Actualités locales
l’artiste Ben Martins brise le silence face à la cabale
La tension est montée d’un cran au sein de la communauté artistique de la Haute-Sanaga. Une décision de suspension prise par la Corporation des Artistes de la Haute-Sanaga à l’encontre de deux de ses membres présumés, dont Ben Martins, a déclenché, ces derniers jours, une véritable tempête médiatique.
Dans une lettre datée du 26 novembre 2025, signée par la présidente Lorelle Pression, la corporation annonce la suspension « avec effet immédiat » de Ben Martins et Sylvain Rose, reprochant aux deux artistes des actes d’« insubordination », une « tentative de récupération du collectif » ainsi que la création d’un forum parallèle présenté comme illégal. Le bureau exécutif affirme que ces comportements menaceraient la cohésion et la paix au sein du groupe.
Mais l’affaire a rapidement pris une autre tournure. Dans un communiqué rendu public par BeMa Production, l’équipe managériale de Ben Martins rejette en bloc ces accusations et évoque une manipulation destinée à porter atteinte à la réputation de l’artiste.
Selon ce document, l’interprète et figure culturelle de la Haute-Sanaga « n’a jamais été membre » de la corporation en question, ne possède « aucune carte d’adhésion » et n’aurait jamais donné son accord pour figurer parmi ses membres. L’équipe parle de « diffamations » et qualifie les allégations de « pures inventions ».
Le communiqué insiste également sur la liberté des artistes de créer ou de rejoindre des associations culturelles en accord avec leur vision, rappelant qu’aucune structure ne peut revendiquer leur appartenance sans leur consentement. « Ne vous laissez plus tromper », conclut l’équipe de Ben Martins, remerciant fans et collègues pour leur soutien constant.
Face à ces versions contradictoires, le climat s’est visiblement crispé dans le département, où plusieurs artistes et acteurs culturels appellent désormais à un apaisement. Certains y voient un conflit interne lié à la représentativité culturelle dans la Haute-Sanaga, d’autres une querelle de leadership amplifiée par les réseaux sociaux.
Ben Martins, quant à lui, explique avoir tiré des leçons de cette crise : « La première leçon, c’est généralement qu’on n’est pas toujours roi chez nous. C’est déjà ça, sauf que je me rends compte que beaucoup de gens sont méchants. Ces méchants donnent l’impression d’être avec vous, mais sur votre dos, ils font des choses que vous ne pouvez pas imaginer.
Donc c’est déjà une leçon de prudence, savoir avec qui marcher, savoir comment marcher, mais aussi une leçon d’humilité, parce que j’ai choisi de venir auprès de mes frères. Il y en a beaucoup qui ne le sont pas, parce qu’on dirait que c’est la Corporation, mais ce ne sont pas tous les membres de la Corporation qui sont concernés, c’est beaucoup plus certains responsables.
Mais ce que j’ai retenu aussi, c’est qu’il y a beaucoup qui m’écoutent. Il y a beaucoup qui m’écoutent. J’ai décidé avec les autres de former un autre forum, parce qu’il nous faut toujours un espace d’échange, un espace d’entraide, un espace de débat.
Nous avons décidé de créer un autre forum et de solliciter la présence de tous nos frères qui partagent notre dynamique, partagent notre philosophie. Et grand été m’a surpris de voir le grand nombre. Ça ne va pas toujours nous attirer les fleurs, mais en quelques jours, nous
avons quand même gagné pas mal de lauriers.
C’est dans ce nouveau forum que nous voulons un forum beaucoup plus familial, un forum d’entraide qui pourra permettre aux artistes d’évoluer. C’est le peu que j’ai déjà reçu comme expérience. J’aimerais partager ça avec mes frères, mes jeunes frères, et pourquoi même pas mes aînés, parce qu’il y a certains de nos aînés qui chantent, mais qui n’ont pas le statut d’artiste.
