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Henri KOUAM, «Le litige sur le scanning peut avoir un impact sur le prix final des marchandises »

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Henri KOUAM, «Le litige sur le scanning peut avoir un impact sur le prix final des marchandises »
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 L’expert en politiques publiques nous livre son analyse sur ce qui est considéré comme un bras de fer entre le gouvernement et le Port Autonome de Douala sur l’activité de scanning de marchandises et son incidence sur l’économie.

Après diverses sorties contradictoires des membres du gouvernement, le premier ministre a récemment tranché l’affaire de scanning au port de douala en donnant instruction de maintenir le contrat de SGS. Une position qui rejoint celle précédemment exprimée par le ministre Finances vis à vis du PAD qui a préféré l’ignorer. Comment comprendre cette affaire ?  

L’Autorité portuaire, sous la direction de son directeur général Cyrus Ngo’o, soutient que le contrat de dix ans liant la PAD à SGS a expiré le 31 décembre 2025. Il invoque un décret présidentiel de 2019 conférant au PAD l’autonomie sur son domaine portuaire et lui permettant de désigner un nouvel opérateur. Le PAD a mandaté Transatlantic DSA pour prendre le relai à compter du 1er janvier 2026, arguant que les équipements de SGS ne répondent plus aux exigences du commerce moderne. Le PAD ambitionne d’étendre le contrôle à 100 %, incluant les véhicules et les marchandises en vrac, une tâche qui, selon elle, serait mieux gérée par la nouvelle société. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, s’est fermement opposé à cette transition. Le ministère privilégie les recettes à la prévisibilité dans la gestion des opérations portuaires. En effet, il doit obtenir un montant précis auprès du gouvernement pour financer les nombreux projets. Le MINFI soutient que le compte à rebours de dix ans n’a commencé qu’en 2022, avec la livraison complète du matériel. De plus, il affirme que l’autorité portuaire ne peut pas passer outre un contrat signé par l’État (ce qui est vrai et regrettable).

Au Port de Douala, des opérateurs économiques se sont trouvés embarrassés entre les deux plateformes. Celle d’Atlantic et de SGS. D’aucuns ont même parlé de « scanner fantôme » indiquant que SGS continuait de facturer aux expéditeurs des services qu’elle n’effectuait plus. Quelles sont les incidences économiques de cette affaire ?

Naturellement, cela aura des répercussions négatives sur l’économie, bien plus importantes que ce que nous pouvons imaginer actuellement. Sur le commerce et l’économie, lorsque des services essentiels sont interrompus et que les opérateurs commerciaux sont confrontés à l’incertitude quant aux procédures qui devraient être standardisées, les conséquences sont immédiates, coûteuses et néfastes pour l’économie camerounaise et l’ensemble de la région CEMAC. Pour les opérateurs, c’est un véritable cauchemar, car cela peut entraîner une double facturation, augmentant ainsi les coûts. Étant donné que deux entités revendiquent le droit de facturer ce service vital, les importateurs se retrouvent face à un scénario cauchemardesque.  Le Cameroun affiche déjà des coûts logistiques parmi les plus élevés d’Afrique (représentant 30 à 40 % du prix final des marchandises). Ce scandale ajoute une surtaxe administrative qui rend les produits et les processus commerciaux camerounais moins compétitifs. Cela peut perturber le contrôle des conteneurs et les goulots d’étranglement créés par ce scandale ne feront qu’aggraver la situation. De plus, si l’autorité portuaire ne reconnaît pas les résultats de contrôle d’un opérateur, les conteneurs restent immobilisés. Le temps d’attente dans le port de Douala peut parfois dépasser vingt jours, entraînant des frais de surestaries importants pour les commerçants.

 Avec la position stratégique du port de Douala, quel impact sur le commerce régional ?

Le commerce régional sera fortement impacté par cette crise administrative. Douala est vitale pour le Tchad et la République centrafricaine, pays enclavés, ce qui rend la recherche d’une solution d’autant plus urgente. Si cette instabilité persiste, il faut s’attendre à ce que certaines cargaisons soient détournées vers les ports de Kribi ou de Cotonou, accélérant ainsi le désengagement de Douala et fragilisant son rôle de plaque tournante régionale pour des millions d’entreprises. Cette affaire envoie par ailleurs un message alarmant aux investisseurs et aux partenaires internationaux.

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Télévision: Consty Eka est mort

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Télévision: Consty Eka est mort
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La rumeur s’est finalement confirmée: Consty Eka est mort. Le roi de la télé s’est éteint ce 16 février 2026 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Selon des informations rapportées par le lanceur d’alertes Paul Chouta,  »il était pourtant au bureau et bien portant ce lundi à Abidjan, jusqu’à ce qu’il commence à vomir du sang ». C’était ainsi la fin qui s’annonçait pour l’animateur télé. « Conduit à l’hôpital, il a tiré sa révérence  », souligne-t-il.

Né sous le pseudonyme Constantin Ekani, celui qui se faisait appeler  »le roi de la télévision ». Et de fait, l’animateur télé avait fait les beaux jours de la télévision tant dans son pays qu’en Côte d’Ivoire. Et déjà, c’est une pluie de réaction qui tombe sur les réseaux sociaux. Telesphore Mba Bizo, journaliste en service au poste national de la Crtv, garde de l’homme un souvenir inoubliable : « Consty Eka, le Roi de la télé, révèle le groupe de mon frère aîné, Aimey Bizo, considéré comme le premier boy’s band du Cameroun, Star System, en 1986, dans le programme Music Video Show. La diffusion fut marquée par la puissance de “U Can’t Touch This”, le tube emblématique et unique de la carrière de MC Hammer ». Mireille Fomekong, n’en revient pas: « La mort… Cette visiteuse imprévisible, toujours inopportune, qui s’invite sans frapper et laisse derrière elle le fracas du silence.
Consty… mon Ami, mon grand frère, mon soutien secret… », se lamente la communicatrice.

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Cameroun : Sauver le système de santé de la vulnérabilité

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Cameroun : Sauver le système de santé de la vulnérabilité
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Par Louis Marie Kakdeu

La vulnérabilité des Camerounais ne résulte pas d’une fatalité tropicale mais, de choix politiques défaillants, d’investissements insuffisants et d’un déficit éducatif criant.

Au Cameroun, le gouvernement actuel se concentre sur les soins au niveau des hôpitaux. Il ne travaille pas à ce que le nombre de personnes qui arrivent à l’hôpital soit réduit. Ainsi, il néglige la prévention (approche one health) et il opte pour la construction centres de santé sans plateaux technique.

Et dans ces centres de santé, trois services retiennent le plus d’attention : il s’agit de la morgue en première position, de la pharmacie en deuxième position et du bloc opératoire en troisième position. Ce sont les trois services les plus rentables dans nos hôpitaux à tel point que le marché des gerbes de fleurs et des cercueils florissent dans les environs des hôpitaux. L’on note aussi que le business des médicaments dans les hôpitaux est très capitaliste et en défaveur des malades. Et pour faire fonctionner les laboratoires, la pratique est de prescrire automatiquement une batterie d’examen aux patients qui ont la malchance de venir simplement en consultation.

Un autre choix politique est possible. Celui d’investir massivement dans la santé publique (prévention) pour mettre le système au service des citoyens. Mieux vaut prévenir que guérir. La vaccination, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la lutte contre les vecteurs de maladies doivent devenir des priorités. Il faut faire le choix d’œuvrer pour que moins de citoyens tombent malades.

On ne peut pas travailler à construire encore et encore plus de prisons ; il faut travailler pour réduire l’incivisme. Il ne faut pas travailler pour construire encore et encore plus des centres de santé ; il faut investir pour réduire le nombre de malades qui ont besoin des hôpitaux. Et c’est un choix politique à faire.

C’est vrai que les responsables locaux font face aux contraintes de trésorerie et font payer aux malades. Il faut aussi dire que sans moyens adéquats, aucune amélioration n’est possible. Les États africains doivent respecter leur engagement d’Abuja et consacrer au moins 15% de leur budget à la santé. Cela implique des choix budgétaires courageux : moins de dépenses de prestige, plus d’investissements sanitaires. Aussi, il faut former massivement du personnel médical et créer des conditions attractives pour le retenir : salaires décents, environnement de travail, possibilités de recherche, reconnaissance sociale.

Pour le citoyen, il lui faudra une couverture sanitaire universelle et cette sécurité sociale. Chaque citoyen devra pouvoir accéder à des soins de qualité sans risquer la ruine financière. Les expériences de pays comme le Rwanda montrent que c’est possible, même avec des ressources limitées. L’on ne peut pas oublier de mettre l’accent sur le développement de la recherche médicale africaine. Le patrimoine génétique africain reste inexploité dans sa totalité. L’Afrique ne peut rester éternellement dépendante de la recherche étrangère. Elle doit développer ses propres capacités de recherche, adaptées à ses maladies spécifiques.

Il n’existe pas de système de santé au Cameroun ; il existe un système de soins. Tant que le Cameroun n’aura pas construit un système de santé robuste, elle restera à la merci de la prochaine épidémie. La santé n’est pas qu’une question humanitaire. C’est un investissement économique et un impératif de développement. Un peuple malade ne peut construire son avenir. Les camerounais sont malades pour l’essentiel ; ils ne sont pas aptes à construire l’avenir de leur pays.

L’urgence est signalée

Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National SDF

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Finances publiques : Le satisfecit prudent du Fonds Monétaire International

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Finances publiques : Le satisfecit prudent du Fonds Monétaire International
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Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Christine Dieterich, a séjourné au Cameroun du 29 janvier au 12 février pour mener les entretiens sur la consultation de 2026 au titre de l’article IV des statuts du FMI. Les consultations au titre de l’article IV interviennent annuellement dans tous les pays membres pour examiner les politiques économiques mises en œuvre. C’est pourquoi, même sans être sous-programme avec Fonds Monétaire international, le Cameroun a accueilli cette mission et quasiment tous les hauts responsables du pays en charge des dossiers économiques et des finances publiques lui ont ouvert les portes.

