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Crise anglophone : comment les « sauveurs » ont ruiné le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

Plus de 38 milliards de FCFA de pertes pour la CDC depuis 2019
La CDC, première agro-industrie du pays hors administration publique et deuxième employeur national, a payé un tribut très lourd à l’insécurité. Entre 2019 et 2021, ses pertes ont atteint 38,7 milliards de FCFA, tandis que ses effectifs ont chuté de 22 000 à environ 15 000 employés selon la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques (CTR). L’arrêt complet de la filière banane depuis septembre 2018 et le fonctionnement seulement partiel des filières huile de palme et caoutchouc ont fortement comprimé son chiffre d’affaires, qui avait déjà reculé de 60,9 % entre 2016 et 2018. Pamol Plantations Plc, acteur majeur de l’huile de palme dans le Sud-Ouest, n’a pas été épargnée, enregistrant des pertes de 83,9 % de son chiffre d’affaires sur la même période, en grande partie en raison de la fermeture de ses installations face à l’insécurité.
En 2024, l’entreprise affichait un déficit record de 3,8 milliards FCFA, contre 757 millions l’année précédente, conséquence directe de l’arrêt prolongé de ses activités et de l’usure de son outil de production. Face à cette situation qui menaçait non seulement la stabilité économique des zones concernées mais aussi la survie de ces entreprises, le gouvernement camerounais a entrepris une série d’actions concrètes.
Un accord signé le 17 septembre 2025 entre l’État, FedhEn Capital, Société Générale Capital Securities Central Africa, Société Générale Cameroun, CCA Bank et AFG Bank a permis de solder 15,7 milliards de FCFA d’arriérés de salaires – partie d’une dette totale de 35,7 milliards de FCFA accumulée entre 2018 et 2022 – due à près de 20 000 employés de la CDC. Parallèlement, l’État a annulé en 2024 environ 24 milliards de FCFA de cotisations sociales, allégeant significativement la trésorerie de la CDC.
Au total, 59 milliards de FCFA de dettes fiscales et sociales ont été effacés, contribuant à une transition vers un résultat net positif de 45,4 milliards de FCFA pour l’exercice 2024. Ces efforts ont permis à la CDC de sortir d’une période prolongée de pertes et d’amorcer une trajectoire de stabilisation. Sur le plan de l’investissement et de la modernisation, le gouvernement, représenté par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, a été habilité à signer avec la Standard Chartered Bank de Londres un crédit commercial de 7,1 millions d’euros (environ 4,6 milliards de FCFA) destiné à financer la fourniture et l’installation de nouvelles usines pour la production d’huile de palme, de margarine et de transformation de l’hévéa, filières jugées stratégiques pour diversifier et renforcer l’appareil productif de la CDC.
Cette opération s’inscrit dans un ensemble plus large de financements orchestrés par la Standard Chartered Bank, qui avait déjà sécurisé un crédit acheteur de 71,7 millions d’euros garanti par Bpifrance, portant l’enveloppe totale à près de 78,8 millions d’euros (51,8 milliards FCFA). Destinés à moderniser les unités industrielles de la CDC, ces financements permettront l’installation d’équipements modernes, la valorisation des matières premières locales, la réduction de la dépendance aux importations et la stimulation de l’emploi dans des zones durement touchées.
Des pertes de plus de 800 milliards FCFA pour les entreprises
Dans un rapport sur l’impact économique de la crise anglophone publié en 2022, la Banque mondiale indique que la poursuite du conflit jusqu’en 2025 entraînerait une baisse d’environ 9 % du PIB national. À horizon 2030, la contraction serait encore plus marquée au niveau régional : la richesse produite dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest chuterait d’environ 60 %, tandis que le bien-être des ménages à l’échelle du pays reculerait de plus de 5 %, toujours selon les estimations de la Banque mondiale.
Toujours selon la Banque mondiale, rackets enlèvements contre rançon et assassinats ciblés ont touché des chefs d’entreprise, des salariés et toute personne perçue comme disposant de ressources, notamment dans des villes comme Bamenda, Buea et Kumba, d’après les sources citées dans. Dans plusieurs localités, des opérateurs économiques déclarent devoir verser des contributions informelles pour poursuivre leurs activités ou mener des projets, comme la construction d’un bâtiment, sans être pris pour cible. Ce climat a favorisé la fuite d’acteurs clés du commerce, en particulier des grossistes qui approvisionnaient les marchés locaux. Leur départ a désorganisé les circuits d’approvisionnement et contribué à la hausse des prix à la consommation relevée dans le rapport.
