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la Banque mondiale annonce de nouveaux investissements massifs pour l’électricité et l’emploi des jeunes

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la Banque mondiale annonce de nouveaux investissements massifs pour l’électricité et l’emploi des jeunes
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La Banque mondiale prépare des investissements supplémentaires dans l’accès à l’électricité et l’emploi des jeunes au Cameroun. Cette annonce a été faite récemment à Yaoundé.

C’est lors d’une audience que le Premier ministre, le chef du gouvernement, le Dr Joseph Dion Ngute, a accordé au directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun, Cheick Kanté.

Les discussions ont porté sur le renforcement des programmes de développement en cours et l’accélération de la mise en œuvre des projets considérés comme prioritaires pour le gouvernement camerounais.

La réunion a permis de passer en revue le cadre de coopération global entre le Cameroun et l’institution de Bretton Woods, qui finance des programmes dans plusieurs secteurs, notamment le développement numérique, l’urbanisme, l’éducation, l’énergie, la décentralisation et les infrastructures de transport.

Au cours de cette rencontre, les deux responsables ont évalué les progrès accomplis dans ces initiatives et examiné les moyens de renforcer le partenariat afin d’obtenir de meilleurs résultats. Ils ont également discuté du soutien apporté aux réformes politiques par l’institution financière internationale.

S’adressant aux journalistes après l’audience, Cheick Kanté a déclaré que les échanges avaient porté sur le soutien continu de l’institution aux réformes gouvernementales et aux priorités de développement.

Il a ajouté que la réunion avait également porté sur les moyens d’accroître les investissements dans le secteur énergétique du pays, considéré comme essentiel à la transformation économique.

Selon M. Kanté, le développement énergétique demeure un élément crucial des ambitions économiques du Cameroun.

« Ce secteur est essentiel à la croissance et à la transformation économique du Cameroun, qui aspire à devenir un pays émergent d’ici 2035 », a expliqué M. Kanté.

Le représentant de la Banque mondiale a indiqué que l’institution investit déjà dans le secteur par le biais de plusieurs instruments de financement, notamment des garanties et des financements directs.

Il a précisé que les deux parties ont examiné les moyens d’intensifier les investissements tout en accélérant la réalisation des projets en cours.

M. Kanté a également évoqué la participation du Cameroun au programme énergétique M300, qui vise à étendre l’accès à l’électricité dans tout le pays.

« Nous avons discuté de la manière dont notre portefeuille et nos investissements futurs peuvent accélérer l’autosuffisance énergétique », a-t-il déclaré.

Dans le cadre de ce programme, les autorités ambitionnent de raccorder environ huit millions de citoyens supplémentaires à l’électricité d’ici 2030, la Banque mondiale jouant un rôle central dans le soutien de cette initiative.

L’emploi des jeunes et le développement des compétences ont constitué un autre volet essentiel des discussions, le pays poursuivant ses efforts pour créer des emplois pour les jeunes, notamment par la transformation économique et la formation professionnelle.

M. Kanté a souligné que le Groupe de la Banque mondiale étudie des moyens de soutenir des programmes visant à élargir les perspectives d’emploi pour les jeunes.

« Nous avons également abordé la question de la jeunesse et des compétences des jeunes. Comment créer des emplois grâce à la transformation économique et comment le Groupe de la Banque mondiale peut contribuer à garantir aux jeunes Camerounais l’accès à des emplois plus nombreux et de meilleure qualité », a-t-il déclaré.

De son côté, le chef Dr Joseph Dion Ngute s’est félicité de la poursuite de la coopération avec la Banque mondiale et a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer ce partenariat à mesure que les projets de développement progressent.

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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