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Produits pétroliers : le Cameroun réajuste son schéma d’importation sous le choc Iran-Israël-États-Unis

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Produits pétroliers : le Cameroun réajuste son schéma d’importation sous le choc Iran-Israël-États-Unis
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(Investir au Cameroun) – Face aux tensions internationales provoquées par la guerre au Moyen-Orient et aux incertitudes qu’elles font peser sur l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, les autorités camerounaises ont décidé de reprendre la main sur les importations de carburants. Selon des sources proches du dossier, le gouvernement revient à un mécanisme d’approvisionnement reposant sur des traders internationaux, avec un rôle de pilotage maintenu pour la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) dans l’attribution des quotas. L’objectif est de sécuriser le marché intérieur dans un contexte marqué à la fois par l’envolée des cours mondiaux et la faiblesse des stocks nationaux.

Yaoundé reprend la main sur l’approvisionnement

La décision a été arrêtée à l’issue de deux réunions tenues à Yaoundé. La première s’est déroulée le 9 mars, sous la présidence du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. La seconde a eu lieu le 13 mars, sous la conduite du directeur général de la CSPH, Okie Johnson Ndoh, selon les informations recueillies. À l’issue de ces assises, les pouvoirs publics ont choisi de réactiver un schéma déjà utilisé par le passé, dans lequel des traders internationaux sont mobilisés pour sécuriser les cargaisons destinées au marché camerounais.

Concrètement, le marché national sera désormais approvisionné via des traders sélectionnés par la CSPH, chargés de fournir des cargaisons de produits pétroliers. Les marketeurs achèteront ensuite ces volumes sur la base d’allocations. « À partir de maintenant, le mécanisme d’approvisionnement du pays se fera avec les traders, avec les marketeurs locaux bénéficiant d’allocations qu’ils pourront acquérir sur la base d’une lettre de crédit », précisent les sources citées.

Cette réorganisation intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Depuis le déclenchement de la guerre, le 28 février 2026, la dégradation de la situation dans le Golfe a ravivé les inquiétudes sur les chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique. Passage stratégique du commerce pétrolier mondial, le détroit d’Ormuz concentre à lui seul environ un cinquième de la consommation mondiale de liquides pétroliers. Le trafic y est désormais très fortement perturbé, ce qui alimente les tensions sur les marchés de l’énergie.

L’escalade a immédiatement secoué les marchés pétroliers. Le 12 mars, le Brent a franchi la barre des 100 dollars le baril pour la première fois depuis plus de deux ans, avant d’évoluer encore au-dessus de ce seuil à la mi-mars. Dans ce contexte, les produits raffinés se sont également tendus, renforçant les craintes sur le coût d’approvisionnement des pays importateurs.

Prime fixe

Selon les informations recueillies, les autorités camerounaises ont retenu un dispositif reposant sur une prime fixe, c’est-à-dire une marge prédéterminée appliquée à l’achat des cargaisons. Pour certains acteurs du secteur, ce mécanisme présente un inconvénient pour les marketeurs. Dans le commerce international des produits pétroliers, la négociation de la prime constitue souvent le principal levier permettant aux importateurs de dégager des marges supplémentaires. Avec une prime fixe et non négociable, leur marge de manœuvre pour optimiser leurs coûts d’achat se réduit.

Mais ce choix répond, selon plusieurs observateurs, à une logique d’abord budgétaire. « La prime fixe permet à l’État d’amoindrir les manques à gagner, parce que les marketeurs qui vont acheter auprès des traders n’ont pas la possibilité de négocier pour ensuite répercuter ces écarts sur l’État. L’État sait quasiment à l’avance quel pourrait être le niveau du manque à gagner, puisque les prix à la pompe sont bloqués », explique un analyste du secteur.

Cette prudence budgétaire s’explique aussi par le faible niveau des stocks nationaux. Selon des données consultées par Investir au Cameroun, l’autonomie actuelle est estimée à 38 jours pour le super, 12 jours pour le gasoil et 11 jours pour le Jet A1. Ces chiffres correspondent aux volumes disponibles à la Société camerounaise des dépôts pétroliers, hors stocks de sécurité, sans inclure les éventuelles réserves de la Société nationale de raffinage.

