Actualités locales
les vérités dérangeantes de Dimitri Songwa

Alors que le football camerounais traverse une période de fortes turbulences, entre polémiques institutionnelles et choix sportifs controversés, l’analyste des questions sportives Dimitri Songwa a accepté de livrer sa lecture de la situation.
Dans un entretien exclusif accordé à L’Équipe 237, il revient sans détour sur la politique des matchs amicaux, la gestion financière de la FECAFOOT, les relations avec le ministère des Sports et l’avenir du sélectionneur Marc Brys.
« Pourquoi ne pas affronter la France, le Brésil ou l’Angleterre ? »
La question revient régulièrement dans les débats sportifs : le Cameroun se prive-t-il de prestige international en refusant certains matchs de gala face aux grandes nations du football mondial ?
Pour Dimitri Songwa, la réponse est claire et pragmatique.
« Tout simplement parce que le Cameroun ne paie pas pour jouer un match amical. Pendant que des pays comme la Russie ou le Mexique proposent jusqu’à 500 millions de FCFA pour nous affronter, nous ne pouvons pas négliger de telles entrées financières », explique-t-il.
Selon l’analyste, le prestige ne peut pas être le seul moteur des décisions sportives.
« Le Cameroun mérite une ossature digne de son nom, mais cela ne se construit pas en un jour. Petit à petit, les grandes nations viendront à nous », assure-t-il, appelant à la patience et à une vision à long terme.
« La FECAFOOT a besoin d’argent, tout le monde en a besoin »
Au cœur du débat, la question financière demeure centrale. Pour Dimitri Songwa, aucun développement durable du football camerounais n’est possible sans ressources solides.
« Il faut le rappeler : nous avons besoin d’argent. La FECAFOOT a besoin de ressources, le championnat camerounais a besoin de moyens, les présidents de clubs ont besoin de soutien, les Lions Indomptables aussi. Tout le système doit être suffisamment financé pour avancer. »
Une position qui l’amène à défendre les orientations actuelles de la Fédération camerounaise de football.
« Alors si Samuel Eto’o met en avant l’aspect financier dans ses choix, ne lui en voulez pas : c’est une réalité de notre football », martèle-t-il.
L’analyste va plus loin, en affichant clairement son soutien à l’actuel président de la FECAFOOT.
« Aujourd’hui, nous militons tous pour qu’il dépose sa candidature et obtienne quatre années supplémentaires à la tête de la FECAFOOT. »
« Le ministère des Sports et la FECAFOOT doivent se respecter »
Les tensions récurrentes entre la FECAFOOT et le ministère des Sports continuent d’alimenter l’actualité. Une situation que Dimitri Songwa juge préoccupante, mais pas irréversible.
« Le ministère des Sports est certes la tutelle de la FECAFOOT, et cette dernière a toujours respecté cette hiérarchie. Mais il ne faut pas tout mélanger : chacun gère sa structure de son côté, dans un cadre de respect et de contrôle. »
Pour lui, la stabilité institutionnelle passe avant les querelles de personnes.
« Je ne vois pas la FECAFOOT refuser d’appliquer les demandes de sa tutelle », conclut-il, appelant à une collaboration apaisée au service du football national.
Un débat loin d’être clos
À travers cette sortie médiatique, Dimitri Songwa plaide pour une approche réaliste, fondée sur les contraintes économiques et la nécessité de bâtir sur la durée. Dans un contexte où chaque décision est scrutée, ses propos relancent le débat sur la direction à donner au football camerounais, entre ambition sportive, stabilité institutionnelle et impératifs financiers.
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plus de deux millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë (ONU)

En République centrafricaine, près d’un tiers de la population centrafricaine continue de faire face à une insécurité alimentaire aiguë. Selon les agences des Nations Unies, plus de deux millions de personnes ont besoin d’une assistance urgente.
La République centrafricaine reste confrontée à une grave crise alimentaire. D’après la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 2 millions de personnes, soit près d’un habitant sur trois, vivent dans des conditions d’insécurité alimentaire aiguë nécessitant une intervention urgente. Parmi elles, 262 000 personnes sont en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 1,75 million en situation de crise (phase 3).
Les populations les plus touchées sont les déplacés internes, les réfugiés, les communautés hôtes et les ménages les plus pauvres dépendant principalement des marchés pour se nourrir. Dix-huit sous-préfectures enregistrent des niveaux particulièrement préoccupants, avec plus de la moitié de leur population confrontée à une insécurité alimentaire sévère.
Cette situation est alimentée par la hausse des prix des denrées alimentaires, la faiblesse du pouvoir d’achat, l’insécurité persistante, les déplacements de population ainsi que les chocs climatiques qui affectent la production agricole.
Toutefois, les Nations Unies relèvent une légère amélioration par rapport aux projections d’octobre 2025. Le nombre de personnes en situation de crise ou pire a diminué d’environ 288 000 personnes, grâce notamment à de meilleures perspectives agricoles, à des opportunités accrues de subsistance et à une aide humanitaire plus importante attendue entre avril et août 2026.
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les joueurs boycottent l’entraînement pour réclamer quatre mois de salaires

