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Louis-Marie Kakdeu : « je suis né à Banka. Dieu n’a pas demandé mon avis. Je suis Bamiléké… »

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Louis-Marie Kakdeu : « je suis né à Banka. Dieu n’a pas demandé mon avis. Je suis Bamiléké… »

L’universitaire et homme politique dénonce l’extrémisme en politique.

Coup de gueule – : A bas la logique alimentaire et la logique identitaire !

Je suis né à Banka. Dieu n’a pas demandé mon avis. Je suis Bamiléké et j’ai l’avantage d’avoir voyagé partout à travers le pays et à travers le monde. Je suis allé à Lolodorf, à Campo, à Akom 2, à Gobo, à Pouss, à Doukoula, à Koza, etc., et j’ai vu la même misère sur le visage des populations locales. L’opinion dominante veut me faire croire que mon ennemi, c’est EUX, ces populations démunies qui souffrent comme moi.

L’opinion me demande de m’attaquer aux gens qui ne m’ont rien fait et qui, pour beaucoup, sont aussi dans l’incompréhension. Nous sommes des citoyens dotés du sens de discernement et comme moi, disons NON ! Je décide de faire de la lutte contre l’opinion identitaire mon combat personnel !

Ne me cherchez donc pas dans le camp des extrémistes et autres radicaux qui ont des comptes à régler avec Paul Biya ou certaines personnes de son régime. Nous sommes des adversaires. Nous ne nous entendrons pas et nous ne nous entendrons jamais. J’avais indiqué que l’extrémisme pouvait remporter les élections et que si c’était le cas, je demeurerai dans l’opposition ! Je ne me porterai jamais candidat sous la bannière de l’extrémisme et du radicalisme ! J’appelle les extrémistes à assumer publiquement leur position au lieu de fonctionner sous des pseudonymes, en vue de renforcer la transparence sur la scène publique. Assumez-vous!

Je vous mets à l’aise: Toute décision politico-administrative crée TOUJOURS des lésés et des profiteurs. Les citoyens lésés crieront leur colère en oubliant qu’il y a une autre catégorie de citoyens profiteurs qui crient plutôt leur joie. Crier relève de l’émotion alors que penser et agir relève de la raison. Je n’ai aucun problème personnel avec Monsieur Biya, ni avec les Bulus, ni avec les personnes âgées.

J’ai l’avantage d’avoir dit au Président Biya lui-même pourquoi j’allais retourner au Cameroun pour être contre son régime. C’était à Montreux en 2010. Je ne comprenais pas ce qui nous manquait pour reproduire la Suisse au Cameroun au lieu de devoir s’y rendre près de 120 jours par an en « courts séjours privés ». Je suis rentré au Cameroun pour faire de mon pays d’origine un mini-paradis sur terre comme la Suisse.

Si vous recherchez des SOLUTIONS pour lutter contre la vie chère, le chômage, la corruption, etc., alors je me rendrai disponible pour le débat. Je ne suis pas rentré au Cameroun pour pousser les jeunes dans la rue, piller, casser, brûler, vandaliser, etc. Je ne suis pas entré en politique pour utiliser les jeunes comme « chair à canon » en vue de conquérir le pouvoir.

C’est regrettable que des Africains soient encore à ce niveau: sacrifier des milliers de personnes pour obtenir le même système comme en Côte d’Ivoire en 2010. J’ai l’avantage d’avoir une assez bonne connaissance des acteurs politiques actuellement sur la scène politique camerounaise et je pus vous dire, si vous aimez entendre la vérité, que plusieurs sont pires que Biya. Il ne faut pas toujours croire à la personne qui crie au voleur en premier.

D’ailleurs, les extrémistes qui portent les projets haineux au Cameroun se contredisent au quotidien, reproduisant exactement ce qu’ils reprochent au régime en place. On ne peut pas rejeter un régime de 43 ans au pouvoir et plébisciter les bourreaux qui ont passé plus de 30 ans dans ce régime à différentes positions stratégiques ou de répression. On ne peut pas rejeter un homme fatigué de 92 ans et plébisciter un autre qui a plusieurs actes de naissance et qui aurait plus ou moins le même âge.

