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« Paul Biya est sans doute le plus grand expert camerounais de l’intelligence émotionnelle »

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« Paul Biya est sans doute le plus grand expert camerounais de l’intelligence émotionnelle »
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L’intelligence émotionnelle, entendue comme la capacité réflexive du sujet à identifier, comprendre, moduler et orienter ses affects ainsi que ceux d’autrui, constitue une forme singulière de rationalité incarnée. Elle ne relève pas d’une sensibilité brute, mais d’un travail de la conscience sur elle-même, d’un effort de médiation entre le pathos et le logos. En ce sens, elle s’inscrit dans la tradition aristotélicienne de la phronèsis, cette prudence éthique qui permet à l’homme de « bien délibérer sur ce qui est bon et avantageux pour lui » (Éthique à Nicomaque, VI, 5), explique l’observateur de notre landerneau.

Lire ici son analyse :

Les travaux de Peter Salovey et John Mayer (1990) ont posé les fondements d’un modèle de l’intelligence émotionnelle comme compétence cognitive et sociale. Daniel Goleman, en 1995, en a proposé une version plus large, intégrant la maîtrise de soi, l’empathie et les habiletés relationnelles, soulignant que « ce n’est pas le quotient intellectuel qui fait réussir, mais la capacité à gérer ses émotions ».

Reuven Bar-On, quant à lui, a insisté sur la dimension existentielle de cette intelligence, en tant qu’elle participe à l’équilibre psychique et à l’adaptation sociale. Enfin, Konstantinos Petrides a proposé une approche dispositionnelle, ancrant l’intelligence émotionnelle dans les traits de personnalité stables.

Mais cette capacité, en tant qu’elle confère un pouvoir de lecture et d’influence des affects d’autrui, peut être détournée de sa finalité éthique. L’intelligence émotionnelle, lorsqu’elle est instrumentalisée, devient une ruse du pouvoir, une technique de gouvernement des âmes par les affects.

Dans le contexte camerounais, cette perversion se manifeste dans les pratiques discursives des élites politiques, religieuses ou médiatiques, qui mobilisent les émotions collectives non pour favoriser la délibération, mais pour neutraliser la critique. Le discours devient affectif, l’autorité se pare de compassion feinte, et la domination se fait douce et presque maternelle.

Ce que Michel Foucault appelait « gouvernementalité » trouve ici une expression affective : il ne s’agit plus de contraindre, mais de séduire ; non plus de réprimer, mais de canaliser. L’émotion devient un dispositif de contrôle, une économie des passions au service de la conservation du pouvoir. L’intelligence émotionnelle, ainsi dévoyée, cesse d’être une voie vers l’autonomie pour devenir un instrument de servitude volontaire.

Ainsi, ce qui devait être une sagesse du cœur devient une stratégie de captation. Ce qui devait élever le sujet vers la lucidité le replie sur l’affect. Et ce qui devait humaniser le pouvoir le rend plus insidieux.

Paul Biya est sans doute le plus grand expert camerounais de l’intelligence émotionnelle, non pas dans sa version éthique, mais dans sa déclinaison stratégique. Il gouverne par la force, mais aussi par la modulation subtile des affects collectifs. Il ne convainc pas, il apaise. Il ne parle que pour mieux faire taire.

Maîtrisant l’art de suspendre l’espoir sans jamais le satisfaire, il transforme chaque silence en promesse, chaque promesse en attente, et chaque attente en fidélité. Il ne mobilise pas les émotions pour élever le peuple, mais pour le maintenir dans une veille affective prolongée. Ainsi, l’intelligence émotionnelle, chez lui, n’est plus une voie vers la reconnaissance mutuelle, mais un instrument de gestion des sensibilités, une science du consentement passif.

L’illustration la plus éloquente de cette maîtrise pervertie s’est jouée dans son dernier discours, où, d’un ton égal, il a promis un remaniement ministériel « dans les prochains jours ». Il savait que le peuple, las et fébrile, attendait ce moment comme une délivrance. Il savait que cette simple annonce suffirait à faire vibrer l’opinion, à donner du relief à un discours par ailleurs sans éclat. Et il savait surtout que cette promesse, en suspendant l’avenir dans une brume d’incertitude, le plaçait au centre du jeu.

Depuis, les ministres vivent dans l’angoisse feutrée de l’éjection, le peuple dans l’expectative, les analystes dans la spéculation. Lui seul sait. Lui seul décide. Et dans ce théâtre de l’indécision savamment orchestrée, il règne en stratège des émotions, maître absolu d’un temps qu’il étire à sa convenance. Et quand nous parlons de Paul Biya, nous parlons de la clique qui a assimilé le pire de l’homme pour parler en son nom maintenant qu’il ne décide de rien.

NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.

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Une délégation du Rdpc chez le ministre Manaouda Malachie

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C’était ce jeudi 17 septembre 2026, au domicile du ministre de la Santé à Yaoundé. La délégation chapeautée par Jean Kuete le secrétaire général du […]

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le BIR ouvre un nouveau camp à Nkambe malgré les appels au « Ghost Town »

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le BIR ouvre un nouveau camp à Nkambe malgré les appels au « Ghost Town »
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Dans le cadre du renforcement du dispositif sécuritaire et du rapprochement entre le BIR et les populations, un nouveau camp a été inauguré le 18 septembre 2026 dans l’arrondissement de Nkambe, département de la Donga-Mantung.

La cérémonie, présidée par le Général de Brigade François Pelene, Coordonnateur Général des BIR, s’est déroulée en présence des autorités administratives, municipales et traditionnelles, ainsi que d’une importante mobilisation des populations.

Prenant la parole à cette occasion, le Général de Brigade François Pelene a indiqué que l’implantation de ce nouveau camp vise à consolider le dispositif sécuritaire déjà en place afin de mieux protéger les personnes et leurs biens, tout en favorisant un climat de paix, de stabilité et de sérénité dans l’arrondissement de Nkambe et ses environs.

Le 3ᵉ Bataillon d’Intervention Rapide (3e BIR), dont la zone d’action couvre la région du Nord-Ouest, joue un rôle stratégique dans la sécurisation de cette partie du pays confrontée à des attaques récurrentes de groupes armés séparatistes.

La participation remarquable des populations à cette cérémonie, malgré les appels au « Ghost Town » lancés par les groupes séparatistes, témoigne de leur attachement au retour durable de la paix et de leur confiance dans les actions menées pour la sécurisation de la localité.

Bon à savoir : le Bataillon d’intervention rapide ou BIR, nommé bataillon léger d’intervention (BLI) de sa création en 2000 jusqu’en 2001, est une unité d’élite, comptant actuellement environ 5 000 hommes, considérée comme la force la mieux équipée et entraînée du Cameroun.

Le BIR est entraîné et contrôlé depuis sa création par d’anciens officiers. Après la tentative de coup d’État de 1984, le président camerounais, Paul Biya, recrute Abraham Avi Sirvan, un colonel retraité de l’armée et ancien à l’ambassade d’Israël à Yaoundé, pour former les soldats de la garde présidentielle (GP), créée après la dissolution de la garde républicaine.

Puis, après la mise en place réussie de la GP, le colonel Sivan, qui a le statut de conseiller contractuel à la présidence camerounaise, forme le bataillon léger d’infanterie (BLI) en 1999, chargé de combattre le grand banditisme et de surveiller les frontières.

Après la mort d’Abraham Avi Sirvan dans un accident d’hélicoptère le 22 novembre 2010, Mayer Herez, un général à la retraite de l’armée israélienne, lui succède.

Le recrutement du BIR est centralisé à la présidence de la République, contrairement à celui du reste de l’armée, y compris les forces spéciales. Le niveau d’équipement du BIR est très élevé par rapport à celui de l’armée régulière.

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Sénégal : Sadio Mané Absent, Koulibaly et Gana Gueye appelés, la première liste de Patrick Vieira

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Patrick Vieira, nommé à la tête des Lions de la Teranga du Sénégal, a dévoilé ce vendredi 18 septembre, sa première liste de joueurs convoqués […]

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