Actualités locales
le pari colossal de la Zone Industrielle de Kribi
La Zone Industrielle du Port de Kribi (ZIPK) a été officiellement inaugurée à Yaoundé, représentant un investissement total de 795 millions d’euros (environ 521 milliards de FCFA). Cette initiative ambitieuse vise à positionner le Cameroun comme un futur pôle industriel pour l’Afrique centrale.
Ce projet, qui constitue le plus important développement industriel lié au port de Kribi, a pour objectif de rapprocher les unités de production des infrastructures portuaires afin de capter davantage de valeur ajoutée localement.
La zone industrielle s’étendra sur 4 000 hectares et est structurée sous la forme d’un partenariat public-privé entre le Port Autonome de Kribi (PAK) et un consortium d’opérateurs internationaux et locaux, dont Africa Global Logistics, Arise Integrated Industrial Platforms (Arise IIP) et Belmont Investments, propriété de l’homme d’affaires camerounais Colin Mukete.
Une décennie d’excellence maritime
La ZIPK est rattachée au Port de Kribi (PAK), qui constitue, depuis 2018, un pilier de la performance économique du Cameroun.
Les données officielles révèlent qu’en huit ans d’activité, le port a accueilli 3 422 navires, traité 93 millions de tonnes de marchandises et géré 2 150 000 conteneurs.
Ces performances ont positionné Kribi comme le premier terminal à conteneurs du Cameroun, les autorités soulignant sa capacité à accueillir les plus grands navires du monde.
La contribution du port aux finances publiques est tout aussi impressionnante, générant plus de 1 200 milliards de francs CFA de recettes douanières, selon les données officielles.
Cette performance a eu un effet d’entraînement, attirant des entreprises pionnières dans les secteurs de la transformation, de la production et de la logistique. La forte demande d’implantation qui en a résulté a catalysé le développement de la Zone portuaire industrielle de Kribi, projet phare de la Stratégie nationale de développement du Cameroun (SND30).
Des pôles stratégiques moteurs de la transformation industrielle
La zone industrielle est organisée autour de trois pôles principaux conçus pour maximiser les synergies entre les activités portuaires et la production industrielle.
Le pôle de transformation du bois et de logistique tirera parti des vastes ressources forestières du Cameroun, tandis que la production d’acier sera stimulée par l’exploitation des gisements de minerai de fer et les exportations via le terminal minier dédié.
Le pôle pétrochimique bénéficiera des grands projets de structuration déjà en cours, tandis que la partie orientale de la zone accueillera les industries agroalimentaires et des matériaux de construction.
Les investisseurs sont attirés par des incitations fiscales et douanières, une connexion directe au port en eau profonde et des infrastructures de classe mondiale.
Projections économiques à long terme
Le projet KPIZ est mis en œuvre par phases, la première phase de 15 ans étant axée sur la mise en place des trois pôles et la création progressive d’emplois.
Une fois achevée en 2040, la zone industrielle devrait générer entre 5 et 8 % du PIB national, créer jusqu’à 150 000 emplois directs et indirects et contribuer à hauteur de près de 1 000 milliards de francs CFA aux recettes fiscales annuelles.
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Actualités locales
« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »

Dans un éditorial consacré à l’histoire et à l’identité du Cameroun, Le Capitaine de vaisseau Serge Atonfack Guemo défend l’idée d’un peuple camerounais dont les racines socioculturelles seraient antérieures à la colonisation. Il met en garde contre les discours qui, selon lui, réduisent l’identité nationale aux héritages linguistiques et aux découpages historiques issus de la période coloniale et postcoloniale.
Atonfack Guemo prend position dans le débat sur les origines et la construction de l’identité nationale camerounaise. Dans un texte intitulé « Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1650, à 1961 et à 1972 », il appelle à reconnaître l’ancienneté des communautés et des traditions qui composent le pays.
Le chef de la Division de la Communication au ministère délégué à la présidence de la République chargé de la Défense conteste les approches qui situent la naissance du Cameroun à des dates historiques précises, notamment janvier 1960, octobre 1961 ou encore la conférence de Foumban d’avril-mai 1972. Selon lui, ces repères ne sauraient résumer l’histoire des populations qui occupaient déjà le territoire avant l’arrivée des puissances étrangères.
