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Dr Blaise MOUSSA : « L’eau est un facteur de paix ou de tension, selon la manière dont elle est gérée »

Défis Actuels : Monsieur le Président, le 23ᵉ Congrès international de l’AAEA vient de s’achever à Yaoundé. Quel regard portez-vous sur ces quatre jours de travaux ?
Blaise Moussa : Je ressens avant tout une profonde satisfaction, mais aussi une responsabilité renforcée. Yaoundé a été, durant quatre jours, la capitale africaine de la réflexion stratégique sur l’eau et l’assainissement. Ce Congrès n’était pas un simple rendez-vous institutionnel. Il a été conçu comme un espace de solutions, d’innovation et d’engagement concret. Les échanges ont été riches, parfois exigeants, mais toujours orientés vers l’action. C’est exactement ce dont notre continent a besoin aujourd’hui.
Défis Actuels: Le thème retenu, « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique » était ambitieux. A-t-il trouvé un contenu réel ?
Blaise Moussa : Absolument. Ce thème n’était pas un slogan. Il a servi de fil conducteur à l’ensemble des travaux. Les six grands axes du Congrès ont permis d’aborder toute la chaîne de valeur : de la protection de la ressource jusqu’au service à l’usager, en passant par la gouvernance, le financement, la recherche et l’innovation. Le message est clair : nous n’avons plus le luxe des diagnostics répétitifs. Les solutions existent. Ce qui est attendu, ce sont des décisions courageuses et des mises en œuvre rapides.
Défis Actuels : Justement, quels enseignements majeurs ressortent de ces six grands axes ?
Blaise Moussa: Le premier enseignement est que la durabilité commence à la source. Sans gestion intégrée des ressources en eau, sans protection des bassins versants et sans anticipation des effets du changement climatique, aucun système ne tiendra dans la durée. Le second est que la performance des services dépend moins des infrastructures que de la qualité du management, des compétences humaines et de la gouvernance. Enfin, l’assainissement ne peut plus rester le parent pauvre du secteur. Collecter ne suffit plus : il faut traiter, valoriser et intégrer ces services dans une logique d’économie circulaire.
Défis Actuels : Le Congrès a été présenté comme « orienté solutions ». En quoi s’est-il distingué des éditions précédentes sur ce point ?
Blaise Moussa : La différence tient à l’approche. Nous avons volontairement réduit la place des constats généraux pour privilégier les retours d’expériences opérationnels, les outils concrets et les modèles reproductibles. Chaque Track devait répondre à une question simple : qu’est-ce qui fonctionne, dans quel contexte, et à quelles conditions ? Cette orientation a permis de rapprocher chercheurs, exploitants, collectivités et investisseurs autour d’un même objectif : transformer la connaissance en action. C’est une évolution majeure pour l’AAEA.
Défis Actuels : La question climatique a été omniprésente. L’Afrique est-elle suffisamment armée face à ce défi ?
Blaise Moussa : L’Afrique est en première ligne, alors qu’elle contribue très peu aux émissions mondiales. Les sécheresses, les inondations, la variabilité des ressources mettent nos systèmes sous pression. Le Congrès a montré que la résilience climatique doit être intégrée dès la conception des infrastructures, mais aussi dans la gestion quotidienne des services. Cela suppose des données fiables, des outils de modélisation, et surtout une planification à long terme. Nous devons sortir de la logique de réaction pour entrer dans celle de l’anticipation.
Défis Actuels : Peut-on affirmer que l’eau et l’assainissement sont désormais perçus comme des secteurs économiques à part entière ?
Blaise Moussa : Oui, et c’est une évolution essentielle. Longtemps considérés uniquement comme des secteurs sociaux, l’eau et l’assainissement sont aujourd’hui reconnus comme des piliers de la compétitivité économique. Ils conditionnent la santé des populations, l’attractivité des territoires, le développement industriel et la sécurité alimentaire. Le Congrès a clairement montré que chaque dollar investi dans l’eau génère des retombées multiples, en termes de croissance, d’emplois et de stabilité sociale. C’est un message fort adressé aux ministères des finances et aux décideurs économiques.
Défis Actuels : La question du financement revient constamment. Où en est-on réellement ?
Le financement reste un nœud critique. Les besoins sont immenses, mais les ressources publiques sont limitées. Le Congrès a confirmé la nécessité de diversifier les mécanismes : financements concessionnels, partenariats public-privé, financements locaux, et amélioration de la performance financière des opérateurs. Un point a été très clairement posé : sans amélioration du recouvrement des factures et sans maîtrise des pertes, aucun modèle n’est viable. La crédibilité financière est une condition préalable pour attirer les investisseurs.
Défis Actuels : Les collectivités locales ont été très présentes, notamment à travers le Forum des maires. Quel message en retenez-vous ?
Blaise Moussa : Nous en retenons un message très fort, à savoir que les villes sont aujourd’hui en première ligne. L’urbanisation rapide, la gestion des déchets solides et liquides, l’assainissement non collectif sont des défis quotidiens pour les maires. Les expériences partagées, notamment sur la gestion participative et le recyclage, montrent que des solutions locales existent. Mais elles nécessitent un soutien politique clair, des financements adaptés et une forte mobilisation citoyenne.
Défis Actuels : Les collectivités locales semblent réclamer plus de responsabilités. Le secteur est-il prêt à cette décentralisation accrue ?
Blaise Moussa : La décentralisation est une opportunité, mais elle doit être accompagnée. Les maires ont démontré leur capacité d’innovation et leur connaissance fine des réalités locales. Toutefois, cela suppose un transfert effectif de compétences, des ressources financières adaptées et un appui technique constant. Le Congrès a montré que les approches intercommunales et les projets intégrés offrent des perspectives très prometteuses, à condition que l’État joue pleinement son rôle de stratège et de garant.
Défis Actuels : Quel rôle le secteur privé africain peut-il jouer dans cette transformation ?
Blaise Moussa : Un rôle déterminant. Le secteur privé africain est porteur d’innovations, de solutions techniques adaptées et de capacités d’investissement. Les forums d’affaires et les rencontres B2B organisés à Yaoundé ont montré un intérêt croissant pour les partenariats avec les opérateurs publics. Mais ces partenariats doivent être équilibrés, transparents et fondés sur des objectifs de performance clairs. L’enjeu n’est pas de privatiser l’eau, mais de mobiliser toutes les compétences disponibles au service de l’intérêt général.
Défis Actuels : S’agissant toujours d’impact, quel rôle jouent les grandes institutions financières africaines dans cette dynamique ?
Blaise Moussa : Elles jouent un rôle structurant. Au-delà des financements, elles produisent aujourd’hui un savoir stratégique : diagnostics sectoriels, analyses de performance, appui aux réformes. Ce Congrès a montré que la relation entre les opérateurs, les États et les bailleurs évolue vers plus d’exigence, mais aussi plus de partenariat. C’est une évolution saine.
Défis Actuels : Le Congrès a aussi accordé une place importante aux femmes et aux jeunes. Pourquoi cet accent ?
Parce que l’inclusion n’est pas un slogan, c’est une condition de performance. Les femmes jouent un rôle central dans la gestion de l’eau au niveau des ménages, mais restent sous-représentées dans les postes techniques et décisionnels. Quant aux jeunes, ils portent l’innovation, notamment numérique et climatique. Les exclure, c’est se priver de solutions. Donner du pouvoir, des ressources et de la visibilité aux femmes et aux jeunes, c’est renforcer la résilience du secteur.

Défis Actuels : L’innovation et le numérique ontils réellement trouvé leur place dans les débats ?
Blaise Moussa : Oui, très clairement. L’intelligence artificielle, l’analyse des données, les outils intelligents de gestion des réseaux ne sont plus des concepts lointains. Ils sont déjà utilisés pour réduire les pertes, améliorer la qualité de service et optimiser les coûts. Le Congrès a permis de montrer que l’Afrique n’est pas seulement consommatrice d’innovations, mais aussi productrice de solutions adaptées à ses réalités.
Défis Actuels : En tant que Directeur général de Camwater, qu’avez-vous retenu pour le Cameroun ?
Blaise Moussa: Le Cameroun a beaucoup appris de ce Congrès. Les visites techniques ont montré des avancées concrètes, mais aussi les défis à relever. Pour Camwater, cela renforce notre engagement à améliorer la qualité de service, à réduire les pertes, à moderniser nos outils et à renforcer les compétences de nos équipes. Le partage d’expériences avec d’autres opérateurs africains est extrêmement précieux.
Défis Actuels : Quel héritage souhaitez-vous laisser en tant que Président sortant du Congrès de l’AAEA ?
Blaise Moussa : Je souhaite que Yaoundé reste dans les mémoires comme un tournant. Un moment où l’AAEA a affirmé sa maturité et son rôle de plateforme panafricaine de solutions. Nous avons renforcé les partenariats entre opérateurs, encouragé le partage d’expertise et placé la question de l’action concrète au centre. Yaoundé ne doit pas rester un événement ; Yaoundé doit devenir un mouvement.
Défis Actuels : La passation à votre successeur pour le Congrès de 2028 s’est faite dans un esprit de continuité. Un mot sur l’avenir de l’AAEA ?
Blaise Moussa : L’AAEA est une institution solide, portée par des femmes et des hommes engagés. La transition s’inscrit dans une dynamique de continuité et de renforcement. Les prochaines étapes, notamment Dakar 2028, devront capitaliser sur les acquis de Yaoundé et aller encore plus loin dans l’opérationnalisation des engagements.
Défis Actuels : Peut-on dire que l’Afrique est en train de reprendre la main sur son agenda de l’eau ?
Oui, et c’est l’un des signaux les plus encourageants de ce Congrès. L’Afrique ne veut plus seulement diagnostiquer ses problèmes. Elle veut produire et partager ses solutions. Cela passe par des politiques publiques cohérentes, des opérateurs performants, des partenariats équilibrés et une gouvernance responsable.
Défis Actuels : Quel message adressez-vous aux décideurs politiques africains à l’issue de ce Congrès ?
Blaise Moussa : Je leur dirais ceci : l’eau et l’assainissement sont des sujets politiques au sens noble du terme. Ils touchent à la dignité humaine, à la santé publique et à la stabilité sociale. Investir dans ce secteur, ce n’est pas une charge, c’est un levier de développement et de paix. Les choix faits aujourd’hui détermineront la trajectoire de nos pays pour les décennies à venir.
Défis Actuels : Au-delà des aspects techniques, peut-on dire que l’eau est devenue un enjeu de souveraineté et de stabilité en Afrique ?
Blaise Moussa : Sans aucun doute. L’eau est un facteur de paix ou de tension, selon la manière dont elle est gérée. Les ressources transfrontalières, les bassins partagés et les pressions climatiques exigent une coopération renforcée entre États. Le Congrès a rappelé que la sécurité hydrique est indissociable de la sécurité tout court. Investir dans l’eau, renforcer la gouvernance et promouvoir le dialogue régional, c’est contribuer directement à la stabilité du continent.
Défis Actuels : Un dernier mot pour conclure ?
L’eau est plus qu’une ressource. Elle est un droit, un facteur de cohésion et un moteur de développement. Yaoundé a montré que l’Afrique a les compétences, les idées et la capacité d’innover. À nous maintenant de transformer ces atouts en résultats concrets pour nos populations. C’est à cette condition que nous pourrons parler, sans détour, d’eau et d’assainissement pour tous.
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Election à la Société civile camerounaise des droits voisins : Deux têtes de listes affichent déjà leurs ambitions

L’élection est prévue le 5 octobre 2026 pendant que la campagne bat déjà son plein dans les réseaux sociaux.
A deux semaines de l’élection à la Société civile camerounaise des droits voisins (SCDV) prévue le 5 octobre 2026, les candidats dévoilent leurs intentions et leurs projets. A date, deux têtes de liste affichent leurs ambitions. Il s’agit de Dr Claude Edgard Akono, connu sous le nom de «Don Compâdre» d’une part et d’Aladji Touré d’autre part, arrangeur, directeur artistique et ancien Président du conseil d’administration (PCA) de cet organisme.
Pour Don Compâdre, la liste est déjà connue. Elle est constituée de 16 membres dont lui-même comme président, 3 vice-présidents, 2 secrétaires généraux et 10 autres membres. Ils ont été présentés au cours d’un point de presse donnée le 22 septembre dernier au Centre culturel camerounais à Yaoundé.
Dans cette liste, on retrouve le réalisateur et metteur en scène Ebénézer Kepombia, la chanteuse et productrice culturelle Sissy Dipoko et David Ayem, artiste connu sous le nom de « Fozo de Prince » comme vice-président. Cameroon Triune indique que la comédienne Blanche Bilongo postule dans cette liste au poste de secrétaire général numéro 2 et les artistes musiciens Nicole Mara, Ayissi Leduc et Jo Papyto y figurent comme membres.
Expérience
Pour la candidature de Aladji Touré, c’est plus de 600 albums arrangés et une collaboration d’environ 1 500 artistes qui seront mis en exergue. Ce musicien bassiste, arrangeur, producteur, chef d’orchestre et directeur artistique n’est pas étranger au poste auquel il aspire.il a assumé ces fonctions à la création de cet organisme en 2017 pour un mandat initial de 5 ans.
Membre fondateur de la SCDV, Aladji Touré est également le premier PCA. Dans sa déclaration de candidature, il s’engage à faire avancer concrètement la mise en œuvre de la copie privée en poursuivant le dialogue avec les pouvoirs publics et les partenaires pour une rémunération juste au bénéfice des titulaires de droit.
Pour mémoire, le processus pour les élections à la Société civile des droits voisins (SCDV) est lancé depuis le 20 août 2026, après 4 années de flou sur son fonctionnement. Un groupe de travail présidé par le magistrat Augustine Cyril Bikok Mbaby, accompagné d’une dizaine de membres a déjà été mis en place le 3 septembre dernier, sur la base des textes organiques fondamentaux issus de l’assemblée constitutive de la SCDV du 15 juillet 2017.
Cette instance est chargée de piloter l’ensemble des opérations électorales. Il s’agit entre autres de : publier la liste électorale au plus tard, 2 semaines avant le scrutin ; élaboré les fiches d’identification ; recevoir et examiner les candidatures ; traiter les contentieux ; organiser et superviser le vote ; proclamer les résultats et installer les nouveaux dirigeants.
Après le nettoyage de fichier, 1498 membres ont été retenus. Sur les 558 souscriptions enregistrées dans les services déconcentrés du ministère des Arts et de la culture (Minac), 387 souscripteurs ont été authentifiés et retenus.
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Ministère de la Justice : Laurent Esso publie la liste des délégués du personnel

Il s’agit des fonctionnaires de greffes aux commissions administratives paritaires à l’issue du scrutin du 19 août 2026. Ils ont été élus pour un mandat de 3 ans.
Grade d’administrateur principal des greffes
- Ngandeu Gabriel Sylvain, en service au parquet général près la Cour d’appel de l’Est
- René Akumbo Niyeng, chef de la section Common Law à la Chambre judiciaire de la Cour suprême
- Wandah Tchamba Armel Edith, en service au greffe du tribunal de première instance de Douala-Ndokoti
- Ngoe Itoe; greffier en chef du tribunal de première instance de Batibo.
Grade d’administrateur des greffes
- Buoyinde Amos Nyoh, en service au greffe de la cour d’appel du Sud-Ouest
- Etoundi Binzi Pierre Thibault, en service au greffe du tribunal de première instance de Bafoussam
- Aminatou Djibrila épouse Alfaki Dodo, chef de la section de droit traditionnel au greffe de la cour d’appel de l’Adamaoua
- Oumenguele Esseba, en service au parquet général près le Tribunal criminel spécial.
Grade de greffier principal
- Goldai, en service au greffe du tribunal de première instance de Maroua
- Tanyi Terence Ebini, en service au greffe des tribunaux de première et de grande instance de Mbengwi
- Dangpel Fidèle, en service au parquet général près la cour d’appel de l’Adamaoua
- Denis Tiaga Mihkom, chef de Bureau des affaires pénales et des affaires en transit au parquet près les tribunaux de première et de grande instance de Bangem.
Grade de greffier
- Essono Amougou Paul Cédric, en service au parquet près le tribunal de grande instance du Mfoundi
- Nkouangue NNkouangue Cyriaque, chef de la section du registre du commerce et du crédit mobilier au greffe des tribunaux de première et de grande instance de Bangangté
- Ottou Mekando Jean Claude, en service au parquet près le tribunal de première instance de Tiko
- Meliki Carold Patrick, en service au greffe des tribunaux de première et de grande instance de Nanga-Eboko.
Grade de greffier-adjoint
- Ndokayo Gbongo Anne Georges, en service au parquet près le tribunal de grande instance du Mfoundi
- Effoudou Paul Hervés, en service au parquet près les tribunaux de première et de grande instance de Tibati
- Essomba Daniel Patrick, en service au parquet général près la Cour d’appel de Centre
- Ebebe Rodrigue, en service au parquet près le tribunal de Première instance de Yaoundé-Centre administratif.
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LUTHER NDOLA : « Solar Connect Africa veut renforcer le transfert de compétences dans l’assemblage des équipements »

Comment le Solar Connect Africa compte-t-il stimuler l’innovation, créer des opportunités d’affaires et rapprocher les acteurs pour développer le marché du solaire et du stockage d’énergie ?
Solar Connect Africa part d’un constat simple : les solutions existent, mais elles doivent être mieux connectées aux besoins des populations et des entreprises. Du 11 au 13 novembre 2026 à Yaoundé, le salon réunira plus de 100 exposants, 1 500 visiteurs professionnels et un large public composé de ménages, PME, grandes entreprises, industriels, investisseurs, collectivités territoriales et administrations publiques.
Un dispositif spécifique de mobilisation des visiteurs permettra d’atteindre chaque catégorie de public à travers les médias, les réseaux professionnels, les organisations sectorielles et les relais institutionnels. Merci à la CVUC et à la CCIMA pour leur soutien institutionnel, essentiel à cette mobilisation. Afin de renforcer la dimension matchmaking de l’événement, un programme structuré de rencontres B2C, B2B et B2G transformera la présence d’un public pertinent en opportunités concrètes.
Les exposants pourront présenter des solutions adaptées en matière de solaire, de stockage intelligent, de mobilité électrique et de chauffage écologique. Les porteurs de projets rencontreront des partenaires, des clients et des investisseurs capables de faire avancer leurs initiatives. Les conférences et ateliers renforceront aussi les compétences des techniciens, des entreprises et des décideurs. Notre ambition est claire : transformer chaque rencontre en partenariat, chaque projet en investissement et chaque innovation en solution utile contre la pauvreté énergétique.
Vous identifiez le coût élevé des équipements et l’accès limité au financement parmi les principaux obstacles au développement du marché. Quelles solutions de financement seront concrètement mises sur la table durant cette édition pour les PME, les collectivités et les projets solaires ruraux camerounais ?
Le financement sera au cœur de cette édition : un projet utile ne doit plus rester bloqué faute de ressources. Du 11 au 13 novembre 2026 à Yaoundé, Solar Connect Africa mettra en relation les PME, les collectivités et les porteurs de projets ruraux avec les banques, les investisseurs et les partenaires au développement. Les discussions porteront sur des solutions concrètes : prêts verts, garanties, crédit bail, paiement à l’usage et partenariats public-privé.
Les séances plénières permettront d’identifier les conditions nécessaires pour rendre les projets solaires crédibles, bancables et finançables. Comme exemple, le FEICOM interviendra sur les plateaux de discussion afin d’enrichir les échanges sur les mécanismes de financement accessibles aux collectivités territoriales décentralisées et sur les conditions de réalisation de projets solaires bancables. Les collectivités pourront ainsi structurer des projets d’éclairage public, de pompage d’eau, d’électrification des écoles et des centres de santé.
Les PME et les opérateurs ruraux pourront présenter leurs besoins, rencontrer des financeurs et construire des partenariats adaptés à leur capacité de remboursement. Nous invitons les institutions financières qui proposent déjà ces outils ou souhaitent investir dans le solaire à participer activement au salon. Ensemble, nous devons créer une dynamique performante et durable, capable de transformer les besoins énergétiques du terrain en investissements et en réalisations concrètes.
Qu’est-ce que l’agrivoltaïque, quels projets concrets sont prévus au Cameroun et une collaboration avec le ministère de l’Agriculture est-elle envisagée pour développer ces projets dans le secteur agricole ?
L’agrivoltaïque consiste à produire de l’électricité solaire au-dessus ou à proximité des cultures, tout en continuant à exploiter les terres agricoles. Les panneaux peuvent réduire l’évaporation de l’eau et alimenter l’irrigation, le pompage, le stockage et la transformation des récoltes. Au Cameroun, les projets concernés peuvent viser les périmètres maraîchers, les coopératives, les stations de pompage, les fermes d’élevage et les unités rurales de conservation et de transformation.
L’objectif est concret : réduire les coûts d’énergie, améliorer la production et limiter les pertes après récolte. Une collaboration avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural est envisagée pour identifier les sites adaptés, accompagner les producteurs et développer des projets pilotes. Nous invitons tous les acteurs de l’agriculture et de l’élevage — collectivités, exploitants individuels, coopératives, entreprises et techniciens — à participer au forum en présentant leurs expériences et les difficultés énergétiques rencontrées au quotidien.
Les rencontres B2C, B2B et B2G permettront de mettre directement en relation les producteurs, les fournisseurs de solutions, les investisseurs, les collectivités et les administrations. Cette thématique sera approfondie avec des experts lors d’une séance plénière le 13 novembre 2026. Venez avec vos réussites, vos besoins et vos contraintes : c’est à partir des réalités du terrain que nous construirons des solutions solaires utiles, accessibles et réplicables.
Au-delà de l’installation de panneaux importés, comment comptez-vous développer une véritable filière solaire locale au Cameroun, notamment dans l’assemblage, la maintenance, le stockage et le transfert de compétences, et quels résultats concrets attendez-vous des partenaires de Solar Connect Africa ?
Notre ambition est de transformer le potentiel considérable de la demande solaire au Cameroun en une véritable filière industrielle, professionnelle et durable. Le volume du marché est important : ménages, entreprises, collectivités, industries, agriculture et sites isolés ont besoin de solutions fiables, abordables et adaptées. Pour y parvenir, nous devons développer l’assemblage local, la maintenance, le stockage, la formation et le transfert de compétences, tout en maîtrisant les coûts pour rendre les équipements accessibles. Il est également essentiel de définir et d’appliquer des normes claires sur la qualité des matériels, l’installation, la sécurité, la performance des batteries et le service après-vente.
Une session plénière sera consacrée à l’emploi des femmes et des jeunes, afin d’identifier des actions concrètes et évolutives pour créer des emplois de qualité sur toute la chaîne de valeur, au Cameroun et dans la région. Nous remercions le MINEFOP et le MINRESI pour leur appui institutionnel à cette démarche. Nous saluons aussi le travail intense mené par le MINEE, parrain de Solar Connect Africa, ainsi que par l’ARSEL, pour encadrer le secteur solaire et contribuer à son évolution vers une filière industrielle et professionnelle. Avec plus de 100 exposants et 1 500 visiteurs professionnels, le salon doit permettre de conclure des partenariats, de lancer des projets d’assemblage pourquoi pas ? et de structurer des programmes de formation et de maintenance. Notre objectif est clair : faire du solaire un secteur créateur d’emplois, générateur de valeur locale et capable de répondre durablement aux besoins énergétiques du Cameroun.
Interview réalisée par Fabrice BELOKO
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