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Aboubakary Abdoulaye s’installe à la tête du Sénat Camerounais

ange1poireau

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Aboubakary Abdoulaye s’installe à la tête du Sénat Camerounais
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Élu le 17 mars 2026 à la présidence du Sénat à l’issue d’une réunion du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au sein de l’institution, Aboubakary Abdoulaye succède à Marcel Niat Njifenji, en poste depuis 2013. Cette désignation consacre une montée en puissance déjà perceptible depuis plusieurs mois au sommet de la chambre haute.

Premier vice-président de l’institution, le sénateur nommé de la région du Nord assurait de facto la conduite des affaires courantes en raison des absences répétées du président sortant, affaibli. Dans les faits, plusieurs décisions structurantes ont été prises sous son impulsion, donnant à voir un basculement progressif du centre de gravité au sein de l’institution.

C’est notamment lui qui, le 13 décembre 2024, a notifié à Bernard Wongolo la fin de ses fonctions de secrétaire général adjoint, sur la base d’une décision du bureau du Sénat convoqué deux jours plus tôt. Dans la foulée, Aboubakary Abdoulaye a également piloté la désignation de Gustave Léopold Ngane comme secrétaire général, mettant fin à une vacance prolongée à ce poste stratégique depuis le retrait pour raison de santé de son titulaire.

Cette séquence, menée tambour battant, a permis de dénouer une crise interne qui paralysait en partie le fonctionnement administratif de la chambre haute, selon plusieurs observateurs. Elle a surtout renforcé l’image d’un dirigeant en capacité d’arbitrer et d’imposer des décisions dans un environnement institutionnel réputé feutré.

Discret dans l’expression publique, décrit comme réservé par des collaborateurs du Sénat, Aboubakary Abdoulaye cultive une influence qui dépasse les murs du Palais des Congrès. Chef traditionnel de premier degré, il est lamido de Rey-Bouba depuis 2006, succédant à son frère décédé alors qu’il occupait les fonctions de secrétaire d’État à l’Agriculture. Cette double casquette, politique et coutumière, constitue l’un des ressorts de son poids dans la région du Nord.

Administrateur civil de formation, passé par les services du courrier présidentiel puis par la primature, il a construit sa trajectoire au cœur de l’appareil d’État. Son passage au gouvernement dans les années 1990, puis ses responsabilités à la tête de plusieurs conseils d’administration, témoignent d’un ancrage ancien dans les circuits décisionnels.

Membre du bureau politique du RDPC, il figure parmi les personnalités les plus influentes du parti dans le septentrion. Désormais installé au perchoir, Aboubakary Abdoulaye accède à l’un des postes les plus élevés de l’ordre protocolaire. Dans un paysage institutionnel marqué par la longévité des figures en place, son arrivée officialise une transition amorcée en coulisses et rebat, à bas bruit, les équilibres au sommet de l’État.

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Carte biométrique : 3048 jeunes ont bénéficié de 57 914 services à coût réduit et gratuitement

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Carte biométrique : 3048 jeunes ont bénéficié de 57 914 services à coût réduit et gratuitement
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Le 21 avril 2026 à Yaoundé, au Centre multifonctionnel de promotion des jeunes de référence de Yaoundé, le gouvernement a franchi une nouvelle étape dans le déploiement de ce dispositif, avec la signature de trois accords de partenariat supplémentaires. Pilotée par l’Observatoire national de la jeunesse, cette extension cible des secteurs à fort potentiel d’employabilité, notamment l’agriculture, les sciences appliquées et la conduite d’engins lourds. Le réseau opérationnel atteint désormais près de 300 prestataires agréés.

L’architecture du dispositif repose sur un portefeuille d’environ 30 000 services accessibles aux détenteurs de la carte. L’offre agrège formations techniques, prestations subventionnées, stages académiques et professionnels, ainsi que des opportunités d’insertion directe. L’objectif est explicite : réduire les coûts d’accès aux compétences et fluidifier la transition vers l’emploi.