Dans son argumentaire, Atonfack Guemo estime que les communautés camerounaises disposaient bien avant la colonisation de leurs propres espaces de peuplement, de leurs coutumes et de leurs formes de relations sociales. Il évoque notamment les liens de voisinage, les parentés et les similitudes entre les pratiques culturelles des différentes communautés.
Lire l’éditorial de Cyril Atonfack Guemo :
Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1960, à 1961 et à 1972
Une acception communément admise présente le fondamentalisme comme étant l’ensemble des radicalités qui défendent une conception rigoriste de la religion ou de la politique, au risque d’une confrontation avec la société environnante. Le fondamentalisme renvoie ainsi à une espèce de comparaison entre un état originel et ses évolutions. Ce qui peut donner de la matière pour une discussion constructive et mutuellement enrichissante, du moins pour des personnes bien intentionnées. Sinon de prêter à polémique, le fondamentalisme devient très vite polémologique, lorsqu’il se nourrit d’intransigeance, d’affabulations et de fausses allégations.
Ainsi en est-il du fait, pour certains, d’élever des techniques administratives apprises pendant l’occupation étrangère, en éléments culturels jouissant d’une légitimité égale à celle des fondements de l’écologie sociologique héritée de nos ancêtres. Il en va de même du travestissement d’autres pans de l’histoire de notre pays, qui consiste à faire croire que cette histoire ne commencerait qu’en janvier 1960 pour les uns, en octobre 1961 pour d’autres, ou après la conférence de Foumban d’avril-mai 1972 pour une autre mouvance. Autant d’aliénantes manipulations cognitives, autant d’enivrantes élégies qui engendrent le clivage, l’ostracisme, le déracinement et, au final, la violence.
Ces discours, tout ce qu’il y a de plus inepte, finissent par transformer de paisibles jeunes gens nourrissant des rêves d’un avenir radieux au sein de la cité Cameroun en de furieux désespérés animés d’une haine viscérale de leur propre pays, car se prenant pour les descendants de chimériques héros d’autrefois, intrépides défenseurs de royaumes qui n’ont pourtant jamais existé sous nos cieux.
Mais d’une manière qui ne serait autre que délibérée, tout semble mis en œuvre pour occulter, déformer, contrefaire l’irréfragable réalité selon laquelle nos divers sites de peuplement tribaux sont antérieurs à l’arrivée du colonisateur. Nos voisinages et consanguinités, nos divers us et coutumes ancestraux, qui entre eux partagent de très nombreux points de similarité, ont depuis toujours constitué des facteurs de fraternel rapprochement, voire d’inextricable intrication entre nos tribus.
Le peuple camerounais ne saurait donc être réduit à une addition, une juxtaposition, et encore moins à une superposition de tribalités sui generis, seulement liées par une communauté de langues étrangères d’un usage purement transactionnel. Le peuple camerounais est d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriaux. L’occupation étrangère n’y aura d’ailleurs rien changé, contrairement aux malsaines intentions opportunistes qui veulent regrouper les Camerounais en fonction des langues apportées de l’extérieur, ou en rapport avec les points cardinaux. Pareille catégorisation est une source additionnelle de tracas dont on devrait résolument se passer.
Car ce qui importe avant et après tout, ce n’est ni la fidélité proclamée à tel ou tel idiome d’outre-mer, ni la tapageuse démonstration du désir de mimétisme avec tel ou tel peuple étranger. Ce qui importe avant et après tout, c’est la volonté des Camerounais de faire de cette binarité linguistique d’opportunité un précieux instrument devant servir au rapatriement des savoirs techniques et technologiques, un important atout d’attraction et de facilitation dans le contact avec d’autres peuplades de la scène planétaire. Tout en préservant, tout en pérennisant et tout en promouvant l’être et l’artefact qui fondent à la fois l’originalité et la singularité de notre personnalité. Vous parlez d’un fondamentalisme inclusif ?
Sachons rester vigilants,
Sachons rester patriotes,
Sachons aimer définitivement le Cameroun.
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