Connect with us

Dernières actualités

Crise anglophone : comment les « sauveurs » ont ruiné le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

Published

on

Crise anglophone : comment les « sauveurs » ont ruiné le Nord-Ouest et le Sud-Ouest
Spread the love

Plus de 38 milliards de FCFA de pertes pour la CDC depuis 2019

La CDC, première agro-industrie du pays hors administration publique et deuxième employeur national, a payé un tribut très lourd à l’insécurité. Entre 2019 et 2021, ses pertes ont atteint 38,7 milliards de FCFA, tandis que ses effectifs ont chuté de 22 000 à environ 15 000 employés selon la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques (CTR). L’arrêt complet de la filière banane depuis septembre 2018 et le fonctionnement seulement partiel des filières huile de palme et caoutchouc ont fortement comprimé son chiffre d’affaires, qui avait déjà reculé de 60,9 % entre 2016 et 2018. Pamol Plantations Plc, acteur majeur de l’huile de palme dans le Sud-Ouest, n’a pas été épargnée, enregistrant des pertes de 83,9 % de son chiffre d’affaires sur la même période, en grande partie en raison de la fermeture de ses installations face à l’insécurité.

En 2024, l’entreprise affichait un déficit record de 3,8 milliards FCFA, contre 757 millions l’année précédente, conséquence directe de l’arrêt prolongé de ses activités et de l’usure de son outil de production. Face à cette situation qui menaçait non seulement la stabilité économique des zones concernées mais aussi la survie de ces entreprises, le gouvernement camerounais a entrepris une série d’actions concrètes.

Un accord signé le 17 septembre 2025 entre l’État, FedhEn Capital, Société Générale Capital Securities Central Africa, Société Générale Cameroun, CCA Bank et AFG Bank a permis de solder 15,7 milliards de FCFA d’arriérés de salaires – partie d’une dette totale de 35,7 milliards de FCFA accumulée entre 2018 et 2022 – due à près de 20 000 employés de la CDC. Parallèlement, l’État a annulé en 2024 environ 24 milliards de FCFA de cotisations sociales, allégeant significativement la trésorerie de la CDC.

Au total, 59 milliards de FCFA de dettes fiscales et sociales ont été effacés, contribuant à une transition vers un résultat net positif de 45,4 milliards de FCFA pour l’exercice 2024. Ces efforts ont permis à la CDC de sortir d’une période prolongée de pertes et d’amorcer une trajectoire de stabilisation. Sur le plan de l’investissement et de la modernisation, le gouvernement, représenté par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, a été habilité à signer avec la Standard Chartered Bank de Londres un crédit commercial de 7,1 millions d’euros (environ 4,6 milliards de FCFA) destiné à financer la fourniture et l’installation de nouvelles usines pour la production d’huile de palme, de margarine et de transformation de l’hévéa, filières jugées stratégiques pour diversifier et renforcer l’appareil productif de la CDC.

Cette opération s’inscrit dans un ensemble plus large de financements orchestrés par la Standard Chartered Bank, qui avait déjà sécurisé un crédit acheteur de 71,7 millions d’euros garanti par Bpifrance, portant l’enveloppe totale à près de 78,8 millions d’euros (51,8 milliards FCFA). Destinés à moderniser les unités industrielles de la CDC, ces financements permettront l’installation d’équipements modernes, la valorisation des matières premières locales, la réduction de la dépendance aux importations et la stimulation de l’emploi dans des zones durement touchées.

Des pertes de plus de 800 milliards FCFA pour les entreprises

Dans un rapport sur l’impact économique de la crise anglophone publié en 2022, la Banque mondiale indique que la poursuite du conflit jusqu’en 2025 entraînerait une baisse d’environ 9 % du PIB national. À horizon 2030, la contraction serait encore plus marquée au niveau régional : la richesse produite dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest chuterait d’environ 60 %, tandis que le bien-être des ménages à l’échelle du pays reculerait de plus de 5 %, toujours selon les estimations de la Banque mondiale.

