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Eau et assainissement : l’Afrique doit mobiliser 22 000 milliards FCFA par an

Le diagnostic posé dès l’ouverture du 23e congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement, le lundi 9 février dernier, est lourd. Plus de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à une eau potable sécurisée. Environ 700 millions sont privés de services d’assainissement adéquats. Les besoins annuels d’investissement sont estimés à plus de 40 milliards USD.
C’est le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, représentant personnel du chef de l’État qui préside la cérémonie d’ouverture de cette rencontre continentale. À ses côtés figurait notamment Cheikh Tidiane Dieye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal et président du Conseil des ministres africains de l’eau.
Pour Olivier Gosso, directeur exécutif de l’AAEA, la question dépasse le seul cadre technique. « À travers le monde, et plus encore en Afrique, la question de l’eau et de l’assainissement est devenue un marqueur du développement, un révélateur des capacités institutionnelles et un test de la solidarité collective. Il est donc de la plus grande importance d’élaborer des stratégies communes appropriées en vue d’améliorer efficacement le service public de l’eau et l’assainissement en Afrique. »
SOUTENABILITÉ BUDGÉTAIRE ET PERFORMANCE DES UTILITIES
Face à l’ampleur du déficit, la question de la soutenabilité financière s’impose. Les États africains évoluent dans un environnement budgétaire contraint, marqué par la pression de la dette et des arbitrages sociaux exigeants. Dans ce contexte, le ministre Gaston Eloundou Essomba, a insisté sur la nécessité de transformer les engagements politiques en instruments opérationnels.
« Ce qui est attendu aujourd’hui, c’est une convergence des volontés, une mobilisation durable et une traduction concrète des engagements pris. Il s’agit de renforcer les institutions, d’améliorer la performance des opérateurs, de garantir la transparence et de mobiliser des financements adaptés. Il s’agit également de promouvoir des partenariats équilibrés, fondés sur la confiance, la responsabilité et l’efficacité.» La question de la performance des utilities revient de manière récurrente dans les échanges. Gouvernance, pertes techniques et commerciales, qualité de la tarification et crédibilité financière conditionnent la capacité du secteur à attirer des capitaux.
Blaise Moussa, président en exercice de l’AAEA et directeur général de la Cameroon Water Utilities Corporation, replace le débat dans une perspective de droits fondamentaux. « L’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement adéquats relève de droits fondamentaux, indissociables de la dignité humaine. Leur effectivité requiert des décisions courageuses, des politiques publiques cohérentes et une mobilisation collective soutenue, d’autant plus impérative que l’Afrique connaît une croissance démographique rapide et une urbanisation accélérée. »
Pour lui, Yaoundé 2026 doit marquer un tournant. « L’Afrique ne peut plus subir son destin hydrique, elle doit désormais le maîtriser, l’anticiper et le gouverner. C’est dans cet esprit que nous souhaitons faire de Yaoundé 2026 un moment fondateur, un véritable point de bascule, marquant l’ouverture d’une nouvelle ère pour l’AAEA et, au-delà, pour l’ensemble du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique. »
RÔLE DES BAILLEURS ET BANCABILITÉ DES PROJETS
Le positionnement des partenaires financiers constitue un autre levier central de l’équation des 40 milliards USD. Michera Chrirwa, directeur du département Eau et Assainissement à la Banque africaine de développement, situe le congrès dans un calendrier stratégique. « Ce congrès intervient à un moment crucial où l’Afrique intensifie ses efforts pour accélérer l’accès aux services d’eau et d’assainissement, renforcer la résilience climatique et réaffirmer son engagement en faveur des objectifs de développement du continent.»
Il souligne que l’année 2026 sera déterminante. « Alors que nous nous préparons au Sommet des chefs d’État de l’Union africaine, prévu plus tard cette semaine, au cours duquel l’eau sera désignée comme thème pour 2026, il était impératif pour nous, à la Banque africaine de développement, de commencer par l’un des aspects les plus stratégiques du secteur de l’eau, les services publics d’eau et d’assainissement représentés ici, ainsi que les institutions affiliées, y compris les autorités de régulation. » Selon le représentant de la BAD, « l’année 2026 s’annonce comme un moment décisif pour le secteur de l’eau en Afrique.
