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Me Agbor Balla explique pourquoi le Cameroun perd gros en violant ses contrats

Selon l’avocat et militant des droits de l’homme, chaque fois que le Cameroun viole un contrat ou l’abroge sans procédure régulière, il s’expose à des arbitrages internationaux, des contentieux coûteux, des condamnations financières massives, une atteinte à sa réputation et des pertes économiques durables. Et la facture n’est jamais payée par les ministres mais par les citoyens.
LE COÛT CACHÉ : COMMENT LE CAMEROUN PAIE LE PRIX DU NON-RESPECT DES CONTRATS…
Par Me Nkongho Felix Agbor (“Agbor Balla”) Avocat et Défenseur des Droits Humains
« Au Cameroun, les autorités publiques se comportent souvent comme si les contrats étaient des documents facultatifs — que l’on peut suspendre, modifier ou résilier à volonté, selon les convenances politiques ou les changements de responsables.
À l’intérieur du pays, ces décisions semblent sans conséquence. Les responsables se sentent intouchables, protégés par des institutions faibles, des réseaux d’influence et une culture de l’impunité.
Mais au delà des frontières camerounaises existe une autre réalité : un système juridique international où les contrats sont exécutoires, où les États sont responsables, et où les violations se paient non par des discours, mais par des milliards en indemnisations.
Chaque fois que le Cameroun viole un contrat ou l’abroge sans procédure régulière, il s’expose à des arbitrages internationaux, des contentieux coûteux, des condamnations financières massives, une atteinte à sa réputation et des pertes économiques durables. Et la facture n’est jamais payée par les ministres mais par les citoyens.
Le Système International Inévitable
La plupart des grands contrats publics — notamment dans les domaines des infrastructures, des mines, de l’énergie, des télécommunications, de l’aviation et des partenariats public-privé — comportent des clauses de règlement des différends à l’international.
Ces clauses renvoient généralement aux institutions suivantes :
- le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (ICSID),
- la Chambre de Commerce Internationale (ICC),
- la Cour Permanente d’Arbitrage (PCA),
- et la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’OHADA (CCJA).
En signant ces contrats, le Cameroun accepte de limiter une partie de sa souveraineté. Il reconnaît que ses litiges seront tranchés par des juridictions étrangères.
Il n’y a pas de protection politique devant ces juridictions.
Pas de décret présidentiel.
Pas de « très hautes instructions ».
Il n’y a que le droit. Les preuves. Et les conséquences.
Exemples Camerounais Concrets : Quand l’État Paie
1. L’Affaire Antonio Conceição – Plus d’un Milliard FCFA
L’exemple le plus récent est celui de l’ancien sélectionneur national Antonio Conceição. Après avoir conduit les Lions Indomptables à la troisième place de la CAN 2021, il a été licencié sans respect des procédures contractuelles. Saisi, la FIFA puis le Tribunal fédéral suisse ont donné raison à l’entraîneur.
Le Cameroun a été condamné à payer plus de 1,6 million d’euros, soit plus d’un milliard de francs CFA. L’État a finalement dû intervenir pour éviter des sanctions sportives internationales. Ce n’était pas une affaire de football. C’était un échec juridique et contractuel payé par les finances publiques.
2. Le Stade d’Olembe et Magil – Plus de 15 Milliards FCFA Bloqués
Le complexe sportif d’Olembe à Yaoundé est devenu un symbole de la dérive contractuelle dans les grands projets d’infrastructure. À la suite de différends avec l’entreprise Magil Construction, l’affaire a été portée devant une juridiction arbitrale internationale à Paris. Le Cameroun a été contraint de déposer plus de 15 milliards FCFA dans un compte séquestre en attendant la décision finale. Quinze milliards immobilisés — non pour construire des hôpitaux, des écoles ou des routes — mais enfermés dans un contentieux juridique.
3. L’Affaire SGS – Une Crise Actuelle à Haut Risque
Le Cameroun fait aujourd’hui face à une crise contractuelle sérieuse impliquant SGS, multinationale suisse chargée depuis des années de services d’inspection et de vérification liés au commerce et aux douanes. SGS opère au cœur même du système de recettes de l’État.
Les tentatives récentes de suspendre ou modifier ce contrat par voie administrative, sans processus juridique clair et transparent, exposent le Cameroun à un risque réel d’arbitrage international. Si cette affaire aboutit devant une juridiction internationale, le Cameroun pourrait faire face à :
- des indemnisations pour rupture abusive,
- des réclamations pour pertes de profits futurs,
- des intérêts cumulés sur plusieurs années,
- des frais d’arbitrage et d’avocats de plusieurs millions de dollars,
- et éventuellement la saisie d’actifs de l’État à l’étranger.
L’intervention du Premier ministre pour rechercher une solution institutionnelle est salutaire et nécessaire. Mais l’affaire SGS révèle un problème plus profond : au Cameroun, les différends contractuels sont souvent traités politiquement d’abord — juridiquement ensuite. Or, à l’international, SGS ne traite pas avec un ministère. Elle traite avec la République du Cameroun. Et la République ne peut pas se cacher derrière des circulaires.
L’Illusion Dangereuse du Pouvoir Interne
De nombreux responsables camerounais agissent comme si : « Ce qui se passe à Yaoundé reste à Yaoundé. » C’est une illusion. Un contrat signé à Yaoundé est exécutoire à Paris, Londres, Washington et La Haye. Un ministre peut se sentir puissant localement. Mais à l’international, le Cameroun est simplement un débiteur.
Le Droit Coûte Moins Cher que l’Arbitrage
La bonne gouvernance coûte moins cher que le contentieux.
Le dialogue coûte moins cher que les indemnisations.
Le respect des procédures coûte moins cher que les saisies.
Le paradoxe est cruel : le Cameroun dépense plus d’argent à violer ses contrats qu’à les respecter.
Conclusion : Une Souveraineté Sans Droit Est une Pauvreté
Les contrats ne menacent pas la souveraineté.
Ils fondent la crédibilité.
Un État qui ne respecte pas sa parole ne peut pas se développer.
Un État qui gouverne par impulsion sera toujours gouverné par les tribunaux.
Les juridictions internationales ne posent qu’une seule question :
L’État a-t-il respecté ses engagements ?
Et de plus en plus souvent, le Cameroun est contraint de répondre :
Non.
Agbor Balla»
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COTCO : l’ancien ministre tchadien Mahamat Assouyouti prend la présidence du conseil d’administration

(Investir au Cameroun) – La Cameroon Oil Transportation Company (COTCO), société chargée de l’exploitation de la section camerounaise de l’oléoduc Tchad-Cameroun, a un nouveau président du conseil d’administration. Il s’agit de Mahamat Assouyouti, nommé à cette fonction à la suite de sa désignation, le 11 mai 2026, comme directeur général de la Tchad Petroleum Company (TPC), actionnaire représentant les intérêts de l’État tchadien dans le projet pétrolier.
Il succède à Alladoum Nandogongar à la tête du conseil d’administration de COTCO. Ingénieur financier de formation, Mahamat Assouyouti arrive à ce poste avec une expérience dans la finance publique, l’économie et le développement. Ancien ministre de l’Économie du Tchad, il cumule plus de vingt ans de carrière au sein d’institutions internationales et d’organisations panafricaines.
Sa nomination intervient dans un contexte stratégique pour COTCO. La société est engagée dans plusieurs projets destinés à sécuriser et moderniser le dispositif d’exportation du pétrole tchadien via le territoire camerounais. Parmi les dossiers prioritaires figurent l’acquisition d’un nouveau terminal maritime et le remplacement des bras de liaison du point d’ancrage offshore de Kome Kribi 1, infrastructure située au large de Kribi.
Une échéance critique autour de Kome Kribi 1
Mis en service il y a plus de vingt ans, Kome Kribi 1 constitue le point de sortie du pétrole brut tchadien exporté par l’oléoduc Tchad-Cameroun. Mais cette infrastructure arrive à une échéance critique. À partir d’avril 2028, elle ne pourra plus être exploitée dans les mêmes conditions, en raison des limitations imposées par les assureurs aux équipements de cette catégorie arrivés en fin de cycle.
Face à cette contrainte, COTCO et les autorités tchadiennes travaillent depuis plusieurs mois à une solution de remplacement. L’enjeu est majeur pour la continuité des exportations pétrolières du Tchad. Avec une capacité de stockage de 2,3 millions de barils répartis dans 27 compartiments, le terminal Kome Kribi 1 est une pièce centrale du dispositif d’évacuation du brut tchadien, dont la production est estimée à environ 125 000 barils par jour.
