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Quand la SGS s’enrichit sur le dos du Cameroun… et l’État ramasse les miettes

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Quand la SGS s’enrichit sur le dos du Cameroun… et l’État ramasse les miettes
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Sur 50 000 FCFA par conteneur vide, 0 FCFA reversé à l’État. Sur des milliards générés annuellement, l’essentiel part chez une multinationale étrangère. Cyrus Ngo’o a raison de démanteler les installations SGS – mais pourquoi ce contrat scandaleux a-t-il duré si longtemps ?

Lire l’analyse Mokhtar Abbass :

Douala, 31 janvier 2026 – Au cœur du Port autonome de Douala (PAD), poumon économique du Cameroun traitant 70 % des échanges extérieurs, un système de scanning censé sécuriser les marchandises et booster les recettes douanières s’est transformé en machine à profits privés. Le contrat signé en 2015 entre l’État camerounais et la Société Générale de Surveillance (SGS) révèle un déséquilibre criant : les opérateurs économiques paient cher, SGS empoche massivement, et l’État… touche des royalties dérisoires.

Cyrus Ngo’o, Directeur Général du PAD, a pris les devants : fin janvier 2026, il a ordonné le démantèlement des installations SGS avec appui de détachements militaires, malgré l’instruction du Premier ministre Joseph Dion Ngute de maintenir le contrat. Ce geste audacieux met fin (ou tente de le faire) à un partenariat jugé abusif, au profit d’un opérateur local (Transatlantic D SA). Mais le mal est déjà fait : pendant des années, le Cameroun a perdu des milliards.

Les chiffres qui choquent : une pompe à richesse pour SGS

Selon l’Annexe II du contrat (Rémunération), SGS perçoit directement les redevances auprès des importateurs/exportateurs avant même que les déclarations douanières ne soient acceptées :

  • Conteneur vide : 50 000 FCFA → 0 FCFA reversé à l’État (aucune royauté).
  • Conteneur 20 pieds : 60 000 FCFA → 10 000 FCFA de royauté à l’État.
  • Conteneur 40 pieds : 85 000 FCFA → 10 000 FCFA de royauté à l’État. En 2025, environ 300 000 conteneurs ont été scannés. Estimation prudente (répartition moyenne) :
  • 90 000 conteneurs vides → 4,5 milliards FCFA pour SGS (0 pour l’État).
  • 120 000 conteneurs 20 pieds → 7,2 milliards FCFA pour SGS + 1,2 milliard FCFA pour l’État.
  • 90 000 conteneurs 40 pieds → 7,65 milliards FCFA pour SGS + 0,9 milliard FCFA pour l’État.

Total SGS ≈ 19,35 milliards FCFA en un an.

Total État ≈ 2,1 milliards FCFA.

Bilan : plus de 85 % des revenus pour une entreprise privée étrangère, moins de 15 % pour le Cameroun. Et sur les conteneurs vides (fréquents), rien du tout pour la nation ! Pendant ce temps, le port manque d’investissements, les douanes de moyens, et les PME paient des frais élevés sans voir le retour.

Un contrat piégé dès l’origine (2015)

Signé le 2 mars 2015 entre le ministère des Finances (Alamine Ousmane Mey) et SGS, le contrat prévoit un arbitrage à Paris (Chambre de Commerce Internationale), en français, avec renonciation à l’immunité de l’État. Droit applicable : lois camerounaises… mais litiges à l’étranger. Une clause qui protège surtout SGS en cas de conflit. Pourquoi un tel deal ? Qui l’a négocié ? Au profit de qui ? Ces questions brûlantes restent sans réponse claire. Le résultat : un service stratégique sur sol camerounais, payé par des Camerounais, profite principalement à une multinationale suisse.

Cyrus Ngo’o : le DG qui ose défier le statu quo

Face à ce scandale, Cyrus Ngo’o agit : démantèlement forcé des installations SGS, basculement vers Transatlantic D SA, extension du scanning à 100 % (y compris véhicules). Cela va à l’encontre des ordres du Premier ministre (réunion du 29 janvier 2026), mais pour beaucoup, c’est un acte de souveraineté. Le PAD reprend le contrôle d’un levier stratégique, au lieu de laisser filer des richesses vers l’étranger. Mais le combat n’est pas gagné : tensions institutionnelles (Motazé vs Ngo’o), risques de litige international, et double facturation potentielle pour les usagers. Le vrai enjeu : renégocier ou résilier proprement pour que le scanning serve l’intérêt national, pas une pompe à cash privée.

L’État camerounais ne peut plus se contenter de miettes sur son propre port. Il est temps d’exiger transparence, renégociation et priorité aux recettes pour le développement. Sinon, ce n’est plus un partenariat : c’est de l’exploitation.

NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.

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« la répétition des émeutes de 2008 pourrait atteindre des proportions difficilement maîtrisables »

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« la répétition des émeutes de 2008 pourrait atteindre des proportions difficilement maîtrisables »
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Les incidents survenus au Lycée Technique Bilingue de Nsam, à Yaoundé, et les précédents troubles enregistrés au Lycée Bilingue d’Etoug-Ebe illustrent, selon l’observateur politique Jean-Paul Ntsengue, la capacité d’un incident ponctuel à déclencher une mobilisation collective lorsque les frustrations sociales se sont accumulées.

Dans une tribune intitulée « De la frustration collective à la contestation de l’ordre établi : il suffit d’une étincelle ! », Jean Paul Ntsengue estime que ces événements doivent être considérés comme des signaux d’alerte sur les tensions qui traversent la société camerounaise.

L’auteur rappelle que, dans le cas du Lycée Technique Bilingue de Nsam, des sanctions disciplinaires liées à la coiffure des élèves auraient précédé les violences. À Etoug-Ebe, il évoque une décision de fermeture du portail à 7 heures, qui aurait provoqué la colère d’élèves arrivés en retard avant de s’étendre à une partie plus large de l’établissement.

Lire la tribune de Jean Paul Ntsengue :

DE LA FRUSTRATION COLLECTIVE À LA CONTESTATION DE L’ORDRE ÉTABLI : IL SUFFIT D’UNE ÉTINCELLE !

La plus grande leçon que nous devons retenir des incidents récents au Lycée Technique Bilingue de Nsam à Yaoundé et, il y a quelques années, au Lycée Bilingue d’Etoug-Ebe, c’est la rapidité avec laquelle une étincelle peut entraîner un embrasement général de la société. Dans le premier cas, le renvoi disciplinaire des élèves pour coiffure non conforme a abouti à un drame.

Dans le deuxième cas, la fermeture du portail à 7 h du matin sur ordre du proviseur a déclenché la colère des élèves retardataires puis de l’ensemble des élèves du lycée. Dans les deux cas, les deux proviseures (des dames) ont été prises pour cible, leurs véhicules et d’importantes infrastructures de ces établissements ont été vandalisés.

Ces exemples, auxquels j’ajoute la grande émeute estudiantine de décembre 1987 suite au retard dans le paiement de certaines bourses aux étudiants, sont des indicateurs sérieux qui renseignent sur la fragilité de l’ordre lorsque des frustrations accumulées au sein d’un corps social explosent à l’occasion d’un incident mineur. Car en réalité, tout part inévitablement d’un contexte de frustrations accumulées, d’injustices ressenties, de perte de confiance envers les autorités et d’événements déclencheurs qui transforment le mécontentement latent en mobilisation collective.

Depuis la Révolution française de 1789 aux soulèvements populaires contemporains, notamment la grève actuelle des lycéens en France, l’histoire montre que des événements parfois limités et anodins peuvent provoquer des mouvements d’une ampleur inattendue lorsqu’ils cristallisent des frustrations préexistantes.

Dans le contexte camerounais actuel, de nombreux ingrédients sont disponibles pour nous plonger tous dans « une sauce bien pimentée ». En effet, des scandales touchant la gouvernance, la sécurité nationale et la sûreté de l’État se multiplient devant nos yeux indifférents ou impuissants.

Il est urgent de soigner et de sauver la République car la répétition des émeutes de février 2008, « émeutes de la faim » selon le président Paul Biya lui-même, pourrait atteindre des proportions difficilement maîtrisables dans un contexte de repli identitaire et de contestations politiques.

Jean-Paul Ntsengue
Observateur neutre et indépendant de la scène politique

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Construction de la route Ebolowa-Akom 2-Kribi : les activités se poursuivent sur le terrain

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Alors que toutes les assurances ont été données par les bailleurs de fonds du projet, en ce qui concerne la mise en vigueur de l’accord […]

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Teungueth FC débarque à Yaoundé pour renverser Colombe

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Teungueth FC débarque à Yaoundé pour renverser Colombe
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Teungueth FC est déjà au Cameroun. Le club sénégalais est arrivé il y a quelques heures à Yaoundé en provenance de Dakar. C’est en vue du match retour du deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions de la CAF.

En effet, Malick Daf et ses coéquipiers ne sont pas en villégiature au pays de Samuel Eto’o. Ils sont en mission commando après le faux pas du stade Léopold Sédar Senghor au match aller.

Au match aller, Colombe sportive du Dja et Lobo était allé brûler la politesse à Teungueth FC à Dakar (0-2). Les Sénégalais veulent rattraper cet écart au tableau d’affichage. Cette rencontre promet des étincelles dans la cuvette du stade Omnisports Ahmadou Ahidjo. Avant l’échéance, les joueurs sénégalais sont conscients de l’enjeu. Ils ont trois jours pour peaufiner leur plan de bataille.

Teungueth FC et Colombe sportive du Dja et Lobo sont à 90 minutes de la phase de groupe de la Ligue des champions. Richard Towa est prévenu. Le technicien camerounais devra trouver les moyens nécessaires pour relever le défi herculéen qui s’annonce. On s’attend à une belle confrontation entre deux équipes aux styles différents.

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