Le malaise est profond au sein de PWD de Bamenda. Le club camerounais traverse une crise interne majeure après que ses joueurs ont décidé de boycotter la séance d’entraînement prévue mardi matin afin de protester contre des arriérés financiers qui s’accumulent depuis plusieurs mois.
Selon les informations rapportées par le journaliste Afeseh Apong, les joueurs se sont présentés au stade de proximité de Bamenda comme prévu, mais ont refusé de prendre part aux exercices. Une action collective destinée à attirer l’attention de la direction sur leur situation. Les footballeurs réclament le paiement de quatre mois de salaires ainsi que trois primes de match toujours impayées.
La réaction du club ne s’est pas fait attendre. En réponse à ce mouvement de protestation, les joueurs se sont vu interdire l’accès au bus de l’équipe pour le trajet retour. Contraints de se débrouiller par leurs propres moyens, ils ont quitté les installations dans un climat particulièrement tendu, révélateur de la fracture grandissante entre l’effectif et les dirigeants.
Cette crise suscite d’autant plus d’interrogations que le président de PWD de Bamenda, Pascal Abunde, occupe également le poste de quatrième vice-président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Une position qui rend cette affaire particulièrement sensible dans le paysage du football camerounais.
À quelques semaines de la reprise des compétitions et alors que le club cherche à retrouver de la stabilité sur le terrain, cette situation pourrait avoir de lourdes conséquences sur les performances sportives de l’équipe. Les supporters, eux, attendent désormais des réponses concrètes de la direction afin d’éviter que cette crise financière ne se transforme en véritable crise institutionnelle.
Le dossier est désormais suivi de près par les observateurs du football camerounais, qui s’interrogent sur la capacité du club à rétablir rapidement un climat serein au sein de son vestiaire.
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Camair-co à la traîne sur l’international, les compagnies étrangères captent plus de 1,3 million de passagers
La compagnie nationale Camair-Co peine à s’imposer sur les lignes internationales, où les transporteurs étrangers captent plus de 1,3 million de passagers au Cameroun. Le marché est fortement dominé par des géants comme Ethiopian Airlines et Air France, qui tirent profit de la croissance continue du trafic passager dans les aéroports du pays.
Près de 16 compagnies internationales régulières desservent les aéroports de Douala et Yaoundé. Des acteurs comme Ethiopian Airlines et Air France se partagent la part du lion. La position de Camair-Co, l’étoile du Cameroun se concentre principalement sur son réseau domestique et quelques lignes sous-régionales (Libreville, Brazzaville, Kinshasa, Cotonou).
D’après les données des Aéroports du Cameroun (ADC), dix compagnies aériennes ont concentré l’essentiel du trafic passagers et fret au Cameroun en 2024. Une particularité se dégage sur le classement, le maintien de l’Etoile du Cameroun comme acteur central du réseau domestique, et la domination des transporteurs européens et africains sur les liaisons internationales.
Ethiopian Airlines
Avec 11 606 mouvements et 549 303 passagers, la compagnie nationale reste le leader de la desserte intérieure. Néanmoins, l’optimisation du taux de remplissage demeure un défi récurrent, reflétant les fragilités structurelles de la compagnie nationale. Le classement est dominé par Ethiopian Airlines, qui a transporté 291 763 passagers, en hausse de 13,9 %, confirmant son statut de principal acteur du trafic international au Cameroun. Elle est suivie de Brussels Airlines avec 258 856 passagers (+1,0 %) et d’Air France malgré son mauvais service avec 258 711 passagers (-3,1 %).
Derrière ce trio de tête figurent Asky Airlines (157 104 passagers), Turkish Airlines (115 607), Royal Air Maroc (94 851), Air Côte d’Ivoire (79 698), RwandAir (78 416), Kenya Airways (30 291), mince, ils sont vraiment tombés et Cronos Airlines (8 109 passagers).
L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale
«Les 1,37 million de passagers transportés par les dix compagnies étrangères représentent autant d’opportunités commerciales qui échappent à Camair-Co. Si la compagnie nationale disposait d’une flotte plus importante, d’une meilleure régularité opérationnelle et de dessertes internationales plus nombreuses, elle pourrait capter une partie significative de ce marché. L’exemple d’Ethiopian Airlines est particulièrement révélateur. La compagnie éthiopienne a bâti un puissant hub africain à Addis-Abeba et transporte à elle seule près de 292 000 passagers au Cameroun. Elle illustre comment une compagnie africaine bien structurée peut dominer le trafic régional et international», analyse Shance Lion.
Pour ce lanceur d’alerte, le défi pour Camair-Co n’est donc plus seulement de maintenir sa position sur le réseau domestique, mais de conquérir une partie du marché international. Tant que les liaisons vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient resteront majoritairement exploitées par des compagnies étrangères, une grande partie de la valeur créée par le transport aérien camerounais continuera d’être captée hors du pays.
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