Dans ce contexte, le profil financier de Mahamat Assouyouti pourrait constituer un atout pour accompagner la mobilisation des ressources nécessaires à ces investissements. Le nouveau président du conseil d’administration hérite ainsi d’un dossier aux implications économiques importantes pour le Tchad, mais aussi pour le Cameroun, pays de transit de l’oléoduc.
Un enjeu budgétaire aussi pour le Cameroun
Pour le Cameroun, le maintien de la performance de cette infrastructure présente un intérêt budgétaire direct. Selon les données consultées par Investir au Cameroun, le Trésor public camerounais a encaissé 15,1 milliards FCFA de droits de transit du pétrole tchadien entre janvier et mai 2026.
Ces recettes proviennent de l’exploitation de l’oléoduc reliant les champs pétroliers tchadiens au terminal maritime de Kribi. Elles illustrent l’importance de cet ouvrage pour les finances publiques camerounaises et pour la coopération économique entre Yaoundé et N’Djamena.
La nouvelle gouvernance de COTCO devra donc gérer une double priorité : assurer la continuité opérationnelle du système d’exportation du brut tchadien et sécuriser les investissements nécessaires au renouvellement des équipements critiques. À moins de deux ans de l’échéance d’avril 2028, le dossier du terminal offshore apparaît comme l’un des principaux tests pour Mahamat Assouyouti à la tête du conseil d’administration de COTCO.
Amina Malloum
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Laurent Djam maintient sa plainte et refuse de tourner la page

Malgré les excuses formulées par Jacques Ekolowa, Laurent Djam ne compte pas abandonner les poursuites judiciaires engagées contre son joueur. L’entraîneur d’Unisport du Haut-Nkam maintient sa plainte et entend obtenir réparation après des accusations qu’il juge particulièrement graves.
La tension reste vive au sein de d’Unisport du Haut-Nkam. Au cœur de la controverse, les déclarations de Jacques Ekolowa mettant directement en cause son entraîneur à la suite de plusieurs contre-performances enregistrées par le club.
Selon les informations rapportées, le joueur aurait accusé Laurent Djam d’avoir « vendu » les deux rencontres perdues à Garoua face à Gazelle FA (2-0) et à Coton Sport (3-0). Des propos lourds de conséquences qui ont rapidement suscité l’indignation du technicien, convaincu que son honneur et sa réputation ont été gravement atteints.
Face à la polémique grandissante, Jacques Ekolowa a finalement présenté ses excuses. Mais ce geste n’a pas suffi à convaincre Laurent Djam de retirer sa plainte. L’entraîneur estime que les accusations portées à son encontre dépassent largement le cadre d’un simple différend sportif et nécessitent une réponse devant les juridictions compétentes.
Déterminé à aller jusqu’au bout de la procédure, Laurent Djam maintient donc sa plainte contre Jacques Ekolowa. Une position ferme qui témoigne de sa volonté de laver son honneur et d’obtenir que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Dans un contexte déjà délicat pour Unisport du Haut-Nkam, ce dossier judiciaire pourrait continuer à alimenter les débats dans les semaines à venir. Alors que les supporters suivent avec attention l’évolution de la situation, une certitude demeure : malgré les excuses du joueur, Laurent Djam maintient sa plainte et ne semble pas prêt à faire marche arrière.
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Après la production, le Cameroun veut attirer les investisseurs dans le transport d’électricité

(Investir au Cameroun) – Le gouvernement camerounais veut désormais orienter une partie des investissements du secteur énergétique vers le transport de l’électricité. Après plusieurs années marquées par la mobilisation de financements destinés à accroître les capacités de production, notamment à travers les grands projets hydroélectriques, les autorités estiment que le principal défi réside désormais dans la capacité du réseau à acheminer l’énergie produite vers les centres de consommation.
Cette priorité a été réaffirmée le 19 juin 2026 à Yaoundé par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, lors d’une audience accordée à l’ambassadrice d’Italie au Cameroun, Natalia Sanginiti, accompagnée de Riccardo Rossi Van Lamsweerde, chef du bureau régional de la Cassa Depositi e Prestiti, l’institution financière publique italienne.
