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Dix ans après son annonce, la Bourse nationale des déchets devient réalité

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Dix ans après son annonce, la Bourse nationale des déchets devient réalité
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Le gouvernement camerounais, par l’intermédiaire du ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, a lancé la Bourse nationale des déchets (BAD), une plateforme électronique conçue pour transformer des millions de tonnes de déchets en matières premières industrielles.

Le ministre Hélé Pierre a présidé la cérémonie de lancement le 12 février 2026 à Yaoundé. Lors de cet événement, les responsables ont dévoilé l’identité visuelle et la feuille de route opérationnelle de la plateforme, marquant ainsi le passage du projet de la phase de planification à sa mise en œuvre à l’échelle nationale.

Le ministre a qualifié ce lancement d’étape majeure dans la gestion des déchets, soulignant que les Camerounais sont confrontés depuis des années aux conséquences environnementales et sanitaires des déchets non gérés.

« Cette Bourse nationale des déchets est une première dans l’histoire, car ses avantages sont considérables », a déclaré le ministre Hélé Pierre. « Nous avons désormais mis en place une plateforme qui permet de transformer les déchets des uns en matières premières pour les autres. Nous allons constater des gains tant sur le plan sanitaire que financier. »

Le ministre a précisé que, bien que le projet soit en développement depuis 2016, la bourse dispose désormais de tous les atouts nécessaires en termes de gouvernance et de soutien politique pour assurer son succès.

Rebecca Essomba, directrice générale de la Bourse nationale des déchets, a détaillé le fonctionnement de la plateforme. Elle a expliqué que l’interface numérique permet aux acteurs concernés de publier leurs offres et leurs besoins, facilitant ainsi les transactions directes entre les fournisseurs de déchets et les acheteurs industriels.

« La plateforme s’adresse à ceux qui possèdent des déchets, à ceux qui en ont besoin et à ceux qui les transportent », a déclaré Rebecca Essomba. « Elle dynamisera un marché des déchets où l’offre et la demande se rencontreront. »

Rebecca Essomba a ajouté que la réintégration des déchets dans le circuit industriel soutiendrait les politiques de substitution aux importations en réduisant les coûts de production pour les fabricants locaux. Elle a souligné que la bourse n’impose aucune limite aux volumes de déchets, encourageant ainsi les acteurs de l’écosystème à s’organiser par le biais de nouveaux partenariats.

De son côté, le Dr Daniel Edjo’o, maire d’Ebolowa, a salué la plateforme, indiquant qu’elle contribuerait à assainir les centres urbains tout en générant des revenus indispensables.

« À partir de maintenant, il ne s’agit plus de déchets, mais de capitaux », a déclaré M. Edjo’o. « Nos villes deviendront plus propres et, grâce à cela, elles pourront générer des revenus. Vous savez bien que les caisses municipales ne sont pas toujours bien approvisionnées. »

Gregory Mewanu, maire de Kumba, a également salué cette initiative, la qualifiant de « bourse des déchets » arrivant à point nommé pour les grandes métropoles comme Yaoundé, Douala et Bafoussam, Kumba n’étant pas en reste.

« Ce sera un moyen concret de trouver des solutions financières à nos problèmes de gestion des déchets. Cela nous permettra non seulement de nettoyer nos villes tout en respectant les normes d’hygiène et en luttant contre le changement climatique, mais aussi de financer la transformation des déchets en ressources utiles », a déclaré Gregory Mewanu.

Selon les données gouvernementales présentées lors de la cérémonie, la production de déchets au Cameroun a doublé, passant de trois millions de tonnes en 2016 à six millions de tonnes en 2025. Ce chiffre comprend 600 000 tonnes de déchets plastiques, dont la majeure partie finit actuellement dans l’environnement.

La Bourse nationale des déchets a été proposée pour la première fois il y a dix ans, lors de la Conférence nationale sur les déchets qui s’est tenue à Yaoundé en avril 2016.

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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »

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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »
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Dans un éditorial consacré à l’histoire et à l’identité du Cameroun, Le Capitaine de vaisseau Serge Atonfack Guemo défend l’idée d’un peuple camerounais dont les racines socioculturelles seraient antérieures à la colonisation. Il met en garde contre les discours qui, selon lui, réduisent l’identité nationale aux héritages linguistiques et aux découpages historiques issus de la période coloniale et postcoloniale.

Atonfack Guemo prend position dans le débat sur les origines et la construction de l’identité nationale camerounaise. Dans un texte intitulé « Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1650, à 1961 et à 1972 », il appelle à reconnaître l’ancienneté des communautés et des traditions qui composent le pays.