À l’échelle nationale, la combinaison de la perte d’emplois et de ces tensions sur les prix a entraîné une baisse du bien-être des ménages mesuré par la consommation réelle, estimée à –3,4 % en 2019 par rapport à un scénario sans crise. Les grandes unités industrielles et de services n’ont pas été épargnées. Une évaluation gouvernementale citée dans le rapport faisait déjà état, dès 2017, d’une baisse de plus de 30 % des performances des entreprises industrielles et de services installés dans les deux régions.
Le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), devenu Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), estimait pour sa part, à mi-2019, que les pertes de chiffre d’affaires cumulées depuis 2016 atteignaient près de 800 milliards de FCFA dans plusieurs secteurs formels. De nombreuses grandes entreprises ont fermé des unités locales ou gelé leurs projets d’investissement, tandis que celles restées en activité ont dû supporter des dépenses supplémentaires liées à la sécurité.
Selon la Banque mondiale, en 2019, le PIB régional était inférieur d’environ 35,2 % au scénario de référence dans le Nord-Ouest et de 27 % dans le Sud-Ouest. L’écart est jugé plus prononcé dans le Nord-Ouest, région plus enclavée et à dominante rurale. Le Sud-Ouest a bénéficié d’une certaine résilience liée à la présence du secteur pétrolier, préservé par les autorités, et à sa proximité avec Douala, grand pôle économique.
Les agro-industries, centrales dans ces deux régions, évoluent dans ce contexte de désorganisation. La perte de jours de travail, les déplacements de populations et l’insécurité ont contribué à l’effondrement de la productivité dans plusieurs filières, selon le rapport. À l’échelle du pays, ces perturbations se traduisent par une baisse estimée des exportations de 5,3 %, un recul de la consommation finale de 3,4 % et une contraction des investissements de 10,2 % par rapport à la trajectoire attendue sans conflit.
La croissance nationale aurait ainsi pu atteindre 4,5 % en 2019, contre 3,8 % effectivement enregistrés. Le marché du travail constitue un autre canal de transmission du choc économique. La Banque mondiale estime qu’environ 2 millions de travailleurs dans le Sud-Ouest et 1,2 million dans le Nord-Ouest ont été affectés par la crise.
Produits de rente : le Sud-Ouest perd son leadership sur la production du cacao

La crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du SudOuest a donc des répercussions très néfastes sur les filières agricoles et agro-industrielles en général. Cette crise a gravement affecté les produits d’exportation camerounais, notamment les filières cacao, café, banane et huile de palme, en perturbant la production, détruisant les infrastructures (routes, plantations), provoquant la fermeture d’entreprises comme la CDC, et créant un climat d’insécurité qui a réduit drastiquement les exportations et les revenus, avec des pertes se chiffrant en milliards de FCFA pour le secteur agro-industriel.
Particulièrement, pour le cacao et café, les régions anglophones étant des zones de production importantes ; la crise a entraîné une baisse massive de la production et des exportations. Le Sud-Ouest a par exemple perdu son leadership sur la production du cacao de la campagne cacaoyère 2024- 2025. Les données de l’ONCC révèlent d’ailleurs qu’avec seulement 19,9% des achats de fèves au cours de la saison 2024-2025, le Sud-Ouest est de plus en plus menacé sur le podium national de la production cacaoyère par la région du Littoral.
Officiellement, ce dernier bassin de production a enregistré 18,9% des achats de fèves au cours de la dernière campagne, révélant un écart de seulement 1% avec le Sud-Ouest. Pour d’autres produits d’exportation comme les bananes et l’huile de palme, des entreprises majeures comme la Cameroon Development Corporation (CDC) ont vu leurs exportations de bananes chuter de moitié, avec des sites de production réduits, des usines vandalisées et des employés ciblés.
