Actualités locales
Quand les querelles institutionnelles menacent le projet sportif

Dans le football camerounais, l’absurde semble parfois mieux organisé que la performance. Alors que les Lions indomptables sont censés avancer vers la CAN 2025 avec ambition et sérénité, la réalité administrative raconte une tout autre histoire.
D’un côté, Marc Brys continue de percevoir normalement son salaire de sélectionneur, pris en charge par le ministère des Sports. Mieux encore, le technicien belge aurait également bénéficié d’une prime liée à la CAN 2025, preuve que l’État, lui, n’a pas rompu le fil financier.
De l’autre côté, David Pagou et l’ensemble de son staff technique travaillent sans contrat, sans salaire et sans garantie. Non pas par négligence personnelle, mais parce qu’un bras de fer institutionnel oppose, une fois de plus, le Ministère des Sports à la FECAFOOT. Le premier renvoie désormais la responsabilité financière vers la Fédération, sommée de payer elle-même un encadrement qu’elle n’a pourtant pas officiellement engagé.
Résultat : un staff technique livré à l’incertitude, coincé entre deux institutions qui se disputent le pouvoir mais fuient la responsabilité.
Cette gestion à deux vitesses interroge profondément. Comment justifier qu’un sélectionneur soit pleinement rémunéré pendant que ses collaborateurs directs exercent sans contrat ? Comment bâtir un projet sportif cohérent lorsque la hiérarchie financière elle-même est fracturée ?
Le problème n’est plus seulement administratif. Il est politique, structurel et symbolique. Il révèle un football camerounais où les décisions se prennent dans les bureaux, mais dont les conséquences se paient sur le terrain.
À force de conflits d’autorité, c’est l’essence même de la sélection nationale qui se dilue. Les Lions indomptables ne peuvent avancer durablement quand leurs dirigeants tirent chacun dans une direction opposée.
Une vérité s’impose : le Cameroun ne manque ni de talents ni d’ambition, mais de clarté, de cohérence et de responsabilité.
Sans cela, les primes continueront de tomber… mais les résultats, eux, resteront incertains.
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Un exploit historique en tant qu’entraîneur

Un an après l’autre, les portes de la Ligue des champions s’ouvrent aux techniciens africains. Mais cette fois, un homme vient de franchir une frontière symbolique. Yaya Touré est devenu le premier entraîneur africain à conduire un club jusqu’à la phase de groupes de la prestigieuse compétition européenne. Une première qui donne une autre dimension à la reconversion de l’ancien milieu de terrain ivoirien.
Une première qui dépasse le simple résultat
Il y a des qualifications qui valent plus que les trois points ou qu’un passage au tour suivant. Celle obtenue par Yaya Touré avec le Slovan Bratislava appartient à cette catégorie. En venant à bout de Celje, les Slovaques se sont imposés 2-1 au match retour et 3-2 sur l’ensemble des deux rencontres. Un résultat qui offre au technicien ivoirien bien davantage qu’un billet pour la suite de la compétition : une place dans l’histoire.
Car avant lui, aucun entraîneur africain n’avait réussi à franchir tous les tours de qualification pour installer un club en phase de groupes de la Ligue des champions. Le Nigérian Ndubuisi Emmanuel Egbo avait déjà ouvert une brèche en 2020 avec le KF Tirana, devenant le premier technicien africain à diriger une équipe dans la compétition. Mais son parcours s’était arrêté lors des qualifications.
Touré, lui, vient de franchir l’obstacle qui manquait encore à cette histoire.
De la légende du terrain à un nouveau défi
Cette réussite prend une saveur particulière lorsqu’on regarde le parcours de Yaya Touré. L’Ivoirien n’arrive pas sur un banc comme un technicien anonyme. Son nom appartient déjà à l’histoire du football européen. Passé notamment par le FC Barcelone et Manchester City, il a connu les plus grandes soirées continentales comme joueur.
Le voilà désormais de l’autre côté de la ligne de touche.
Cette transition n’était pourtant pas gagnée d’avance. Être une grande figure du vestiaire ne garantit rien une fois assis sur le banc. La connaissance du haut niveau doit se transformer en choix tactiques, en gestion des hommes, en capacité à maintenir une équipe sous pression. La qualification du Slovan Bratislava constitue donc un premier signal particulièrement fort.
Elle montre surtout que Touré n’est pas venu chercher un simple rôle honorifique dans sa nouvelle carrière.
Une qualification qui change déjà son statut
Pour une première expérience comme entraîneur principal, difficile de rêver meilleure vitrine. La Ligue des champions expose immédiatement un technicien à un niveau d’exigence hors norme. Chaque décision est scrutée, chaque erreur peut coûter cher, tandis que les adversaires disposent souvent de moyens supérieurs.
Le Slovan Bratislava aura désormais l’occasion de mesurer son projet à ce qui se fait de mieux en Europe. Pour Touré, cette campagne sera autant un défi sportif qu’un examen grandeur nature.
C’est là que commence réellement son histoire sur les bancs. La qualification est un exploit, mais elle ne doit pas devenir une fin en soi. Le plus difficile sera désormais de confirmer.
L’Afrique des bancs attend aussi son grand tournant
L’exploit de Yaya Touré possède enfin une portée qui dépasse son propre parcours. Pendant longtemps, les anciens grands joueurs africains ont davantage été attendus comme des ambassadeurs, des consultants ou des adjoints que comme de véritables patrons techniques capables de s’imposer au plus haut niveau européen.
Touré vient bousculer cette perception.
Son parcours pourrait inspirer une nouvelle génération d’anciens internationaux africains désireux de se lancer dans le métier d’entraîneur. La question n’est plus seulement de savoir si les techniciens africains peuvent atteindre les grands bancs européens, mais s’ils peuvent y construire une véritable légitimité.
Le premier chapitre est désormais écrit. Et il porte la signature de Yaya Touré.
Une histoire à poursuivre
Cette qualification restera quoi qu’il arrive une étape majeure de sa carrière d’entraîneur. Mais elle ouvre surtout une question passionnante : jusqu’où Yaya Touré peut-il aller ?
L’ancien maestro de Manchester City a déjà réussi là où aucun technicien africain n’était allé avant lui. Il lui reste maintenant à démontrer que cette première historique n’est pas un coup d’éclat, mais le début d’une véritable aventure sur les bancs du football européen.
Yaya Touré est entré dans l’histoire. À lui, désormais, d’écrire la suite.
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Jean-Pierre Bekolo pose la question qui dérange sur la responsabilité de l’État

Le cinéaste camerounais Jean-Pierre Bekolo appelle à ne pas réduire les féminicides à un simple phénomène de société et invite à replacer la responsabilité de l’État, de la police et de la justice au centre du débat sur les violences faites aux femmes.
Dans une tribune consacrée aux meurtres de femmes, Jean-Pierre Bekolo estime que la multiplication des références aux « féminicides » peut conduire à diluer la question de la responsabilité institutionnelle.
« FÉMINICIDE : ATTENTION À NE PAS DÉPOLITISER LE CRIME
À force de parler des « féminicides » comme d’un phénomène de société, ne risque-t-on pas de faire disparaître ceux qui ont la responsabilité de maintenir l’ordre dans la société ?
Une femme assassinée est d’abord victime d’un meurtre, donc d’un crime.
Et face au crime, une société organisée doit d’abord vérifier si ses institutions fonctionnent : police, justice, parquet, services sociaux, dispositifs de protection.
Le meurtre peut avoir des causes sociales. Mais sa prévention et sa répression relèvent aussi d’une responsabilité politique et institutionnelle.
Il revient à l’État de prévenir les meurtres liés aux violences sexistes, de poursuivre leurs auteurs et de rendre compte de ses défaillances lorsqu’il n’a pas protégé une victime pourtant connue comme étant en danger.
La catégorie « féminicide » permet-elle toujours de mieux comprendre et combattre le crime, ou peut-elle parfois déplacer la responsabilité du terrain politique et institutionnel vers celui, beaucoup plus vague, de « la société » ? »
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un prêtre camerounais retrouvé mort dans sa chambre en Italie

Il s’agit du père François Emmanuel Boock, prêtre du diocèse d’Ezeka. Son corps sans vie a été retrouvé dans sa chambre à Vérone, en Italie ce jeudi 27 août 2026.
Diocèse d’Eseka en deuil. Actu Cameroun apprend l’annonce du décès de l’abbé François Emmanuel Boock, prêtre du diocèse d’Ezeka retrouvé sans vie ce jeudi 27 août 2026 dans sa chambre à Vérone, en Italie.
Difficile pour le moment de connaitre les circonstances de son décès. Dans un avis de décès signé par l’abbé Legeo Pascal Bitjocka, chancelier du diocèse d’Eseka, l’on apprend que Mgr François Achille Eyabi, évêque du diocèse éponyme invite tout le peuple de Dieu à prier pour le repos éternel de l’abbé François Emmanuel.
Le diocèse d’Éséka est une circonscription ecclésiastique de l’Église catholique au Cameroun, située dans la région du Centre et le département du Nyong-et-Kéllé.
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