invasive, rattaché aux programmes transverses du Fonds Bleu dans les domaines de l’économie circulaire et de la bioéconomie. Son coût est évalué à 19,04 millions de dollars, soit environ 10,77 milliards de FCFA. Cette initiative vise à transformer une plante considérée comme nuisible en activité économique structurée. Les données du document évoquent la collecte de 3 500 tonnes de jacinthe d’eau, la génération de revenus annuels estimés à 87,7 millions de dollars, soit environ 49,5 milliards de FCFA, ainsi que la restauration de plus de 500 hectares de plans d’eau et la création de plus de 500 emplois.

Le troisième volet retenu pour le Cameroun porte sur un Programme intégré de lutte contre l’érosion côtière et fluviale, pour lequel le financement recherché atteint 17,5 millions de dollars, soit environ 9,89 milliards de FCFA. Les objectifs annoncés comprennent la stabilisation de 25 kilomètres de littoral, la protection de 150 hectares, la création de 400 emplois verts et une réduction de 30 % des pertes économiques annuelles liées à l’érosion. Ces trois initiatives s’inscrivent dans une opération plus large pilotée par la BDEAC. Le 26 mai prochain à Brazzaville, l’institution financière régionale réunira les principaux bailleurs internationaux dans le cadre d’une table ronde destinée à enclencher la capitalisation effective du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo.

Le montant recherché est fixé à 5,32 milliards de dollars, soit environ 3 200 milliards de FCFA. Selon les informations contenues dans la Liste des projets du 1er Programme prioritaire du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC), les ressources recherchées doivent soutenir un portefeuille initial de 63 projets répartis dans 17 pays, selon une approche qui entend se distinguer des modèles traditionnels de financement environnemental. Les initiatives ciblent prioritairement la préservation des massifs forestiers, la transition vers les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance au bois de chauffe, ainsi que le développement de l’agroforesterie.

 Chaque projet a été conçu de manière à générer un retour sur investissement mesurable, rompant ainsi avec une logique classique d’aide au développement. La même source précise également que la banque régionale a engagé une réorganisation de ses mécanismes internes afin de rassurer les investisseurs internationaux sur les questions de gouvernance

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

La SIC s’appuie sur le Minrex pour promouvoir ses projets immobiliers auprès de la diaspora

Published

on

La SIC s’appuie sur le Minrex pour promouvoir ses projets immobiliers auprès de la diaspora
Spread the love

La Société immobilière du Cameroun (SIC) souhaite désormais s’appuyer sur l’appareil diplomatique camerounais pour mieux faire connaître ses projets immobiliers auprès des Camerounais vivant à l’étranger. Le mardi 19 mai 2026, le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, et le directeur général de la SIC, Ahmadou Sardaouna, ont signé un protocole d’accord définissant un cadre de coopération entre les deux institutions. L’objectif affiché est de renforcer la visibilité internationale des projets immobiliers de l’entreprise publique, tout en facilitant la recherche de partenaires techniques et financiers.

 Le premier actif immobilier placé au cœur de cette stratégie est « Le Mfoundi », présenté comme le premier complexe immobilier haut de gamme développé par la SIC à Yaoundé. Selon les données rendues publiques lors d’une conférence de presse organisée le 23 septembre 2025, ce projet, lancé en 2022, affichait alors un taux d’exécution de 99 %. L’ensemble comprend 152 appartements de haut standing, allant d’une à cinq chambres, auxquels s’ajoutent des espaces commerciaux ainsi que des aires de stationnement. Les prix communiqués par l’entreprise varient entre 30 millions et près de 500 millions de FCFA.

Lors de cette même rencontre, la direction commerciale de l’entreprise avait indiqué que 52 appartements avaient déjà trouvé preneurs, pour des ventes cumulées évaluées à 6 milliards de FCFA. C’est également à cette occasion que la SIC avait clairement identifié la diaspora comme une clientèle stratégique. L’entreprise expliquait alors qu’un protocole d’entente avait été conclu avec le ministère des Relations extérieures afin de « faciliter le marketing autour de la vulgarisation de ce complexe ainsi que des futurs projets de la SIC ». La convention signée le 19 mai 2026 apparaît ainsi comme la formalisation d’une démarche engagée plusieurs mois auparavant.

Au-delà de la commercialisation du complexe de Yaoundé, cette stratégie vise également les futurs projets immobiliers de l’entreprise publique. En effet, la cérémonie du 23 septembre 2025 avait aussi servi de cadre à l’annonce d’un nouveau programme immobilier à Douala. La SIC avait alors révélé son intention de développer, dans le quartier Bonapriso, un complexe résidentiel évalué à 25 milliards de FCFA.

Le financement de ce projet doit être assuré avec l’appui de trois établissements bancaires camerounais : NFC Bank, Commercial Bank Cameroon (CBC) et Union Bank of Cameroon (UBC). Selon les déclarations du directeur général de la SIC, ce futur ensemble immobilier devrait reprendre les principales caractéristiques du projet développé dans la capitale politique.

C’est précisément cette nouvelle génération de programmes immobiliers que la SIC cherche désormais à faire connaître plus largement à travers le réseau diplomatique camerounais, avec l’ambition d’élargir sa clientèle potentielle au sein de la diaspora et d’accroître la visibilité de ses projets sur les marchés internationaux.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Après le 1er mai… Et maintenant ? : Et si le Cameroun faisait enfin du bonheur au travail une priorité nationale !

