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Commerce intra-africain : Ecobank connecte 1 200 PME camerounaises via sa plateforme Single Market Trade Hub

(Investir au Cameroun) – Le groupe bancaire panafricain Ecobank intensifie sa stratégie en faveur du commerce intra-africain. La banque affirme avoir connecté 1 200 petites et moyennes entreprises (PME) camerounaises et référencé une centaine de produits locaux via sa plateforme numérique Single Market Trade Hub. L’annonce a été faite à la presse le 11 décembre 2025 à Douala, à l’occasion de la présentation de son Prix de « Banque de l’année 2025 » au Cameroun, décerné pour la deuxième année consécutive par le magazine britannique The Banker.
Lancée en 2023, Single Market Trade Hub met en relation acheteurs et vendeurs de biens et services à l’échelle du continent. Concrètement, une PME camerounaise qui produit des chaussures peut s’enregistrer sur la plateforme, être visible d’un client basé au Kenya et conclure la transaction via cet outil. La solution vise à sécuriser les opérations et à faciliter l’expansion des entreprises au-delà des frontières nationales, en leur offrant un canal unique d’accès à de nouveaux marchés africains.
Une montée en puissance rapide au Cameroun et en Afrique
Selon Ecobank, le nombre de clients inscrits au Cameroun a été multiplié par cinq en un an, passant de 219 en 2024 à 1 200 actuellement. À l’échelle du continent, le groupe revendique 12 000 entreprises et 1 300 produits connectés grâce à Single Market Trade Hub. Pour Gwendoline Abunaw, administratrice directrice générale d’Ecobank Cameroun et cluster Cemac, cette plateforme est un véritable « game changer » pour l’intégration économique africaine.
Cette dynamique intervient dans un contexte où le déficit d’infrastructures et l’absence d’intégration des systèmes de paiement intra-africains restent des freins majeurs au commerce entre pays africains. Dans cet environnement fragmenté, Single Market Trade Hub s’impose comme un outil de fluidification des échanges transfrontaliers, en donnant aux PME un cadre plus sécurisé et standardisé pour leurs opérations.
Un commerce intra-africain en reprise, mais encore marginal
D’après le rapport sur le commerce africain 2024 d’Afreximbank, les échanges intra-africains ont rebondi l’an dernier pour atteindre 220 milliards de dollars, soit une hausse de 12,5 % par rapport à 2023. Cela représente l’équivalent d’environ 124 000 milliards FCFA, sur la base d’un taux indicatif d’environ 1 dollar pour 560 FCFA. Dans le même temps, le commerce total de marchandises du continent a progressé de 13,9 % pour s’établir à 1 500 milliards de dollars, soit près de 840 000 milliards FCFA, effaçant la contraction de 5,4 % observée l’année précédente.
Malgré ce regain de dynamisme, l’Afrique reste marginale dans le commerce international, avec 3,3 % seulement des exportations mondiales. Les innovations technologiques comme Single Market Trade Hub ne constituent qu’une partie de la réponse. Pour que ces outils produisent pleinement leurs effets, banques, États et régulateurs devront également lever les rigidités réglementaires et les contraintes structurelles qui pèsent sur les flux commerciaux, afin de créer un environnement plus favorable au développement du commerce transfrontalier.
Frédéric Nonos
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Fichier solde : les salaires de 5 971 agents publics soupçonnés d’émigration redirigés vers le Trésor

(Investir au Cameroun) – Les salaires des mois de septembre et octobre 2026 de 5 971 agents publics camerounais considérés comme résidant toujours à l’étranger seront affectés à la Trésorerie-Paierie Générale de Yaoundé I, au lieu d’être virés suivant le circuit habituel. La mesure, annoncée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, dans un communiqué signé le 15 septembre, vise à vérifier la situation administrative de ces personnels avant le maintien ou la suspension de leur rémunération.
Selon le ministère des Finances, les 5 971 agents ont été identifiés après exploitation des données sur les mouvements des personnes aux frontières et des clarifications transmises par leurs administrations d’emploi. Ces informations conduisent encore l’administration à les considérer comme ne résidant plus au Cameroun.
La réaffectation de leurs rémunérations à la Trésorerie-Paierie Générale constitue toutefois une mesure conservatoire. Les agents concernés ne sont pas, à ce stade, automatiquement privés de leur salaire. Pour obtenir le paiement, ils doivent se présenter à la Direction de la dépense de personnel et des pensions du ministère des Finances et justifier leur situation.
Ils doivent notamment fournir une photocopie de leur passeport, un justificatif du motif de leur voyage à l’étranger et une attestation de présence effective au poste datant de moins de trois mois.
«Ces pièces permettront aux services compétents de procéder à l’examen de la situation administrative de l’intéressé et, le cas échéant, de lui délivrer le quitus nécessaire à la perception de sa rémunération auprès de la Trésorerie-Paierie Générale de Yaoundé I», indique Louis Paul Motazé.
Suspension des salaires après le 31 octobre
Le ministère fixe au 31 octobre 2026 la date limite de régularisation. Au-delà, les agents qui n’auront pas justifié leur situation administrative seront considérés comme ayant abandonné leur poste.
«Passé le 31 octobre 2026, les agents concernés qui n’auraient pas pu justifier leur situation administrative seront considérés comme ayant abandonné leur poste de travail et leur rémunération sera suspendue du fichier solde de l’État, conformément aux mesures d’assainissement en vigueur», prévient le ministre des Finances.
Le communiqué ne précise ni la masse salariale mensuelle correspondant aux 5 971 agents ni l’économie que pourrait réaliser l’État si une partie d’entre eux était finalement exclue du fichier solde. Il n’indique pas non plus leur répartition par administration ou par corps de métier.
Cette nouvelle vérification prolonge des contrôles fondés sur les mouvements transfrontaliers déjà engagés par le ministère des Finances. En février 2026, 3 442 personnels du ministère des Enseignements secondaires avaient notamment été sommés de justifier leur présence effective à leur poste après exploitation d’informations relatives à leurs déplacements hors du Cameroun.
Près de 6 000 radiations déjà prononcées dans le cadre du Coppe
Le dispositif s’inscrit plus largement dans l’assainissement du fichier solde engagé avec le Comptage physique des personnels de l’État (Coppe), lancé en 2018 afin d’identifier les agents continuant d’émarger au budget de l’État malgré une absence non justifiée, une démission ou d’autres situations administratives irrégulières.
Selon le ministère des Finances, cette opération a permis d’identifier et de retirer du fichier solde environ 10 000 agents publics fictifs, pour une économie budgétaire évaluée à environ 30 milliards de FCFA par an.
Le 27 novembre 2025 devant l’Assemblée nationale, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Lé, avait indiqué que 5 936 agents avaient déjà été radiés des effectifs de l’État à l’issue du traitement des dossiers liés au Coppe. Ce total comprenait 2 965 fonctionnaires révoqués et 2 971 agents relevant du Code du travail licenciés.
La procédure visant les 5 971 agents identifiés à partir des mouvements aux frontières ouvre désormais une nouvelle étape : leur nombre définitif dans le fichier solde ne sera connu qu’après l’examen des justificatifs attendus avant le 31 octobre.
BRM
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Filière bois : Sefeccam s’allie au belge LDCwood pour produire au Cameroun du fraké ThermoWood destiné à l’export

(Investir au Cameroun) – La Société d’exploitation forestière et commerciale du Cameroun (Sefeccam) va accueillir à Douala trois fours industriels destinés à la modification thermique du fraké, dans le cadre d’un partenariat conclu avec le producteur belge LDCwood et le négociant RTT Houtimport. L’installation doit permettre de réaliser au Cameroun une étape de transformation jusqu’ici effectuée à l’étranger sur ce bois tropical camerounais.
Selon une annonce publiée le 17 septembre 2026 par Lemahieu Group, maison mère de LDCwood, les trois fours seront fournis par le fabricant finlandais Jartek. Le fraké sera scié puis modifié thermiquement sur le site de Sefeccam à Douala avant d’être commercialisé sur les marchés internationaux sous une nouvelle marque, SanghaWood. LDCwood assurera la distribution auprès des importateurs, distributeurs et agents.
Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué. Les partenaires n’indiquent pas non plus la capacité des trois fours ni la date prévue pour le démarrage de la production. Selon le média professionnel Houtwereld, le projet se trouve encore au stade d’un accord de coopération et aucun calendrier précis n’a été rendu public.
Une transformation supplémentaire réalisée au Cameroun
L’intérêt industriel du projet tient au déplacement de la modification thermique vers le pays producteur. Jusqu’ici, LDCwood transforme notamment du fraké camerounais dans ses installations européennes. La société, productrice de ThermoWood depuis 2016, dispose actuellement de six fours de production selon les informations publiées par Lemahieu Group.
La modification thermique consiste à soumettre le bois à de fortes températures en présence de vapeur et sans ajout de produits chimiques. Le traitement modifie notamment son comportement face à l’humidité et améliore sa stabilité dimensionnelle ainsi que sa résistance à la dégradation biologique. Pour le fraké classé Thermo-D, le manuel 2025 de l’International ThermoWood Association fixe une température de traitement de référence de 212 °C, avec une tolérance de -2 °C à +5 °C.
Ces caractéristiques permettent de destiner le bois traité à des produits tels que les bardages, terrasses, menuiseries ou aménagements intérieurs, plutôt que de l’exporter uniquement sous forme de sciages.
Lemahieu Group présente le futur site de Douala comme la première unité africaine de production de ThermoWood. Cette formulation doit être distinguée de la modification thermique du bois au sens large : ThermoWood est une marque déposée appartenant à l’International ThermoWood Association et son utilisation est réservée aux entreprises autorisées par l’association. D’autres procédés de modification thermique sont déjà utilisés en Afrique, notamment en Afrique du Sud.
Un projet qui dépasse le simple sciage
Pour le Cameroun, le projet intervient au moment où les pouvoirs publics cherchent à accroître la transformation locale du bois. Les données de l’Institut national de la statistique citées en avril par Investir au Cameroun montrent qu’en 2025, les sciages sont restés le principal produit forestier exporté, avec 157,6 milliards de FCFA de recettes, mais que leurs volumes ont reculé par rapport aux années précédentes. Les exportations de grumes ont également diminué, tandis que les produits issus de transformations plus poussées restent encore minoritaires.
Sefeccam dispose déjà d’activités de sciage, séchage et rabotage de bois au Cameroun. L’entreprise indique gérer 499 433 hectares de superficies forestières et disposer de certifications couvrant notamment la chaîne de contrôle PEFC.
Le projet ThermoWood ajoute donc une opération industrielle supplémentaire avant l’exportation. Mais son effet économique ne peut pas encore être chiffré : ni l’investissement, ni les volumes de fraké qui seront traités au Cameroun, ni le nombre d’emplois supplémentaires attendus n’ont été rendus publics.
Baudouin Enama
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