Après quatre rencontres à la tête des Lions Indomptables, David Pagou avance à pas mesurés. Entre rotation assumée et communication maîtrisée, le sélectionneur camerounais entretient le flou autour de son onze de départ. Mais à y regarder de plus près, certains choix répétés dessinent les contours d’une équipe qui pourrait bien devenir sa référence.
Depuis sa prise de fonction, Pagou a fait de la gestion de groupe l’un de ses marqueurs forts. Peu de certitudes affichées publiquement, encore moins de déclarations tranchées sur une hiérarchie établie. Officiellement, la concurrence reste ouverte. Officieusement, le terrain commence à parler.
Le fait le plus révélateur reste l’alignement du même XI de départ à deux reprises, face à la Côte d’Ivoire puis contre l’Afrique du Sud. Deux adversaires de calibre, deux matchs tests, et une confiance renouvelée envers les mêmes hommes. Dans le football de sélection, où le temps de travail est limité, répéter un onze n’est jamais anodin. C’est souvent le signe qu’un socle est en train de se construire.
La rencontre face au Gabon apporte un éclairage supplémentaire. Une seule modification est opérée : l’absence de Christian Kofane, remplacé poste pour poste par Etta Eyong. Un changement contraint ou stratégique, mais surtout isolé. Le reste de l’équipe demeure inchangé, confirmant la volonté du sélectionneur de préserver une ossature plutôt que de tout bouleverser.
Cette constance progressive contraste avec le discours prudent de Pagou, qui continue de cultiver le doute. Une posture classique, presque stratégique, destinée à maintenir tout l’effectif sous pression et à éviter toute forme de relâchement. En interne, le message est clair : personne n’est officiellement installé, mais certains ont pris une longueur d’avance.
Au-delà des noms, c’est surtout une idée de jeu qui semble émerger. Les joueurs reconduits apparaissent comme ceux capables d’assimiler plus rapidement les principes du sélectionneur, d’assurer l’équilibre collectif et de répondre aux exigences tactiques du moment. La répétition devient alors un outil de consolidation plutôt qu’un simple choix par défaut.
Reste une question centrale : ce XI observé est-il définitif ? Probablement pas. Les échéances à venir, la forme des joueurs en club et les impératifs de compétition pourraient encore redistribuer les cartes. Mais une chose est sûre : après quatre matchs, David Pagou ne part plus d’une feuille blanche.
Sans jamais l’annoncer frontalement, le sélectionneur camerounais semble poser les premières pierres de son Cameroun. Une base se dessine, des automatismes naissent, et le doute savamment entretenu ne masque plus totalement une réalité : le XI type des Lions Indomptables est peut-être déjà en train de prendre forme.