Elle a été proclamée par l’Union africaine comme l’année de l’eau et marquera également le lancement officiel de la nouvelle Vision et Politique africaine de l’eau 2063, un cadre prospectif visant à améliorer durablement l’accès à l’eau et à l’assainissement grâce à un système de soutien renforcé aux prestataires de services. » Au-delà des annonces, la question reste celle de la capacité d’absorption des financements. Maturité technique des projets, structuration financière, bancabilité et partenariats public-privé conditionnent l’accès effectif aux ressources concessionnelles ou commerciales.
ODD 6 ET PRESSION DÉMOGRAPHIQUE
À quatre ans de l’échéance des Objectifs de développement durable, le constat est partagé. Cheikh Tidiane Dieye le formule sans détour. « A quatre ans de l’échéance de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, l’ODD 6 notamment, qui vise à garantir l’accès universel et équitable à l’eau propre et à l’assainissement et à assurer une gestion durable des ressources en eau d’ici 2030 semble être un horizon inaccessible. Sur le chemin de l’accès universel se dressent encore des écueils multiples qui en ralentissent le rythme pour en compromettre les résultats.»
Il mise toutefois sur une dynamique collective. « De ces volontés conjuguées naîtra une synergie qui permettra de réaliser le saut qualitatif au-delà des barrières psychologiques ou réelles entre l’ambition et la réalisation. » À Yaoundé, le message est clair. Le déficit d’accès à l’eau et à l’assainissement n’est plus seulement un enjeu social. Il devient un test de crédibilité financière, de gouvernance sectorielle et de capacité à structurer des modèles économiques viables dans un environnement budgétaire sous tension. Le congrès se poursuit avec des sessions techniques et des rencontres dédiées aux financements et aux partenariats.
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Infrastructures routières : Le Cameroun obtient 203,3 milliards FCFA de la BAD pour la route Ngoura II-Yokadouma

Le Cameroun bénéficiera d’un financement de 309,93 millions d’euros, soit environ 203,3 milliards de FCFA, accordé par la Banque africaine de développement (BAD) pour la réalisation d’une infrastructure routière dans la région de l’Est. L’information ressort d’un communiqué publié le 9 mars 2026 par l’institution financière panafricaine. Selon ce document, le Conseil d’administration du Groupe de la BAD a validé le 18 février dernier ce prêt destiné à financer la première phase du Programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers dans la région de l’Est (PDCBET).
Le financement doit notamment permettre l’aménagement et le bitumage de la section Ngoura II-Yokadouma, longue de 156 kilomètres. Cette portion s’inscrit sur l’axe Bertoua-Batouri-Ngoura II-YokadoumaMoloundou, qui se prolonge jusqu’à la frontière avec le Congo. « Cette opération traduit l’engagement constant du Groupe de la Banque africaine de développement à accompagner le Cameroun dans la transformation structurelle de son économie. En améliorant la connectivité de la région de l’Est et son intégration aux corridors frontaliers, nous contribuons à libérer le potentiel productif et à renforcer l’intégration régionale en Afrique centrale », explique Léandre Bassolé, directeur général du Groupe de la Banque pour l’Afrique centrale, cité dans le communiqué.
Une région encore peu connectée Le projet cible une région dont l’isolement logistique demeure important. « Avec une superficie d’environ 109 000 km², la région de l’Est représente près de 23 % du territoire national. Pourtant, le taux de routes bitumées y reste limité à environ 6,25 %, tandis que la densité routière atteint seulement 0,70 kilomètre pour 1 000 habitants » selon les données communiquées par la BAD. Dans ce contexte, l’institution financière estime que l’amélioration de cet axe routier pourrait contribuer à lever certains obstacles au développement économique local.
L’absence d’infrastructures adaptées limite en effet la valorisation des ressources agricoles et forestières de cette partie du pays, ainsi que le développement du secteur privé. La future route devrait faciliter la circulation des marchandises entre les zones de production et les centres de commercialisation. Les autorités et leurs partenaires financiers s’attendent également à une baisse des coûts de transport et à une amélioration de l’accès aux marchés.