 Au terme de cette mission au titre de l’article IV, l’équipe du Fonds monétaire international (FMI) dresse un constat globalement positif de la trajectoire macroéconomique du Cameroun, tout en soulignant l’ampleur des vulnérabilités persistantes. Dans son communiqué de fin de mission, l’institution souligne que « l’économie camerounaise a fait preuve d’une résilience considérable ces dernières années, malgré une succession de chocs externes, mais la croissance économique demeure modérée. Nous prévoyons, indique la cheffe de mission, ́ que la croissance ralentira légèrement en 2025, passant de 3,5 % en 2024 à 3,1 %. Cette prévision tient compte des tensions à la fin de l’année après les élections, qui ont perturbé le commerce, les services et l’investissement, et freiné la demande intérieure. L’inflation a continué de diminuer en 2025, sa moyenne sur 12 mois se modère à 3,4 % er décembre ».

Ce satisfecit n’est pas anodin dans un contexte international marqué par la volatilité des cours des matières premières, le durcissement des conditions financières et les tensions géopolitiques. Selon le FMI, l’économie camerounaise a fait preuve de « résilience face aux chocs extérieurs », grâce notamment à une gestion budgétaire plus prudente et à la poursuite des programmes appuyés par l’institution. La mission note également que la croissance demeure positive et que l’inflation, bien qu’encore élevée, montre des signes de modération.

CONSOLIDATION BUDGÉTAIRE ET MOBILISATION DES RECETTES

Le cœur du satisfecit porte sur la consolidation des finances publiques. Le communiqué souligne que les autorités ont « continué d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures » et de « renforcer la discipline budgétaire ». Cette dynamique est jugée essentielle pour préserver la soutenabilité de la dette et restaurer des marges de manœuvre budgétaires. Toutefois, le FMI insiste sur la nécessité d’« accélérer les réformes visant à élargir l’assiette fiscale et à améliorer l’efficacité de l’administration des impôts et des douanes ».

L’enjeu est double : réduire la dépendance aux recettes pétrolières et financer durablement les priorités sociales et infrastructurelles. La mission appelle également à « poursuivre les efforts pour rationaliser les dépenses et améliorer la qualité de la dépense publique », un point sensible dans un contexte de tensions de trésorerie récurrentes.

DETTE, ARRIÉRÉS ET GOUVERNANCE

Sur le front de la dette, l’institution relève des avancées dans la gestion et la transparence, tout en invitant les autorités à « maintenir une stratégie d’endettement prudente » et à « éviter l’accumulation de nouveaux arriérés ». La réduction des arriérés intérieurs demeure une priorité afin de soutenir la liquidité du secteur privé et de renforcer la crédibilité budgétaire de l’État.

Le communiqué met également l’accent sur la gouvernance et la transparence, considérées comme des leviers déterminants pour améliorer le climat des affaires. Le FMI encourage à « renforcer le cadre de lutte contre la corruption et à accroître la transparence dans la gestion des finances publiques ». Ces recommandations s’inscrivent dans une logique de crédibilisation des politiques publiques vis-à-vis des partenaires techniques et financiers, mais aussi des investisseurs.

 RÉFORMES STRUCTURELLES ET SECTEUR FINANCIER

Au-delà des équilibres macroéconomiques, la mission du FMI a insisté sur l’impératif des réformes structurelles. Il appelle à « accélérer la mise en œuvre des réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires, promouvoir la diversification économique et stimuler l’investissement privé ». La diversification reste en effet un chantier central pour réduire la vulnérabilité aux chocs exogènes et créer des emplois durables. Le secteur financier fait également l’objet d’une attention particulière.

Le communiqué souligne la nécessité de « renforcer la stabilité du système bancaire et d’améliorer l’inclusion financière ». Dans un contexte où l’accès au crédit demeure contraint pour de nombreuses PME, la solidité du système bancaire et la qualité de la supervision prudentielle sont des conditions préalables à une croissance plus inclusive.

UN SATISFECIT SOUS CONDITIONS

 Si le ton du communiqué est globalement positif, il demeure conditionnel. Le FMI avertit que les perspectives restent exposées à « des risques importants, notamment liés à l’environnement extérieur et aux contraintes internes ». Les tensions sécuritaires, les aléas climatiques et la volatilité des marchés internationaux constituent autant de facteurs susceptibles de fragiliser les acquis. Raison pour laquelle l’institution recommande au autorités Camerounaises de « poursuivre résolument les réformes engagées » et de « renforcer les filets de protection sociale afin d’atténuer l’impact des ajustements sur les populations vulnérables ».

La dimension sociale apparaît ainsi comme un point d’équilibre délicat : filtrer les dépenses publiques sans compromettre les dépenses sociales. Ce satisfecit du FMI valide la trajectoire engagée, mais il ne vaut pas quitus définitif. Il souligne au contraire que la stabilisation macroéconomique doit désormais se traduire par des transformations structurelles plus profondes. La consolidation budgétaire, l’amélioration de la gouvernance, la diversification économique et la protection des plus vulnérables constituent les piliers d’une croissance durable.

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