Actualités locales
Célestine Ketcha Courtes n’a jamais été séquestrée à l’hôtel de ville de Yaoundé

Le responsable de la communication de la Mairie de Yaoundé explique ce qui s’est réellement passé vendredi au sein des locaux de la Maire impliquant la ministre Célestine Ketcha Courtès.
Invité de l’émission Club d’Elites sur Vision 4 ce dimanche, Dominique Mbassi rappelle que : « personne ne l’a approché, personne ne l’a bousculé, personne ne l’a séquestré ».
« L’entreprise contractualisée par le maire de la ville est à pied d’œuvre sur le chantier de reconstruction du tronçon Feux-Madagascar-Entrée-Cité-Verte. Et je puis vous assurer que ce chantier sera livré en début de semaine prochaine.
Mais pour qu’on revienne aux faits, les faits sont ceci. Vendredi vers la fin de la matinée, l’entreprise mobilisée par le maire de la ville en tant que maître d’ouvrage est à pied d’œuvre et les ouvriers de cette entreprise voient arriver des intrus qui viennent avec des brouettes, en tout cas, quelques instruments et se mettent à travailler.
Les ouvriers de l’entreprise contractualisée par le maire de la ville alertent donc les responsables de l’hôtel de ville qui envoient les agents de la police municipale et les agents de la police nationale s’enquérir de la situation. Ils arrivent, ils trouvent effectivement qu’il y a des intrus sur ce chantier qui empêchent l’entreprise dument contractualisée de poursuivre les travaux et les agents de la police invitent ces intrus à libérer le chantier. Ils opposent une résistance.
C’est face à cette résistance donc qu’ils sont interpellés. Et j’ai entendu ici qu’ils étaient détenus à l’hôtel de ville. Il n’y a aucune cellule à l’hôtel de ville de Yaoundé.
Parce qu’au moment où ils sont interpellés, les agents de la police ne savent pas qui a envoyé parce qu’ils ont refusé de dire, qui les a mandatés, ils se sont contents de dire, on nous a envoyé travailler. Et le chef de l’unité de police de l’hôtel de ville, les conduit momentanément à l’hôtel de ville, le temps pour lui de rédiger la mise à disposition des personnes, des intrus interpellés, la mise à disposition du commissaire central numéro un, ça prend un petit peu plus de cinq minutes.
C’est sur ces entrefaites que madame la ministre déboule toute sirène hurlante. Elle n’a pas pris le soin, parce que le maire de la ville n’est pas là, elle n’a pas pris le soin de passer un coup de fil au maire de la ville, le propriétaire, même les agents qui étaient là, elle n’a pas passé le coup de fil à personne, elle aurait dû passer un coup de fil à monsieur le prophète, qui est le représentant de l’État lorsqu’on parle de la communauté urbaine.
Rien de tout cela, elle vient toute sirène hurlante, elle entre dans le bâtiment, et puis personne ne l’a approché, personne ne l’a bousculé, personne ne l’a séquestré, tenez ça pour dit. Qui aurait pu le faire, c’est un membre du gouvernement, et le problème vient du fait que, elle tient elle-même à libérer les intrus qui ont été interpellés sur un chantier de la communauté urbaine de Yaoundé, on lui dit, madame la ministre, on va les mettre à disposition dans les secondes qui suivent du central, du commissaire central numéro un.
Elle dit, non, ils vont me suivre tout de suite, t vous voyez dans la vidéo, la vidéo montre bien que la porte d’entrée, bâtiment principal de l’hôtel, il y a deux battants vitrés, le deuxième bâtiment est ouvert, elle n’aurait pu sortir par là, personne ne l’a retenu, mais comme on est là pour créer le buzz, elle a bousculé le deuxième battant, parce qu’elle veut que la porte soit grand ouverte pour que les intrus qu’elle est venue libérer, on les a vu sortir du bâtiment, voilà pour ce qui est des faits.
Et pour le maire de la ville, à la communauté urbaine de Yaoundé, il n’y a pas de risque, à la limite, une tempête dans un verre d’eau, la preuve c’est qu’on n’a plus revu cette entreprise mobilisée, on a plutôt à faire jusqu’au moment où je vous parle de l’entreprise contractualisée par le maire de la ville, mais ce qu’il faut regretter c’est qu’on a bien vu que de mémoire d’habitants natifs de Yaoundé, c’est la première fois depuis sa mise en service en 1978 que l’hôtel de ville, qui est un endroit mythique, subit un tel assaut. Au-delà de vandaliser, c’est un mythe qu’on a profané, mais la mémoire du maire André Fouda, c’est lui qui a, avec le président Ahidjo, mis en service ce bâtiment en 1978″.
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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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