Connect with us

Actualités locales

Bois : en 4 ans, le durcissement de la fiscalité réduit de 50% la part des grumes dans les exportations du Cameroun

Published

on

Bois : en 4 ans, le durcissement de la fiscalité réduit de 50% la part des grumes dans les exportations du Cameroun
Spread the love

(Investir au Cameroun) – Entre 2019 et 2023, la part des grumes — bois brut — dans les exportations globales du Cameroun a été réduite de moitié, passant de 8 % à 4 %. C’est l’un des enseignements du rapport d’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), publié par le ministère de l’Économie.

Selon le document, le recul des grumes a été compensé par une progression plus soutenue des exportations de bois transformé, en particulier le bois scié. « (…) Le cacao en fèves représente le quart des exportations hors hydrocarbures. Ce produit est suivi par le bois scié, qui représente entre 14 et 16 % des exportations hors hydrocarbures. On peut noter avec satisfaction que le bois transformé rapporte davantage que le bois en grume, dont la part tend à décliner, passant de 8 % en 2019 à 4 % en 2023 », souligne le rapport.

Cette évolution traduit l’orientation stratégique des pouvoirs publics, qui visent à accroître la transformation locale du bois et à réduire progressivement les exportations de grumes, dans la perspective de l’interdiction des ventes de bois brut attendue dans l’espace Cemac — Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA — au plus tard en 2028.

Cap sur la transformation locale

Pour préparer les exploitants forestiers à cette échéance et les orienter vers la deuxième et la troisième transformation, l’État camerounais a engagé un durcissement graduel de la fiscalité sur les exportations de grumes et sur les sciages issus de la première transformation. Sur la période 2017-2024, le droit de sortie des grumes est ainsi passé de 17,5 % à 75 % de la valeur FOB de l’essence exportée.

Calculées en valeur relative, ces revalorisations successives inscrites dans les lois de finances correspondent à une hausse globale d’environ 350 % de la taxation des exportations de grumes. La pression fiscale sur les sciages de première transformation a progressé de manière plus modérée : +165 % entre 2016 et 2023, selon les estimations du Groupement de la filière bois du Cameroun (GFBC).

À l’inverse, des mesures incitatives ont été introduites pour soutenir la création de valeur locale. Depuis 2023, la loi de finances prévoit une exonération de taxes sur les équipements destinés à la transformation du bois, dispositif reconduit dans les exercices budgétaires suivants. En complément, le gouvernement a annoncé la mise à disposition de deux zones industrielles dédiées à la transformation du bois dans la région forestière et minière de l’Est, pour une superficie totale de 224 hectares.

L’impact de cet arsenal reste toutefois à consolider. Un premier signal positif apparaît dans les statistiques de 2022 : l’Institut national de la statistique (INS) relève une progression des exportations de placages — produits issus d’une transformation plus poussée que le simple sciage. Cette année-là, 57 850 m³ de placages camerounais ont été exportés, soit une hausse de 15 % en glissement annuel.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

07-11-2025 - Cameroun : Les exportations de la filière bois en repli de 20 milliards de FCFA au premier trimestre 2025

11-09-2025 - Bois : les exportations du Cameroun augmentent à 140,4 milliards de FCFA en 2024, malgré le durcissement de la fiscalité

04-01-2023 – Filière bois : des entreprises suspendent les exportations pour protester contre la hausse des impôts au Cameroun

03-11-2022 – Bois : premier producteur de la Cemac, le Gabon surclasse aussi le Cameroun dans la transformation locale

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Mgr Andrew Nkea prend les rênes de l’Université catholique de l’Afrique centrale

Published

on

Spread the love

L’archevêque métropolitain de Bamenda succède à Mgr Jean Mbarga au poste de Grand Chancelier de l’institution. Cette passation de pouvoir, qui coïncide avec le 35e […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

la Banque africaine de l’énergie officiellement créée avec un capital de 5 milliards de dollars

Published

on

la Banque africaine de l’énergie officiellement créée avec un capital de 5 milliards de dollars
Spread the love

La Banque africaine de l’énergie (BAE) a été officiellement créée ce 31 octobre à Abuja. Dotée d’un capital de 5 milliards de dollars, elle veut financer toute la chaîne de valeur énergétique africaine et réduire la dépendance au financement extérieur.

C’est un tournant pour la souveraineté énergétique du continent. La Banque africaine de l’énergie (BAE) a été officiellement créée ce 31 octobre à Abuja, au Nigeria.

Elle est née d’un partenariat stratégique entre l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), qui regroupe 18 pays membres, et la banque d’import-export Afreximbank.

Dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars, sa mission est claire : financer des projets sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique africaine, du pétrole au gaz, en passant par le raffinage et les infrastructures.

Pour l’Afrique, l’enjeu est majeur. Face au désengagement progressif des banques internationales du financement des énergies fossiles, le continent entend sécuriser lui-même ses investissements et valoriser ses ressources.

Avec plus de 125 milliards de barils de réserves prouvées, l’Afrique ne veut plus exporter brut et importer cher. La BAE doit permettre de financer des raffineries, des gazoducs, des centrales et des infrastructures de stockage.

C’est aussi un instrument de souveraineté financière. En mobilisant des capitaux africains pour des projets africains, la nouvelle institution veut accélérer l’industrialisation, créer de la valeur ajoutée locale et garantir l’accès à l’énergie pour plus de 600 millions d’Africains qui en sont encore privés.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Actualités locales

Sénégal : l’Assemblée nationale rejette le budget rectificatif 2026

Published

on

Spread the love

Nouveau revers pour le gouvernement sénégalais. L’Assemblée nationale a rejeté, ce mardi 3 novembre 2026, le projet de loi de finances rectificative (LFR) présenté par […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici