Connect with us

Dernières actualités

Nord-Ouest : 14 civils massacrés à Ndu par des séparatistes

Published

on

Nord-Ouest : 14 civils massacrés à Ndu par des séparatistes
Spread the love

C’est aux environs de 5 heures du matin, alors que les populations étaient encore plongées dans le sommeil, que des hommes armés — présumés être des miliciens ambazoniens — ont pris d’assaut la localité de Gidado-Mbandfun. Cette incursion est d’ores et déjà considérée comme la plus meurtrière enregistrée dans l’arrondissement de Ndu depuis le basculement de la crise anglophone en conflit armé.

Outre le lourd bilan humain, les assaillants ont laissé derrière eux un paysage de désolation : habitations et véhicules incendiés, bétail abattu et biens matériels pillés.

Le spectre des représailles

Si les mobiles officiels de cette barbarie restent à déterminer, plusieurs sources locales évoquent une opération de représailles. Les combattants séparatistes accusaient la communauté Mbororo de « collaboration » avec les forces de défense et de sécurité.

Cette attaque survient en effet quelques jours après une opération militaire d’envergure menée le 6 janvier dernier. Celle-ci s’était soldée par la neutralisation de 12 séparatistes, dont le redouté « General Bansaah », chef de guerre mystique opérant dans les secteurs de Ndu et de la Bui. Ce groupe armé était soupçonné d’avoir orchestré l’enlèvement et l’assassinat de l’honorable Abe Michael Ndra, député de la circonscription de la Donga Mantung Ouest.

La réaction ferme des autorités

Le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele L’Afrique, a fermement condamné cet acte lors d’une intervention sur les ondes de la CRTV. Il a confirmé le bilan de 14 victimes, précisant le profil des défunts : un homme, six femmes et sept enfants âgés de 2 à 11 ans. Quatorze autres blessés sont actuellement pris en charge dans les structures sanitaires de Ndu et Nkambe.

> « Le Chef de l’État a prescrit des mesures urgentes pour restaurer la sécurité afin de garantir la protection de tous, et particulièrement celle des communautés Mbororos », a déclaré le Gouverneur, tout en appelant à une collaboration accrue entre les populations et les forces de l’ordre pour « traquer et traduire en justice les auteurs de cet acte terroriste ».

« Ndu est fatigué de ces tueries incessantes »

Le maire de la commune de Ndu, Abdou Kanfon Borno, a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie de « génocide contre les Peuls ». Dans un communiqué poignant, l’édile a révélé que l’attaque a quasiment décimé la famille d’un certain Alhadji Tadibo (décédé il y a deux mois des suites d’une précédente attaque), emportant sa mère, ses deux épouses et ses cinq enfants.

« Il est décourageant de voir impuissamment notre population civile périr dans des circonstances aussi troublantes », a déploré le magistrat municipal, exhortant les élites et les forces vives à s’interroger sur l’avenir de la communauté.

Liste des victimes identifiées

Parmi les victimes recensées au moment de mettre sous presse, figurent de nombreux mineurs :

* Enfants : Raihana Tadi (2 ans), Mohamadou Aminou Dairou (2 ans), Nana Khadija Amadou Tadi (6 ans), Asmau Amadou Tadi (9 ans), Basirou Jubairou (10 ans), Mohamadou Gaddafi Ali (11 ans).

* Adultes : Aboubacar Amadou Tadi (17 ans), Jamilatou Amadou Tadi (21 ans), Ladifatou Tura (29 ans), Bibba Alhadji Tadi (39 ans), Hajara Alhadji (48 ans), Adama Suli (50 ans), Alhadji Juli (60 ans) et Adama Alhadji (70 ans).

Ce massacre s’ajoute à la longue liste des tueries de masse ayant endeuillé les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2017, rappelant les tragédies d’Egbekor, Kumba ou encore Akwaya.

Manassé Jr. Ndongo

Commentaire

Ndu : Quand la barbarie se drape dans la cause séparatiste

Le massacre de Gidado-Mbandfun n’est pas seulement une tragédie humaine de plus dans la crise anglophone ; il illustre la mutation profonde d’un conflit politique vers une confrontation communautaire aux conséquences imprévisibles.

Le piège de la « collaboration »

Depuis le début de la crise en 2017, la communauté Mbororo (éleveurs nomades et semi-nomades) se retrouve prise entre deux feux. Traditionnellement perçue comme proche de l’administration centrale par son mode de vie et ses structures sociales, elle est devenue, aux yeux des groupes séparatistes, une « cinquième colonne ». En accusant les Mbororos de renseigner les forces de défense, les milices armées justifient l’injustifiable : le ciblage délibéré de civils, incluant des nourrissons et des personnes âgées.

