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Crise anglophone : comment les « sauveurs » ont ruiné le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

Plus de 38 milliards de FCFA de pertes pour la CDC depuis 2019
La CDC, première agro-industrie du pays hors administration publique et deuxième employeur national, a payé un tribut très lourd à l’insécurité. Entre 2019 et 2021, ses pertes ont atteint 38,7 milliards de FCFA, tandis que ses effectifs ont chuté de 22 000 à environ 15 000 employés selon la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques (CTR). L’arrêt complet de la filière banane depuis septembre 2018 et le fonctionnement seulement partiel des filières huile de palme et caoutchouc ont fortement comprimé son chiffre d’affaires, qui avait déjà reculé de 60,9 % entre 2016 et 2018. Pamol Plantations Plc, acteur majeur de l’huile de palme dans le Sud-Ouest, n’a pas été épargnée, enregistrant des pertes de 83,9 % de son chiffre d’affaires sur la même période, en grande partie en raison de la fermeture de ses installations face à l’insécurité.
En 2024, l’entreprise affichait un déficit record de 3,8 milliards FCFA, contre 757 millions l’année précédente, conséquence directe de l’arrêt prolongé de ses activités et de l’usure de son outil de production. Face à cette situation qui menaçait non seulement la stabilité économique des zones concernées mais aussi la survie de ces entreprises, le gouvernement camerounais a entrepris une série d’actions concrètes.
Un accord signé le 17 septembre 2025 entre l’État, FedhEn Capital, Société Générale Capital Securities Central Africa, Société Générale Cameroun, CCA Bank et AFG Bank a permis de solder 15,7 milliards de FCFA d’arriérés de salaires – partie d’une dette totale de 35,7 milliards de FCFA accumulée entre 2018 et 2022 – due à près de 20 000 employés de la CDC. Parallèlement, l’État a annulé en 2024 environ 24 milliards de FCFA de cotisations sociales, allégeant significativement la trésorerie de la CDC.
Au total, 59 milliards de FCFA de dettes fiscales et sociales ont été effacés, contribuant à une transition vers un résultat net positif de 45,4 milliards de FCFA pour l’exercice 2024. Ces efforts ont permis à la CDC de sortir d’une période prolongée de pertes et d’amorcer une trajectoire de stabilisation. Sur le plan de l’investissement et de la modernisation, le gouvernement, représenté par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, a été habilité à signer avec la Standard Chartered Bank de Londres un crédit commercial de 7,1 millions d’euros (environ 4,6 milliards de FCFA) destiné à financer la fourniture et l’installation de nouvelles usines pour la production d’huile de palme, de margarine et de transformation de l’hévéa, filières jugées stratégiques pour diversifier et renforcer l’appareil productif de la CDC.
Cette opération s’inscrit dans un ensemble plus large de financements orchestrés par la Standard Chartered Bank, qui avait déjà sécurisé un crédit acheteur de 71,7 millions d’euros garanti par Bpifrance, portant l’enveloppe totale à près de 78,8 millions d’euros (51,8 milliards FCFA). Destinés à moderniser les unités industrielles de la CDC, ces financements permettront l’installation d’équipements modernes, la valorisation des matières premières locales, la réduction de la dépendance aux importations et la stimulation de l’emploi dans des zones durement touchées.
Des pertes de plus de 800 milliards FCFA pour les entreprises
Dans un rapport sur l’impact économique de la crise anglophone publié en 2022, la Banque mondiale indique que la poursuite du conflit jusqu’en 2025 entraînerait une baisse d’environ 9 % du PIB national. À horizon 2030, la contraction serait encore plus marquée au niveau régional : la richesse produite dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest chuterait d’environ 60 %, tandis que le bien-être des ménages à l’échelle du pays reculerait de plus de 5 %, toujours selon les estimations de la Banque mondiale.
Toujours selon la Banque mondiale, rackets enlèvements contre rançon et assassinats ciblés ont touché des chefs d’entreprise, des salariés et toute personne perçue comme disposant de ressources, notamment dans des villes comme Bamenda, Buea et Kumba, d’après les sources citées dans. Dans plusieurs localités, des opérateurs économiques déclarent devoir verser des contributions informelles pour poursuivre leurs activités ou mener des projets, comme la construction d’un bâtiment, sans être pris pour cible. Ce climat a favorisé la fuite d’acteurs clés du commerce, en particulier des grossistes qui approvisionnaient les marchés locaux. Leur départ a désorganisé les circuits d’approvisionnement et contribué à la hausse des prix à la consommation relevée dans le rapport.
À l’échelle nationale, la combinaison de la perte d’emplois et de ces tensions sur les prix a entraîné une baisse du bien-être des ménages mesuré par la consommation réelle, estimée à –3,4 % en 2019 par rapport à un scénario sans crise. Les grandes unités industrielles et de services n’ont pas été épargnées. Une évaluation gouvernementale citée dans le rapport faisait déjà état, dès 2017, d’une baisse de plus de 30 % des performances des entreprises industrielles et de services installés dans les deux régions.
Le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), devenu Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), estimait pour sa part, à mi-2019, que les pertes de chiffre d’affaires cumulées depuis 2016 atteignaient près de 800 milliards de FCFA dans plusieurs secteurs formels. De nombreuses grandes entreprises ont fermé des unités locales ou gelé leurs projets d’investissement, tandis que celles restées en activité ont dû supporter des dépenses supplémentaires liées à la sécurité.
Selon la Banque mondiale, en 2019, le PIB régional était inférieur d’environ 35,2 % au scénario de référence dans le Nord-Ouest et de 27 % dans le Sud-Ouest. L’écart est jugé plus prononcé dans le Nord-Ouest, région plus enclavée et à dominante rurale. Le Sud-Ouest a bénéficié d’une certaine résilience liée à la présence du secteur pétrolier, préservé par les autorités, et à sa proximité avec Douala, grand pôle économique.
Les agro-industries, centrales dans ces deux régions, évoluent dans ce contexte de désorganisation. La perte de jours de travail, les déplacements de populations et l’insécurité ont contribué à l’effondrement de la productivité dans plusieurs filières, selon le rapport. À l’échelle du pays, ces perturbations se traduisent par une baisse estimée des exportations de 5,3 %, un recul de la consommation finale de 3,4 % et une contraction des investissements de 10,2 % par rapport à la trajectoire attendue sans conflit.
La croissance nationale aurait ainsi pu atteindre 4,5 % en 2019, contre 3,8 % effectivement enregistrés. Le marché du travail constitue un autre canal de transmission du choc économique. La Banque mondiale estime qu’environ 2 millions de travailleurs dans le Sud-Ouest et 1,2 million dans le Nord-Ouest ont été affectés par la crise.
Produits de rente : le Sud-Ouest perd son leadership sur la production du cacao

La crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du SudOuest a donc des répercussions très néfastes sur les filières agricoles et agro-industrielles en général. Cette crise a gravement affecté les produits d’exportation camerounais, notamment les filières cacao, café, banane et huile de palme, en perturbant la production, détruisant les infrastructures (routes, plantations), provoquant la fermeture d’entreprises comme la CDC, et créant un climat d’insécurité qui a réduit drastiquement les exportations et les revenus, avec des pertes se chiffrant en milliards de FCFA pour le secteur agro-industriel.
Particulièrement, pour le cacao et café, les régions anglophones étant des zones de production importantes ; la crise a entraîné une baisse massive de la production et des exportations. Le Sud-Ouest a par exemple perdu son leadership sur la production du cacao de la campagne cacaoyère 2024- 2025. Les données de l’ONCC révèlent d’ailleurs qu’avec seulement 19,9% des achats de fèves au cours de la saison 2024-2025, le Sud-Ouest est de plus en plus menacé sur le podium national de la production cacaoyère par la région du Littoral.
Officiellement, ce dernier bassin de production a enregistré 18,9% des achats de fèves au cours de la dernière campagne, révélant un écart de seulement 1% avec le Sud-Ouest. Pour d’autres produits d’exportation comme les bananes et l’huile de palme, des entreprises majeures comme la Cameroon Development Corporation (CDC) ont vu leurs exportations de bananes chuter de moitié, avec des sites de production réduits, des usines vandalisées et des employés ciblés.
Les conséquences économiques directes étant les pertes en revenus d’exportation (cacao, café) ont été considérables, affectant des milliers d’exploitants agricoles ; la baisse des volumes exportés, notamment pour les produits phares comme le cacao et les bananes ; le ralentissement ou l’arrêt des activités de nombreuses entreprises exportatrices, entraînant une hausse du chômage dans le secteur agricole.
Selon une évaluation de l’impact économique et social de la crise dans les régions anglophones réalisée par la Banque mondiale, cette crise a empêché l’économie camerounaise de profiter pleinement du contexte mondial relativement favorable qui a précédé l’épidémie de COVID-19, et qui comprenait une hausse modérée des prix mondiaux de certains des principaux produits agricoles d’exportation du Cameroun, notamment le cacao, le café et la banane.
Un contexte caractérisé par un modeste rebond des principales exportations agricoles de rente du Cameroun en 2017 et 2018, notamment celles produites dans les deux régions touchées, telles que la banane, le café et le cacao. Toujours selon l’institution de Bretton Woods, le déplacement de populations, la perte de jours de travail et l’effondrement de la productivité de ces secteurs dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ont contribué à une baisse des exportations de 5,3 %, à une baisse de la consommation finale de 3,4 % et à une baisse des investissements de 10,2 % par rapport au scénario de référence.