Published

on

Après le 1er mai… Et maintenant ? : Et si le Cameroun faisait enfin du bonheur au travail une priorité nationale !
Spread the love

Le Cameroun vient une fois de plus de célébrer la Fête Internationale du Travail. Comme chaque année, le 1er mai aura été marqué par les défilés, les discours officiels, les décorations, les repas d’entreprise et les célébrations diverses organisées à travers le pays. Mais une fois les fanfares éteintes et les festivités terminées, une question essentielle demeure : que reste-t-il réellement pour les travailleurs ? Car derrière les uniformes impeccables et les sourires de circonstance, beaucoup continuent de vivre le stress ; la fatigue psychologique ; le manque de reconnaissance ; des tensions relationnelles ; parfois même une profonde démotivation.

Et pourtant, une évidence s’impose désormais partout dans le monde : aucune entreprise, aucune administration et aucune nation ne peut durablement performer sans prendre soin des femmes et des hommes qui la font vivre. Comme le rappelle Richard Branson : « Prenez soin de vos employés, ils prendront soin de votre entreprise. »

 Le bien-être au travail n’est plus seulement une question sociale. Il devient un enjeu stratégique.

UNE ÉVOLUTION QUI INTERPELLE

Le Cameroun a récemment progressé dans le classement mondial du bonheur, passant de la 104ème à la 100ème place. Une progression encourageante. Mais cette avancée restera fragile tant que nos lieux de travail ne deviendront pas de véritables espaces : d’équilibre ; de respect ; d’écoute ; d’épanouissement et de dignité humaine. Car nous passons au travail une part importante de notre vie. Le travail n’est donc pas seulement un moyen de subsistance. C’est aussi un espace humain, relationnel et psychologique.

LE MANAGEMENT HUMAIN : LE TOURNANT SILENCIEUX

Longtemps perçu comme un luxe ou une idée naïve, le bonheur au travail s’impose progressivement comme une exigence moderne du management. Et certaines entreprises commencent à ouvrir la voie. Le 9 avril dernier, à l’occasion de la conférence de presse marquant les 15 ans de BGFIBank Cameroun, son Directeur Général, M. Abakal Mahamat, a pris une position particulièrement forte dans notre contexte : faire du bonheur des collaborateurs un objectif stratégique prioritaire.

Son ambition ? Créer un environnement où les employés sont heureux de venir travailler… et presque réticents à repartir. Dans un environnement professionnel encore souvent marqué par la rigidité et la contrainte, cette déclaration mérite d’être saluée. Car elle traduit une prise de conscience importante : la performance ne se décrète pas. Elle se construit. Et surtout… elle se vit.

UNE RÉALITÉ ENCORE CONTRASTÉE

Oui, certaines grandes entreprises commencent à investir dans le développement personnel ; les activités sportives ; les politiques de reconnaissance ; les espaces d’écoute ou encore le bien-être des collaborateurs. Mais dans beaucoup de PME, le bonheur au travail reste encore secondaire. Et dans l’administration publique, malgré quelques efforts, la dynamique demeure timide. Pourtant, l’enjeu est profondément national.

PEUT-ON ÊTRE HEUREUX AU TRAVAIL AU CAMEROUN ?

La question peut sembler provocatrice. Mais elle mérite d’être posée honnêtement. Entre les pressions économiques, les difficultés sociales, les rigidités hiérarchiques et parfois le manque de reconnaissance, beaucoup répondront spontanément : non. Et pourtant… La réponse est oui. Mais pas automatiquement.

Le bonheur au travail suppose une double évolution : une transformation des organisations mais aussi une évolution des mentalités individuelles. Car le bonheur au travail ne se construit pas uniquement d’en haut. Il se cultive aussi de l’intérieur.

DES LEVIERS SIMPLES EXISTENT POURTANT

Contrairement aux idées reçues, promouvoir le bonheur au travail ne nécessite pas toujours des investissements lourds. Chaque travailleur peut déjà : redonner du sens à son travail ; développer des relations positives ; prendre soin de son équilibre personnel ; exprimer ses idées et cultiver la gratitude.

Et les entreprises peuvent également : humaniser le management ; valoriser les efforts ; créer des espaces de dialogue ; intégrer la santé mentale ; renforcer le sentiment d’appartenance et donner davantage de sens au travail.

CE QUE DOIT DEVENIR LE 1ER MAI

Le 1er mai ne peut plus être uniquement un jour de célébration. Il devrait progressivement devenir : un moment national de réflexion sur la qualité humaine du travail. Un moment où chaque organisation se pose une question simple : comment améliorer concrètement la vie de celles et ceux qui y travaillent ? Car au fond, une entreprise forte est d’abord une entreprise humaine.

LE MOMENT DU CHOIX

Le Cameroun est aujourd’hui face à un choix important : continuer à considérer le bonheur au travail comme un luxe ou en faire progressivement un levier stratégique : de performance ; de stabilité sociale ; d’engagement et de développement humain ? La question concerne les entreprises, les managers, les travailleurs, les institutions et la société toute entière.

 LE BONHEUR AU TRAVAIL N’EST PLUS UNE OPTION

Le bonheur au travail n’est ni une utopie, ni un privilège réservé à quelques multinationales. C’est une nécessité : économique, sociale et humaine. Et si, finalement, la vraie modernité du management camerounais commençait par une chose simple : remettre l’humain au cœur du travail ? À travers ses réflexions, ses actions et ses projets, l’Académie du Bonheur entend contribuer à faire émerger au Cameroun une véritable culture du management humain, du vivre-ensemble et du bonheur au travail.

Car nous en sommes convaincus : des travailleurs plus épanouis construisent des entreprises plus fortes… et une nation plus équilibrée. Et si le Cameroun décidait, lui aussi, de faire du bonheur au travail une priorité nationale ?

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos Cliquez ici