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Réformes économiques et marchés financiers au cœur du Business Summit 2026

Des experts en politiques économiques, des professionnels des marchés financiers, des entrepreneurs et des leaders industriels ont mis en lumière les réformes et mécanismes d’investissement à même de dynamiser le monde des affaires, consolider la résilience du secteur privé et favoriser une croissance économique inclusive au Cameroun et dans la sous-région CEMAC. C’était à l’occasion de la 4e édition du Business Summit et de la soirée de distinction organisés par le journal économique L’Économie, le jeudi 26 février.
Les échanges ont porté sur la transformation économique stratégique, le développement des marchés financiers et l’entrepreneuriat féminin. Les organisateurs ont présenté cette rencontre comme une contribution au dialogue économique structuré, visant à rapprocher décideurs publics, investisseurs et entrepreneurs. En combinant débats de fond et célébration de l’excellence entrepreneuriale, l’événement a réaffirmé le rôle croissant des plateformes économiques privées dans l’orientation des réflexions sur les trajectoires de développement et l’évolution de l’écosystème financier africain.
LES MARCHÉS FINANCIERS COMME MOTEUR DE CROISSANCE
Un panel consacré aux marchés financiers en tant que levier de développement durable a constitué l’un des temps forts de la rencontre. Les échanges, modérés par François Gaël Mballa, ont réuni Abdoulaye Mouchili, Serges Mathieu Kompou, Janvier Clément Tsitsi et Franky Bunang. Les intervenants ont souligné l’urgence, pour les économies d’Afrique centrale, d’opérer une transition des modèles de financement fortement dépendants de l’endettement vers des systèmes de marchés de capitaux plus robustes, capables de mobiliser des investissements de long terme. Malgré les réformes réglementaires récentes dans la zone CEMAC, les marchés boursiers demeurent sous-exploités, principalement en raison d’un déficit de culture financière et d’une faible propension à l’investissement, tant chez les entreprises que chez les particuliers.
Les panélistes ont relevé que les acteurs économiques continuent de privilégier les instruments bancaires traditionnels, alors que les opportunités offertes par les marchés financiers et les sociétés de gestion d’actifs restent insuffisamment comprises par le grand public. Selon eux, le renforcement de l’éducation financière et la promotion d’une véritable culture de l’épargne constituent des préalables indispensables à l’élargissement de la base d’investisseurs et à la diversification des sources de financement des entreprises. Abdoulaye Mouchili a, pour sa part, insisté sur l’importance des mécanismes de notation financière pour améliorer la transparence et renforcer la confiance des investisseurs.
La mise en place d’un système local de notation permettrait, selon lui, une meilleure évaluation des risques, une réduction des coûts d’emprunt pour les entreprises et les États, ainsi qu’une attraction accrue des flux de capitaux vers les économies régionales. Les professionnels de la gestion d’actifs ont également expliqué que l’allocation stratégique de portefeuille constitue un outil efficace de préservation de la valeur en période de pressions inflationnistes. Ils ont fait valoir que certains instruments financiers offrent actuellement des rendements compétitifs, susceptibles de dépasser les taux d’inflation observés dans la sous-région.
LEADERSHIP FÉMININ ET ENTREPRENEURIAT EN DÉBAT
Un autre panel a mis en exergue le leadership féminin et l’entrepreneuriat, soulignant le rôle croissant, mais encore insuffisamment reconnu, des femmes dans la prise de décision économique. Des dirigeantes et entrepreneures telles qu’Ingrid Obouh Fegue, Al-Nita Mouen et Rita Metaiyim ont partagé leurs parcours, rappelant que le leadership repose avant tout sur la capacité à influencer, inspirer et transformer. Elles ont soutenu que les femmes apportent des qualités distinctives, notamment l’empathie, la résilience et l’aptitude à la résolution collaborative des problèmes, des compétences particulièrement pertinentes dans les environnements économiques contemporains.
Toutefois, malgré les avancées enregistrées, elles ont reconnu que les femmes demeurent sous-représentées dans les postes stratégiques, en raison de barrières sociétales persistantes, d’un déficit de visibilité et parfois d’autocensure. Les intervenantes ont appelé les femmes à investir davantage le champ entrepreneurial, à renforcer leur confiance en elles et à oser davantage la prise de risque. Elles ont également plaidé pour une solidarité accrue entre professionnelles afin de favoriser un progrès collectif. L’importance du mentorat, de l’éducation et des programmes institutionnels de soutien en faveur des jeunes filles et des entrepreneures en devenir a été particulièrement soulignée.
Les discussions tenues lors de la masterclass ont porté sur l’innovation réglementaire et les dynamiques financières régionales. Les experts ont analysé les politiques susceptibles d’accélérer l’entrepreneuriat et de renforcer la résilience économique en Afrique. Tous ont convenu que la collaboration entre régulateurs, investisseurs et acteurs du secteur privé demeure essentielle pour libérer le potentiel de financement des petites et moyennes entreprises, véritable colonne vertébrale de la croissance économique. L’accent a également été mis sur l’innovation, l’accès numérique au savoir et le développement des compétences, conditions nécessaires pour permettre aux entrepreneurs de s’imposer dans un environnement de plus en plus mondialisé.
DISTINCTION DES ACTEURS D’EXCEPTION
La rencontre s’est achevée par une soirée de remise de prix célébrant des personnalités et institutions reconnues pour leur innovation, leur leadership et leur impact dans leurs secteurs respectifs. Selon les organisateurs, les lauréats ont été distingués pour des initiatives pionnières ayant contribué à la création d’emplois, à l’inclusion financière, au développement des entreprises et à la transformation économique. À travers ces distinctions, l’objectif affiché demeure la valorisation de l’excellence et la promotion d’une culture de performance, d’éthique et de contribution au développement au sein de la communauté des affaires.
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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.
La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.
Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.
Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.
DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.
La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.
Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.
Portrait
Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.
Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.
En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.
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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.
Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.
Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.
Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.
Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.
Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.
Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.
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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).
Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.
L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.
Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.
Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.
La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.
UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE
Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.
Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.
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