Les conséquences économiques directes étant les pertes en revenus d’exportation (cacao, café) ont été considérables, affectant des milliers d’exploitants agricoles ; la baisse des volumes exportés, notamment pour les produits phares comme le cacao et les bananes ; le ralentissement ou l’arrêt des activités de nombreuses entreprises exportatrices, entraînant une hausse du chômage dans le secteur agricole.
Selon une évaluation de l’impact économique et social de la crise dans les régions anglophones réalisée par la Banque mondiale, cette crise a empêché l’économie camerounaise de profiter pleinement du contexte mondial relativement favorable qui a précédé l’épidémie de COVID-19, et qui comprenait une hausse modérée des prix mondiaux de certains des principaux produits agricoles d’exportation du Cameroun, notamment le cacao, le café et la banane.
Un contexte caractérisé par un modeste rebond des principales exportations agricoles de rente du Cameroun en 2017 et 2018, notamment celles produites dans les deux régions touchées, telles que la banane, le café et le cacao. Toujours selon l’institution de Bretton Woods, le déplacement de populations, la perte de jours de travail et l’effondrement de la productivité de ces secteurs dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ont contribué à une baisse des exportations de 5,3 %, à une baisse de la consommation finale de 3,4 % et à une baisse des investissements de 10,2 % par rapport au scénario de référence.
En conséquence, les performances en matière de croissance ont été inférieures au potentiel, l’emploi s’est contracté et la protection sociale a diminué. La croissance annuelle du PIB aurait été de 4,5 % en 2019, au lieu des 3,8 % enregistrés au cours de cette période. En outre, près de 2 millions de travailleurs dans le Sud-Ouest et 1,2 million de travailleurs dans le Nord-Ouest ont probablement été touchés par la crise.
La fuite des compétences fragilise l’économie du Nord-ouest et du Sud-ouest

L’insécurité persistante dans les régions anglophones du NordOuest et du Sud-Ouest a provoqué un choc humain dont les effets économiques dépassent largement les destructions matérielles visibles. Plus de 580 000 personnes ont été contraintes de se déplacer, souvent de manière pendulaire et temporaire, au gré des épisodes de violence.
Cette mobilité forcée fragilise le marché du travail, désorganise les chaînes de valeur locales et accélère une fuite silencieuse des compétences, au moment même où l’économie nationale en a le plus besoin. Selon le Norwegian Refugee Council (NRC), les incidents violents restreignent directement la capacité des populations à travailler. Les activités de subsistance, le commerce et le fonctionnement des marchés sont régulièrement interrompus.
La conséquence est double : baisse des revenus et renchérissement des denrées de base. Dans ce contexte, les ménages mobilisent toutes les forces disponibles. Filles et garçons s’engagent dans des activités souvent précaires pour soutenir les revenus familiaux. Les femmes se replient majoritairement sur l’agriculture et la vente de nourriture, tandis que les hommes alternent agriculture et petits boulots, endossant un rôle de pourvoyeurs de revenus dans un environnement instable.
Cette insécurité diffuse affecte aussi les segments les plus qualifiés du tissu productif. À Buea, au cœur de Silicon Mountain, l’écosystème numérique camerounais, plusieurs start-ups ont dû renoncer à des contrats internationaux faute de personnel disponible. Churchill Mambe Nanje a ainsi interrompu une mission de marketing digital et remboursé une avance de 1 200 dollars à son client. Le fondateur du moteur de recherche Njorku a, pour les mêmes raisons, décliné un contrat de 8 000 dollars pour le développement d’une application mobile destinée à un client californien.
Ces abandons illustrent une perte de valeur immatérielle : compétences, crédibilité commerciale et opportunités d’exportation de services. La crise sécuritaire, nourrie par les affrontements entre forces de défense et groupes séparatistes revendiquant la création de la République d’Ambazonie, entretient un climat de peur généralisée.
Enlèvements contre rançon, rackets et assassinats ciblés visent employés, entrepreneurs et commerçants perçus comme solvables, notamment à Bamenda, Buea et Kumba. De nombreux acteurs économiques, en particulier les grossistes qui alimentent les marchés, ont quitté les zones à risque, réduisant la productivité des entreprises formelles et informelles.
Pourtant, ces deux régions contribuaient encore à hauteur de 16,3 % du PIB national en 2015, pour une population estimée à 3,5 millions d’habitants. Plus récemment, avec une population évaluée à 3,4 millions d’habitants en 2025, selon l’INS, le Minepat relève que la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest a entraîné, au niveau national, une perte de 0,8 point de croissance du PIB en 2019, puis de 0,3 point en 2020. Ces chocs successifs se traduisent par une perte réelle cumulée de 421,3 milliards de FCFA sur le PIB national entre 2017 et 2020.
Le Sud-Ouest concentre des agro-industries majeures, des activités touristiques et des ressources pétrolières et gazières stratégiques. Le Nord-Ouest repose largement sur l’agriculture, dont la riziculture portée par l’UNVDA.
Selon la Banque mondiale, ces régions assurent une part déterminante des exportations agricoles et de l’emploi rural. La fuite des ressources humaines touche également les services de soutien à la production. Entre 58 % et 90 % des agents de vulgarisation agricole et techniciens vétérinaires auraient quitté leurs zones d’intervention. L’accès aux intrants s’est renchéri, les chaînes d’approvisionnement se sont disloquées et les coûts de transport ont augmenté.
À long terme, cette hémorragie de compétences affaiblit la capacité de rebond des territoires et pèse sur la trajectoire de croissance nationale, bien au-delà des 64 millions de dollars de dégâts matériels déjà recensés.
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Cameroun-Tchad : Les douanes se concertent pour aplanir les difficultés liées aux flux de marchandises

Les douanes camerounaise et tchadienne se sont une nouvelle fois concertées, le 2 juin dernier à Yaoundé. Une concertation qui rentre dans le cadre de l’accord d’assistance administratif mutuelle de deux administrations sœurs et qui s’inscrit dans la continuité des engagements et de la volonté commune des administrations douanières de consolider leur partenariat stratégique afin d’améliorer durablement la gestion des flux commerciaux entre nos deux pays.
Comme l’a précisé Edwin Fongod Nuvaga, le directeur général des Douanes du Cameroun, il est question de « faire du corridor Cameroun-Tchad, un espace de transit plus sûr, plus fluide, plus transparent et plus compétitif, au bénéfice de nos États, de nos opérateurs économiques et de l’intégration sous régionale ». Mais pour aboutir à cet objectif, il faut d’abord aplanir un certain nombre de difficultés qui plombent la fluidité du flux des marchandises sur ce corridor Tchad-Cameroun.
Et, ce sont ces difficultés qui ont constitué les problématiques sur la table des discussions au cours de la concertation du 2 juin dernier à Yaoundé. Il s’agit notamment, du renforcement de l’interconnexion et de l’échange des données entre les deux systèmes informatiques douaniers ; le suivi et la traçabilité des marchandises en transit sur le corridor Cameroun–Tchad ; les difficultés liées aux transbordements, aux ruptures de charge, aux titres de transit non apurés ainsi qu’à la localisation effective des marchandises appellent une réflexion commune en vue de renforcer la sécurisation des opérations de transit, de préserver l’intégrité de la chaîne logistique et de garantir un apurement efficace des régimes douaniers.
Mais également, la question de l’harmonisation des exigences documentaires et de la dématérialisation des pièces jointes aux titres de transit ; le commerce transfrontalier entre Kousseri et N’Djamena, dont l’importance économique ne cesse de croître.
Les flux de marchandises acquises sur le marché camerounais et destinées à la consommation au Tchad soulèvent des questions liées à leur traçabilité, à leur encadrement douanier ainsi qu’à la préservation des intérêts fiscaux de nos deux États. Et enfin, la problématique des conteneurs à destination du Tchad en séjour prolongé dans les plateformes logistiques de Douala et Kribi.
LES SOLUTIONS ENVISAGÉES PAR LA DOUANE CAMEROUNAISE
Face à ce chapelet de difficultés, le DG des Douanes camerounaises a apporté des esquisses de solutions. Notamment, réduire les asymétries d’information entre les deux administrations ; améliorer la prise en charge des opérations de transit ; renforcer la prévisibilité des procédures pour les opérateurs économiques et préserver l’intégrité de la chaîne logistique entre les ports camerounais et le territoire tchadien.
« A cet égard, l’interconnexion entre CAMCIS et SYDONIA World demeure un chantier prioritaire. Elle doit permettre d’organiser un échange plus fluide, plus sécurisé et plus exploitable des données douanières, en particulier pour les opérations d’expédition levées à Kousseri à destination de N’Djaména, ainsi que pour les titres de transit émis depuis Douala ou Kribi. Cette exigence est d’autant plus importante que la qualité de l’information conditionne directement la qualité du contrôle », a expliqué Edwin Fongod Nuvaga.
Pour la DGD du Cameroun, la question des documents commerciaux attachés aux T1 devra également recevoir une attention soutenue. Car, estime-t-il, « La fiabilité des titres de transit dépend, en grande partie, de la cohérence entre les déclarations, les connaissements, les factures, les listes de colisage et les informations effectivement constatées à destination. Toute discordance non traitée fragilise la confiance entre les Administrations et ouvre des marges de risque qu’il nous revient collectivement de réduire ».
Il trouve par conséquent « qu’une descente de terrain à Douala, notamment au Port autonome de Douala, sur le site d’allotissement des cargaisons en transit et au point d’apposition des GPS, ainsi qu’au check point de Yassa, présente un intérêt particulier. Elle permettra d’apprécier, sur pièces et sur place, les réalités opérationnelles du dispositif de prise en charge et de sécurisation des cargaisons en transit ».
S’agissant du transit non conventionnel, le DGD explique qu’elle « appelle une approche concertée, réaliste et encadrée. Il importe de clarifier les opérations concernées, les bureaux compétents, les documents à dématérialiser, les habilitations à accorder, les responsabilités respectives des services, ainsi que les mécanismes d’apurement et de suivi ».
Et pour ce qui est de la lutte contre la contrebande sur les bords du fleuve Logone, elle constitue, pour la douane camerounaise, « une priorité opérationnelle. Elle suppose un échange d’alertes plus réactif, une meilleure coordination entre les services de surveillance de Kousseri et de N’Djaména, ainsi qu’un circuit clair de saisine, de traitement et de compte rendu des interventions. La coopération douanière ne doit pas rester institutionnelle ; elle doit être immédiatement mobilisable sur le terrain », dira le DGD du Cameroun.
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UCB ouvre une usine de 100 milliards FCFA pour produire des boissons en canettes

Depuis quelques jours, les consommateurs fréquentant plusieurs grandes surfaces de Douala ont certainement constaté une évolution majeure dans l’offre de l’Union camerounaise de brasseries (UCB). Sa principale boisson alcoolisée, la Kadji Beer, est désormais proposée en canettes de 50 cl et de 33 cl. Cette nouvelle présentation concerne également la boisson sans alcool Spécial Pamplemousse et la boisson énergisante KiQ, toutes deux disponibles au format 33 cl.
Cette arrivée sur le marché de la canette coïncide avec l’entrée en exploitation de la nouvelle usine construite sur le site de la Kadji Sports Academy (KSA), dans la périphérie de Douala. Cette unité, dont le chantier a été lancé en 2023, a nécessité un investissement estimé à environ 100 milliards de FCFA et dispose d’une capacité annuelle de production de deux millions d’hectolitres.
C’est cette infrastructure qui sous-tend l’ambition du groupe Kadji de partir à la conquête du marché de la boisson en canettes. « L’Union camerounaise de brasseries (UCB) lance la mise en service de la première ligne de sa nouvelle brasserie ultramoderne, située dans le département du Moungo, à la frontière des régions du Littoral et du Sud-Ouest. Cet important investissement de plusieurs milliards de francs CFA traduit la confiance inébranlable de l’UCB et du groupe Kadji dans le potentiel du Cameroun, ainsi que leur engagement en faveur de l’industrialisation nationale. Dès sa première année d’exploitation, cette usine permettra de doubler la capacité de production de l’UCB. Les premiers produits issus de cette ligne de fabrication, à savoir les canettes de Kadji Beer en formats 50 cl et 33 cl, ainsi que Spécial Pamplemousse et KiQ au format 33 cl, sont déjà disponibles sur le marché », peut-on lire dans un communiqué publié le 6 juin 2026 par le groupe Kadji.