Un retour à un schéma déjà éprouvé

En réalité, le Cameroun revient à un mécanisme mis en place après l’incendie de la Société nationale de raffinage (Sonara). Privé de sa principale infrastructure de transformation du brut, le pays avait alors dû dépendre entièrement des importations pour satisfaire sa demande en carburants. À l’époque, des traders internationaux avaient été sélectionnés pour garantir la disponibilité des cargaisons destinées au marché camerounais.

Selon les autorités, ce dispositif avait permis de réduire sensiblement les coûts d’approvisionnement. Les primes avaient ainsi reculé d’environ 98 dollars par tonne métrique pour le super, de 77 dollars pour le gasoil et de 53 dollars pour le Jet A1. Les pouvoirs publics estimaient alors que l’État réalisait près de 150 milliards de FCFA d’économies par an.

Partielle… mise entre parenthèses de la libéralisation

Ce mécanisme avait toutefois évolué à partir de décembre 2023. Dans une lettre adressée au ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, relayant les instructions du président Paul Biya, avait prescrit la libéralisation des importations de produits pétroliers. Ce nouveau cadre permettait aux importateurs majeurs du secteur, disposant des capacités techniques et financières requises, de procéder directement aux importations, tout en autorisant les marketeurs à s’approvisionner auprès des fournisseurs de leur choix. Dans ce schéma, la CSPH conservait toutefois un rôle de pilotage dans l’attribution des quotas aux importateurs.

Le retour, même temporaire, à l’ancien mécanisme vise désormais à sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur dans un environnement de fortes tensions sur le marché international des produits pétroliers. Cette option pourrait néanmoins accentuer les pressions sur les finances publiques, déjà fragilisées par le poids de la subvention aux carburants.

Vulnérabilité du modèle

Après plusieurs années de gel des prix à la pompe, le gouvernement camerounais avait été contraint, en février 2023, d’augmenter les prix de 15,8 % pour le super, 25,2 % pour le gasoil et 36,5 % pour le pétrole destiné aux industriels. Une nouvelle revalorisation est intervenue en février 2024, limitée cette fois au super et au gasoil, avec une hausse de 15 % pour chacun des deux produits. Ces relèvements visaient à réduire une charge de subvention devenue difficilement soutenable pour le Trésor public.

Le retour au mécanisme piloté par les traders devrait permettre au Cameroun de sécuriser, à court terme, son marché intérieur dans un contexte de forte tension internationale. Mais il rappelle surtout une vulnérabilité plus profonde : sept ans après l’incendie de la Sonara, le pays reste exposé au moindre choc géopolitique sur les routes mondiales de l’énergie. Entre risque de rupture, pression sur les finances publiques et dépendance persistante aux importations, c’est toute la résilience du modèle camerounais d’approvisionnement qui se retrouve de nouveau mise à l’épreuve.

Amina Malloum

Lire aussi :

18-06-2025 – Produits pétroliers : 2000 milliards de FCFA d’importations annuelles dans la Cemac, pourtant le brut coule à flots

15-12-2023 – Importations des carburants : TotalEnergies, Tradex, Ola, Neptune etc. repositionnés au détriment de la Sonara

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la Côte d’Ivoire annonce une nouvelle découverte sur le bloc CI-709

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la Côte d’Ivoire annonce une nouvelle découverte sur le bloc CI-709
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Le gouvernement ivoirien a annoncé une nouvelle découverte d’hydrocarbures sur le bloc offshore CI-709. Cette trouvaille conforte le potentiel du bassin sédimentaire ivoirien et soutient les ambitions du pays de devenir un acteur majeur de la production d’hydrocarbures en Afrique.

La Côte d’Ivoire enregistre une nouvelle avancée dans son secteur pétrolier avec la découverte d’hydrocarbures sur le bloc CI-709, réalisée par Murphy Côte d’Ivoire et son partenaire PETROCI Holding. L’annonce a été faite par le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie dans un communiqué publié le 22 juin à Abidjan.

Cette découverte est le résultat du forage du puits Bubale-1X, lancé fin février 2026. Creusé à une profondeur totale de 6 263 mètres, dont 2 400 mètres en tranche d’eau, le puits a révélé environ 30 mètres de colonne nette d’huile répartie sur deux réservoirs. Les premières analyses indiquent un pétrole de grande qualité.

Afin de déterminer avec précision l’ampleur et la rentabilité du gisement, Murphy et PETROCI prévoient de poursuivre les travaux d’évaluation avec un nouveau forage au cours du second semestre 2026.

Selon les autorités ivoiriennes, cette découverte confirme le fort potentiel du bassin sédimentaire national et pourrait contribuer à positionner la Côte d’Ivoire parmi les principaux producteurs d’hydrocarbures du continent africain à l’horizon 2035.

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Chantier R+3 sous scellés pour danger

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Chantier R+3 sous scellés pour danger
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La mise sous scellés de l’immeuble R+3 en chantier rentre dans le cadre de la campagne de lutte contre les constructions dangereuses et menaçant ruine.

En effet, c’est la Direction de la Police Municipale et de la Sécurité de la Communauté Urbaine de Douala qui a procédé, ce lundi 22 juin 2026, à la mise sous scellés d’un chantier de type R+3 au quartier Yatchika lieu-dit Antenne dans l’arrondissement de Douala 3e.

La Communauté urbaine de Douala rappelle que le chantier en question avait été déjà scellé le 30 avril 2026. Il a été rouvert illégalement par le promoteur, qui a brisé les scellés pour poursuivre les travaux au mépris de la réglementation en vigueur, exposant ainsi les ouvriers et les populations riveraines à de graves risques.

« Grâce au concours des forces de maintien de l’ordre, l’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions, avec la sécurisation du site et l’interpellation du promoteur », indique la Communauté urbaine de Douala.

À travers cette campagne, le maire de Douala, réaffirme sa détermination à poursuivre les actions de contrôle, de prévention et de sécurisation des constructions à risque sur l’ensemble du territoire urbain.

Pour une réussite de cette campagne, le maire de Douala ROger Mbassa Ndine invite les populations à dénoncer les constructions non conformes et irrégulières.

Par ailleurs, le maire de Douala appelle les promoteurs à déclarer leurs constructions auprès du Guichet Unique de Facilitation de la Délivrance des Actes Administratifs relatifs à l’Utilisation du Sol et à la Construction de la Communauté Urbaine de Douala.

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Cabral Libii dénonce une “agitation numérique”

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Cabral Libii dénonce une “agitation numérique”
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Cabral Libii a réagi à la polémique sur l’absence de Nourane Foster sur le site officiel du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN).

Le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale, Cabral Libii est monté au créneau suite à la polémique née de l’absence de la députée Nourane Foster parmi les élus du parti sur le site officiel de la formation politique.

Dans une déclaration sur sa page Méta, le leader du parti évoque ce qu’il qualifie d’ »agitation numérique« . Pour le président du PCRN, tous les militants sérieux savent que lorsqu’une amélioration est souhaitée, lorsqu’une suggestion mérite d’être prise en compte, la démarche responsable consiste à la transmettre à l’équipe compétente.

Une réponse subtile à la réaction de la députée Nourane Foster. «Ce qui est surprenant, c’est la volonté de certains de transformer le détail en crise« , a-t-il écrit, sans toutefois justifier l’absence de sa collègue députée sur le site officiel du parti. Selon certains observateurs, Nourane Foster ne serait plus en odeur de sainteté avec la direction de sa formation politique.

Par ailleurs, son époux, Firmin Bouler Fotsing avait démissionné du parti quelques jours après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Jusqu’à sa démission, il était délégué régional pour l’Ouest.

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