Actualités locales
Pendant que les joueurs transpirent, d’autres livrent une autre compétition…
Quand les Lions indomptables gagnent, le Cameroun ne célèbre jamais longtemps le football. Très vite, la victoire cesse d’être un simple fait sportif pour devenir un territoire de conquête symbolique, un espace où se livrent des batailles d’ego, d’influence et de pouvoir. La qualification face à l’Afrique du Sud à la CAN 2025 n’échappe pas à cette vieille mécanique bien huilée.
Lire l’analyse de BBlaise Etongtek :
À peine le coup de sifflet final retentit, alors que l’émotion populaire est encore brute, Samuel Eto’o Fils, président de la FECAFOOT, publie sur son compte Facebook officiel la photo du directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence de la République, Oswald Baboke. Pas de texte, pas d’explication. Une image nue, mais éloquente avec un cœur. Dans un contexte où chaque geste est scruté, cette publication vaut discours. Elle suggère, elle insinue, elle revendique. Elle dit à qui veut l’entendre que la FECAFOOT n’est pas isolée, qu’elle sait parler le langage du sommet, et qu’elle possède, elle aussi, ses passerelles vers le pouvoir. Dans le Cameroun d’aujourd’hui, l’image est souvent plus bruyante que la parole.
Le lendemain seulement, Narcisse Mouelle Kombi entre en scène. Cette fois, pas d’allusion, pas de symbole flou. Le ministre des Sports parle clairement, officiellement, chiffres à l’appui. Il félicite les Lions indomptables et annonce, au nom de l’État, le paiement des primes de qualification et de victoire, soit 18 180 000 FCFA par joueur. Le message est méthodique, calculé, presque chirurgical. Là où l’un a montré une proximité supposée, l’autre rappelle une réalité institutionnelle : l’État paie, l’État assume, l’État reste le garant.
Cette succession n’a rien d’un hasard. Elle ressemble à une partie d’échecs jouée en plein jour. D’abord le coup symbolique, ensuite la riposte institutionnelle. Deux styles, deux temporalités, mais une même obsession : occuper l’espace après la victoire, capter l’attention, s’approprier une part du succès. Dans ce pays, le football est trop précieux pour être laissé aux seuls joueurs.
La prime, présentée comme un simple levier de motivation, devient dans cette séquence un instrument politique à part entière. En annonçant publiquement son paiement, le ministre ne se contente pas de rassurer les joueurs. Il parle à l’opinion, il neutralise par anticipation toute polémique, et surtout, il fixe les lignes de pouvoir. Peu importe les querelles, les communiqués, les bras de fer : quand il s’agit de ressources financières, la source est connue.
Ce qui frappe, une fois de plus, c’est l’incapacité collective à laisser une victoire respirer. Chaque succès des Lions indomptables agit comme un révélateur cruel. Au lieu d’unir, il expose. Au lieu d’apaiser, il ravive les rivalités. Chacun s’empresse de montrer qu’il existe, qu’il compte, qu’il est indispensable. Le football devient alors un prétexte, une scène sur laquelle se jouent des luttes qui n’ont plus grand-chose de sportif.
Pendant que les joueurs transpirent, risquent, s’exposent et gagnent, d’autres livrent une autre compétition, plus feutrée mais tout aussi acharnée : celle de l’image, de la proximité et de la légitimité. Dans cette bataille-là, on ne marque pas des buts, on envoie des signaux. Et chaque publication, chaque sortie officielle, chaque silence même, devient un acte politique.
Le plus inquiétant n’est pas cette rivalité en soi. Elle est presque naturelle dans un système aussi centralisé et passionnel. Ce qui interroge, c’est sa permanence. Même dans la joie, même dans la victoire, le football camerounais semble condamné à rester un champ de tensions. Comme si gagner ne suffisait jamais, comme s’il fallait toujours rappeler qui contrôle quoi, qui parle au nom de qui, qui est proche de qui.
Au final, les Lions avancent dans la compétition, portés par le talent et l’engagement de joueurs qui, eux, n’ont qu’un objectif : aller au bout. Mais autour d’eux, le bruit ne faiblit jamais. Car au Cameroun, chaque victoire des Lions n’est pas seulement une fête populaire. C’est aussi le début d’un autre match, plus sournois, plus politique, où l’on joue moins pour le trophée que pour le pouvoir.
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Actualités locales
« J’ai raté le Mondial 1998 à cause d’une mafia »
Ancien international camerounais et champion d’Afrique avec les Lions Indomptables, Bernard Tchoutang est revenu sur l’un des épisodes les plus douloureux de sa carrière. Invité du podcast Passion Foot Invest, l’ex-attaquant a livré un témoignage sans détour sur son absence de la Coupe du monde 1998, une décision qu’il estime toujours injustifiée.
Près de trois décennies après les faits, la blessure reste visiblement intacte. Bernard Tchoutang affirme avoir été écarté du groupe camerounais pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec le terrain.
« J’ai raté deux Coupes du monde, 1998 et 2002, mais celle de 1998 m’a particulièrement fait mal, car c’était à cause d’une mafia », a-t-il déclaré.
L’ancien Lion Indomptable pointe directement du doigt le sélectionneur de l’époque, Claude Le Roy. Selon lui, le technicien français avait décidé qu’il ne faisait pas partie des meilleurs joueurs susceptibles de représenter le Cameroun en France.
« Claude Le Roy était l’entraîneur et il a décidé que je ne faisais pas partie des meilleurs, donc que je ne méritais pas de jouer dans son équipe », a-t-il regretté.
Pour Bernard Tchoutang, cette mise à l’écart était d’autant plus incompréhensible qu’il traversait alors l’une des meilleures périodes de sa carrière. L’ancien attaquant rappelle qu’il avait été désigné meilleur joueur camerounais par le public et que ses performances plaidaient en sa faveur.
« C’est triste, parce qu’à cette époque-là, les Camerounais avaient fait de moi le meilleur joueur du Cameroun, et les statistiques le prouvaient », a-t-il soutenu.
L’ex-international évoque également la mobilisation populaire qui avait accompagné sa non-sélection. Selon lui, le soutien des supporters camerounais témoignait de l’incompréhension générale suscitée par son absence sur la liste finale.
« Au Cameroun, le peuple a marché pour deux personnes : Louis-Paul M’Fédé et Bernard Tchoutang. En 1998, ils ont marché pour moi parce qu’il fallait que j’aille à la Coupe du monde », a-t-il affirmé.
Pour le champion d’Afrique, cette mobilisation populaire démontre que sa non-convocation ne reposait sur aucun argument sportif valable.
« Cela montre que mon absence sur la liste des sélectionnés était au-delà de l’incompréhension, mais il est clair que cette non-sélection n’avait aucune raison sportive », a-t-il conclu.
Ces déclarations relancent un débat qui continue d’alimenter les discussions autour de certaines décisions marquantes de l’histoire des Lions Indomptables. Si les versions divergent encore sur les circonstances de cette absence, Bernard Tchoutang, lui, n’a manifestement pas tourné la page d’un Mondial 1998 qui demeure l’un des plus grands regrets de sa carrière.
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Enquête Sociale Urgente sur un Viol Présumé à Yaoundé
L’affaire du viol présumé qui défraie la chronique à Yaoundé a amené le gouvernement a rendre public un communiqué dans lequel le ministre des Affaires sociales condamne un « acte odieux ».
« Le Ministre des Affaires Sociales, Madame Pauline Irène NGUENE, porte à la connaissance de l’opinion publique que son attention a été attirée par des informations abondamment relayées par les réscaux sociaux au sujet des faits présumés d’abus sexuel aggravé sur une fillette de trois (03) ans dans un établissement scolaire de la ville de Yaoundé. Tout en condamnant cet acte odieux, elle exprime son émotion et sa profonde indignation », indique le communiqué du ministre des Affaires sociales.
Afin de mettre en lumière les circonstances de la survenue de cette affaire, le ministre des Affaires sociale annonce l’ouverture d’une Enquête Sociale urgente
« Aussi, dans le cadre des missions de Prévention Sociale et de Protection de l’enfant dévolues à son département ministériel, elle vient de prescrire à ses services déconcentrés implantés dans le Mfoundi, en liaison avec les administrations concernées (MINEDUB, DGSN, MINSANTE, MINJUSTICE, MINPROFF) l’ouverture d’une Enquête Sociale urgente et dans le cas où les laits sont avérés, la prise en charge psychosociale immédiate de l’enfant et de sa famille d’une part, et la mise en place d’une cellule d’écoute et de soutien psychosocial au sein de l’établissement scolaire à l’attention des élèves, parents et personnels, d’autre part. »
Dans une note d’information qu’elle a signé ce 28 mai 2026, le ministre des Affaires sociales, appelle à une mobilisation de toutes les composantes de la communauté nationale en vue d’une veille sociale et d’une protection collective de l’enfant en milieu scolaire, familial ou professionnel.
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Réformes aériennes au Cameroun : Appel de l’OACI
En mission à Yaoundé, l’Organisation de l’aviation civile internationale a échangé avec les autorités camerounaises sur les exigences de conformité aux normes internationales avant l’audit USOAP-CMA prévu en novembre 2026.
Le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a reçu le 28 mai à Yaoundé une délégation de l’Organisation de l’aviation civile internationale conduite par Romain Ekoto, dans le cadre d’une mission de dialogue de haut niveau et d’assistance au Cameroun.
Cette visite, qui se déroule du 25 au 29 mai 2026, s’inscrit dans les préparatifs de l’audit USOAP-CMA de l’OACI prévu en novembre prochain. L’organisation vise un taux de conformité d’au moins 75 % pour le Cameroun en matière de sécurité et de sûreté aériennes.
Au cours des échanges, le directeur régional de l’OACI a formulé plusieurs recommandations, notamment l’accélération de l’adoption des textes conformes aux normes internationales, la mise aux normes des aéroports camerounais et la création d’une commission autonome chargée des enquêtes sur les accidents et incidents aériens.
L’OACI a également suggéré le retrait temporaire des aéroports de Garoua et Maroua de la navigation aérienne internationale afin de ne pas pénaliser les performances du Cameroun lors de l’audit, tout en appelant à l’achèvement des travaux de certification de l’aéroport international de Douala.
Le ministre des Transports a assuré que les administrations concernées restent mobilisées pour respecter les délais fixés avant l’évaluation de novembre 2026. Par ailleurs,a il a annoncé qu’une audience avec le Premier ministre camerounais a été accordée à la délégation de l’OACI pour poursuivre les concertations sur les réformes du secteur aérien.
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