La BAD indique également que la mise en œuvre du programme pourrait générer au moins 2 500 emplois directs et indirects, notamment au bénéfice des jeunes, des femmes et des groupes considérés comme vulnérables. L’axe Bertoua-Batouri-Ngoura II Yokadouma-Moloundou constitue par ailleurs une voie de communication vers la République du Congo. L’amélioration de cette route doit ainsi renforcer les échanges transfrontaliers et faciliter les flux commerciaux entre les deux pays.
Au total, le portefeuille actuel de la BAD dans le secteur routier camerounais comprend neuf projets actifs, pour un engagement financier global estimé à environ 1,19 milliard d’euros (780,59 milliards de Francs CFA).
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Transport maritime : GULFCAM relance le cabotage entre Kribi et Douala

La compagnie maritime GULFCAM SAS a officiellement annoncé la relance de ses opérations de transport maritime destinées à faciliter l’acheminement des conteneurs entre les ports de Kribi et de Douala. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse tenue vendredi 6 mars 2026 au Centre des Affaires Maritimes de Bonanjo, à Douala. À cette occasion, les responsables de l’entreprise ont présenté leur projet de mise en service d’un système de cabotage maritime domestique dédié au transport de conteneurs.
Selon Jean Perrial Nyodog, président de GULFCAM SAS, cette initiative vise à proposer une alternative plus rapide, plus sûre et plus économique au transport routier actuellement utilisé entre les deux infrastructures portuaires. GULFCAM SAS est née de la fusion entre Camship–CLGG, compagnie nationale héritière de CamshipLines, et Gulfin S&T Co, entreprise spécialisée dans la distribution et le transport maritime de produits pétroliers.
Dotée d’un capital de 4,67 milliards de FCFA, la nouvelle entité a repris l’ensemble des activités des deux sociétés, notamment le transport maritime, l’agence maritime, le transit de fret ainsi que la distribution et l’import-export de produits pétroliers. Les dirigeants de l’entreprise soulignent que cette nouvelle structure s’appuie sur plus de 35 années d’expérience dans le transport maritime international, notamment dans l’acheminement de conteneurs, de marchandises diverses et de vracs solides tels que le clinker et le gypse.
RÉDUIRE LA CONGESTION ROUTIÈRE
Selon Jean Perrial Nyodog, la relance du cabotage maritime répond avant tout aux difficultés croissantes liées au transport des conteneurs par la route entre Kribi et Douala. Actuellement, plus de 60 % des conteneurs débarqués au port de Kribi sont acheminés vers Douala par camions, via les routes nationales N°7 et N°3. « Ces axes routiers n’ont pas été conçus pour supporter un tel volume de trafic de conteneurs », a-t-il expliqué, évoquant la dégradation accélérée des routes, l’allongement des délais de transit et l’augmentation des risques d’accidents. Le transfert d’une partie de ce trafic vers la mer devrait ainsi alléger la pression sur les infrastructures routières tout en améliorant l’efficacité logistique du corridor Kribi–Douala.
UN MODÈLE DE SERVICE À DEUX VOLETS
Le service, commercialisé sous la marque CAMSHIP, fonctionnera selon un modèle en deux segments. Le premier concernera le cabotage domestique, permettant de transporter vers Douala des conteneurs déjà dédouanés à Kribi ainsi que des marchandises provenant des industries locales, destinées au marché national ou aux pays voisins. Le second segment portera sur les opérations de transbordement, avec l’ambition de faire de Kribi un hub logistique pour la redistribution des conteneurs vers les ports nationaux et ceux de la sous-région. Cette stratégie devrait renforcer le positionnement du port en eau profonde de Kribi comme plateforme maritime régionale.
L’ATLANTIC RUNNER II POUR LANCER LES OPÉRATIONS
Pour inaugurer ce service, GULFCAM a mobilisé le navire porte-conteneurs Atlantic Runner II, dont l’entrée en service est annoncée dans les prochains jours. Long de 180 mètres, le bâtiment dispose d’une capacité de 1 100 EVP (équivalents vingt pieds), d’un tirant d’eau de 8,5 mètres et peut atteindre une vitesse de 18 nœuds. Le navire est équipé de quatre grues de bord et exploité par un équipage d’environ 25 marins. D’après Elvis Tchikapa Mba, directeur du transport et des opérations maritimes de la compagnie, une rotation hebdomadaire est prévue dans un premier temps, avec un objectif de trois voyages par mois durant la phase initiale. « Chaque voyage pourra transporter jusqu’à 1 100 conteneurs, soit l’équivalent de la charge d’environ 1 000 camions sur la route », a-t-il précisé.