Toujours selon la Banque mondiale, rackets enlèvements contre rançon et assassinats ciblés ont touché des chefs d’entreprise, des salariés et toute personne perçue comme disposant de ressources, notamment dans des villes comme Bamenda, Buea et Kumba, d’après les sources citées dans. Dans plusieurs localités, des opérateurs économiques déclarent devoir verser des contributions informelles pour poursuivre leurs activités ou mener des projets, comme la construction d’un bâtiment, sans être pris pour cible. Ce climat a favorisé la fuite d’acteurs clés du commerce, en particulier des grossistes qui approvisionnaient les marchés locaux. Leur départ a désorganisé les circuits d’approvisionnement et contribué à la hausse des prix à la consommation relevée dans le rapport.

À l’échelle nationale, la combinaison de la perte d’emplois et de ces tensions sur les prix a entraîné une baisse du bien-être des ménages mesuré par la consommation réelle, estimée à –3,4 % en 2019 par rapport à un scénario sans crise. Les grandes unités industrielles et de services n’ont pas été épargnées. Une évaluation gouvernementale citée dans le rapport faisait déjà état, dès 2017, d’une baisse de plus de 30 % des performances des entreprises industrielles et de services installés dans les deux régions.

Le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), devenu Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), estimait pour sa part, à mi-2019, que les pertes de chiffre d’affaires cumulées depuis 2016 atteignaient près de 800 milliards de FCFA dans plusieurs secteurs formels. De nombreuses grandes entreprises ont fermé des unités locales ou gelé leurs projets d’investissement, tandis que celles restées en activité ont dû supporter des dépenses supplémentaires liées à la sécurité.

Selon la Banque mondiale, en 2019, le PIB régional était inférieur d’environ 35,2 % au scénario de référence dans le Nord-Ouest et de 27 % dans le Sud-Ouest. L’écart est jugé plus prononcé dans le Nord-Ouest, région plus enclavée et à dominante rurale. Le Sud-Ouest a bénéficié d’une certaine résilience liée à la présence du secteur pétrolier, préservé par les autorités, et à sa proximité avec Douala, grand pôle économique.

Les agro-industries, centrales dans ces deux régions, évoluent dans ce contexte de désorganisation. La perte de jours de travail, les déplacements de populations et l’insécurité ont contribué à l’effondrement de la productivité dans plusieurs filières, selon le rapport. À l’échelle du pays, ces perturbations se traduisent par une baisse estimée des exportations de 5,3 %, un recul de la consommation finale de 3,4 % et une contraction des investissements de 10,2 % par rapport à la trajectoire attendue sans conflit.

La croissance nationale aurait ainsi pu atteindre 4,5 % en 2019, contre 3,8 % effectivement enregistrés. Le marché du travail constitue un autre canal de transmission du choc économique. La Banque mondiale estime qu’environ 2 millions de travailleurs dans le Sud-Ouest et 1,2 million dans le Nord-Ouest ont été affectés par la crise.

Produits de rente : le Sud-Ouest perd son leadership sur la production du cacao

La crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du SudOuest a donc des répercussions très néfastes sur les filières agricoles et agro-industrielles en général. Cette crise a gravement affecté les produits d’exportation camerounais, notamment les filières cacao, café, banane et huile de palme, en perturbant la production, détruisant les infrastructures (routes, plantations), provoquant la fermeture d’entreprises comme la CDC, et créant un climat d’insécurité qui a réduit drastiquement les exportations et les revenus, avec des pertes se chiffrant en milliards de FCFA pour le secteur agro-industriel.

Particulièrement, pour le cacao et café, les régions anglophones étant des zones de production importantes ; la crise a entraîné une baisse massive de la production et des exportations. Le Sud-Ouest a par exemple perdu son leadership sur la production du cacao de la campagne cacaoyère 2024- 2025. Les données de l’ONCC révèlent d’ailleurs qu’avec seulement 19,9% des achats de fèves au cours de la saison 2024-2025, le Sud-Ouest est de plus en plus menacé sur le podium national de la production cacaoyère par la région du Littoral.