Sur le terrain, les premiers retours d’expérience confirment des effets d’entraînement, bien que circonscrits. Étudiant en master à l’université de Yaoundé I, Francis Zakari Abega évoque un accès facilité à une formation agricole, ouvrant des perspectives d’activité et de financement. D’autres bénéficiaires, à l’instar de Linda Menkoa, mettent en avant des bourses de formation ayant accéléré leur insertion professionnelle. Selon le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, plus de 3 000 cartes ont été distribuées dans les Centres multifonctionnels de promotion des jeunes, pour un volume de près de 58 000 services fournis à coût réduit ou gratuitement. Ces structures jouent un rôle nodal, en intégrant des unités de proximité et des incubateurs, tout en constituant des points d’ancrage administratifs pour les jeunes.

Au-delà de sa fonction initiale d’identification, la carte évolue vers un outil de gouvernance économique. Elle conditionne désormais l’accès à certains financements publics, notamment à travers des mécanismes de garantie dédiés aux jeunes porteurs de projets. Sa version de seconde génération, développée en partenariat avec des institutions financières, intègre une fonctionnalité de porte-monnaie électronique, permettant de sécuriser et tracer les flux d’aide publique. Cette mutation traduit une volonté d’encadrer plus finement l’allocation des ressources et de limiter les asymétries d’information.

Cependant, l’efficacité opérationnelle du dispositif reste entravée par plusieurs contraintes structurelles. L’enrôlement constitue le principal point de friction. Malgré le déploiement d’unités mobiles, l’accès à la carte demeure complexe pour une partie des jeunes, en particulier dans les zones à faible connectivité. Les procédures de pré-enrôlement en ligne, combinées aux exigences administratives, génèrent des coûts d’accès implicites qui limitent l’inclusion.

Par ailleurs, le déficit d’information réduit la portée du programme. Une proportion significative de la cible ignore encore les usages concrets de la carte ainsi que l’étendue du réseau de partenaires. Cette opacité informationnelle affaiblit l’attractivité du dispositif et freine sa diffusion. En l’absence d’un écosystème lisible et accessible, la carte peine à atteindre un effet de masse critique.

Dans ces conditions, la carte jeune biométrique illustre une politique publique en phase d’expansion, mais encore marquée par des déséquilibres d’exécution. Entre consolidation institutionnelle et contraintes de terrain, le dispositif révèle les limites d’une stratégie d’insertion qui, pour atteindre son plein rendement, devra lever les barrières d’accès, renforcer la diffusion de l’information et stabiliser son réseau opérationnel.

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Réserves de change: Les pays de la CEMAC de plus en plus dépendants des réserves du Cameroun

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Réserves de change: Les pays de la CEMAC de plus en plus dépendants des réserves du Cameroun
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Selon un rapport de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sur le contrôle du Compte d’opérations arrêté au 31 décembre 2025, la structure des réserves extérieures de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) connaît une évolution marquée. Les données compilées par les cabinets Grant Thornton et Forvis Mazars montrent que le Cameroun détient à lui seul 1 274,7 milliards de FCFA d’avoirs en devises hors Compte d’opérations, sur un total régional de 1 954,7 milliards, soit plus de 65 %.

Dans le même temps, plusieurs économies de la zone enregistrent des replis significatifs. La Guinée équatoriale voit ses réserves fortement diminuer, tandis que le Gabon affiche désormais une position négative. Le Compte d’opérations constitue le cœur du dispositif monétaire de la zone.

Concrètement, il s’agit d’un compte ouvert au nom de la BEAC auprès du Trésor français, sur lequel les États membres déposent une partie de leurs réserves en devises, principalement en euros et en dollars. Ces réserves correspondent aux monnaies étrangères utilisées pour financer les importations, honorer la dette extérieure ou stabiliser la monnaie.

Leur centralisation permet de garantir la convertibilité du franc CFA en euro, c’est-à-dire la capacité d’échanger la monnaie locale contre une devise internationale. Dans ce dispositif, deux compartiments coexistent.

Le Compte d’opérations centralise l’essentiel des réserves, tandis que le Compte spécial de nivellement sert à ajuster les déséquilibres de liquidité à court terme entre les États. Or, selon le rapport, les revenus générés par ces placements se sont fortement contractés en 2025. Les intérêts créditeurs cumulés atteignent 110,6 milliards de FCFA, contre 190,9 milliards en 2024, soit une baisse de 42 %.

 Ces intérêts correspondent à la rémunération des réserves déposées. Plus les taux d’intérêt internationaux sont élevés, plus ces dépôts rapportent. Le document précise que « les moyennes arithmétiques des taux de la facilité de prêt marginal […] et du taux de refinancement […] ont été respectivement de 2,66 % et 2,41 % » en 2025.

Dans le cas de la CEMAC, ces taux servent de base pour rémunérer les dépôts logés sur le Compte d’opérations. Parallèlement, les volumes placés diminuent. Les disponibilités du Compte d’opérations passent de 4 768,5 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2024 à 3 664,7 milliards fin 2025.

Autrement dit, non seulement les placements rapportent moins, mais les montants placés eux-mêmes reculent, ce qui traduit soit une mobilisation accrue des réserves par les États, soit une moindre capacité à en accumuler.

LE CAMEROUN, PIVOT D’UN SYSTÈME DÉSÉQUILIBRÉ

La recomposition apparaît plus nettement encore à travers la répartition du solde du Compte d’opérations entre les États. Ce solde représente la part des réserves attribuée à chaque pays dans le compte commun. Le Cameroun demeure le principal contributeur avec 1 816,9 milliards de FCFA en 2025, contre 2 164,3 milliards en 2024, soit une baisse d’environ 347 milliards.

Ce recul suggère que le pays a soit mobilisé une partie de ses réserves, soit réduit ses dépôts dans le système central. En parallèle, il renforce nettement sa position hors Compte d’opérations. Ses avoirs atteignent 1 274,7 milliards de FCFA en 2025, contre 1 016,6 milliards un an plus tôt, soit une progression d’environ 258 milliards. Cette évolution contraste avec la situation d’autres États.

Le rapport souligne notamment que « la position du Compte d’opérations de l’État gabonais ressort débitrice à FCFA -166,355 milliards au 31 décembre 2025, traduisant une situation de déséquilibre significative », tout en précisant qu’aucune mesure corrective n’a encore été arrêtée. Une position débitrice signifie qu’un pays a retiré davantage de devises qu’il n’en a déposées dans le système.

Dans le même temps, la Guinée équatoriale enregistre une chute marquée de ses avoirs hors Compte d’opérations, qui passent de 213,6 à 92,6 milliards de FCFA entre 2024 et 2025, soit une baisse de 121 milliards, équivalente à 56,6 %. Le Tchad voit ses avoirs dans le Compte d’opérations reculer de 659,6 à 508,6 milliards, tandis que le Congo enregistre une légère diminution. Dans ce contexte, le Cameroun apparaît comme le principal point d’ancrage de la liquidité extérieure de la zone.

DES RÉSERVES HORS CIRCUIT EN HAUSSE MAIS FORTEMENT CONCENTRÉES

Les réserves hors Compte d’opérations correspondent aux devises détenues en dehors du mécanisme centralisé. Elles peuvent être conservées directement par la banque centrale ou placées sur d’autres supports financiers. Elles offrent davantage de flexibilité dans la gestion, mais réduisent la mutualisation régionale. Plus ces réserves sont détenues en dehors du circuit commun, moins le système collectif joue pleinement son rôle de stabilisateur.

En 2025, ces réserves atteignent 1 954,7 milliards de FCFA, contre 1 897,8 milliards en 2024. Cette progression globale masque toutefois une forte concentration. Le Cameroun en détient 1 274,7 milliards de FCFA, loin devant le Tchad avec environ 360 milliards, le Congo avec 215,5 milliards et la RCA avec 120,4 milliards. À l’inverse, le Gabon affiche une position négative de -108,5 milliards, signe d’une absence de réserves nettes dans ce compartiment.

DES INDICATEURS EN AMÉLIORATION À INTERPRÉTER AVEC PRUDENCE

Le rapport met également en avant le ratio des réserves de change hors Compte d’opérations rapportées aux avoirs extérieurs nets. Cet indicateur mesure la capacité de la zone à couvrir ses engagements extérieurs avec ses réserves disponibles. En 2025, ce ratio progresse fortement. Il passe de 67,66 % en janvier à un pic de 108,62 % en octobre, avant de s’établir à 95,97 % en décembre. Un niveau supérieur à 100 % signifie que les réserves dépassent les engagements extérieurs nets, ce qui constitue en théorie un signal positif pour la stabilité financière.

