« Depuis le lancement du championnat de première division au Cameroun, un cap dangereux est franchi. L’arbitre n’est plus un acteur du jeu susceptible d’erreur ; il est devenu dans certains discours médiatiques le coupable désigné avant même le coup d’envoi. Corrompu, manipulateur, faussaire de résultats les mots sont lâchés avec une facilité déconcertante », expliquent nos confrères de Radio Sport Info.
« Qu’il existe des insuffisances dans l’arbitrage ? Il est difficile de dire qu’il n’en est rien. Qu’il faille plus de rigueur, de formation, de transparence ? Sans aucun doute. Mais accuser sans preuve, suggérer systématiquement la corruption, insinuer que chaque décision défavorable est préméditée, c’est franchir une ligne rouge. L’épisode du Trophée des champions d’hier, marqué par le retrait des joueurs de la Colombe après un penalty accordé n’est pas un simple fait de match », poursuit la radio du président de la Fecafoot.
« C’est le symptôme d’un climat intoxiqué. Lorsque l’idée que «tout est joué d’avance” s’installe dans les esprits, la compétition perd son sens. À force de marteler que les arbitres “tuent les matchs”, on finit par fabriquer une réalité explosive. On prépare les esprits à l’affrontement. Que chacun prenne la mesure de ses mots. Une presse responsable éclaire elle n’enflamme pas. À force de jeter les arbitres en pâture à l’opinion, nous les exposons à bien plus qu’à la critique, nous les exposons au danger », ajoute RSI.
« Si nous continuons sur cette pente, le drame ne sera plus une hypothèse théorique, Il deviendra une possibilité concrète. Il est temps d’arrêter l’escalade. Voilà pourquoi la Colombe doit être lourdement suspendue, pour diffuser un message fort, et atténuer ce climat délétère autour des arbitres », conclut RSI.