Au cours des échanges consacrés aux opportunités d’investissement dans le secteur énergétique, le ministre a explicitement invité les partenaires italiens à s’intéresser davantage aux infrastructures de transport de l’électricité. « La dimension transport devrait continuer à bénéficier de l’attention de nos partenaires. Ils devraient s’y intéresser », a-t-il déclaré.
Cet appel s’inscrit dans le cadre du Compact énergétique national, la feuille de route élaborée par le gouvernement pour mobiliser 12,5 milliards de dollars de financements additionnels d’ici à 2030. Le document présente le Compact comme « une feuille de route de développement des infrastructures énergétiques durables garantissant l’accès des populations et des opérateurs économiques à une énergie propre pour le développement industriel et la cuisson propre ».
Parmi les réformes envisagées figure une ouverture accrue du segment du transport de l’électricité aux investisseurs privés, notamment à travers des partenariats public-privé. L’objectif est d’accélérer la réalisation des infrastructures tout en réduisant la pression directe sur les finances publiques.
Un réseau sous pression face à la montée des capacités de production
L’intérêt croissant pour le transport d’électricité intervient alors que le Cameroun s’apprête à augmenter significativement son offre énergétique. Après la mise en service du barrage de Nachtigal, qui a renforcé les capacités du Réseau interconnecté Sud, plusieurs autres projets structurants sont en préparation, selon le ministère de l’Eau et de l’Énergie.
Le barrage hydroélectrique de Kikot, dont la capacité projetée atteint 500 MW, figure parmi les priorités du gouvernement. Le projet de Minkouma poursuit également sa maturation, tandis que celui de Bini à Warak se rapproche d’une nouvelle étape avec la perspective de la signature d’un contrat de développement. Parallèlement, le gouvernement, avec l’appui de la Banque mondiale, conduit des études pour la réalisation de centrales solaires de grande capacité dans les régions septentrionales du pays.
Cette montée en puissance de la production rend plus urgente la question du transport. Sans investissements suffisants dans les lignes à haute tension, les postes de transformation et les ouvrages d’évacuation, une partie de l’énergie produite risque de ne pas être acheminée efficacement vers les ménages, les entreprises et les bassins industriels.
Le défi est d’autant plus stratégique que les besoins électriques augmentent avec les projets industriels, miniers et portuaires. Dans cette perspective, le transport d’électricité n’est plus seulement un maillon technique du secteur énergétique. Il devient une condition de la compétitivité industrielle et de la valorisation des investissements déjà consentis dans la production.
La Sonatrel au cœur d’un chantier d’investissement lourd
Créée par décret présidentiel en 2015, la Société nationale de transport de l’électricité détient la mission de transport de l’énergie électrique, de gestion du réseau public de transport, ainsi que de planification, de développement et de construction de ce réseau pour le compte de l’État. Mais l’entreprise fait face à d’importants besoins d’investissement pour moderniser et étendre des infrastructures encore insuffisantes au regard des ambitions énergétiques du pays.
Selon les données attribuées au ministère de l’Eau et de l’Énergie, près de 30 % de l’électricité produite se perd avant d’atteindre les consommateurs, en raison notamment des insuffisances du réseau de transport et de distribution. La réduction de ces pertes constitue l’un des principaux leviers identifiés pour améliorer la performance technique du système électrique et renforcer sa viabilité financière.
Dans ce contexte, l’ouverture du transport de l’électricité à de nouveaux partenaires financiers apparaît comme une évolution stratégique. Elle doit permettre d’accélérer la construction des lignes de transport, la réhabilitation des ouvrages existants et l’interconnexion progressive des différents réseaux du pays.
L’intérêt manifesté par la Cassa Depositi e Prestiti pour les projets énergétiques camerounais pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouveaux financements. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de transformer les capacités de production en gains économiques réels. Cela suppose un réseau capable d’acheminer efficacement l’électricité vers les zones de consommation, les sites industriels et les futurs pôles de transformation.
Après avoir concentré une part importante de ses efforts sur la production, le Cameroun doit donc réussir la deuxième étape de sa stratégie énergétique : faire du transport d’électricité un levier d’investissement, de sécurité énergétique et de compétitivité économique.
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