Cependant, cette amélioration doit être interprétée avec prudence. Elle peut également résulter d’une baisse des importations, d’un ralentissement de l’activité économique ou d’une contraction des flux financiers, et non uniquement d’une accumulation de devises.

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La cession de Chococam suspendue aux arbitrages de la Cemac, du fisc et de la BEAC

ange1poireau

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La cession de Chococam suspendue aux arbitrages de la Cemac, du fisc et de la BEAC
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La cession de la participation majoritaire de Tiger Brands dans la Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam) demeure conditionnée à une série d’autorisations administratives et réglementaires, retardant ainsi le bouclage de l’opération. Lors de l’audience accordée le 20 avril 2026, le ministre du Commerce a échangé avec Mandla Langa, accompagné du directeur général de Tiger Brands, Tjaart Kruger, de son directeur financier, Thushen Govender, ainsi que du promoteur de Minkama Capital, Fabrice Ndjodo. Ensemble, ils ont passé en revue les exigences présentées comme déterminantes pour la finalisation effective de la transaction.

Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre, le ministère du Commerce précise que « la finalisation de la transaction demeure subordonnée à l’accomplissement de plusieurs conditions préalables ». Parmi celles-ci figurent notamment « l’approbation de la Commission de la concurrence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), les autorisations de contrôle des changes, ainsi que la délivrance des quitus fiscaux en faveur de Chococam et de Tiger Brands ». Le document souligne également que ces démarches ont constitué le cœur des échanges, les investisseurs ayant « sollicité cette audience afin de coordonner les procédures réglementaires et de s’accorder sur le calendrier de réalisation ».

Feu vert régional et encadrement des flux financiers

Le principal verrou identifié concerne l’avis de la Commission de la concurrence de la Cemac. Cette instance sous-régionale est chargée d’examiner les opérations de concentration afin de s’assurer qu’elles ne portent pas atteinte à la concurrence au sein de l’espace communautaire. En l’espèce, elle devra déterminer si la prise de contrôle de Chococam par Minkama Capital est susceptible de créer une position dominante ou de fausser le jeu du marché dans le secteur agroalimentaire.

À ce filtre régional s’ajoute le contrôle des changes, un dispositif encadré par la Banque des États de l’Afrique centrale. Ce mécanisme vise à superviser les mouvements de capitaux entre résidents et non-résidents. Dans le cadre de cette opération, il s’agit de s’assurer que les flux financiers liés à la cession — notamment le paiement des parts détenues par Tiger Brands — respectent la réglementation en vigueur dans la zone franc. Cette étape est essentielle pour sécuriser les transferts de fonds et garantir la conformité de l’opération vis-à-vis des autorités monétaires.

Autre exigence mentionnée : la délivrance des quitus fiscaux. Ce document atteste qu’une entreprise est en règle vis-à-vis de l’administration fiscale, qu’elle a acquitté l’ensemble de ses obligations et ne présente pas d’arriérés. Dans une opération de cession, ce certificat est indispensable pour sécuriser juridiquement la transaction et éviter le transfert de passifs fiscaux non déclarés au nouvel acquéreur.

Fondée en 1965, Chococam a connu plusieurs évolutions capitalistiques, reflétant les différentes phases de structuration de l’industrie chocolatière au Cameroun. Après l’entrée du groupe suisse Barry Callebaut en 1997, l’entreprise passe, en 2008, sous le contrôle de Tiger Brands, qui détient aujourd’hui 74,69 % de son capital.

Dans une note financière publiée le 11 novembre 2025, Tiger Brands indique avoir conclu un accord en vue de céder cette participation majoritaire au fonds Minkama Capital, avec l’appui du groupe bancaire BGFIBank. Attendue au second semestre 2026, la transaction doit marquer la sortie du groupe sud-africain après dix-sept années de présence et ouvrir une nouvelle phase dans l’évolution du capital de cette entreprise emblématique du tissu industriel camerounais.

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