Vous avez un artiste qui chante depuis 15 ans, qui n’a même pas une page Facebook, qui n’a pas de compte YouTube. Lorsqu’on a besoin de sa chanson, on fouille partout. La petite expérience que j’ai, j’aimerais partager ça avec mes frères. C’est dans ce sens que nous travaillons. Et nous demandons simplement à tous nos frères qui pensent qu’on peut leur apporter en plus de nous rejoindre. Merci ».
Nonobstant ces divergences, l’artiste Ben Martin poursuit sa carrière et annonce la sortie prochaine de son single « Je suis marié » en préparation de son deuxième album.
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Actualités locales
Filière bois : Sefeccam s’allie au belge LDCwood pour produire au Cameroun du fraké ThermoWood destiné à l’export

(Investir au Cameroun) – La Société d’exploitation forestière et commerciale du Cameroun (Sefeccam) va accueillir à Douala trois fours industriels destinés à la modification thermique du fraké, dans le cadre d’un partenariat conclu avec le producteur belge LDCwood et le négociant RTT Houtimport. L’installation doit permettre de réaliser au Cameroun une étape de transformation jusqu’ici effectuée à l’étranger sur ce bois tropical camerounais.
Selon une annonce publiée le 17 septembre 2026 par Lemahieu Group, maison mère de LDCwood, les trois fours seront fournis par le fabricant finlandais Jartek. Le fraké sera scié puis modifié thermiquement sur le site de Sefeccam à Douala avant d’être commercialisé sur les marchés internationaux sous une nouvelle marque, SanghaWood. LDCwood assurera la distribution auprès des importateurs, distributeurs et agents.
Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué. Les partenaires n’indiquent pas non plus la capacité des trois fours ni la date prévue pour le démarrage de la production. Selon le média professionnel Houtwereld, le projet se trouve encore au stade d’un accord de coopération et aucun calendrier précis n’a été rendu public.
Une transformation supplémentaire réalisée au Cameroun
L’intérêt industriel du projet tient au déplacement de la modification thermique vers le pays producteur. Jusqu’ici, LDCwood transforme notamment du fraké camerounais dans ses installations européennes. La société, productrice de ThermoWood depuis 2016, dispose actuellement de six fours de production selon les informations publiées par Lemahieu Group.
La modification thermique consiste à soumettre le bois à de fortes températures en présence de vapeur et sans ajout de produits chimiques. Le traitement modifie notamment son comportement face à l’humidité et améliore sa stabilité dimensionnelle ainsi que sa résistance à la dégradation biologique. Pour le fraké classé Thermo-D, le manuel 2025 de l’International ThermoWood Association fixe une température de traitement de référence de 212 °C, avec une tolérance de -2 °C à +5 °C.
Ces caractéristiques permettent de destiner le bois traité à des produits tels que les bardages, terrasses, menuiseries ou aménagements intérieurs, plutôt que de l’exporter uniquement sous forme de sciages.
Lemahieu Group présente le futur site de Douala comme la première unité africaine de production de ThermoWood. Cette formulation doit être distinguée de la modification thermique du bois au sens large : ThermoWood est une marque déposée appartenant à l’International ThermoWood Association et son utilisation est réservée aux entreprises autorisées par l’association. D’autres procédés de modification thermique sont déjà utilisés en Afrique, notamment en Afrique du Sud.
Un projet qui dépasse le simple sciage
Pour le Cameroun, le projet intervient au moment où les pouvoirs publics cherchent à accroître la transformation locale du bois. Les données de l’Institut national de la statistique citées en avril par Investir au Cameroun montrent qu’en 2025, les sciages sont restés le principal produit forestier exporté, avec 157,6 milliards de FCFA de recettes, mais que leurs volumes ont reculé par rapport aux années précédentes. Les exportations de grumes ont également diminué, tandis que les produits issus de transformations plus poussées restent encore minoritaires.
Sefeccam dispose déjà d’activités de sciage, séchage et rabotage de bois au Cameroun. L’entreprise indique gérer 499 433 hectares de superficies forestières et disposer de certifications couvrant notamment la chaîne de contrôle PEFC.
Le projet ThermoWood ajoute donc une opération industrielle supplémentaire avant l’exportation. Mais son effet économique ne peut pas encore être chiffré : ni l’investissement, ni les volumes de fraké qui seront traités au Cameroun, ni le nombre d’emplois supplémentaires attendus n’ont été rendus publics.
Baudouin Enama
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Industrie : le savon de ménage entre dans le top 10 des exportations du Cameroun avec des ventes de 53 milliards en 2025

(Investir au Cameroun) – Le savon de ménage s’est hissé en 2025 au 9e rang des principaux produits d’exportation du Cameroun, devant le caoutchouc brut. Selon le Rapport sur l’état de la compétitivité de l’économie camerounaise en 2025, récemment publié par le Comité de compétitivité, les savons de ménage en morceaux ont représenté 1,7 % des recettes d’exportation du pays au cours de l’année.
Le produit intègre ainsi un groupe encore largement dominé par les matières premières et les produits issus de leur première transformation. Selon le Comité de compétitivité, le cacao brut en fèves a représenté 25,8 % des recettes d’exportation en 2025, devant les huiles brutes de pétrole (22,5 %), le gaz naturel liquéfié (11,6 %), la pâte de cacao (8,3 %), les bois sciés (5,3 %), le coton brut (4 %), le beurre de cacao (3,7 %) et la banane (2,2 %). Le savon de ménage arrive ensuite avec 1,7 %, devant le caoutchouc brut, crédité de 1,4 %. Selon le rapport, ces dix produits ont généré près de 86,4 % des recettes d’exportation du Cameroun.
Les données de l’Institut national de la statistique (INS) permettent de mesurer la progression du savon. Le Cameroun en a exporté 74 208 tonnes en 2025, contre 56 624 tonnes en 2024, soit une hausse de 17 584 tonnes ou 31,1 %. Dans le même temps, la valeur de ces exportations est passée de 34,286 milliards à 52,938 milliards de FCFA, en augmentation de 54,4 %.
La valeur des exportations a donc augmenté beaucoup plus rapidement que les volumes. Rapportée aux quantités expédiées, la valeur moyenne ressort à environ 713 400 FCFA la tonne en 2025, contre 605 500 FCFA l’année précédente, soit une progression de près de 17,8 %. Les statistiques disponibles ne permettent pas de déterminer dans quelle mesure cette évolution provient des prix de vente, de la composition des produits exportés ou de changements dans les marchés de destination.
Le Nigeria, débouché important
Les données détaillées les plus récentes disponibles par destination remontent notamment à 2023. Cette année-là, le Cameroun avait exporté pour 27 milliards de FCFA de savons vers le Nigeria, sur des ventes totales de 39,5 milliards de FCFA vers ce pays. Le savon représentait ainsi 68 % des exportations camerounaises à destination du marché nigérian.
Rapportés aux 51,57 milliards de FCFA de savons exportés par le Cameroun dans le monde en 2023, les 27 milliards expédiés vers le Nigeria représentaient environ 52 % des recettes d’exportation de ce produit cette année-là. Les données disponibles ne permettent pas d’établir si cette proportion s’est maintenue en 2025.
La progression du savon place ainsi parmi les dix premiers produits d’exportation camerounais un bien issu d’une transformation industrielle locale. Mais cette industrie dépend fortement de l’approvisionnement des raffineries et savonneries en huile de palme.
Des capacités de transformation encore sous-utilisées
Cette contrainte reste importante. Fin 2025, Tarek Daoud, directeur général d’Opalm, évaluait le déficit national d’huile de palme à environ 300 000 tonnes. De son côté, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, estimait à 1,2 million de tonnes les capacités de raffinage des oléagineux installées au Cameroun. Faute de matière première suffisante, les unités de transformation n’utiliseraient généralement que 40 à 50 % de ces capacités.
Le gouvernement avait déjà autorisé en 2023 l’importation de 200 000 tonnes d’huile de palme pour approvisionner les raffineries et savonneries, contre 143 000 tonnes initialement prévues. Les performances à l’exportation du savon coexistent donc avec une dépendance persistante de l’industrie à des approvisionnements extérieurs en matière première.
Brice R. Mbodiam
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