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revirement au Tribunal de première et grande instance de Dschang

L’on apprend qu’il est demandé à l’universitaire de prendre des dispositions pour procéder à l’enterrement de son épousé.
Lire ici le texte de Cedric Kake, qui est un compte rendu de l’affaire Professeur Christian Fouelefack du lundi 26 janvier 2026 :
Appelée à 14h10 minutes, toute l’accusation est absente (les deux avocats et la famille de la défunte).
Le Président du Tribunal demande au Pr Fouelefack s’il a été contacté par le Directeur de l’hôpital régional annexe de Dschang afin d’entrer en possession de la dépouille de son épouse pour enterrer. (Surprise dans la salle). Le Professeur Fouelefack répond par la négation en expliquant qu’il n’a pas reçu une notification écrite dans ce sens pour l’instant.
Le Président du Tribunal précise qu’il avait été contacté par le directeur de l’hôpital régional annexe de Dschang bien longtemps avant les fêtes de fin d’année qui lui avait dit que la dépouille de dame Ndontsa était en état de décomposition. Il dit au Pr Fouelefack qu’il doit savoir que la dépouille de son épouse n’est pas scellée. Qu’il peut voir avec le régisseur de la Prison principal de Dschang comment prendre les dispositions pour aller enterrer son épouse.
Le Pr Fouelefack dit qu’il ne comprend pas ce qui se passe. Que le Procureur de la République lui avait dit dans son bureau le lundi 29 avril 2024 que le corps de son épouse était scellé et qu’il ne pouvait pas procéder à son enterrement prévu le 4 mai, raison pour laquelle tout avait été renvoyé.
Le Pr Fouelefack demande au Président du tribunal ce qui a changé entre temps ? Comment et avec quel document notifié aurait il pu engager une telle démarche alors qu’il est incarcéré et poursuivi?
Le Président du tribunal répond qu’il est désormais libre d’écrire dans ce sens au régisseur à l’effet d’être accompagné pour aller enterrer son épouse. (Surprise dans la salle)
Après ce dialogue,
Le Président du tribunal demande où est l’accusation dans la salle ?
Une avocate qui était dans la salle pour un autre dossier se présente et dit porter le message de Me Djiaha Antoine de Bafoussam qui serait malade. Elle dit au Président que son confrère souffre de paludisme. (Rires dans la salle)
Elle demande le renvoie en indiquant que son confrère affirme disposer d’éléments nouveaux qu’il présentera à la prochaine audience. Elle supplie le président de ne pas se précipiter dans un tel dossier qui demande d’avoir tous les éléments à disposition avant de se prononcer. Elle estime qu’un tel dossier demande qu’on prenne tout son temps.
Ras le bol de Me Sokeng Sandrine avocate de la défense qui rappelle que depuis le mois de juillet 2025 on renvoi pour les mêmes motifs et que chaque nouveau avocat de l’accusation invente des motifs pour revendiquer le renvoi de l’affaire au lieu de vouloir avancer dans l’affaire.
Querelles d’avocats.
Le Président du tribunal demande au ministère public quelles sont les raisons du précédent renvoi.
Le Procureur de la République répond qu’il voit écrit sur le dossier, production du listing téléphonique de l’accusé et réquisitions.
Le Président du tribunal demande s’il dispose désormais du listing téléphonique.
Le procureur répond par la négative.
Le Président demande si le Procureur pense que le tribunal peut se passer de ce listing.
Le procureur répond par l’affirmative.
NB: le listing téléphonique est bel et bien dans le dossier depuis l’information judiciaire et toutes les parties en disposent.
Me Sokeng Sandrine (avocate de l’accusé) s’offusque du comportement de l’accusation absente. Elle demande au tribunal de prendre enfin ses responsabilités et de cesser de céder aux caprices de l’accusation qui manifestement ne veut pas que son client soit jugé en multipliant des fallacieux prétextes pour demander des renvois à toutes les audiences. Elle affirme que Me Djiaha Antoine son confrère n’est pas malade et est entrain de plaider ses dossiers à la cour d’appel de Bafoussam au même moment. Elle affirme que son absence, ainsi que celle de Me Kenfack son collègue de l’accusation ne peuvent empêcher le tribunal d’avancer. Que s’il avait été de bonne foi, il l’aurait appelé pour lui dire qu’il ne pourrait pas être là. Elle demande au tribunal de faire avancer cette procédure.
Le Président du tribunal demande au procureur combien de temps il lui faut pour ses réquisitions intermédiaires.
30 secondes répond le Procureur de la République.
Le Président du tribunal dit que dans ce cas que ce soit maintenant où la prochaine fois, il ne voit pas de différence. Il préfère que l’avocat qui dit avoir d’éléments nouveaux soit là afin que la procédure avance normalement.
Il prononce le renvoi pour lundi 2 février 2026 malgré la protestation de l’avocate inconnue qui demande un renvoi plus lointain.
PS: Procès de la honte, c’était un renvois ferme , maintenant on recommence. Repose en paix 🪦 blanche
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8 816 milliards FCFA de budget, mais où passe réellement l’argent de l’État ?

Alors que le budget de l’État camerounais atteint 8 816,4 milliards de francs CFA en 2026, contre 3 746,6 milliards en 2015, l’économiste et responsable politique Louis-Marie Kakdeu s’interroge sur l’utilisation des ressources publiques.
Dans une chronique consacrée à la gestion des finances publiques, il pointe le poids de la dette, les dépenses de fonctionnement, les risques de corruption et les difficultés d’exécution des investissements.
Intitulée « Cameroun : où va l’argent de l’État ? », cette analyse met en débat l’efficacité de la dépense publique, au-delà de la progression des enveloppes budgétaires. Pour son auteur, l’augmentation des ressources mobilisées par l’État ne se traduit pas suffisamment par des infrastructures et des services publics à la hauteur des attentes des populations.
Lire la chronique de Louis Marie Kakdeu :
Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?
En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ? L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.
1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays
L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.
2. Fonctionnement et masse salariale
En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’État ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).
3. Les détournements de deniers publics en hausse
Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalés et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.
Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun.
L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers. Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite !
Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP). Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.
Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.
4. Les soldes engagées non décaissées
L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.
Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice. Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants.
Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.
En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense. Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.
Courage à nous ! Pour ne pas rater mes prochaines chroniques, abonnez-vous et partagez autour de vous !
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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INTERPOL sollicité pour renforcer la sécurité aux frontières des six pays d’Afrique centrale

En marge de la 6e session du Conseil des chefs de police d’Afrique centrale à Yaoundé, le Président de la Commission CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o et le président d’INTERPOL Lucas Philippe ont tenu une audience sur la libre circulation, la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’équipement des frontières.
La sécurité au cœur de l’intégration. En marge de la 6ᵉ session ordinaire du Conseil des chefs de police d’Afrique Centrale à Yaoundé, consacrée au renforcement de la lutte contre la criminalité transfrontalière, le président de l’Organisation Internationale de Police Criminelle (INTERPOL), Monsieur Lucas Philippe, en visite de travail au Cameroun, a accordé une audience officielle au Président de la Commission de la CEMAC, S.E. Baltasar Engonga Edjo’o.
Cette rencontre institutionnelle a permis de faire le point sur les enjeux stratégiques de la libre circulation au sein de l’espace CEMAC, tout en abordant le financement prioritaire des infrastructures, telles que les postes-frontières juxtaposés.
Les échanges ont également mis l’accent sur le renforcement de la sécurité frontalière, qui a fait l’objet d’un plaidoyer ciblé du président de la Commission auprès de l’OIPC-INTERPOL, notamment à travers l’équipement en lecteurs de passeports biométriques.
L’objectif est clair : concilier fluidité et sécurité. Alors que la CEMAC promeut la libre circulation des personnes et des biens, la porosité des frontières alimente trafics, terrorisme et criminalité organisée.
De même, l’accompagnement de la Communauté dans la création de corps de police dédiés aux frontières et la formation spécialisée des personnels ont été sollicités, en vue de dynamiser la coopération et d’assurer la fluidité des échanges intracommunautaires.
Une coopération qui pourrait se traduire par un appui technique d’INTERPOL, l’accès à ses bases de données et le renforcement des capacités des polices frontalières des six États membres.
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le gouvernement active son dispositif d’urgence sanitaire après un cas confirmé au Nigeria

Le gouvernement camerounais active la stratégie de crise sanitaire pour prévenir une éventuelle importation de la maladie sur le territoire national.
Le Nigeria, pays voisin du Cameroun, a confirmé le 20 octobre dernier son premier cas de la maladie à virus Ebola, souche bundibugyo. Il s’agit d’une diplomate venue de l’Ouganda et qui a été prise en charge dans un hôpital privé à Abuja. Ce cas a permis d’identifier 44 cas contacts. Et les autorités ont renforcé la surveillance sanitaire ainsi que des contrôles aux frontières. Au Cameroun voisin, l’heure est à l’activation des mesures d’urgence pour prévenir l’importation de la maladie.
Le 2 octobre dernier, le Premier ministre, chef du gouvernement, a réuni les autorités sanitaires en vue de l’évaluation de la situation liée à cette épidémie. Au cours de la réunion qu’il a présidée dans son cabinet à Yaoundé, Joseph Dion Ngute a tenu à savoir ce que le département ministériel chargé de la santé a déjà fait au moment où l’épidémie est aux portes du Cameroun, juste au Nigeria.
D’après le ministre de la Santé publique au sortir de cette rencontre, le Cameroun n’enregistre à date aucun cas suspect. Il est question d’assurer la préparation aux événements de santé publique avant leur arrivée. Parce que lorsque les mesures suivent la crise, celle-ci coûte plus cher, a-t-il confié aux médias.
Après cette réunion à l’immeuble Étoile à Yaoundé, le ministre de la Santé publique préside une autre rencontre de crise ce jeudi au centre de coordination des opérations d’urgence de santé publique à Yaoundé. La réunion permettra de faire une évaluation du niveau de préparation du pays face à une éventuelle entrée du virus Ebola. Cette évaluation aboutira à des mesures à prendre pour mettre à niveau la stratégie de riposte. Au sortir de cette réunion, le ministre Malachie Manaouda entend multiplier des rencontres à d’autres niveaux, en l’occurrence au niveau des entrées du pays.
Présent au Nigeria, le virus Ebola fait déjà des ravages dans d’autres pays d’Afrique. Le plus grand foyer se trouve en République démocratique du Congo où les autorités déclarent 9 952 cas confirmés dont 4 602 décès au 19 octobre 2026. Le virus est aussi présent en Ouganda, au Kenya. Comme le Cameroun, le Bénin aussi multiplie des réunions pour préparer la riposte.
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