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RDUE–cacao : l’insécurité foncière de 87 % des femmes productrices menace l’accès du Cameroun au marché européen

(Investir au Cameroun) – Au Cameroun, 87 % des femmes productrices de cacao se trouvent en situation d’insécurité foncière et 68 % déclarent n’avoir jamais entendu parler du Règlement de l’Union européenne contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE) : deux fragilités qui pourraient compromettre, à court terme, la capacité de milliers d’exploitations familiales à continuer de vendre sur le marché européen.
Ces constats ressortent d’une étude de terrain menée dans dix localités de trois régions, présentée lors d’un atelier stratégique et de dialogue politique tenu à Yaoundé les 28 et 29 janvier. La rencontre, organisée par le Centre pour l’environnement et le développement (CED) avec la plateforme Making Europe Work for People and Forests, a réuni des partenaires techniques et institutionnels — dont l’Union européenne et la coopération allemande — ainsi que des représentants de la société civile, des chefferies traditionnelles, des banques et des acteurs de la filière cacao. Elle intervient alors que l’entrée en vigueur du RDUE a été, une nouvelle fois, reportée.
« Il était important d’organiser cette rencontre, car plus l’entrée en vigueur du règlement européen approche, plus les questions se multiplient chez les petits producteurs. Beaucoup se demandent s’ils seront capables de continuer à vendre leur cacao. Ce sont des interrogations légitimes, qui émergent à mesure que le débat avance et que les enjeux deviennent plus clairs », explique le Dr Samuel Nguiffo, secrétaire général du CED.
« Nous avons choisi la porte de partir les petits producteurs, car ils constituent notre porte d’entrée. Le Cameroun compte environ 600 000 petits producteurs, et la production de cacao repose essentiellement sur eux. C’est à ce niveau que se trouvent des acteurs encore peu informés, qu’il faut associer à la réflexion et dont il est essentiel de faire entendre leur voix », souligne-t-il.
Une insécurité foncière persistante
Premier point critique mis en évidence par l’étude : l’accès à la terre reste précaire, particulièrement pour les femmes. Dans les zones étudiées, seules 13 % des productrices interrogées disposent d’un titre foncier, tandis que 38 % exploitent des terres sans aucun document légal. Au total, 87 % des productrices se trouvent en situation d’insécurité foncière.
Or, le RDUE exige une preuve de légalité foncière pour les parcelles productrices de cacao. Les participants redoutent qu’une application stricte de cette exigence n’exclue automatiquement des milliers d’exploitations familiales. « Une mise en œuvre aveugle du Rdue sur ce point risque de renforcer des inégalités préexistantes plutôt que de les corriger », indique l’étude.
Un déficit d’information sur le RDUE
Deuxième enseignement : l’information ne circule pas suffisamment jusqu’aux plantations. Le RDUE demeure largement méconnu sur le terrain : près de 68 % des femmes interrogées déclarent n’en avoir jamais entendu parler. Celles qui en ont une connaissance partielle l’associent souvent à une simple interdiction de couper les arbres, sans maîtriser les exigences de traçabilité, de géolocalisation et de gestion des risques.
Dans ce contexte, l’étude observe que le RDUE est perçu comme une politique lointaine, rarement expliquée dans les zones de production. « Le Rdue est perçu sur le terrain comme une politique lointaine, peu comprise dans les plantations, car elle est rarement expliquée dans les zones de production », relève le document.
Femmes et communautés autochtones, les grandes oubliées
L’étude met en avant un enjeu d’inclusion sociale et économique. Les femmes, pourtant centrales dans la production (entretien des plantations, récolte, transformation), ne contrôlent généralement que 20 % à 30 % des revenus générés. Les décisions d’investissement et l’accès aux coopératives restent dominés par les hommes.
La situation est décrite comme plus critique pour les femmes autochtones, notamment les Baka, souvent reléguées au bas de la hiérarchie économique.
Les petits producteurs ne rejettent pas le RDUE, mais entendent en faire un levier de transformation de la filière cacao. L’atelier a formulé plusieurs plaidoyers : meilleur accompagnement des producteurs, communication renforcée en zones rurales, valorisation de la recherche agricole, promotion de la cacaoculture féminine, transition vers des pratiques durables et soutien à la transformation locale.
À leurs yeux, si l’accompagnement suit, le règlement pourrait accélérer la modernisation des exploitations, améliorer la qualité du cacao et renforcer le positionnement du Cameroun sur le marché européen. L’étude appelle, pour y parvenir, à un engagement de l’ensemble des acteurs et à une implication forte de l’État camerounais, engagé dans une réforme foncière et domaniale, afin de faire du RDUE non un facteur d’exclusion mais un outil de durabilité économique, sociale et environnementale pour la filière cacao camerounaise.
Amina Malloum
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Tempête sur Trabzonspor, André Onana fragilisé après le revers face à Fenerbahçe

Prêté en Super Lig pour retrouver du rythme, André Onana vit l’effet inverse. Après la défaite 3-2 contre Fenerbahçe, le portier camerounais se retrouve dans le collimateur du staff de Trabzonspor, qui n’exclut plus une mise sur le banc.
Il était arrivé en Turquie auréolé d’un palmarès éloquent — Ligue des champions avec l’Inter Milan, recrutement XXL à Manchester United — et avec la mission implicite de dominer un championnat qu’il devait, pensait-on, survoler. Mais le football a le don de rappeler à l’ordre les certitudes trop bien établies. André Onana en fait l’amère expérience depuis plusieurs semaines sur les bords de la mer Noire.
La défaite concédée face à Fenerbahçe (3-2), dimanche, a fait l’effet d’un révélateur. Dans les moments décisifs, le gardien de 29 ans n’a pas su peser sur la rencontre. Ses hésitations et son manque d’autorité dans la surface ont nourri les critiques d’une presse locale qui ne lui accorde plus le bénéfice du doute. Les supporters, eux, n’ont pas tardé à amplifier le malaise sur les réseaux sociaux.
Des statistiques correctes qui cachent une réalité moins flatteuse
Sur le papier, le bilan d’Onana depuis son intégration dans le onze, à la 5e journée de Super Lig, reste défendable. En 18 matchs de championnat, il affiche 25 buts encaissés, soit 1,38 par rencontre — une moyenne qui, dans l’absolu, ne plaide pas pour un homme en perdition. Il a même traversé une séquence impressionnante de 620 minutes sans prendre de but, signant au passage plusieurs clean sheets qui avaient, un temps, dissipé les doutes.
Mais c’est précisément ce contraste qui inquiète désormais le staff technique de Trabzonspor. L’écart entre le meilleur Onana et le moins bon est trop grand, trop imprévisible. Et dans un championnat aussi intense que la Super Lig, où chaque point peut faire basculer une saison, l’irrégularité d’un dernier rempart se paie cash.
La menace vient de l’intérieur
Selon plusieurs sources proches du club, la direction sportive envisagerait sérieusement d’instaurer une rotation dans les cages si Onana ne redresse pas rapidement la barre. Deux noms circulent dans les couloirs du stade Papara Park : Onuralp Çevikkan et le jeune Ahmet Doğan Yıldırım, qui observent, attendent, et s’entraînent avec l’appétit de ceux qui sentent leur heure approcher.
Pour un joueur prêté par Manchester United — club qui le surveille nécessairement de loin — l’image renvoyée depuis quelques semaines est loin d’être idéale. Pire encore, les échéances internationales avec le Cameroun se profilent à l’horizon, et un gardien qui perd sa place en club envoie rarement le bon signal aux sélectionneurs.
Une marge de manœuvre qui se rétrécit
Le message qui filtre de Trabzonspor est, en tout cas, sans ambiguïté : le capital de confiance engrangé en début de saison a été en grande partie consommé. En Turquie, la patience des dirigeants et des supporters est une denrée rare, et le statut international d’un joueur n’a jamais constitué une assurance tous risques.
André Onana se retrouve donc à un carrefour. Soit il retrouve rapidement la solidité et le leadership qui avaient fait de lui l’un des gardiens les plus en vue d’Europe, soit il risque de voir son aventure turque se transformer en parenthèse douloureuse dans une carrière jusqu’ici bien construite. La réponse, elle, devra venir sur le terrain — et vite.
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première titularisation, premier but et prestation complète avec Al Ittihad

Le défenseur camerounais Stéphane Keller n’aurait pas pu rêver meilleure entrée dans la peau de titulaire. Aligné d’entrée lors de la large victoire d’Al Ittihad face à Al Sadd (4-1), dans le cadre de la Ligue des Champions asiatique, le défenseur a livré une prestation aussi solide qu’efficace.
Positionné en charnière défensive, Keller a rapidement marqué les esprits en inscrivant son premier but sous ses nouvelles couleurs. Profitant d’une phase arrêtée parfaitement exploitée, le Camerounais a contribué à asseoir la domination de son équipe dans une rencontre globalement maîtrisée par les Saoudiens.
Mais la performance du défenseur ne s’est pas limitée à son apport offensif. Sérieux et appliqué dans ses interventions, Keller s’est illustré par son activité défensive, totalisant trois récupérations précieuses. Combatif dans les duels, il a également remporté deux de ses cinq confrontations directes, participant activement à la solidité du bloc défensif d’Al Ittihad.
Cette prestation aboutie pourrait marquer un tournant pour Keller, qui confirme déjà la confiance placée en lui par son staff technique. Avec une telle entrée en matière, le défenseur camerounais envoie un message fort et s’impose comme une option crédible pour s’installer durablement dans l’effectif.
Al Ittihad, de son côté, poursuit son parcours continental avec ambition, porté par un collectif en confiance et des individualités capables de faire la différence, à l’image de la soirée réussie de Stéphane Keller.
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Pénétrante Nord de Yaoundé : les travaux à l’arrêt, des blocages administratifs du préfet du Mfoundi pointés du doigt

(Investir au Cameroun) – La voie de contournement de la sortie nord de la capitale Yaoundé pourrait bien ne pas dépasser les 13 % de réalisation en 2026. C’est du moins l’inquiétude exprimée par les responsables du ministère des Travaux publics dans le plan de travail annuel que cette administration entend mettre en œuvre au cours de cette année. Le document consulté par Investir au Cameroun indique des freins administratifs sur le projet d’aménagement de la voie de contournement de la sortie nord de Yaoundé, notamment sur le tronçon Nkometou-Carrefour Ekabita Mendoum-Carrefour Ezezan-Carrefour Katanga (Nyom 2)-Carrefour Yegassi-Carrefour Febe Village, et la voie de raccordement de la boucle routière au niveau d’Obac.
Le ministère des Travaux publics rapporte ainsi que les travaux sont à l’arrêt « pour non-libération de l’emprise ». Cette route traversant deux départements, « le préfet du département de la Lékié a transmis le rapport partiel sur 16 km déjà évalués et réclame des frais supplémentaires pour la suite de l’évaluation », peut-on lire dans le document susmentionné. La même source ajoute que, de son côté, le préfet du Mfoundi « n’a toujours pas transmis son rapport malgré de multiples relances du maître d’ouvrage », or « les sous-traitants en charge du déplacement des réseaux sont déjà sur le terrain ».
La conséquence directe est que le ministère des Travaux publics ne peut programmer un calendrier d’avancement du chantier sur l’année.
À l’inverse, le ministère prévoit des avancées sur les autres sections de cette route. Il s’agit du lot 1, qui consiste au dédoublement de la route Olembe-échangeur Obala et au renforcement de la route Obala-Batchenga.
Par ailleurs, le plan de travail annuel du ministère des Travaux publics indique que le projet est évalué à plus de 26 milliards FCFA. Les travaux ont été confiés à l’Égyptien Arab Contractors, et le chantier a officiellement été lancé en 2024.
Ludovic Amara
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