UNE NOUVELLE USINE PENSÉE AUSSI POUR L’EXPORTATION
Au-delà de la seule diversification des formats, la nouvelle unité du Moungo constitue un outil de développement industriel destiné à accompagner les ambitions régionales de l’entreprise. D’après des sources proches du dossier, le conditionnement en canettes présente un avantage logistique important pour les expéditions vers les marchés extérieurs, les emballages métalliques étant moins fragiles que les bouteilles en verre et facilitant ainsi le transport sur de longues distances. Cette recherche d’efficience se reflète également dans les choix technologiques opérés pour équiper l’usine et garantir une production de qualité constante.
À ce sujet, le groupe Kadji indique en effet que « équipée des technologies brassicoles les plus récentes, l’usine intègre des systèmes d’optimisation énergétique et de réduction des émissions, avec des équipements de brassage, de filtration et de fermentation conçus pour garantir une qualité constante, la même qui a valu à Kadji Beer la médaille d’or aux Monde Selection Awards en 2024 ».
Parallèlement, le groupe met en avant sa volonté de s’inscrire dans les priorités économiques nationales, notamment en matière de valorisation des matières premières locales. Selon l’entreprise, « la mise en service de cette unité permettra également d’utiliser du malt de sorgho produit localement, contribuant ainsi au développement de la filière agricole dans la région de l’Extrême-Nord, conformément à la politique de substitution aux importations encouragée par les pouvoirs publics ».
UCB souligne également l’impact social attendu de ce nouvel investissement. Le brasseur affirme que le projet devrait générer, à terme, plus de 800 emplois directs et 1 000 emplois indirects, principalement au profit des populations des localités environnantes.
UN SEGMENT DEVENU INCONTOURNABLE POUR LES BRASSEURS
L’entrée d’UCB dans le conditionnement en canettes répond à une évolution des habitudes de consommation observée depuis plusieurs années au Cameroun. Ce format est particulièrement recherché lors des cérémonies et des grands rassemblements populaires, où sa praticité et sa facilité de transport en font un produit privilégié. Pendant longtemps, cette demande a largement bénéficié aux importations, parfois réalisées en dehors des circuits officiels.
Les professionnels du secteur dénoncent régulièrement les arrivées de boissons en provenance notamment du Nigeria et de la Guinée équatoriale, qui alimentent le marché local. Cette situation avait déjà conduit le leader du secteur, la Société anonyme des boissons du Cameroun (SABC), à adapter son dispositif industriel. En 2016, l’entreprise évaluait les importations frauduleuses de bières en canettes à environ 300 000 hectolitres, pour une valeur proche de 12 milliards de FCFA.
L’année suivante, la filiale camerounaise du groupe Castel avait mis en service, dans son usine de Ndokoti à Douala, une ligne de conditionnement en canettes représentant un investissement annoncé de 3 milliards de FCFA. L’arrivée d’UCB sur ce créneau traduit donc la volonté du groupe Kadji de capter une partie d’une demande qui était jusque-là satisfaite par les importations, puis progressivement absorbée par l’offre locale de la SABC. Elle marque également une nouvelle étape dans la concurrence qui anime le marché brassicole camerounais, où le format canette est désormais devenu un segment stratégique.
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Protection sociale : la Mutuelle nationale du budget couvre ses membres contre la maladie et les accidents

Pour Flore Goma, directeur du Comité national de gestion de la Munab, la signature des contrats avec les compagnies d’assurance ouvre de nouveaux horizons pour la mutuelle. « La Mutuelle nationale du budget (Munab) franchit une étape décisive de son histoire. Elle entre résolument dans une dynamique de modernité. Nous considérons cette cérémonie non pas comme une fin en soi, mais comme le début d’une nouvelle étape, une étape faite de responsabilité accrue, d’exigence de résultats et d’amélioration continue de nos services », a-t-elle déclaré dans son allocution de circonstance.
C’est en effet, Cyrill Edou Alo’o, directeur général du Budget et président de l’Assemblée générale de la Munab, qui a procédé à la signature de ces contrats les compagnies BeLife Insurance et Chanas Assurance, le jeudi 4 juin 2026 à Yaoundé au siège de la Mutuelle. Le président de l’Assemblée générale de la Munab a ancré ces contrats dans une logique de performance publique. Pour lui, un agent protégé travaille mieux. « La performance institutionnelle est indissociable du bien-être des ressources humaines. Aucun système, aussi performant soit-il, ne peut produire des résultats durables lorsque les femmes et les hommes qui le portent évoluent dans un climat d’incertitude, de stress et de précarité sociale », a-t-il soutenu.
Il a rappelé ce que font concrètement les agents concernés — élaboration des budgets, suivi de leur exécution, analyse des performances publiques, programmation pluriannuelle des dépenses, maîtrise des équilibres macroéconomiques — pour étayer l’argument. Il est évident que « ces missions exigent une grande rigueur intellectuelle, une capacité d’analyse soutenue, une forte résistance à la pression ainsi qu’un sens élevé de responsabilité. » Des agents sous pression permanente, dit-il, ont besoin de savoir que leur famille est prise en charge si quelque chose arrive.
La signature de ce jour, dans son esprit, dépasse le cadre syndical ou social. « Ces contrats d’assurance participent à la construction d’une administration plus résiliente, plus performante et mieux préparée à accompagner les ambitions de développement de notre pays », a affirmé Cyrill Edou Alo’o.
En outre, il a tenu à parler d’exécution, adressant des mises en garde directes aux deux compagnies retenues. « La confiance qui vous est accordée aujourd’hui crée un engagement et des attentes fortes. Une assurance n’a de véritable valeur que lorsqu’elle répond présente au moment où le bénéficiaire en a le plus besoin. C’est dans ces moments décisifs que se mesure la pertinence d’un partenariat et que se construit la confiance des assurés », leur a-t-il dit. Aux mutualistes, il a tenu un discours de responsabilité partagée. « La solidarité et la protection sociale ne peuvent fonctionner durablement que dans un climat de confiance, de discipline et de responsabilité partagée. Chacun doit être conscient que les comportements individuels ont des conséquences collectives », a-t-il rappelé, demandant à chaque bénéficiaire de respecter les procédures et d’éviter toute sollicitation injustifiée des mécanismes de prise en charge.
Le comité national de gestion et ses bureaux régionaux ont reçu une mission de suivi quotidien. Le directeur général leur a assigné un rôle d’interface entre les adhérents et les compagnies, avec obligation de maintenir un dialogue permanent, d’accompagner les mutualistes dans leurs démarches et de signaler les dysfonctionnements. « La qualité du suivi qui sera assurée dans les mois et les années à venir constituera l’un des facteurs déterminants de la réussite de cette opération », a-t-il prévenu.
Flore Goma a rappelé d’où venait tout cela. L’histoire commence le 1er février 2025, lors d’une Assemblée générale extraordinaire. Ce jour-là, la mutuelle décide de lancer une consultation pour couvrir ses membres sur trois volets distincts. Seize mois plus tard, les contrats sont signés. Neuf compagnies ont soumissionné pour la police d’assurance maladie, sept pour les accidents individuels, cinq pour les frais funéraires. Les offres ont été passées au crible selon des critères que Flore Goma a détaillés un à un : qualité des garanties, capacité financière des assureurs, expérience dans la gestion des produits de couverture sociale, proximité avec les bénéficiaires, célérité dans le traitement des dossiers, rapport qualité-prix.
Au bout du processus, deux noms émergent. BeLife Insurance remporte le lot 1, l’assurance maladie, en devançant huit concurrents — Chanas, SAR, AXA, Zénith, Activa, SIA, Atlantic et Alliance. Chanas Assurance s’adjuge les deux lots suivants. Pour les accidents individuels, elle devance BeLife, SAR, Zénith, Activa, SIA et Atlantic. Pour les frais funéraires, elle écarte Zénith, Activa et Atlantic.
Sur l’étendue des garanties négociées, Flore Goma a tenu à lever toute ambiguïté. « Même les maladies et les états physiques les plus complexes ont été pris en compte dans nos conventions. C’est le cas de l’hypertension artérielle, du diabète, du cancer, de l’insuffisance rénale, de la paralysie partielle, du VIH », a-t-il affirmé. Un effort de couverture que la MUNAB présente comme une avancée concrète par rapport à ce qui existait jusqu’ici.
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