La tactique de la terre brûlée

L’élimination du « General Bansaah » et de son gangrène en partie décimé par l’armée le 6 janvier dernier a manifestement laissé un vide que ses lieutenants tentent de combler par la terreur. Dans la rhétorique séparatiste, l’échec militaire doit être compensé par une démonstration de force contre les « maillons faibles » du tissu social. En frappant la Donga Mantung, un département qui a souvent montré une résistance certaine aux mots d’ordre de désobéissance civile, les assaillants cherchent à briser la résilience locale par un traumatisme collectif.

Un défi sécuritaire et social

La réponse ne peut être uniquement militaire. Si le déploiement de mesures spéciales annoncé par le Gouverneur Adolphe Lele L’Afrique est une nécessité immédiate, le défi à moyen terme reste la cohésion sociale. Comme l’a souligné avec amertume le maire Abdou Kanfon Borno, la communauté doit « s’interroger sur là où elle a échoué ».

Le risque majeur est désormais celui d’une spirale de vendettas intercommunautaires. Si les populations civiles commencent à se faire justice elles-mêmes ou si une communauté entière se sent condamnée à l’extermination, le conflit pourrait échapper à tout contrôle politique. À Ndu, comme ailleurs dans les régions en crise, l’urgence est à la protection des minorités et à la restauration d’une confiance rompue entre voisins.

L’histoire retiendra que le 14 janvier 2026, à Gidado-Mbandfun, ce n’est pas une idéologie qui a triomphé, mais la barbarie la plus crue, celle qui s’en prend à des enfants de deux ans au nom d’une « cause » qui semble avoir perdu tout sens de l’humanité.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Lutte contre le blanchiment des capitaux : Ces mesures préconisées par Cyrano Tchekouo

Published

on

Lutte contre le blanchiment des capitaux : Ces mesures préconisées par Cyrano Tchekouo
Spread the love

Le juriste/écrivain pense que le Cameroun doit exiger davantage aux professionnels de la finance et des professions libérales (banques, notaires, comptables) de signaler toute transaction suspecte aux autorités compétentes.

Depuis le 23 juin 2023, le Cameroun est inscrit sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Malgré la batterie de mesures prises pour en sortir, le pays a toujours du mal à mettre en œuvre un dispositif institutionnel et légal efficace de lutte contre le blanchiment de financements du terrorisme et la prolifération des armes pour satisfaire aux exigences du GAFI.

Après l’inscription du pays sur ladite liste, les pouvoirs publics ont créé en octobre 2023, le Comité de coordination regroupant en son sein, des représentants de l’Etat et des ordres professionnels (banques, notaires, avocats, assureurs) et chargé de piloter les politiques nationales de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.

Malheureusement, toutes ces mesures se sont avérées insuffisantes pour sortir le pays de cette liste. Dans une tribune récemment publiée, Cyrano Tchekouo, juriste/écrivain donne quelques pistes de solutions pour aider le Cameroun.

Le juriste précise tout d’abord que le GAFI n’étant pas une juridiction, aucune sanction officielle n’est infligée aux pays inscrits sur cette liste grise du GAFI. Toutefois rappelle l’écrivain, le fait d’être publié peur avoir des conséquences tant politiques qu’économiques.

Comme solutions, Cyrano Tchekouo propose aux gouvernement de renforcer les pouvoirs de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et de la Commission nationale anticorruption (CONAC) en leur permettant de prononcer des sanctions financières ne serait-ce qu’à titre conservatoire, afin de ne pas se limiter uniquement aux simples déclarations de soupçons.

Le juriste préconise également de promouvoir davantage la culture de ka digitalisation afin de limiter la circulation de l’argent liquide et contrôler les transferts de fonds internationaux. En outre, il faut exiger davantage aux professionnels de la finance et des professions libérales (banques, notaires, comptables) de signaler toute transaction suspecte aux autorités compétentes. A ces mesures s’ajoute le renforcement de la surveillance des frontières afin de limiter le flux de transactions suspectes et douteuses.

Pour mémoire, le GAFI publie trois fois par an, un document intitulé «Déclaration publique du GAFI», dans lequel il présente les Etats considérés comme étant à haut risque et/ou non coopératifs en raison des lacunes stratégiques dans leur dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Ainsi, de nouveaux pays sont ajoutés, tandis que d’autres sont retirés une fois leur plan d’action achevé. Il s’agit en effet des pays considérés comme « juridictions sous surveillance » c’est-à-dire qu’après analyse des mesures prises par le pays, le GAFI conclut à l’existence de carences stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Secteur bancaire : Le bilan de General Bank of Cameroon progresse de 10% au premier semestre 2026

Published

on

Secteur bancaire : Le bilan de General Bank of Cameroon progresse de 10% au premier semestre 2026
Spread the love

Depuis le 15 juillet dernier, l’entreprise est guidée par trois valeurs fondamentales impulsées par son nouveau directeur général, Victor Noumoue.

Depuis la mi-juillet 2026, General Bank of Cameroon a un nouveau directeur général, Victor Noumoue. Il a été nommé le 15 juillet dernier, à la suite de la clôture du rachat de Société générale par l’Etat du Cameroun. Dans une interview accordée au journal l’Economie, le banquier évoque trois valeurs fondamentales qui vont diriger son action.

D’abord, l’intégrité et la transparence. Pour le nouveau directeur général de General Bank of Cameroon, la conformité rigoureuse, l’éthique et la probité ne sont pas négociables parce qu’elles garantissent selon lui, la sécurité de l’institution et la confiance des parties prenantes de la banque.

Ensuite, la banque entend renforcer la proximité, l’écoute avec sa clientèle et ses partenaires, afin de construire des relations durables. Enfin, il est question pour l’actuel staff de mettre l’accent sur l’orientation de sa clientèle et la culture du résultat. «Nous devons cultiver une agilité de tous les instants pour anticiper les besoins du marché, innover et viser l’excellence opérationnelle au quotidien» indique Victor Noumoue dans les colonnes du journal l’Economie.

Performances

Au premier semestre 2026, le bilan de General Bank of Cameroon affichait une progression de 10% par rapport à fin décembre 2025 avec un produit net bancaire en hausse de 7,2%, tandis que le résultat net affiche une croissance de 6,8% par rapport à juin 2025. Les fonds nets de l’entreprise atteignent le chiffre de 138 milliards FCFA au 31 mars 2026.

«Ce niveau exceptionnel de capitalisation n’est pas qu’un simple chiffre, il est le témoignage d’une gestion financière, d’une rigueur absolue et le reflet indéniable d’une institution en très grande forme financière. De plus, sur le plan réglementaire, les ratios prudentiels de SG Cameroon ne se contentent pas de respecter les normes COBAC (Commission bancaire de l’Afrique Centrale Ndlr). Ils les surpassent, démontrant une prudence et une solidité bien au-delà des attentes» se targue Victor Noumoue.

La feuille de route de l’entreprise s’articule autour de plusieurs axes prioritaires. L’intensification du dynamisme commercial avec pour objectif de se positionner comme acteur majeur de financement en accompagnant les projets à valeur.

«Nous continuerons également à assurer une qualité de service irréprochable à nos clients. Nous sommes dans un marché bancaire en mutation, la différence se fera par la satisfaction et la proximité que nous avons avec nos clients à travers des parcours plus simples, plus rapides et davantage digitalisés» indique le directeur général de General Bank of Cameroon.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Miss Cameroun 2026: Maellys NGO Mboui succède à Audrey Moutongo

Published

on

Miss Cameroun 2026: Maellys NGO Mboui succède à Audrey Moutongo
Spread the love

La femme la plus belle du Cameroun est connue depuis cette nuit. Il s’agit de Maellys Ngo Mboui. Âgée de 20 ans, celle qui succède à Audrey Moutongo (il s’agit de l’ex première dauphine qui avait succédé à Josiane Golonga, élue en mai et destituée après une brouille avec le Comité Miss Cameroon (Comica), le 25 février 2025. C’est une confirmation pour celle qui avait déjà été élue Miss Cameroon diaspora en mars dernier. Franco-Camerounaise, Maellys Ngo Mboui est originaire de la région du Nord-Ouest.

Maellys Ngo Mboui est étudiante en Économie-gestion et Mathématiques-Informatiques, en France. Le jury est donc allé trouver la plus belle femme du Cameroun hors du territoire national.

Miss Cameroon 2026 est porteuse d’un projet baptisé Cameroonian girls in stem. Lequel vise à encourager et former les jeunes filles à devenir des leaders dans l’innovation et la cyberdéfense, des actrices de la transformation sociale et des ambassadrices culturelles du Cameroun.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici