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Emmanuel Noubissie Ngankam : « Barrage Hydroélectrique de Nachtigal : La vraie-fausse controverse »

L’actualité de ces dernières semaines au Cameroun a été, entre autres, marquée par les mutations survenues dans le secteur de l’électricité. Ces mutations tiennent en haleine l’opinion nationale, notamment les deux points nodaux que sont, d’une part, ce qui est convenu d’appeler la renationalisation d’ENEO et, d’autre part, les contours de l’exploitation du barrage hydroélectrique de Nachtigal assurée par l’entreprise NHPC (Nachtigal Hydro-Power Company).
S’agissant particulièrement de ce second point, il suscite une forte controverse, alimentée à la fois par des leaders d’opinion et les médias de tous bords. L’analyse, pertinente ou non, se dispute avec l’amalgame et parfois la désinformation, voire la manipulation, d’un public pour qui un seul fait compte : la persistance des délestages et des coupures d’électricité, alors même que l’entrée en fonction du barrage de Nachtigal et ses 420 MW était annoncée comme le début de la fin du rationnement de l’électricité.
Faut-il le rappeler, et toutes les études et analyses l’attestent, l’un des principaux facteurs limitants au développement économique et social du Cameroun, ainsi qu’à la compétitivité des entreprises, est le déficit structurel en énergie électrique. Qu’il s’agisse de la Vision 2035, de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND 30), de sa devancière le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), du Mémorandum de l’Économie Camerounaise de la Banque mondiale, du Cameroon Economic 2025 Update de juillet 2025 de la Banque mondiale, de la Stratégie de Développement Pays 2023-2028 (DSP) de la BAD, tous ces documents de référence font le même diagnostic et prescrivent la même médication en ce qui concerne l’amélioration de l’offre de l’énergie électrique au Cameroun. Le Tableau de Bord de l’économie camerounaise du 2ème trimestre 2025 publié par le GECAM révèle que 83,6% des entreprises indexent les perturbations et les difficultés d’accès à l’énergie électrique comme la principale faiblesse de l’environnement des affaires au Cameroun.
//Au-delà de l’accroissement de la capacité installée, Nachtigal est le relais permettant de procéder à la maintenance des barrages d’Edéa et Songloulou tous les deux à bout de souffle faute d’entretien //
Comme pour y donner un écho, le barrage hydroélectrique de Nachtigal, dont les premières études datent des années 70, s’est avéré être la clé de voûte de la solution à un problème structurel, du fait, entre autres, de sa capacité qui en fait la plus grande infrastructure du secteur au Cameroun. Bien plus, et au-delà de l’accroissement de la capacité installée qui, jusqu’à l’entrée en fonction de Nachtigal, stagnait autour de 1600 MW sur un potentiel de 12000 MW, ce barrage était et reste la solution idoine devant permettre de prendre le relais et d’assurer la maintenance des barrages d’Edéa construit dans les années 50 et Songloulou qui date de 1976 (environ 50 ans), tous les deux à bout de souffle faute d’entretien, ce qui représente un risque majeur d’un blackout total pour le Cameroun.
Au-delà de cette fonction stratégique qui a suscité beaucoup d’appétit, notamment celui du major des mines Rio Tinto qui a quitté le Cameroun sur la pointe des pieds en 2015 du fait, entre autres, des atermoiements autour de la réalisation de Nachtigal, une question de fond taraude les esprits et amplifie la controverse. Il s’agit du montage financier et du contrat de construction et d’exploitation du barrage avec, en ligne de mire, la clause du « Take or Pay » qui engage le distributeur ENEO (offtaker) à payer mensuellement environ 10 milliards de F CFA au consortium NHPC, que la production soit entièrement absorbée ou pas.
//La clause du « Take or Pay » présente de nombreux avantages pour toutes les parties prenantes//
La controverse autour de la clause du « Take or Pay », pour compréhensible qu’elle puisse être, relève tout simplement d’un déficit de connaissance des pratiques courantes dans le secteur de l’énergie pris au sens le plus large (pétrole, gaz et électricité). Cette clause, qui est l’élément clé de l’accord d’achat de l’électricité (Power Purchase Agreement – PPA),a prioricontraignante, présente de nombreux avantages pour toutes les parties prenantes.
- Pour l’État, cette clause permet une meilleure allocation des ressources publiques (la maximisation du financement de développement) dans ce sens qu’elle (la clause) facilite le Partenariat Public Privé (PPP), ce qui fait porter le poids du financement du projet par le secteur privé et oriente les ressources limitées de l’État vers les secteurs, notamment sociaux, peu attractifs pour les opérateurs privés.
- Pour les prêteurs et financiers, et dans le cas d’espèce EDF (Électricité de France) chef de file, IFC (Société Financière Internationale – Groupe de la Banque mondiale), l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA – Groupe de la Banque mondiale), Africa 50 (Groupe de la BAD), la clause Take or Pay constitue une forme de garantie en ce qui concerne la viabilité et le remboursement des investissements.
- Pour la société de projet, en l’occurrence NHPC, la clause est également une garantie de revenu, de stabilité financière et de l’exploitation optimale de l’infrastructure. Elle réduit considérablement le risque de défaut de paiement de la part de son client ENEO.
- Pour ENEO, et à travers lui l’État qui s’est porté garant, le Take or Pay permet de négocier de meilleurs coûts du kWh et, au-delà, un meilleur prix de l’électricité facturé aux consommateurs (ménages et entreprises). Cette clause est particulièrement avantageuse dans un contexte de volatilité, d’imprévisibilité et de vulnérabilité à des externalités.
Plus globalement et au-delà des avantages évoqués plus haut, la bonne exécution du contrat de production et d’achat de l’électricité entre NHPC et ENEO/État renforce l’attractivité du Cameroun dans un contexte où notre pays voudrait faire de son Compact Énergétique National un exemple, voire un modèle, dans le cadre de la Mission 300, initiative de la Banque mondiale et de la Banque Africaine de Développement (BAD) lancée en janvier 2025 et dont l’objectif est d’accélérer l’accès à l’énergie électrique à 300 millions d’Africains d’ici 2030. Le Compact énergétique du Cameroun, présenté en avril 2025 à Washington lors des Assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI, se veut être une boussole qui vise particulièrement à augmenter la qualité et la quantité d’énergie fournie aux consommateurs, améliorer la stabilité annuelle de l’accès à l’électricité et ce, en mobilisant environ 12,5 milliards de dollars US, (environ 7 751 milliards de CFA) dont 6,5 milliards de dollars (un peu plus de 50%) attendus du secteur privé.
Mais au-delà de ces avantages et de la pertinence du barrage de Nachtigal, des zones d’ombre demeurent et interpellent tous les maillons de la chaîne du secteur de l’électricité, car, faut-il le rappeler, NHPC en tant que producteur indépendant n’est que l’un des maillons auquel sont rattachés d’autres producteurs (barrages d’Edéa, de Songloulou et de Lagdo opérés par ENEO, le barrage de Memvele opéré par EDC, les centrales thermiques de Kribi et de Douala opérés par Globelec). En aval de la production et avant le distributeur, le maillon clé est le gestionnaire du réseau de transport, la SONATREL (Société Nationale de Transport d’Électricité) qui, depuis sa création en 2018, est responsable de l’exploitation, de la maintenance et du développement du réseau national de transport, de ses interconnexions avec d’autres réseaux et de la gestion des flux d’énergie.
//En aval de la production, les réseaux de transport et de distribution sont les maillons faibles de l’ensemble du système//
Cette dernière fonction, mal connue du grand public, fait de SONATREL LE Dispatcheur national de l’énergie électrique. C’est à elle qu’incombe au quotidien la responsabilité de réguler le niveau de production de chacun des producteurs. Il se trouve des moments de la journée où Nachtigal est contraint par le dispatcheur de réduire sa production jusqu’à 200 MW, le différentiel par rapport à la capacité optimale de 420-430 MW étant « déversé » dans la nature, même si contractuellement ENEO doit payer 412 MW.
Les autres maillons, notamment l’ARSEL (l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité), l’AER (l’Agence de l’Électrification Rurale) ont des missions définies dans la loi n°211/022 du 14 décembre 2011 régissant le secteur de l’électricité au Cameroun et les textes réglementaires spécifiques à ces entités.
Au regard de la situation actuelle du secteur, marquée entre autres sur le plan technique par un déficit de planification, la vétusté du réseau de transport et de distribution, la mauvaise conception du mix énergétique (le thermique étant conçu pour servir en base plutôt qu’en pointe), la vétusté des deux principales usines hydro-électriques Edéa et Songloulou, le système serait dans l’incapacité de supporter une production maximale du barrage de Nachtigal 24h/24. Et pour cause aux périodes creuses, le réseau de transport, qui est le maillon le plus faible du système, ne peut absorber la totalité de l’énergie produite.
Comme le prévoit le Compact Énergétique National, il devient impérieux de : (i) réviser la loi de 2011 susmentionnée en vue, entre autres, d’ouvrir le champ du transport à d’autres compétences, (ii) investir massivement dans la réhabilitation et l’extension des réseaux de transport et de distribution, (iii) engager un programme de maintenance des barrages d’Edéa, Songloulou et Lagdo grâce à l’optimisation de Nachtigal, (iv) redéfinir le rôle dévolu aux centrales thermiques qui ne devraient servir qu’en pointe et dont le coût du kWh est de près de 300 F CFA comparé à 65 F en moyenne pour l’hydro.
Toutes ces considérations techniques et bien d’autres, notamment la saine évaluation de l’opportunité de l’arrivée de nouveaux producteurs, iraient de pair avec la recherche de l’équilibre financier du secteur, véritable talon d’Achille.
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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.
La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.
Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.
Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.
DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.
La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.
Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.
Portrait
Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.
Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.
En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.
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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.
Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.
Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.
Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.
Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.
Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.
Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.
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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).
Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.
L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.
Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.
Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.
La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.
UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE
Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.
Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.
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