Actualités locales
Mort de Mgr Benoît Bala : le silence des institutions, la parole des morts


Il est des moments où l’histoire semble suspendue, où les peuples, dans leur chair et leur mémoire, attendent un signe, une parole, un geste qui viendrait rompre le silence et redonner souffle à la nation.
Le Cameroun traverse aujourd’hui l’un de ces instants critiques, où l’immobilisme du pouvoir devient une forme de vacance, et où les morts, dans leur silence obstiné, finissent par parler plus fort que les vivants.
Le procès en cours sur l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, loin de se limiter à l’horreur d’un crime, agit comme un révélateur. Il rouvre, comme par effraction, le dossier de l’assassinat de Monseigneur Jean-Marie Benoît Bala, dont le corps avait été retrouvé en 2017 dans les eaux du fleuve Sanaga, et dont la mort fut hâtivement classée comme un suicide par noyade. À l’époque déjà, les conclusions officielles, appuyées par une autopsie prétendument allemande, avaient suscité l’incrédulité. Dans un sursaut de conscience, j’étais allé jusqu’au siège d’Interpol à Lyon pour vérifier ce que l’État refusait de dire. Aujourd’hui, le tribunal militaire de Yaoundé, dans un étrange retournement, laisse entrevoir que ces deux affaires pourraient n’en faire qu’une — deux visages d’un même système de dissimulation.
Et pourtant, face à cette résurgence de la vérité, un silence assourdissant persiste. La Conférence des Évêques du Cameroun, pourtant directement concernée, ne se constitue pas partie civile. Ce silence, cette absence, cette abstention, disent quelque chose de plus profond : la peur, peut-être ; la lassitude, sans doute ; mais surtout, l’effritement d’un pacte moral entre les institutions et le peuple.
Car le Cameroun est bel et bien bloqué. Depuis la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat, le pays semble figé dans une attente sans fin. Aucun gouvernement n’a été formé. Les nominations, quand elles surviennent, sont interprétées comme des signes sibyllins, des fragments d’un discours de politique générale que nul n’a entendu, mais que certains prétendent lire entre les lignes d’une prestation de serment. Ainsi, la nomination d’un procureur général à la Cour suprême devient, dans les colonnes de la presse, le prélude d’un renouveau. Mais de quel renouveau parle-t-on, lorsque les institutions se taisent, lorsque les morts réclament justice, et que les vivants n’osent plus parler ?
Le blocage du Cameroun n’est pas seulement politique. Il est moral. Il est institutionnel. Il est spirituel. Il est le fruit d’un système qui, à force de se refermer sur lui-même, a cessé de répondre aux aspirations profondes de son peuple. Il est le symptôme d’un pouvoir qui confond la durée avec la légitimité, le silence avec la paix, l’immobilité avec la stabilité.
Et pourtant, rien n’est inéluctable. L’histoire, même lorsqu’elle semble figée, porte en elle les germes du sursaut. Ce sursaut viendra peut-être de la société civile, des voix libres, des consciences éveillées. Il viendra de ceux qui, comme Martinez Zogo, ont payé de leur vie le prix de la vérité. Il viendra de ceux qui refusent de se taire, de ceux qui, dans l’ombre, continuent de croire que la justice n’est pas un luxe, mais une exigence.
Le Cameroun n’est pas condamné à l’immobilisme. Mais il lui faut retrouver le souffle d’un projet commun, la force d’un récit national, la clarté d’un cap. Il lui faut, surtout, réapprendre à écouter ses morts — non pour s’y enfermer, mais pour mieux servir les vivants.
ALLONS SEULEMENT JUSQU’AU BOUT!
NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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Pour l’instant, l’Afrique réussit totalement sa Coupe du monde
Le journaliste français Hervé Penot s’est réjoui de la qualification des Lions de la Téranga du Sénégal en 16e de finale de la Coupe du monde et du parcours actuel des équipes africaines.
Après avoir très mal démarré leur compétition, les Lions du Sénégal, champions d’Afrique en titre, ont étrillé l’Irak 5-0, avant de profiter du match nul 1-1 entre l’Égypte et l’Iran pour valider sa qualification.
Selon Hervé Penot, l’Afrique réussit parfaitement son tournoi et peut même espérer, en plus des 7 qualifiés, en ajouter deux autres, à savoir l’Algérie et la République Démocratique du Congo.
Le Senegal qualifie. Parfait pour l’Afrique qui pour l’instant réussit totalement sa Coupe du monde. Côte d’Ivoire, Maroc, Cap-Vert, Égypte, Afrique du Sud, Sénégal, Ghana en attendant RDC et Algérie. Quasi un carton plein ? », a commenté Hervé Penot.
La République Démocratique du Congo va tenter de se qualifier dans le Groupe K. Pour cela, il faudra battre l’Ouzbékistan.
De son côté, l’Algérie devra battre l’Autriche ou à défaut, décrocher le nul, pour valider sa qualification.
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Le maire de Douala et le Comité de Direction de la SOCADEL en séance de travail

L’édile de la ville de Douala Roger Mbassa Ndine a tenu une séance de travail avec le Comité de Direction de la Société Camerounaise d’Électricité, SOCADEL.
La séance de travail qui a réuni les équipes de la Communauté urbaine de Douala et le Comité de Direction de la Société Camerounaise d’Électricité, SOCADEL, le vendredi 26 juin 2026.
L’équipe de la Société Camerounaise d’Électricité, SOCADEL était conduite par le Directeur Général et le Directeur Général Adjoint, récemment installés dans leurs fonctions.
Cette rencontre tenue en présence des nouveaux responsables de cette structure a porté sur « les missions de la SOCADEL, ses perspectives d’action ainsi que les axes de collaboration avec la Communauté Urbaine de Douala, dans le cadre du développement local et de l’accompagnement des projets structurants de la Ville. »
Pour sa part, le maire de Douala Roger Mbassa Ndine a évoqué l’importance d’une gouvernance efficace, orientée vers les résultats, au service de la transformation de Douala et de l’amélioration du cadre de vie des populations.
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Émile Bassek ba Kobhio inhumé dans son village natal de Nindjé

La dépouille du cinéaste et Délégué général du festival Écrans Noirs, Émile Bassek ba Kobhio, est portée en terre ce samedi 27 juin 2026 à Nindjé, dans la commune de Ndom. La cérémonie rassemble autorités, acteurs du monde culturel et proches du défunt.
La terre de Nindjé, dans la commune de Ndom, département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral, accueille ce samedi 27 juin 2026 la dépouille d’Émile Bassek ba Kobhio. Cinéaste camerounais et africain, le cinéaste et Délégué général du festival Écrans Noirs est inhumé dans son village natal, en présence de nombreuses personnalités.
Représentant personnel du Chef de l’État, le ministre des Arts et de la Culture, Ismaël Bidoung Kpwatt, a pris part aux cérémonies funéraires. À ses côtés, de nombreux cinéastes, hommes et femmes de culture, autorités administratives, traditionnelles et religieuses, ainsi que des amis, collaborateurs et connaissances, sont venus rendre un dernier hommage à celui qui a consacré sa vie à la promotion du septième art.
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