En conséquence, les performances en matière de croissance ont été inférieures au potentiel, l’emploi s’est contracté et la protection sociale a diminué. La croissance annuelle du PIB aurait été de 4,5 % en 2019, au lieu des 3,8 % enregistrés au cours de cette période. En outre, près de 2 millions de travailleurs dans le Sud-Ouest et 1,2 million de travailleurs dans le Nord-Ouest ont probablement été touchés par la crise.
La fuite des compétences fragilise l’économie du Nord-ouest et du Sud-ouest

L’insécurité persistante dans les régions anglophones du NordOuest et du Sud-Ouest a provoqué un choc humain dont les effets économiques dépassent largement les destructions matérielles visibles. Plus de 580 000 personnes ont été contraintes de se déplacer, souvent de manière pendulaire et temporaire, au gré des épisodes de violence.
Cette mobilité forcée fragilise le marché du travail, désorganise les chaînes de valeur locales et accélère une fuite silencieuse des compétences, au moment même où l’économie nationale en a le plus besoin. Selon le Norwegian Refugee Council (NRC), les incidents violents restreignent directement la capacité des populations à travailler. Les activités de subsistance, le commerce et le fonctionnement des marchés sont régulièrement interrompus.
La conséquence est double : baisse des revenus et renchérissement des denrées de base. Dans ce contexte, les ménages mobilisent toutes les forces disponibles. Filles et garçons s’engagent dans des activités souvent précaires pour soutenir les revenus familiaux. Les femmes se replient majoritairement sur l’agriculture et la vente de nourriture, tandis que les hommes alternent agriculture et petits boulots, endossant un rôle de pourvoyeurs de revenus dans un environnement instable.
Cette insécurité diffuse affecte aussi les segments les plus qualifiés du tissu productif. À Buea, au cœur de Silicon Mountain, l’écosystème numérique camerounais, plusieurs start-ups ont dû renoncer à des contrats internationaux faute de personnel disponible. Churchill Mambe Nanje a ainsi interrompu une mission de marketing digital et remboursé une avance de 1 200 dollars à son client. Le fondateur du moteur de recherche Njorku a, pour les mêmes raisons, décliné un contrat de 8 000 dollars pour le développement d’une application mobile destinée à un client californien.
Ces abandons illustrent une perte de valeur immatérielle : compétences, crédibilité commerciale et opportunités d’exportation de services. La crise sécuritaire, nourrie par les affrontements entre forces de défense et groupes séparatistes revendiquant la création de la République d’Ambazonie, entretient un climat de peur généralisée.
Enlèvements contre rançon, rackets et assassinats ciblés visent employés, entrepreneurs et commerçants perçus comme solvables, notamment à Bamenda, Buea et Kumba. De nombreux acteurs économiques, en particulier les grossistes qui alimentent les marchés, ont quitté les zones à risque, réduisant la productivité des entreprises formelles et informelles.
Pourtant, ces deux régions contribuaient encore à hauteur de 16,3 % du PIB national en 2015, pour une population estimée à 3,5 millions d’habitants. Plus récemment, avec une population évaluée à 3,4 millions d’habitants en 2025, selon l’INS, le Minepat relève que la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest a entraîné, au niveau national, une perte de 0,8 point de croissance du PIB en 2019, puis de 0,3 point en 2020. Ces chocs successifs se traduisent par une perte réelle cumulée de 421,3 milliards de FCFA sur le PIB national entre 2017 et 2020.
Le Sud-Ouest concentre des agro-industries majeures, des activités touristiques et des ressources pétrolières et gazières stratégiques. Le Nord-Ouest repose largement sur l’agriculture, dont la riziculture portée par l’UNVDA.
Selon la Banque mondiale, ces régions assurent une part déterminante des exportations agricoles et de l’emploi rural. La fuite des ressources humaines touche également les services de soutien à la production. Entre 58 % et 90 % des agents de vulgarisation agricole et techniciens vétérinaires auraient quitté leurs zones d’intervention. L’accès aux intrants s’est renchéri, les chaînes d’approvisionnement se sont disloquées et les coûts de transport ont augmenté.
À long terme, cette hémorragie de compétences affaiblit la capacité de rebond des territoires et pèse sur la trajectoire de croissance nationale, bien au-delà des 64 millions de dollars de dégâts matériels déjà recensés.
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Finances publiques : Le satisfecit prudent du Fonds Monétaire International

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Christine Dieterich, a séjourné au Cameroun du 29 janvier au 12 février pour mener les entretiens sur la consultation de 2026 au titre de l’article IV des statuts du FMI. Les consultations au titre de l’article IV interviennent annuellement dans tous les pays membres pour examiner les politiques économiques mises en œuvre. C’est pourquoi, même sans être sous-programme avec Fonds Monétaire international, le Cameroun a accueilli cette mission et quasiment tous les hauts responsables du pays en charge des dossiers économiques et des finances publiques lui ont ouvert les portes.
Au terme de cette mission au titre de l’article IV, l’équipe du Fonds monétaire international (FMI) dresse un constat globalement positif de la trajectoire macroéconomique du Cameroun, tout en soulignant l’ampleur des vulnérabilités persistantes. Dans son communiqué de fin de mission, l’institution souligne que « l’économie camerounaise a fait preuve d’une résilience considérable ces dernières années, malgré une succession de chocs externes, mais la croissance économique demeure modérée. Nous prévoyons, indique la cheffe de mission, ́ que la croissance ralentira légèrement en 2025, passant de 3,5 % en 2024 à 3,1 %. Cette prévision tient compte des tensions à la fin de l’année après les élections, qui ont perturbé le commerce, les services et l’investissement, et freiné la demande intérieure. L’inflation a continué de diminuer en 2025, sa moyenne sur 12 mois se modère à 3,4 % er décembre ».
Ce satisfecit n’est pas anodin dans un contexte international marqué par la volatilité des cours des matières premières, le durcissement des conditions financières et les tensions géopolitiques. Selon le FMI, l’économie camerounaise a fait preuve de « résilience face aux chocs extérieurs », grâce notamment à une gestion budgétaire plus prudente et à la poursuite des programmes appuyés par l’institution. La mission note également que la croissance demeure positive et que l’inflation, bien qu’encore élevée, montre des signes de modération.
CONSOLIDATION BUDGÉTAIRE ET MOBILISATION DES RECETTES
Le cœur du satisfecit porte sur la consolidation des finances publiques. Le communiqué souligne que les autorités ont « continué d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures » et de « renforcer la discipline budgétaire ». Cette dynamique est jugée essentielle pour préserver la soutenabilité de la dette et restaurer des marges de manœuvre budgétaires. Toutefois, le FMI insiste sur la nécessité d’« accélérer les réformes visant à élargir l’assiette fiscale et à améliorer l’efficacité de l’administration des impôts et des douanes ».
L’enjeu est double : réduire la dépendance aux recettes pétrolières et financer durablement les priorités sociales et infrastructurelles. La mission appelle également à « poursuivre les efforts pour rationaliser les dépenses et améliorer la qualité de la dépense publique », un point sensible dans un contexte de tensions de trésorerie récurrentes.
DETTE, ARRIÉRÉS ET GOUVERNANCE
Sur le front de la dette, l’institution relève des avancées dans la gestion et la transparence, tout en invitant les autorités à « maintenir une stratégie d’endettement prudente » et à « éviter l’accumulation de nouveaux arriérés ». La réduction des arriérés intérieurs demeure une priorité afin de soutenir la liquidité du secteur privé et de renforcer la crédibilité budgétaire de l’État.
Le communiqué met également l’accent sur la gouvernance et la transparence, considérées comme des leviers déterminants pour améliorer le climat des affaires. Le FMI encourage à « renforcer le cadre de lutte contre la corruption et à accroître la transparence dans la gestion des finances publiques ». Ces recommandations s’inscrivent dans une logique de crédibilisation des politiques publiques vis-à-vis des partenaires techniques et financiers, mais aussi des investisseurs.
RÉFORMES STRUCTURELLES ET SECTEUR FINANCIER
Au-delà des équilibres macroéconomiques, la mission du FMI a insisté sur l’impératif des réformes structurelles. Il appelle à « accélérer la mise en œuvre des réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires, promouvoir la diversification économique et stimuler l’investissement privé ». La diversification reste en effet un chantier central pour réduire la vulnérabilité aux chocs exogènes et créer des emplois durables. Le secteur financier fait également l’objet d’une attention particulière.
Le communiqué souligne la nécessité de « renforcer la stabilité du système bancaire et d’améliorer l’inclusion financière ». Dans un contexte où l’accès au crédit demeure contraint pour de nombreuses PME, la solidité du système bancaire et la qualité de la supervision prudentielle sont des conditions préalables à une croissance plus inclusive.
UN SATISFECIT SOUS CONDITIONS
Si le ton du communiqué est globalement positif, il demeure conditionnel. Le FMI avertit que les perspectives restent exposées à « des risques importants, notamment liés à l’environnement extérieur et aux contraintes internes ». Les tensions sécuritaires, les aléas climatiques et la volatilité des marchés internationaux constituent autant de facteurs susceptibles de fragiliser les acquis. Raison pour laquelle l’institution recommande au autorités Camerounaises de « poursuivre résolument les réformes engagées » et de « renforcer les filets de protection sociale afin d’atténuer l’impact des ajustements sur les populations vulnérables ».
La dimension sociale apparaît ainsi comme un point d’équilibre délicat : filtrer les dépenses publiques sans compromettre les dépenses sociales. Ce satisfecit du FMI valide la trajectoire engagée, mais il ne vaut pas quitus définitif. Il souligne au contraire que la stabilisation macroéconomique doit désormais se traduire par des transformations structurelles plus profondes. La consolidation budgétaire, l’amélioration de la gouvernance, la diversification économique et la protection des plus vulnérables constituent les piliers d’une croissance durable.
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Dr Blaise MOUSSA : « L’eau est un facteur de paix ou de tension, selon la manière dont elle est gérée »

Défis Actuels : Monsieur le Président, le 23ᵉ Congrès international de l’AAEA vient de s’achever à Yaoundé. Quel regard portez-vous sur ces quatre jours de travaux ?
Blaise Moussa : Je ressens avant tout une profonde satisfaction, mais aussi une responsabilité renforcée. Yaoundé a été, durant quatre jours, la capitale africaine de la réflexion stratégique sur l’eau et l’assainissement. Ce Congrès n’était pas un simple rendez-vous institutionnel. Il a été conçu comme un espace de solutions, d’innovation et d’engagement concret. Les échanges ont été riches, parfois exigeants, mais toujours orientés vers l’action. C’est exactement ce dont notre continent a besoin aujourd’hui.
Défis Actuels : Le thème retenu, « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique » était ambitieux. A-t-il trouvé un contenu réel ?
Blaise Moussa : Absolument. Ce thème n’était pas un slogan. Il a servi de fil conducteur à l’ensemble des travaux. Les six grands axes du Congrès ont permis d’aborder toute la chaîne de valeur : de la protection de la ressource jusqu’au service à l’usager, en passant par la gouvernance, le financement, la recherche et l’innovation. Le message est clair : nous n’avons plus le luxe des diagnostics répétitifs. Les solutions existent. Ce qui est attendu, ce sont des décisions courageuses et des mises en œuvre rapides.
Défis Actuels : Justement, quels enseignements majeurs ressortent de ces six grands axes ?
Blaise Moussa : Le premier enseignement est que la durabilité commence à la source. Sans gestion intégrée des ressources en eau, sans protection des bassins versants et sans anticipation des effets du changement climatique, aucun système ne tiendra dans la durée. Le second est que la performance des services dépend moins des infrastructures que de la qualité du management, des compétences humaines et de la gouvernance. Enfin, l’assainissement ne peut plus rester le parent pauvre du secteur. Collecter ne suffit plus : il faut traiter, valoriser et intégrer ces services dans une logique d’économie circulaire.
Défis Actuels : Le Congrès a été présenté comme « orienté solutions ». En quoi s’est-il distingué des éditions précédentes sur ce point ?
Blaise Moussa : La différence tient à l’approche. Nous avons volontairement réduit la place des constats généraux pour privilégier les retours d’expériences opérationnels, les outils concrets et les modèles reproductibles. Chaque Track devait répondre à une question simple : qu’est-ce qui fonctionne, dans quel contexte, et à quelles conditions ? Cette orientation a permis de rapprocher chercheurs, exploitants, collectivités et investisseurs autour d’un même objectif : transformer la connaissance en action. C’est une évolution majeure pour l’AAEA.
Défis Actuels : La question climatique a été omniprésente. L’Afrique est-elle suffisamment armée face à ce défi ?
Blaise Moussa : L’Afrique est en première ligne, alors qu’elle contribue très peu aux émissions mondiales. Les sécheresses, les inondations, la variabilité des ressources mettent nos systèmes sous pression. Le Congrès a montré que la résilience climatique doit être intégrée dès la conception des infrastructures, mais aussi dans la gestion quotidienne des services. Cela suppose des données fiables, des outils de modélisation, et surtout une planification à long terme. Nous devons sortir de la logique de réaction pour entrer dans celle de l’anticipation.
Défis Actuels : Peut-on affirmer que l’eau et l’assainissement sont désormais perçus comme des secteurs économiques à part entière ?
Blaise Moussa : Oui, et c’est une évolution essentielle. Longtemps considérés uniquement comme des secteurs sociaux, l’eau et l’assainissement sont aujourd’hui reconnus comme des piliers de la compétitivité économique. Ils conditionnent la santé des populations, l’attractivité des territoires, le développement industriel et la sécurité alimentaire. Le Congrès a clairement montré que chaque dollar investi dans l’eau génère des retombées multiples, en termes de croissance, d’emplois et de stabilité sociale. C’est un message fort adressé aux ministères des finances et aux décideurs économiques.
Défis Actuels : La question du financement revient constamment. Où en est-on réellement ?
Le financement reste un nœud critique. Les besoins sont immenses, mais les ressources publiques sont limitées. Le Congrès a confirmé la nécessité de diversifier les mécanismes : financements concessionnels, partenariats public-privé, financements locaux, et amélioration de la performance financière des opérateurs. Un point a été très clairement posé : sans amélioration du recouvrement des factures et sans maîtrise des pertes, aucun modèle n’est viable. La crédibilité financière est une condition préalable pour attirer les investisseurs.
Défis Actuels : Les collectivités locales ont été très présentes, notamment à travers le Forum des maires. Quel message en retenez-vous ?
Blaise Moussa : Nous en retenons un message très fort, à savoir que les villes sont aujourd’hui en première ligne. L’urbanisation rapide, la gestion des déchets solides et liquides, l’assainissement non collectif sont des défis quotidiens pour les maires. Les expériences partagées, notamment sur la gestion participative et le recyclage, montrent que des solutions locales existent. Mais elles nécessitent un soutien politique clair, des financements adaptés et une forte mobilisation citoyenne.
Défis Actuels : Les collectivités locales semblent réclamer plus de responsabilités. Le secteur est-il prêt à cette décentralisation accrue ?
Blaise Moussa : La décentralisation est une opportunité, mais elle doit être accompagnée. Les maires ont démontré leur capacité d’innovation et leur connaissance fine des réalités locales. Toutefois, cela suppose un transfert effectif de compétences, des ressources financières adaptées et un appui technique constant. Le Congrès a montré que les approches intercommunales et les projets intégrés offrent des perspectives très prometteuses, à condition que l’État joue pleinement son rôle de stratège et de garant.
Défis Actuels : Quel rôle le secteur privé africain peut-il jouer dans cette transformation ?
Blaise Moussa : Un rôle déterminant. Le secteur privé africain est porteur d’innovations, de solutions techniques adaptées et de capacités d’investissement. Les forums d’affaires et les rencontres B2B organisés à Yaoundé ont montré un intérêt croissant pour les partenariats avec les opérateurs publics. Mais ces partenariats doivent être équilibrés, transparents et fondés sur des objectifs de performance clairs. L’enjeu n’est pas de privatiser l’eau, mais de mobiliser toutes les compétences disponibles au service de l’intérêt général.
Défis Actuels : S’agissant toujours d’impact, quel rôle jouent les grandes institutions financières africaines dans cette dynamique ?
Blaise Moussa : Elles jouent un rôle structurant. Au-delà des financements, elles produisent aujourd’hui un savoir stratégique : diagnostics sectoriels, analyses de performance, appui aux réformes. Ce Congrès a montré que la relation entre les opérateurs, les États et les bailleurs évolue vers plus d’exigence, mais aussi plus de partenariat. C’est une évolution saine.
Défis Actuels : Le Congrès a aussi accordé une place importante aux femmes et aux jeunes. Pourquoi cet accent ?
Parce que l’inclusion n’est pas un slogan, c’est une condition de performance. Les femmes jouent un rôle central dans la gestion de l’eau au niveau des ménages, mais restent sous-représentées dans les postes techniques et décisionnels. Quant aux jeunes, ils portent l’innovation, notamment numérique et climatique. Les exclure, c’est se priver de solutions. Donner du pouvoir, des ressources et de la visibilité aux femmes et aux jeunes, c’est renforcer la résilience du secteur.

Défis Actuels : L’innovation et le numérique ontils réellement trouvé leur place dans les débats ?
Blaise Moussa : Oui, très clairement. L’intelligence artificielle, l’analyse des données, les outils intelligents de gestion des réseaux ne sont plus des concepts lointains. Ils sont déjà utilisés pour réduire les pertes, améliorer la qualité de service et optimiser les coûts. Le Congrès a permis de montrer que l’Afrique n’est pas seulement consommatrice d’innovations, mais aussi productrice de solutions adaptées à ses réalités.
Défis Actuels : En tant que Directeur général de Camwater, qu’avez-vous retenu pour le Cameroun ?
Blaise Moussa : Le Cameroun a beaucoup appris de ce Congrès. Les visites techniques ont montré des avancées concrètes, mais aussi les défis à relever. Pour Camwater, cela renforce notre engagement à améliorer la qualité de service, à réduire les pertes, à moderniser nos outils et à renforcer les compétences de nos équipes. Le partage d’expériences avec d’autres opérateurs africains est extrêmement précieux.
Défis Actuels : Quel héritage souhaitez-vous laisser en tant que Président sortant du Congrès de l’AAEA ?
Blaise Moussa : Je souhaite que Yaoundé reste dans les mémoires comme un tournant. Un moment où l’AAEA a affirmé sa maturité et son rôle de plateforme panafricaine de solutions. Nous avons renforcé les partenariats entre opérateurs, encouragé le partage d’expertise et placé la question de l’action concrète au centre. Yaoundé ne doit pas rester un événement ; Yaoundé doit devenir un mouvement.
Défis Actuels : La passation à votre successeur pour le Congrès de 2028 s’est faite dans un esprit de continuité. Un mot sur l’avenir de l’AAEA ?
Blaise Moussa : L’AAEA est une institution solide, portée par des femmes et des hommes engagés. La transition s’inscrit dans une dynamique de continuité et de renforcement. Les prochaines étapes, notamment Dakar 2028, devront capitaliser sur les acquis de Yaoundé et aller encore plus loin dans l’opérationnalisation des engagements.
Défis Actuels : Peut-on dire que l’Afrique est en train de reprendre la main sur son agenda de l’eau ?
Oui, et c’est l’un des signaux les plus encourageants de ce Congrès. L’Afrique ne veut plus seulement diagnostiquer ses problèmes. Elle veut produire et partager ses solutions. Cela passe par des politiques publiques cohérentes, des opérateurs performants, des partenariats équilibrés et une gouvernance responsable.
Défis Actuels : Quel message adressez-vous aux décideurs politiques africains à l’issue de ce Congrès ?
Blaise Moussa : Je leur dirais ceci : l’eau et l’assainissement sont des sujets politiques au sens noble du terme. Ils touchent à la dignité humaine, à la santé publique et à la stabilité sociale. Investir dans ce secteur, ce n’est pas une charge, c’est un levier de développement et de paix. Les choix faits aujourd’hui détermineront la trajectoire de nos pays pour les décennies à venir.
Défis Actuels : Au-delà des aspects techniques, peut-on dire que l’eau est devenue un enjeu de souveraineté et de stabilité en Afrique ?
Blaise Moussa : Sans aucun doute. L’eau est un facteur de paix ou de tension, selon la manière dont elle est gérée. Les ressources transfrontalières, les bassins partagés et les pressions climatiques exigent une coopération renforcée entre États. Le Congrès a rappelé que la sécurité hydrique est indissociable de la sécurité tout court. Investir dans l’eau, renforcer la gouvernance et promouvoir le dialogue régional, c’est contribuer directement à la stabilité du continent.
Défis Actuels : Un dernier mot pour conclure ?
L’eau est plus qu’une ressource. Elle est un droit, un facteur de cohésion et un moteur de développement. Yaoundé a montré que l’Afrique a les compétences, les idées et la capacité d’innover. À nous maintenant de transformer ces atouts en résultats concrets pour nos populations. C’est à cette condition que nous pourrons parler, sans détour, d’eau et d’assainissement pour tous.
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Port de Douala : les formalités atteignent 180 000 FCFA par camion

Le port de Douala est invité à mettre en place des mécanismes de dénonciation des pratiques illicites (numéros verts, plateformes anonymes) ; renforcer les contrôles internes et la responsabilisation des agents de même qu’ accélérer la dématérialisation. Ce sont les principales recommandations d’une enquête réalisée dans l’enceinte portuaire pour évaluer l’efficacité des procédures de transit, d’importation, de dédouanement et d’enlèvement.
Ce travail mené par l’Observatoire régional des pratiques anormales (OPA) en 2024 a révélé que la dématérialisation est encore incomplète sur la place portuaire de Douala. « Bien que des plateformes numériques existent (GUCE, CAMCIS), leur adoption est partielle. Des procédures comme l’émission du Titre de transit ou la Lettre de Voiture Internationale (LVI) comportent encore des étapes physiques », commente l’étude. Ces contacts physiques entre les acteurs favorisent des paiements illicites décriés par environ 20 à 30 % des Commissionnaires Agrées en Douane interrogés à différentes étapes. Autre constat effectué par l’enquête est que les délais et les coûts restent élevés. Les délais pour la levée de caution, la pose de balises GPS, le traitement SGS, etc sont « majoritairement jugés supérieurs à la normale » selon cette enquête. La durée moyenne du processus de sortie portuaire se situe à 8 jours, le temps de séjour des camions dans le port à 3 jours en moyenne. Quant aux coûts, les formalités diverses peuvent parfois atteindre 180 000 FCFA par camion d’après l’enquête, avec des paiements élevés pour les pesages et GPS.
Ce travail a été réalisé dans le cadre du Programme d’appui à la gouvernance des infrastructures régionales et nationales en Afrique centrale (PAGIRN), financé par l’Union Européenne. Les principaux objectifs étaient d’identifier les blocages dans le processus de dédouanement et de transit ; évaluer la performance des institutions impliquées (Douanes, PAD, GUCE, RTC, etc.) ; recueillir les perceptions des Commissionnaires agréés en Douane et proposer des recommandations concrètes pour fluidifier le transit des marchandises. La même enquête a été effectuée au port de Kribi.
Jean-Yves Massouka, chef de la cellule Facilitation des échanges PAD
« Cette étude vise à réduire les actes de corruption présumés et des faux frais sur la place portuaire »
« Nous avons cru devoir apporter un accompagnement significatif à l’Observatoire des pratiques anormales sur les principaux corridors d’Afrique centrale, pour que non seulement il ait l’ensemble des informations à communiquer, mais également l’ensemble des instruments qui ont été mis à disposition pour faciliter et rendre davantage pertinent cette étude. La place portuaire de Douala-Bonabéri est en train de finaliser son système d’informations portuaires, qui va permettre effectivement de capter l’ensemble des informations, que ce soit des armateurs, que ce soit des consignataires ou aconiers pour que ces informations soient circonscrites dans un module unique et à la disposition des autres parties prenantes. Donc le système d’informations portuaires sera totalement opérationnel d’ici le mois de septembre de l’année 2026 courant, et il y aura donc une dématérialisation totale et effective de la plateforme portuaire de Douala-Bonabéri. N’étant pas dans un environnement idéal et exempt de tout dysfonctionnement, il y a souvent des actes de corruption présumés et des faux frais, comme cela s’entend souvent dans le jargon de facilitation des échanges qui sont identifiés dans la place portuaire de Douala-Bonabéri et dans les autres places portuaires. C’est la raison même de l’opportunité de cette importante étude qui vise effectivement à réduire à sa portion la plus congrue ces dysfonctionnements et de sorte que la plateforme portuaire de Douala-Bonabéri soit la plus fluide et la plus linéaire possible en termes d’importation, d’exploitation et de transit, de cargaison et de marchandise. »
Albert ETOUNDI, pdt du Syndicat National des transitaires, acconiers et consignataires
« Si tout est dématérialisé, on aura trouvé les solutions à tous les problèmes »
« Ce sont des pratiques qui sont initiées par les différents opérateurs avec lesquels le commissionnaire en douane est en contact. À savoir, la douane, les forces de police, vous avez également des contrôles routiers. Au niveau des commissionnaires en douane, nous avons beaucoup de problèmes. Il y a des problèmes de travail extra-légal qui surgissent à chaque coup. Lorsqu’on veut sortir une marchandise, il faut payer ceci, il faut payer cela. Nous avons effectivement des problèmes au niveau des formalités. Mais la loi des finances de 2024, a autorisé que les déclarations d’importation ne soient faites que par les seuls commissionnaires en douane agréés. C’est déjà une avancée. Les marchandises ne vont plus attendre longtemps pour faire une déclaration à la douane avant de la valider. Et ensuite, tout est en train d’être mis en œuvre par le processus de dématérialisation des procédures. Vous savez, quand on dématérialise, la dématérialisation enlève le contact physique. On ne peut plus voir celui qui est en train de traiter votre dossier. On introduit un dossier à la douane, on attend le dossier à la sortie, c’est-à-dire pour avoir un bon de sortie de mise sur camion et que le camion s’en aille vers le corridor. Donc si tout est dématérialisé, je crois qu’on aura trouvé les solutions à tous les problèmes qui se posent. »
Pierre Guillaume BOUM BISSAI, représentant Cemac
« Sur recommandation de l’observatoire, la Cemac a déjà crée la Brigade Mixte Cemac »
« L’Observatoire des Pratiques Anormales est né de la nécessité de disposer d’indicateurs objectifs pour alimenter les politiques communautaires visant à renforcer la fluidité des échanges économiques et consolider notre intégration sous-régionale. Il s’inscrit dans le cadre de la démarche communautaire, décidée par les Chefs d’Etat, visant à donner corps à une véritable libre circulation des biens et des personnes à travers l’interconnexion des infrastructures de transport, l’intégration physique, et la fluidification des échanges. Sur la base des recommandations de l’observatoire, la Cemac a d’ores et déjà crée la Brigade Mixte Cemac, en cours d’opérationnalisation dans les Etats-membres, et sur laquelle nous fondons beaucoup d’espoirs. Cette avancée est un produit concret du travail de l’OPA. De la même manière, avec l’appui de nos partenaires de l’Union européenne, nous travaillons déjà sur la mise en place d’un Observatoire Régional des Transports (ORT) et d’une gestion optimisée des corridors, dans le cadre de partenariat public-privé. »
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