Officiellement, ce dernier bassin de production a enregistré 18,9% des achats de fèves au cours de la dernière campagne, révélant un écart de seulement 1% avec le Sud-Ouest. Pour d’autres produits d’exportation comme les bananes et l’huile de palme, des entreprises majeures comme la Cameroon Development Corporation (CDC) ont vu leurs exportations de bananes chuter de moitié, avec des sites de production réduits, des usines vandalisées et des employés ciblés.

Les conséquences économiques directes étant les pertes en revenus d’exportation (cacao, café) ont été considérables, affectant des milliers d’exploitants agricoles ; la baisse des volumes exportés, notamment pour les produits phares comme le cacao et les bananes ; le ralentissement ou l’arrêt des activités de nombreuses entreprises exportatrices, entraînant une hausse du chômage dans le secteur agricole.

Selon une évaluation de l’impact économique et social de la crise dans les régions anglophones réalisée par la Banque mondiale, cette crise a empêché l’économie camerounaise de profiter pleinement du contexte mondial relativement favorable qui a précédé l’épidémie de COVID-19, et qui comprenait une hausse modérée des prix mondiaux de certains des principaux produits agricoles d’exportation du Cameroun, notamment le cacao, le café et la banane.

Un contexte caractérisé par un modeste rebond des principales exportations agricoles de rente du Cameroun en 2017 et 2018, notamment celles produites dans les deux régions touchées, telles que la banane, le café et le cacao. Toujours selon l’institution de Bretton Woods, le déplacement de populations, la perte de jours de travail et l’effondrement de la productivité de ces secteurs dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ont contribué à une baisse des exportations de 5,3 %, à une baisse de la consommation finale de 3,4 % et à une baisse des investissements de 10,2 % par rapport au scénario de référence.

En conséquence, les performances en matière de croissance ont été inférieures au potentiel, l’emploi s’est contracté et la protection sociale a diminué. La croissance annuelle du PIB aurait été de 4,5 % en 2019, au lieu des 3,8 % enregistrés au cours de cette période. En outre, près de 2 millions de travailleurs dans le Sud-Ouest et 1,2 million de travailleurs dans le Nord-Ouest ont probablement été touchés par la crise.

La fuite des compétences fragilise l’économie du Nord-ouest et du Sud-ouest

L’insécurité persistante dans les régions anglophones du NordOuest et du Sud-Ouest a provoqué un choc humain dont les effets économiques dépassent largement les destructions matérielles visibles. Plus de 580 000 personnes ont été contraintes de se déplacer, souvent de manière pendulaire et temporaire, au gré des épisodes de violence.

Cette mobilité forcée fragilise le marché du travail, désorganise les chaînes de valeur locales et accélère une fuite silencieuse des compétences, au moment même où l’économie nationale en a le plus besoin. Selon le Norwegian Refugee Council (NRC), les incidents violents restreignent directement la capacité des populations à travailler. Les activités de subsistance, le commerce et le fonctionnement des marchés sont régulièrement interrompus.

La conséquence est double : baisse des revenus et renchérissement des denrées de base. Dans ce contexte, les ménages mobilisent toutes les forces disponibles. Filles et garçons s’engagent dans des activités souvent précaires pour soutenir les revenus familiaux. Les femmes se replient majoritairement sur l’agriculture et la vente de nourriture, tandis que les hommes alternent agriculture et petits boulots, endossant un rôle de pourvoyeurs de revenus dans un environnement instable.

Cette insécurité diffuse affecte aussi les segments les plus qualifiés du tissu productif. À Buea, au cœur de Silicon Mountain, l’écosystème numérique camerounais, plusieurs start-ups ont dû renoncer à des contrats internationaux faute de personnel disponible. Churchill Mambe Nanje a ainsi interrompu une mission de marketing digital et remboursé une avance de 1 200 dollars à son client. Le fondateur du moteur de recherche Njorku a, pour les mêmes raisons, décliné un contrat de 8 000 dollars pour le développement d’une application mobile destinée à un client californien.

Ces abandons illustrent une perte de valeur immatérielle : compétences, crédibilité commerciale et opportunités d’exportation de services. La crise sécuritaire, nourrie par les affrontements entre forces de défense et groupes séparatistes revendiquant la création de la République d’Ambazonie, entretient un climat de peur généralisée.

Enlèvements contre rançon, rackets et assassinats ciblés visent employés, entrepreneurs et commerçants perçus comme solvables, notamment à Bamenda, Buea et Kumba. De nombreux acteurs économiques, en particulier les grossistes qui alimentent les marchés, ont quitté les zones à risque, réduisant la productivité des entreprises formelles et informelles.

Pourtant, ces deux régions contribuaient encore à hauteur de 16,3 % du PIB national en 2015, pour une population estimée à 3,5 millions d’habitants. Plus récemment, avec une population évaluée à 3,4 millions d’habitants en 2025, selon l’INS, le Minepat relève que la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest a entraîné, au niveau national, une perte de 0,8 point de croissance du PIB en 2019, puis de 0,3 point en 2020. Ces chocs successifs se traduisent par une perte réelle cumulée de 421,3 milliards de FCFA sur le PIB national entre 2017 et 2020.

Le Sud-Ouest concentre des agro-industries majeures, des activités touristiques et des ressources pétrolières et gazières stratégiques. Le Nord-Ouest repose largement sur l’agriculture, dont la riziculture portée par l’UNVDA.

Selon la Banque mondiale, ces régions assurent une part déterminante des exportations agricoles et de l’emploi rural. La fuite des ressources humaines touche également les services de soutien à la production. Entre 58 % et 90 % des agents de vulgarisation agricole et techniciens vétérinaires auraient quitté leurs zones d’intervention. L’accès aux intrants s’est renchéri, les chaînes d’approvisionnement se sont disloquées et les coûts de transport ont augmenté.

À long terme, cette hémorragie de compétences affaiblit la capacité de rebond des territoires et pèse sur la trajectoire de croissance nationale, bien au-delà des 64 millions de dollars de dégâts matériels déjà recensés.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

S.E. Jean Blaise Gwet remet la question des visas Africains au cœur du débat ,ce qui attire déjà l’intérêt national et international

Published

on

S.E. Jean Blaise Gwet remet la question des visas Africains au cœur du débat ,ce qui attire déjà l’intérêt national et international 
Spread the love

Visas, souveraineté, économie : Jean Blaise Gwet veut changer le regard sur l’Afrique

Jean Blaise Gwet défend une vision fondée sur la souveraineté économique, l’intégration africaine et une nouvelle approche des relations entre l’Afrique et les puissances occidentales.

Pour Jean Blaise Gwet, la question des visas ne se résume pas à une procédure administrative. Elle renvoie également aux rapports entre l’Afrique et le reste du monde, mais aussi à la capacité du continent à renforcer son autonomie économique.

Le président du Mouvement Patriotique pour le Changement du Cameroun (MPCC) défend ainsi une approche articulée autour de plusieurs axes : souveraineté économique, transformation locale des ressources, développement de l’entrepreneuriat, intégration africaine et renforcement des opportunités pour la jeunesse.

Cette vision rejoint sur plusieurs aspects des objectifs déjà inscrits dans les politiques de l’Union africaine, notamment autour de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de l’industrialisation et de la libre circulation des personnes.

 

Pour de nombreux Africains, obtenir un visa pour se rendre en Europe ou en Amérique du Nord peut représenter un parcours long et coûteux.

Dossier financier, justificatifs professionnels, réservation d’hébergement, assurance, lettre d’invitation ou encore rendez-vous consulaire : les exigences peuvent être nombreuses selon la destination et le profil du demandeur.

Dans ses prises de position, Jean Blaise Gwet utilise cette réalité pour poser une question plus large : quelle place l’Afrique occupe-t-elle dans les relations internationales et comment peut-elle réduire certaines formes de dépendance extérieure ?

Son approche consiste notamment à ne pas considérer l’ouverture des frontières occidentales comme l’unique perspective offerte aux populations africaines.

Pour le responsable politique, le développement du continent doit aussi permettre aux Africains de trouver davantage d’opportunités économiques sur leur propre territoire et de renforcer les échanges entre pays africains.

Cette réflexion s’inscrit dans une vision plus globale portée par le MPCC. Le mouvement affirme notamment défendre la libre entreprise, l’égalité des chances, la justice sociale, la sécurité, l’instruction, la protection de l’environnement et le rayonnement du Cameroun.

Derrière les visas, la question de la mobilité des Africains

Le débat sur les visas dépasse la seule question touristique.

La mobilité concerne également les étudiants, les entrepreneurs, les travailleurs, les chercheurs, les investisseurs et les familles.

Pour Jean Blaise Gwet, cette situation doit conduire à s’interroger sur la capacité des Africains à circuler davantage sur leur propre continent.

Cette question n’est d’ailleurs pas étrangère aux institutions africaines.

L’Union africaine a adopté en 2018 un protocole consacré à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement. L’objectif affiché est de favoriser progressivement la mobilité des citoyens africains et de soutenir l’intégration du continent.

Plus récemment, l’Union africaine a encore présenté la libre circulation des personnes comme une composante importante du développement du marché continental, notamment pour les entrepreneurs, les commerçants, les professionnels, les étudiants et les travailleurs.

Le sujet des visas prend donc une dimension plus large : celle de la capacité de l’Afrique à faciliter la circulation de ses propres citoyens.

Souveraineté économique : transformer plutôt que simplement exporter

Le deuxième axe de la réflexion concerne les ressources naturelles.

L’Afrique dispose d’importantes ressources minières, énergétiques et agricoles. Pourtant, une partie importante de son potentiel économique reste liée à l’exportation de matières premières.

Jean Blaise Gwet défend une approche différente : développer davantage la transformation locale afin que la valeur créée par les ressources profite davantage aux économies africaines.

L’idée est relativement simple : ne pas se limiter à extraire et exporter, mais produire, transformer et commercialiser davantage sur place.

Cette logique peut créer plusieurs niveaux d’activité économique.

Une matière première transformée localement nécessite des infrastructures, de la main-d’œuvre, des compétences techniques, des services financiers, des entreprises de transport et des réseaux de distribution.

La transformation industrielle peut ainsi créer davantage de valeur autour d’une même ressource.

Cette orientation rejoint également les objectifs de l’Union africaine, qui cherche à faire évoluer le continent d’un modèle davantage centré sur les matières premières vers des économies capables de développer davantage de valeur ajoutée et de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales et mondiales.

Pour Jean Blaise Gwet, l’Afrique doit produire davantage

La souveraineté économique ne signifie pas nécessairement couper les relations avec les partenaires étrangers.

Elle peut également être comprise comme la volonté de disposer de davantage de capacités de production, de financement et de négociation.

Dans une interview publiée par le MPCC, Jean Blaise Gwet mettait déjà en avant la nécessité d’encourager l’investissement privé et de renforcer l’économie camerounaise. Il évoquait également la possibilité d’une monnaie africaine.

Son discours économique repose ainsi sur plusieurs leviers : investissement, industrialisation, infrastructures, agriculture, emploi et entrepreneuriat.

Dans une autre présentation de son projet, le MPCC met notamment en avant le développement agricole, les infrastructures, la santé, l’éducation, l’industrie et la transformation économique.

L’enjeu consiste donc à faire évoluer progressivement l’économie d’un modèle davantage dépendant des importations et des exportations de produits bruts vers une économie produisant davantage de biens et de services à forte valeur ajoutée.

La ZLECAf au cœur de l’intégration économique africaine

Cette vision rejoint un autre chantier majeur du continent : la Zone de libre-échange continentale africaine.

La ZLECAf vise notamment à faciliter les échanges de biens et de services entre les pays africains, à stimuler les investissements et à développer les chaînes de valeur régionales.

Pour l’Union africaine, cette intégration doit permettre aux entreprises africaines d’accéder à un marché plus vaste et de produire à une échelle supérieure.

L’organisation continentale souligne toutefois que plusieurs obstacles restent à surmonter.

Les infrastructures, les réseaux de transport, l’énergie, les procédures commerciales et l’harmonisation des réglementations constituent notamment des conditions importantes pour faire fonctionner efficacement le marché continental.

L’intégration africaine ne peut donc pas se limiter à la suppression de certaines barrières douanières.

Elle nécessite également des routes, des ports, des chemins de fer, des réseaux énergétiques, des infrastructures numériques et des systèmes financiers capables d’accompagner les échanges.

La jeunesse au centre du projet économique

La question de la jeunesse occupe également une place importante dans le discours de Jean Blaise Gwet.

Dans ses prises de position, il présente les jeunes et les femmes comme des acteurs centraux du développement économique et politique du Cameroun. Il a notamment défendu la mise en place de programmes destinés à favoriser l’emploi des jeunes et des femmes.

Cette question rejoint directement le débat sur la mobilité internationale.

Chaque année, des jeunes Africains cherchent à étudier, travailler ou entreprendre à l’étranger. Mais une autre réponse peut également consister à créer davantage d’opportunités économiques sur le continent.

Formation professionnelle, financement des petites entreprises, accès au marché, industrialisation et développement agricole deviennent alors des éléments essentiels.

L’objectif ne serait pas de supprimer la mobilité internationale, mais de permettre à davantage de jeunes de considérer le départ comme une possibilité parmi d’autres plutôt que comme l’unique perspective économique.

Un projet politique qui dépasse la seule question économique

Le programme du MPCC ne se limite pas aux questions de souveraineté et d’intégration économique.

Le mouvement affirme également défendre la dignité de la personne, la diffusion de la culture et de l’instruction, la libre entreprise, l’État de droit, la justice sociale, le dialogue social et l’égalité des chances.

Il met également en avant la sécurité des personnes et des biens, la protection de l’environnement, l’épanouissement de la famille et la libre administration des collectivités locales.

Jean Blaise Gwet présente ainsi son projet comme une transformation plus large du fonctionnement de l’État et de l’économie camerounaise.

La question centrale devient alors celle de la traduction de ces orientations en politiques publiques concrètes : financement, budgets, infrastructures, formation, administration et mécanismes de suivi.

Le Cameroun comme point d’ancrage d’une ambition africaine

Dans cette vision, le Cameroun occupe une place particulière.

Le pays dispose d’un important potentiel agricole, énergétique et minier, ainsi que d’un marché qui pourrait jouer un rôle dans le développement des échanges en Afrique centrale.

Mais disposer de ressources ne suffit pas à garantir leur transformation en richesse durable.

Il faut également des infrastructures adaptées, de l’électricité, des financements, des compétences, un environnement favorable aux entreprises et des débouchés commerciaux.

C’est précisément sur ces différents leviers que le projet économique présenté par Jean Blaise Gwet insiste.

Le MPCC met notamment en avant la production, la transformation, l’industrialisation et le développement des infrastructures comme moyens de renforcer l’économie et de favoriser la création d’emplois.

De la souveraineté aux résultats : le véritable défi

Le discours sur la souveraineté économique pose des objectifs qui nécessitent des transformations importantes.

Construire des industries suppose de disposer d’une énergie suffisante. Développer les entreprises nécessite des financements. Accroître la production agricole demande des infrastructures, des équipements et des marchés. Exporter davantage de produits transformés exige des réseaux logistiques performants.

Le même défi se retrouve à l’échelle continentale.

L’Union africaine reconnaît elle-même que le processus d’intégration reste confronté à des contraintes structurelles, notamment en matière d’infrastructures, de financement et de libre circulation.

La question n’est donc plus seulement de définir une ambition.

Elle consiste à déterminer comment cette ambition peut être transformée en résultats mesurables pour les citoyens.

Une Afrique plus intégrée comme nouvelle perspective

Au-delà du débat sur les relations avec l’Europe ou l’Amérique du Nord, le message porté par Jean Blaise Gwet place donc l’Afrique elle-même au centre de la réflexion.

L’objectif consiste à renforcer les échanges intra-africains, développer la production locale, transformer davantage les ressources, soutenir les entreprises et faciliter progressivement la circulation des personnes.

Cette orientation correspond également à plusieurs objectifs institutionnels de l’Union africaine.

L’organisation continentale considère la libre circulation, l’intégration économique et la ZLECAf comme des instruments importants pour renforcer les échanges, les investissements et le développement régional.

Le débat sur les visas prend alors une autre dimension.

Derrière la difficulté pour un Africain de se rendre dans certaines destinations internationales se pose aussi une question fondamentale : dans quelle mesure les Africains peuvent-ils circuler, travailler, investir et entreprendre plus facilement sur leur propre continent ?

C’est sur cette articulation entre mobilité, souveraineté économique, industrialisation et intégration africaine que Jean Blaise Gwet cherche à inscrire son discours.

Pour le président du MPCC, l’enjeu est finalement de construire un Cameroun capable de mieux valoriser ses ressources et de s’inscrire dans une Afrique davantage intégrée, productive et connectée à ses propres marchés.

Le débat reste ouvert. Mais une chose est certaine : la question des visas ne peut plus être dissociée des problématiques plus larges de mobilité, d’emploi, de développement économique et de place de l’Afrique dans les échanges internationaux.

 

*Bonne Nouvelle*
_Nous vous prions de trouver L’INTÉGRALITÉ de l’émission sur les plateformes (Facebook & Youtube). Ci-dessous, les liens._

*Youtube* 👇
https://youtu.be/MTfmk6WzG7k?si=SdbUEt_xVP9Vg4zu

*Facebook* 👇
https://web.facebook.com/share/v/1DRunwXuJh

 

Continue Reading

Dernières actualités

CEMAC : On peaufine la mise en place du Système d’information énergétique

Published

on

CEMAC : On peaufine la mise en place du Système d’information énergétique
Spread the love

Au cœur des enjeux de cette concertation de la réunion qui se tient à Libreville au Gabon,, la nécessité de doter l’Afrique Centrale de données énergétiques fiables et harmonisées, indispensables pour une planification efficace et une gouvernance moderne du secteur.

Libreville, la capitale gabonaise abrite du 21 au 25 septembre 2026, une réunion ministérielle de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) consacrée à la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre des Systèmes d’information énergétique nationaux (SIEN). Un événement d’envergure précédé par des travaux d’experts.

Cette rencontre stratégique réunit les ministres de l’énergie des six pays de la CEMAC, l’Union africaine (UA) ainsi que les partenaires techniques et financiers entre autres. Initiée à travers le projet d’Harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre, elle est placée sois le leadership de la Commission de la CEMAC.

Au cœur des enjeux de cette concertation, informe le journal Cameroon Tribune, la nécessité de doter l’Afrique Centrale de données énergétiques fiables et harmonisées, indispensables pour une planification efficace et une gouvernance moderne du secteur. Le journal informe que les attentes majeures de la CEMAC résident dans l’appropriation politique des plans d’action nationaux, l’allocation de ressources budgétaires nationales pérennes et l’adoption d’un dispositif communautaire permettant la mise en place effective du Système d’information énergétique régional.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Attaque terroriste à Madegoua : 9 éléments de Boko Haram neutralisés

Published

on

Attaque terroriste à Madegoua : 9 éléments de Boko Haram neutralisés
Spread the love

Le bilan de la nuit du 16 au 17 septembre 2026 fait état de 14 civils assassinés et de nombreux blessés.

Dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 septembre 2026 aux environs de 2 heures du matin, une dizaine d’éléments de la secte terroriste Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), groupe armé djihadiste affilié à l’organisation Etat islamique ont attaqué des civiles dans la localité de Madegoua, située à 11km de l’arrondissement de Makary, département du Logone-et-Chari dans la région de l’Extrême-Nord.

Selon le communiqué publié par Cyrille Serge Atonfack Guemo, chef de division de la communication au ministère de la Défense (Mindef), l’attaque terroriste a fait 13 civils morts sur le site, 1 quatorzième décédé des suites de ses blessures et 2 autres grièvement blessés et admis en soins intensifs au centre hospitalier de Mada.

«Sur le plan opérationnel, une vaste manœuvre de traque et de ratissage a aussi été lancée, en parfaite coordination avec l’ensemble des forces engagées dans la zone. Un dispositif de sécurisation renforcé demeure maintenu sur place afin de garantir la quiétude des populations et de parer à toute éventualité» renseigne le communiqué.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici