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Paul Biya : Le cap sur 2026, entre renforcement de la souveraineté et promotion de la jeunesse

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Paul Biya : Le cap sur 2026, entre renforcement de la souveraineté et promotion de la jeunesse
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MESSAGE DU CHEF DE L’ETAT A LA NATION

À l’occasion de la fin d’année 2025 et du Nouvel An 2026

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Lors de ma récente prestation de serment, je me suis engagé à continuer d’œuvrer, avec vous, à l’avènement d’un Cameroun uni, stable et prospère. L’atteinte de cet objectif est à mes yeux une mission sacrée. C’est une mission à laquelle j’entends, comme par le passé, continuer à consacrer tout mon temps et toute mon énergie. J’y suis tenu en raison de la confiance que vous n’avez cessé de me témoigner, depuis mon accession à la magistrature suprême. Vous venez d’ailleurs de me renouveler cette confiance, de manière éclatante, lors du scrutin du 12 octobre dernier. Je voudrais y voir, un témoignage de satisfaction pour ce que nous avons accompli ensemble jusqu’alors et un engagement à poursuivre, avec encore plus de détermination, nos efforts communs pour faire avancer notre pays.

Mes chers compatriotes,

Au cours de l’année qui s’achève, comme du septennat qui vient de s’écouler, nous avons ensemble, avec succès, relevé de nombreux défis. D’autres défis, encore plus aigus, nous attendent pendant l’année qui commence et le septennat que nous entamons. Je ne doute cependant pas de notre capacité commune à les relever, victorieusement. Si nous restons unis, rien ne nous sera impossible. Nous ne manquons, en effet, ni de courage, ni d’ingéniosité, ni de détermination.

Il est incontestable que des progrès remarquables ont été réalisés dans différents domaines cette année, en dépit de nombreuses contraintes internes et externes.

Au plan politique, notre système démocratique a, une fois de plus, démontré sa vitalité. L’organisation réussie de l’élection présidentielle, comme celle des régionales, confirme que la démocratie s’est véritablement enracinée dans notre pays. Malgré les soubresauts qui ont suivi l’élection présidentielle, du fait de certains leaders politiques irresponsables, l’immense majorité de nos compatriotes a fait preuve d’une grande maturité. Ensemble, nous avons su préserver ce que nous avons de plus précieux : l’unité nationale, la paix et la stabilité.

Au plan sécuritaire, nos forces de défense et de sécurité, dont je ne cesserai de louer le professionnalisme, ont continué à combattre vaillamment les terroristes et autres criminels qui menacent la sécurité de nos populations et de leurs biens.

Au plan économique et financier, les réformes structurelles que nous avons mises en œuvre, avec l’appui de nos partenaires internationaux, ont permis d’améliorer le profil de nos finances publiques et de préserver les grands équilibres macro-économiques. Les ressources allouées au budget d’investissement ont connu une augmentation significative. Malgré les aléas de la conjoncture internationale, les mesures nécessaires ont été prises pour maîtriser l’inflation et accroître la production locale. L’exécution de multiples projets s’est poursuivie ou a été lancée dans différents domaines, afin de répondre aux préoccupations des populations et d’améliorer leur bien-être.

Ainsi, l’offre en énergie électrique a continué de s’accroitre, avec l’entrée en service du barrage de Nachtigal et de nombreuses centrales solaires, principalement dans les régions septentrionales. La construction de nouvelles lignes de transport de l’électricité et la réhabilitation du réseau existant progressent. L’achèvement de ces chantiers permettra de mieux desservir les industries et les ménages en énergie électrique. J’ai par ailleurs instruit la reprise de la société ENEO, ce qui constitue une étape décisive dans la restauration de notre souveraineté énergétique et la maitrise de la réforme d’un secteur névralgique, qui nécessite d’importants investissements.

Des avancées significatives ont également été enregistrées dans l’approvisionnement en eau potable de nos populations, tant dans les centres urbains qu’en milieu rural. Les travaux de réhabilitation et d’extension des réseaux de distribution d’eau potable que nous avons engagés à cet égard vont s’intensifier, afin de répondre aux besoins en la matière.

La question de l’amélioration de la situation de nos infrastructures routières est, je puis vous l’assurer, au centre de mes préoccupations, comme des vôtres. Ainsi que je l’ai récemment annoncé, un programme spécial de réhabilitation des axes routiers dégradés et de construction de nouvelles routes sera lancé au courant de l’année qui commence. Il permettra notamment d’améliorer la mobilité urbaine et interurbaine, ainsi que l’accès aux bassins de production.

Dans la même lancée, nous poursuivrons avec plus d’intensité encore, les efforts visant à accroitre les performances des systèmes éducatif et de santé publique. Nous accorderons parallèlement une attention encore plus soutenue au développement du numérique, au renforcement de notre tissu industriel, à la transformation agro-alimentaire et à l’assainissement du climat des affaires.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Ainsi que vous l’aurez constaté, grâce au travail acharné du Gouvernement, avec la précieuse contribution de nos vaillantes populations, le Cameroun a poursuivi, d’un pas ferme, sa marche résolue vers le progrès. Cette réalité est visible, palpable, observable par tous. Bien évidemment, en période électorale, comme celle que nous venons de vivre et que nous vivrons encore dans les mois à venir, il est habituel que les candidats qui aspirent à bénéficier de la confiance des populations, se livrent à des déclarations qui n’ont rien à voir avec la réalité. Certains ont ainsi soutenu que rien, absolument rien, n’a été fait par le Gouvernement en place. Ils vous ont parallèlement promis monts et merveilles et ont prétendu résoudre, d’un coup de baguette magique, tous les problèmes auxquels vous êtes confrontés. Rien n’est plus faux. Je n’ai cessé et ne cesserai de vous mettre en garde contre ces marchands d’illusions.

Pour ma part, depuis mon accession à la magistrature suprême, j’ai fait le choix de vous dire la vérité. Je n’ai jamais essayé de vous dissimuler les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, du fait principalement d’un contexte international de plus en plus complexe. Ces difficultés qui retardent ou entravent la mise en œuvre des projets dédiés à l’amélioration de votre bien-être, ne sont cependant pas insurmontables. Nous l’avons prouvé hier. Nous le prouvons aujourd’hui et nous le prouverons encore demain, ensemble.

Fidèle à ce devoir de vérité que je viens d’évoquer, je n’ai pas de peine à reconnaitre, qu’en dépit du bilan appréciable que je viens de vous présenter, des efforts soutenus doivent encore être engagés sans délai, pour améliorer, de manière significative, vos conditions de vie. C’est ce à quoi s’attèlera en priorité, le Gouvernement que je mettrai en place dans les prochains jours.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Lors de la campagne électorale et dans mon discours de prestation de serment, j’ai eu l’occasion de vous présenter le programme que j’entends mettre en œuvre pour répondre à vos préoccupations, à vos aspirations et à vos demandes. Je voudrais vous redire, que l’amélioration de la situation des femmes et des jeunes sera au centre de mes priorités, tel que je m’y suis engagé. Le Gouvernement, sous mon autorité, veillera à la mise en œuvre effective du Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, dont les lignes directrices ont été présentées lors de ma prestation de serment. D’ores et déjà, une provision de 50 milliards de Francs CFA a été constituée dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2026. Elle est dédiée au financement des premières tranches des projets initiés par les jeunes.

Je veillerai également à l’application des mesures visant à améliorer la promotion des femmes et à garantir une plus grande participation des jeunes dans la gestion des affaires publiques. Je voudrais toutefois rappeler, qu’il n’est pas question de stigmatiser les autres tranches d’âge ou catégories de notre société. Au-delà du critère de l’âge et du genre, ce qui continuera à être privilégié dans l’accès ou le maintien aux postes de responsabilité, de même que dans les promotions, ce sont les qualifications, les compétences, la probité et l’engagement au service de l’intérêt général. Nous veillerons cependant à concilier, mieux que par le passé, jeunesse et expérience et, surtout, à combattre vigoureusement les injustices procédant de l’appartenance à tel ou tel groupe ethnique ou culturel, genre, religion, ou tranche d’âge. C’est ainsi que nous pourrons mieux promouvoir l’égalité des chances et permettre à des compétences trop souvent oubliées, à l’intérieur, comme dans la diaspora, de participer à la grande œuvre de construction nationale.

Mes chers compatriotes,

Conformément à l’appel que j’ai lancé lors de ma prestation de serment, je voudrais insister sur la nécessité d’intensifier nos efforts collectifs, pour promouvoir le vivre ensemble et consolider l’unité nationale, face au repli identitaire et aux discours de haine qui inondent l’espace médiatique et menacent les fondements mêmes de notre cher et beau pays, le Cameroun. Nous sommes un peuple réputé pour sa diversité. Nous sommes une mosaïque d’ethnies, de langues, de cultures et de religions, que beaucoup envient. Cette particularité est un atout indéniable et un motif de fierté. Nous nous devons de la capitaliser. C’est en effet notre plus grande richesse. Nous nous devons d’en faire le creuset de notre indispensable unité. Une unité qui sera d’autant plus forte, parce que forgée par cette volonté de vivre ensemble, qui nous caractérise également.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Je vous exhorte à tout mettre en œuvre pour préserver la paix et la stabilité de notre pays. Elles ont été mises à rude épreuve ces dernières années, notamment dans les Régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Elles l’ont également été à l’occasion des troubles qui ont émaillé la période post-électorale. Elles le sont au quotidien, à la faveur des atteintes à l’autorité de l’Etat qui se multiplient, du non-respect de la règle de droit qui se répand, du recours à la violence dans les paroles et les comportements qui a tendance à se généraliser, tout ceci adossé sur un sentiment rampant d’impunité. Ce n’est pas acceptable.

L’œuvre de construction nationale dans laquelle nous sommes résolument engagés ne saurait s’accommoder du désordre, de l’indiscipline et de l’impunité. Une reprise en main vigoureuse des secteurs concernés est indispensable. Nous allons nous y atteler sans délai. Nous allons poursuivre, avec une détermination accrue, nos efforts pour que le retour progressif à la normale que nous observons dans les régions sus évoquées, se consolide. Je fonde de réels espoirs dans les vertus du dialogue communautaire que j’ai récemment encouragé. J’invite les autorités administratives, les chefs traditionnels et les forces vives des régions concernées à s’y engager résolument.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Je voudrais vous réitérer mon appel au rassemblement dans l’intérêt supérieur de notre cher et beau pays. Je sais pouvoir compter, à cet égard, sur votre soutien indéfectible. Je vous réitère ma détermination à rester digne de la confiance que vous avez placée en moi. Je voudrais vous redire ce soir, ma confiance en l’avenir de notre pays. Je puis vous assurer que le meilleur reste à venir.

A toutes et à tous, je souhaite une bonne et heureuse année 2026.

Vive la République !

Vive le Cameroun !

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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre
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Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.

Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.

DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS

Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.

Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.

Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.

Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.

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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale
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Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.

Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.

L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.

Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».

Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.

Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.

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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total
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«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.

Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.

« République en pilotage automatique »

Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».

Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…

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