TARIFS COMPÉTITIFS ET FORMATION DES MARINS CAMEROUNAIS
Le président de GULFCAM assure par ailleurs que ce service maritime sera proposé à un coût inférieur à celui du transport routier, tout en permettant de réduire le délai de livraison entre Kribi et Douala à seulement quelques heures. Au-delà de l’efficacité logistique, l’entreprise prévoit également de former de jeunes marins camerounais à bord de ses navires, dans la perspective de constituer progressivement des équipages majoritairement nationaux. Selon plusieurs experts du secteur, cette initiative pourrait contribuer à renforcer l’industrie maritime camerounaise, tout en améliorant la connectivité commerciale du Cameroun avec les pays de la sous-région d’Afrique centrale.
Le service de cabotage de GULFCAM est ainsi appelé à jouer un rôle stratégique dans la décongestion des axes routiers, l’amélioration de la sécurité et le développement du corridor logistique Kribi–Douala.
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Emprunts de l’Etat auprès de la diaspora : Crise de confiance, double nationalité : ces blocages des « diaspora bonds »

Face à l’augmentation rapide des besoins de financement du budget et à la pression croissante sur le marché financier régional de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le gouvernement envisage de mobiliser l’épargne de ses ressortissants établis à l’étranger à travers un emprunt obligataire dédié. L’idée consiste à émettre des titres spécifiquement destinés à la diaspora camerounaise. Les souscripteurs prêteraient directement de l’argent à l’État, en échange d’un rendement et d’un remboursement à échéance. Sur le papier, le mécanisme n’a rien d’exceptionnel.
Dans la pratique, la réussite d’une telle opération dépend d’un élément moins technique : La confiance. Lorsque Défis Actuels évoquait déjà cette piste dans un précédent article, les réactions reçues de lecteurs vivant à l’étranger donnaient le ton. « On ne prête pas à un État en qui on n’a pas confiance », écrivait l’un d’eux. Un autre allait plus loin en affirmant qu’« on ne prête pas à un État voyou ». Ces commentaires, au-delà de leur virulence, traduisent une question centrale.
Le Cameroun dispose-t-il aujourd’hui du niveau de confiance nécessaire pour convaincre sa diaspora de financer son budget ?
LA DOUBLE NATIONALITÉ, UN SYMBOLE QUI PÈSE
Parmi les revendications régulièrement exprimées par les Camerounais de l’étranger figure la question de la double nationalité. Beaucoup considèrent que l’absence de reconnaissance juridique constitue un obstacle symbolique à leur engagement économique dans le pays. Le sujet avait déjà été abordé lors du Grand Dialogue national de 2019. Parmi les premières propositions adoptées par la Commission consacrée à la diaspora figuraient notamment la double nationalité, la représentation des Camerounais de l’étranger au Parlement, la création d’un ministère dédié et la structuration institutionnelle de la diaspora.
Mais plusieurs années plus tard, la mise en œuvre de ces recommandations reste attendue. Interrogé sur cette question, le directeur général du Trésor, Moh Sylvester Taghongho reconnaît que le sujet revient régulièrement dans les échanges avec les expatriés. « La question de la double nationalité a été présentée comme un frein. La préoccupation a été soulevée à plusieurs reprises par la diaspora. Certains membres de la diaspora estiment que l’absence de reconnaissance formelle de la double nationalité crée une forme d’incertitude symbolique ou juridique », indique-t-il.
L’administration financière rappelle toutefois que, d’un point de vue strictement technique, la nationalité ne conditionne pas la participation à un investissement financier. « L’investissement financier ne dépend pas nécessairement de la nationalité. Si un Camerounais de la diaspora souscrit à un emprunt via une structure juridique ou un intermédiaire financier, la question de la double nationalité n’est pas déterminante », précise Moh Sylvester Tangongho. Un argument juridique qui ne règle pas nécessairement la dimension politique du débat.
LA CONFIANCE CE FACTEUR DÉTERMINANT
En dehors de la double nationalité, l’une des principales faiblesses réside dans l’absence d’une politique cohérente de structuration de la diaspora. Contrairement à plusieurs pays africains, les relations entre l’État et ses ressortissants à l’étranger reposent encore largement sur des initiatives ponctuelles, souvent portées par différents ministères sans véritable coordination. « Cette distance institutionnelle nourrit un sentiment d’éloignement au sein de nombreuses communautés expatriées. Pour certains membres de la diaspora, l’État camerounais apparaît avant tout comme un acteur administratif lointain, rarement engagé dans un dialogue structuré avec ses ressortissants établis hors du territoire », souligne un ressortissant de la diaspora qui a requis l’anonymat.
Dans ces conditions, la solvabilité du pays sur les marchés financiers ou la solidité de sa signature souveraine ne suffisent pas toujours à convaincre des investisseurs individuels. Le diaspora bond repose sur une logique différente de celle des marchés internationaux. « Il sollicite une relation affective et politique avec le pays d’origine. Lorsque cette relation est fragilisée, l’instrument financier perd une grande partie de son efficacité », rappelle un expert des marchés financiers.
UNE MANNE FINANCIÈRE ENCORE ORIENTÉE VERS LA CONSOMMATION
Les chiffres disponibles montrent pourtant que le potentiel financier existe. Selon les données du Trésor, les transferts des Camerounais de l’étranger ont atteint environ 650 milliards de FCFA en 2025. Sur les cinq dernières années, la moyenne annuelle se situe autour de 450 milliards de FCFA. Des montants qui dépassent certaines ressources que l’État mobilise habituellement sur les marchés financiers. Mais ces flux restent largement destinés à la consommation des ménages restés au pays. Santé, scolarité, loyers, soutien familial ou dépenses quotidiennes absorbent l’essentiel des fonds. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, les transferts de la diaspora ont atteint environ 650 milliards de FCFA. Sur les cinq dernières années, la moyenne annuelle se situe autour de 450 milliards. C’est un volume supérieur à certaines lignes de financement classiques. Cependant, ces fonds sont majoritairement orientés vers la consommation ou l’assistance sociale. Ce sont des flux utiles, mais qui n’alimentent pas suffisamment l’investissement structurant », explique Moh Sylvester Tangongho, directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire.
UNE PISTE EXPLORÉE FACE À -LA PRESSION BUDGÉTAIRE
La réflexion intervient dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint. Le budget de l’État pour 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, avec un besoin de financement global estimé à plus de 3 100 milliards de FCFA pour couvrir à la fois le déficit et le service de la dette. Un an plus tôt, ces besoins atteignaient 2 326,5 milliards de FCFA, contre un peu plus de 1 500 milliards en 2024.
Dans ces conditions, les autorités cherchent à diversifier leurs sources de financement. « Notre réflexion consiste à canaliser une partie de ces ressources vers des instruments dédiés, comme les Diaspora Bonds. Des pays africains comme le Sénégal ou l’Éthiopie ont démontré qu’il existe une forte disposition des ressortissants à investir dans leur pays d’origine, à condition que les mécanismes soient clairs, transparents et attractifs », indique Moh Sylvester Tangongho. Sur le plan technique, le dispositif envisagé reste proche des émissions obligataires classiques.
Les titres seraient accessibles depuis l’étranger, avec des procédures de souscription digitalisées et des montants minimums adaptés aux particuliers. Selon un expert proche du dossier, les fonds pourraient être orientés vers des projets identifiés dans les infrastructures, l’énergie, l’aménagement urbain ou le financement des PME, avec un reporting spécifique destiné aux investisseurs.
LE CONTRASTE AVEC D’AUTRES PAYS
Plusieurs pays africains ont engagé ces dernières années une stratégie plus structurée pour mobiliser leurs diasporas. En Côte d’Ivoire, le gouvernement a signé en mars 2025 une convention entre le ministère chargé des Ivoiriens de l’extérieur et la Banque nationale d’investissement (BNI). L’objectif consiste à faciliter l’accès des expatriés à des solutions de financement pour leurs projets dans le pays.
Le dispositif prévoit notamment des produits bancaires adaptés à la diaspora, des mécanismes d’accompagnement pour les porteurs de projets ainsi que des actions d’éducation financière.
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