On ne peut pas dire que les jeunes n’ont pas d’avenir et avoir pour premier acte politique, la nomination d’une personne très fatiguée de 80 ans comme porte-parole. On ne peut pas dire qu’on est chômeur et se vanter d’avoir voté pour le ministre de l’emploi qui a échoué à donner le travail aux jeunes. On ne peut pas dire que le bilan politique ne compte pas à une élection ainsi que le projet de société et exiger le bilan des 43 ans de l’autre, etc. Vous comprenez que c’est le NOUS qui a toujours raison contre le EUX destiné à avoir toujours tort ; c’est la définition du populisme et je ne veux pas y être associé.

Je recentre mon action pour animer les citoyens qui recherchent des SOLUTIONS. Le candidat que j’ai accompagné en 2025 a porté des SOLUTIONS pour le Cameroun. Ces solutions ont été plébiscité par les EXPERTS comme étant la meilleure offre sur la scène politique camerounaise, la SND-30 ne pouvant pas être considéré comme étant le programme du RDPC au pouvoir. Je suis FIER d’avoir appartenu à cette équipe. Nous avons fait notre part pour l’histoire.

Nous n’avions aucun plan DIABOLIQUE à proposer pour plaire aux extrémistes et ne pouvions pas être élu. L’arnaque a consisté à faire croire aux citoyens qu’il y aurait une catégorie de « bons » parmi les diables ou encore que l’on pouvait transiter par l’enfer pour arriver au paradis. L’arnaque a consisté à expliquer que l’on votait le « bon diable » pour chasser le « mauvais diable ».

L’arnaque a consisté à faire croire qu’il y avait la bonté parmi les attributs du diable et qu’une fois élu, le diable sera assez « gentil » pour céder le pouvoir au « bon Dieu ». Même les prêtres et autres pasteurs qui ont défendu cette logique satanique étaient très loin de la logique biblique, du moins chrétienne, et faisaient partie intégrante de l’arnaque.

J’ai eu mal que mon Eglise, l’église catholique, n’ait pas saisi l’occasion de la Présidentielle pour imposer sa doctrine sociale que je maîtrise assez bien. Cela a fait très mal d’entendre certains prêtres et évêques recommander de voter pour le diable. L’église humaine a montré son côté diabolique et cela laissera des traces dans le coeur de VRAIS chrétiens. J’ai eu mal que les syndicalistes et autres délégués du personnel avec qui nous avons travaillé sur les causes des travailleurs pendant 3 ans aient choisi à la dernière minute de s’aligner derrière les bourreaux qui les ont combattus depuis plus de 30 ans.

Si c’est ça la politique, à quoi servirait-il encore de faire un travail structuré ? J’ai eu mal que la prétendue société civile, surtout celle qui défend les droits humains, ait choisi de soutenir les bourreaux qui violent les droits humains au quotidien et répriment les citoyens depuis plusieurs décennies. Dans un tel contexte, à quoi sert-il encore de militer pour les droits humains ? J’ai compris que la société civile camerounaise ne fait que le business de l’humanitaire et qu’elle a besoin de soutenir le bourreau pour que le business continue.

(A suivre Part 3, demain)

Louis-Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National SDF

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Aboubakar Nagida dans le viseur du Borussia Dortmund : Rennes face à un dossier brûlant

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Révélation du début de saison avec le Stade Rennais, Aboubakar Nagida suscite l’intérêt du Borussia Dortmund. Le club allemand, réputé pour miser sur les jeunes […]

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les renseignements secrets de l’État ont-ils servi les intérêts privés d’Amougou Belinga ?