Le chef de la Division de la Communication au ministère délégué à la présidence de la République chargé de la Défense conteste les approches qui situent la naissance du Cameroun à des dates historiques précises, notamment janvier 1960, octobre 1961 ou encore la conférence de Foumban d’avril-mai 1972. Selon lui, ces repères ne sauraient résumer l’histoire des populations qui occupaient déjà le territoire avant l’arrivée des puissances étrangères.

Dans son argumentaire, Atonfack Guemo estime que les communautés camerounaises disposaient bien avant la colonisation de leurs propres espaces de peuplement, de leurs coutumes et de leurs formes de relations sociales. Il évoque notamment les liens de voisinage, les parentés et les similitudes entre les pratiques culturelles des différentes communautés.

Lire l’éditorial de Cyril Atonfack Guemo :

Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1960, à 1961 et à 1972

Une acception communément admise présente le fondamentalisme comme étant l’ensemble des radicalités qui défendent une conception rigoriste de la religion ou de la politique, au risque d’une confrontation avec la société environnante. Le fondamentalisme renvoie ainsi à une espèce de comparaison entre un état originel et ses évolutions. Ce qui peut donner de la matière pour une discussion constructive et mutuellement enrichissante, du moins pour des personnes bien intentionnées. Sinon de prêter à polémique, le fondamentalisme devient très vite polémologique, lorsqu’il se nourrit d’intransigeance, d’affabulations et de fausses allégations.

Ainsi en est-il du fait, pour certains, d’élever des techniques administratives apprises pendant l’occupation étrangère, en éléments culturels jouissant d’une légitimité égale à celle des fondements de l’écologie sociologique héritée de nos ancêtres. Il en va de même du travestissement d’autres pans de l’histoire de notre pays, qui consiste à faire croire que cette histoire ne commencerait qu’en janvier 1960 pour les uns, en octobre 1961 pour d’autres, ou après la conférence de Foumban d’avril-mai 1972 pour une autre mouvance. Autant d’aliénantes manipulations cognitives, autant d’enivrantes élégies qui engendrent le clivage, l’ostracisme, le déracinement et, au final, la violence.

Ces discours, tout ce qu’il y a de plus inepte, finissent par transformer de paisibles jeunes gens nourrissant des rêves d’un avenir radieux au sein de la cité Cameroun en de furieux désespérés animés d’une haine viscérale de leur propre pays, car se prenant pour les descendants de chimériques héros d’autrefois, intrépides défenseurs de royaumes qui n’ont pourtant jamais existé sous nos cieux.

Mais d’une manière qui ne serait autre que délibérée, tout semble mis en œuvre pour occulter, déformer, contrefaire l’irréfragable réalité selon laquelle nos divers sites de peuplement tribaux sont antérieurs à l’arrivée du colonisateur. Nos voisinages et consanguinités, nos divers us et coutumes ancestraux, qui entre eux partagent de très nombreux points de similarité, ont depuis toujours constitué des facteurs de fraternel rapprochement, voire d’inextricable intrication entre nos tribus.

Le peuple camerounais ne saurait donc être réduit à une addition, une juxtaposition, et encore moins à une superposition de tribalités sui generis, seulement liées par une communauté de langues étrangères d’un usage purement transactionnel. Le peuple camerounais est d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriaux. L’occupation étrangère n’y aura d’ailleurs rien changé, contrairement aux malsaines intentions opportunistes qui veulent regrouper les Camerounais en fonction des langues apportées de l’extérieur, ou en rapport avec les points cardinaux. Pareille catégorisation est une source additionnelle de tracas dont on devrait résolument se passer.

Car ce qui importe avant et après tout, ce n’est ni la fidélité proclamée à tel ou tel idiome d’outre-mer, ni la tapageuse démonstration du désir de mimétisme avec tel ou tel peuple étranger. Ce qui importe avant et après tout, c’est la volonté des Camerounais de faire de cette binarité linguistique d’opportunité un précieux instrument devant servir au rapatriement des savoirs techniques et technologiques, un important atout d’attraction et de facilitation dans le contact avec d’autres peuplades de la scène planétaire. Tout en préservant, tout en pérennisant et tout en promouvant l’être et l’artefact qui fondent à la fois l’originalité et la singularité de notre personnalité. Vous parlez d’un fondamentalisme inclusif ?

Sachons rester vigilants,
Sachons rester patriotes,
Sachons aimer définitivement le Cameroun.

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