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les renseignements secrets de l’État ont-ils servi les intérêts privés d’Amougou Belinga ?
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Une enquête de Jeune Afrique, ainsi que des éléments issus de dossiers antérieurs et des témoignages recueillis lors du procès de Martinez Zogo, soulèvent des interrogations : les ressources et les informations des services de renseignement camerounais ont-elles été détournées au profit des intérêts privés de l’homme d’affaires et patron de presse Jean-Pierre Amougou Belinga ?

Depuis plus de trois ans, l’assassinat du journaliste Martinez Zogo a mis en lumière des rouages ​​qui, en temps normal, resteraient dissimulés au regard du public : les liens entre des personnalités privées influentes et certains officiers chargés des opérations de renseignement les plus sensibles au Cameroun.

Aujourd’hui, les allégations publiées par Jeune Afrique, mises en perspective avec des éléments déjà évoqués devant le tribunal militaire de Yaoundé, soulèvent une question plus vaste.

Jean-Pierre Amougou Belinga — homme d’affaires à la tête du groupe médiatique L’Anecdote et de la chaîne de télévision Vision 4 — a-t-il bénéficié d’informations issues de l’appareil de sécurité de l’État camerounais, à des fins dépassant le cadre de la seule affaire Martinez Zogo ?

Dans une enquête publiée le 18 septembre 2026, Jeune Afrique affirme que le lieutenant-colonel Justin Danwe, ancien directeur des opérations au sein de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), a transmis des informations confidentielles alors qu’il était en poste au sein de ce service de renseignement.

Selon cette enquête, Justin Danwe aurait fourni des données de surveillance à des personnalités influentes extérieures au service, tout en entretenant des liens étroits avec Amougou Belinga. Ce dernier aurait ainsi tiré parti des ressources de la DGRE pour surveiller des ministres et d’autres hauts responsables de l’État.

Jeune Afrique avance par ailleurs que les informations obtenues par ces canaux auraient pu servir à exercer des pressions ou à consolider des relations avec des personnalités puissantes, tant au Cameroun qu’à l’étranger.

Le magazine cite, parmi les relations internationales d’Amougou Belinga, le dirigeant togolais Faure Gnassingbé, le président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, ainsi que le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra.

Toutefois, les éléments publiés ne permettent pas d’établir que ces dirigeants étaient au courant de ces activités de renseignement, qu’ils les aient sollicitées ou qu’ils y aient pris part.

Ces allégations demeurent, à ce stade, de simples allégations. Aucune juridiction n’a établi qu’Amougou Belinga gérait un réseau de renseignement privé, ni qu’il a utilisé des informations confidentielles pour exercer une influence sur les dirigeants étrangers mentionnés par Jeune Afrique.

Néanmoins, d’autres éléments, déjà versés au débat public, confèrent une assise plus solide à cette affaire.

Amougou Belinga avait précédemment reconnu avoir reçu des informations de la part de Danwe

La relation entre l’homme d’affaires et l’officier de renseignement n’est pas apparue pour la première fois dans l’enquête publiée par Jeune Afrique en septembre.

En 2023, le magazine a fait état d’un volumineux dossier d’enquête constitué à la suite de l’enlèvement et de l’assassinat de Martinez Zogo. Selon les éléments rapportés sur cette enquête, Amougou Belinga a reconnu avoir rencontré Danwe à plusieurs reprises.

Plus significatif encore, l’homme d’affaires aurait déclaré que Danwe lui fournissait des renseignements concernant la frontière avec la République centrafricaine, des informations qui s’avéraient utiles à ses intérêts commerciaux.

D’après le compte-rendu de sa déposition, Amougou Belinga a indiqué que Danwe se rendait dans ses bureaux pour lui transmettre des informations, recevant en retour de petites sommes d’argent – ​​ce que l’homme d’affaires a qualifié d’aide pour couvrir des frais de transport ou d’autres besoins.

Le même dossier d’enquête précise qu’Amougou Belinga a reconnu avoir reçu de Danwe des informations relatives à des pays étrangers où il possédait des intérêts commerciaux ou envisageait des investissements.

Ces déclarations ne prouvent pas que des documents classifiés ont été transmis illégalement, et ne permettent pas non plus d’établir l’ampleur ou le degré de sensibilité des informations en question.

Elles mettent toutefois en évidence un élément important : selon les propos rapportés de sa propre déposition, Amougou Belinga n’a pas nié qu’un officier de renseignement lui ait communiqué des informations ayant servi ses activités commerciales privées.

Cette relation a pris une importance accrue à mesure que de nouveaux éléments ont été révélés au cours du procès de l’affaire Martinez Zogo.

Le tribunal a été saisi d’allégations selon lesquelles le ministère des Finances aurait fait l’objet d’une surveillance

Le 1er juin 2026, le professeur Georges Bell Bitjoka a comparu devant le tribunal militaire de Yaoundé en qualité d’expert en investigation numérique dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo.

Son témoignage portait sur des données extraites d’appareils électroniques appartenant à plusieurs personnes liées à l’enquête.

Selon les comptes-rendus d’audience, Bell Bitjoka a déclaré au tribunal qu’entre décembre 2021 et 2022, Amougou Belinga aurait demandé à Danwe de surveiller le ministère camerounais des Finances et de lui en faire rapport.

Cette allégation est particulièrement significative, car elle dépasse le cadre de simples échanges informels sur la sécurité régionale ou les conditions économiques. Le ministère des Finances est l’une des institutions avec lesquelles les entreprises d’Amougou Belinga ont entretenu des relations importantes, marquées par des différends.

Des documents issus d’enquêtes antérieures, examinés dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, font état d’un litige fiscal impliquant des sociétés du groupe L’Anecdote, ainsi que d’un redressement fiscal d’environ 10,9 milliards de francs CFA.

Ces mêmes documents révèlent que Danwe communiquait, par ailleurs, avec Modeste Mopa Fatoing, alors haut responsable du fisc, qui avait dirigé la Direction générale des impôts du Cameroun.

L’existence de ces relations ne suffit pas, en soi, à établir une faute de la part de Mopa, ni à prouver que des informations obtenues auprès du ministère des Finances ont été transmises illégalement à Amougou Belinga.

Toutefois, les témoignages recueillis devant le tribunal soulèvent une question directe qui dépasse le cadre de l’assassinat de Martinez Zogo : un haut responsable de la DGRE a-t-il été sollicité pour mobiliser des capacités de renseignement afin d’obtenir, au profit d’un homme d’affaires privé, des informations concernant un ministère ?

Communications supprimées et ce que révèlent réellement les preuves numériques

Les preuves numériques présentées lors du procès de Martinez Zogo ont également mis en évidence des échanges importants entre Danwe et Amougou Belinga.

Bell Bitjoka a témoigné que les enquêteurs avaient découvert des traces de nombreuses communications entre les deux hommes, à une période correspondant à l’enlèvement et au décès de Martinez Zogo.

Selon les comptes-rendus d’audience, l’analyse technique a permis d’identifier 26 appels audio et un appel vidéo, tandis que des échanges via WhatsApp avaient été supprimés. Les enquêteurs se sont également appuyés sur des informations extraites du téléphone de la secrétaire d’Amougou Belinga pour identifier un contact qui aurait servi aux échanges entre l’homme d’affaires et Danwe.

L’expert a par ailleurs évoqué des données de géolocalisation situant Danwe dans des zones associées à Amougou Belinga durant la période examinée.

Toutefois, un aspect du témoignage de Bell Bitjoka est tout aussi significatif que l’interprétation incriminante donnée à certaines de ces données.

D’après le compte-rendu de l’audience rapporté par Legal237, l’expert a précisé que l’analyse des communications disponibles ne permettait pas, en soi, d’établir un lien direct entre Amougou Belinga et l’assassinat de Martinez Zogo.

Un autre compte-rendu judiciaire indique que les appareils appartenant à Amougou Belinga, soumis à expertise, n’ont révélé aucun élément concret établissant directement une telle implication.

Cette distinction est capitale.

L’existence d’appels, de messages supprimés et de rencontres peut constituer un élément du faisceau de preuves, mais leur signification demeure sujette à débat. L’accusation, la défense et, in fine, le tribunal pourraient en tirer des conclusions divergentes.

Amougou Belinga nie avoir ordonné ou pris part à l’enlèvement, à la torture ou à l’assassinat de Martinez Zogo.

Un téléphone introuvable demeure au cœur de l’affaire

Les enquêteurs ont également consacré beaucoup de temps à tenter de localiser un téléphone attribué à Amougou Belinga.

Cet appareil est revenu au centre des débats lors du procès en septembre et octobre.

Le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du Service central des recherches judiciaires de la gendarmerie et 35e témoin de l’accusation, a déclaré au tribunal que les enquêteurs avaient tenté de retracer l’appareil après que celui-ci a cessé d’être détecté par les réseaux de télécommunication. Selon les récits de son témoignage, tant la carte SIM que l’identifiant IMEI du téléphone ont cessé d’émettre.

Ce téléphone revêt une importance particulière, car Danwe avait précédemment affirmé avoir transmis à Amougou Belinga une vidéo liée à l’opération menée contre Martinez Zogo.

Un rapport d’enquête antérieur indique que la secrétaire d’Amougou Belinga a confirmé le passage de Danwe dans son bureau et la réalisation d’un échange de contenu vidéo, tout en précisant qu’elle ignorait la nature de ce que contenait ladite vidéo.

Le téléphone que les enquêteurs souhaitaient examiner n’a jamais été retrouvé.

Le tribunal ne dispose donc que de traces de communications et de témoignages sur ce qui a pu transiter entre les deux hommes, sans pour autant avoir accès à un appareil crucial qui, selon les enquêteurs, aurait pu permettre de clarifier la nature de leur relation.

Comment les allégations impliquant les services de renseignement s’articulent avec l’affaire Martinez Zogo

Martinez Zogo a été enlevé à Yaoundé le 17 janvier 2023. Son corps, atrocement mutilé, a été retrouvé quelques jours plus tard.

Avant sa mort, le journaliste de la radio Amplitude FM avait évoqué à plusieurs reprises des faits présumés de corruption et des questions liées aux dépenses publiques dans son émission très suivie, « Embouteillage ». Il avait publiquement critiqué Amougou Belinga et s’était interrogé sur des décaissements du Trésor public dont aurait bénéficié l’homme d’affaires.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapporte que, peu avant sa disparition, Zogo avait confié à un confrère avoir reçu des menaces. Le CPJ a également documenté ses travaux journalistiques portant sur des allégations impliquant des personnalités influentes du gouvernement et du monde des affaires.

L’enquête sur son assassinat a fini par conduire devant la justice plusieurs hauts responsables des services de renseignement du pays.

Danwe a reconnu avoir organisé une opération contre Zogo ; toutefois, ses déclarations concernant l’identité du commanditaire et l’objectif visé par cette opération ont varié au fil de l’enquête et du procès.

En 2023, Reporters sans frontières a indiqué que Danwe leur avait confié avoir orchestré une opération visant à intimider le journaliste, affirmant avoir agi sur instruction d’Amougou Belinga.

Au cours des différentes étapes de la procédure, Danwe a livré des versions divergentes sur la chaîne de commandement.

Lors des audiences de septembre 2026, il a soutenu avoir reçu des instructions concernant Martinez Zogo avant même sa rencontre avec Amougou Belinga, et a appelé son ancien supérieur à la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, à assumer ce qu’il a qualifié de « part de responsabilité » qui lui incomberait.

Il ne s’agit là que des affirmations de Danwe ; il appartient désormais au tribunal de déterminer quelle version — si tant est qu’il y en ait une — est étayée par l’ensemble des éléments de preuve.

Les chefs d’accusation retenus contre Amougou Belinga

Dans cette affaire, la distinction entre « allégation » et « chef d’accusation » revêt une importance capitale.

Jean-Pierre Amougou Belinga figure parmi les 17 accusés renvoyés devant le tribunal en lien avec les événements ayant conduit à l’enlèvement, à la torture et à la mort de Martinez Zogo.

Selon le dossier judiciaire consulté par le Comité pour la protection des journalistes, les charges retenues contre Amougou Belinga ont finalement été qualifiées de complicité de co-perpétration d’actes de torture. Danwe fait face à des chefs d’accusation plus larges, notamment la complicité de co-perpétration d’arrestation et de séquestration, de torture et de meurtre, ainsi que la violation de consignes.

Les accusés ont plaidé non coupables.

Dire qu’Amougou Belinga est jugé pour son rôle présumé dans l’assassinat de Martinez Zogo est donc, dans les grandes lignes, une manière exacte de présenter l’affaire ; en revanche, affirmer qu’il a été reconnu coupable de meurtre, ou que le tribunal a déjà établi qu’il avait ordonné cet assassinat, dépasserait la réalité juridique actuelle.

Aucun jugement n’a, à ce jour, établi sa culpabilité.

La défense conteste l’enquête

Le procès fait l’objet d’une vive contestation. Lors des audiences des 12 et 13 octobre, les avocats ont interrogé le lieutenant-colonel Bialo sur le déroulement de l’enquête – notamment sur le traçage des communications téléphoniques, les conditions de son intégration à la commission d’enquête mixte, ainsi que les circonstances dans lesquelles le nom d’Amougou Belinga est apparu dans le dossier.

Le lieutenant-colonel Bialo a précisé au tribunal qu’il n’était pas le responsable initial de l’enquête, ayant rejoint la commission en remplacement d’un autre officier. Les avocats de la défense ont soulevé des interrogations quant à l’absence de son nom sur la liste initiale des membres de la commission.

Lors de l’audience du 13 octobre, Bialo a également indiqué que c’est l’ancien directeur de la DGRE, Eko Eko, qui a évoqué pour la première fois le nom d’Amougou Belinga dans le cadre de l’enquête, et non les enquêteurs qui auraient, de leur propre initiative, orienté leurs investigations vers l’homme d’affaires.

Ces échanges s’inscrivent dans la stratégie de la défense, qui cherche à remettre en cause les modalités de collecte des preuves ainsi que la genèse des accusations.

Toutefois, ces éléments ne permettent pas de trancher l’allégation – distincte – selon laquelle Danwe aurait, par le passé, transmis des informations à Amougou Belinga, ni de confirmer le témoignage affirmant que l’homme d’affaires lui aurait demandé de surveiller le ministère des Finances.

Une interrogation plus large sur les services de renseignement camerounais

C’est précisément sur ce point que l’enquête publiée par Jeune Afrique en septembre prend toute son importance.

L’allégation centrale ne se limite pas au simple fait qu’un officier du renseignement ait entretenu des liens avec un homme d’affaires.

Le texte décrit un système au sein duquel des rapports confidentiels, des données de surveillance et des éléments de renseignement auraient pu sortir de la DGRE pour servir d’outils dans des luttes politiques ou commerciales.

Le magazine dépeint un service de renseignement fragmenté, marqué par des centres de pouvoir concurrents et des rivalités internes, où l’information devient une marchandise plutôt que de demeurer strictement réservée aux impératifs de sécurité nationale.

Ces affirmations, d’une portée plus vaste, n’ont pas encore été examinées ni confirmées devant le tribunal. Néanmoins, certains aspects de la relation au cœur de cette affaire sont déjà documentés par ailleurs.

Il a été rapporté qu’Amougou Belinga aurait reconnu que Danwe lui fournissait des informations utiles à ses intérêts commerciaux. Un expert en investigation numérique a témoigné qu’Amougou Belinga aurait demandé à Danwe de surveiller le ministère des Finances.

Le tribunal a pris connaissance d’éléments attestant d’échanges très fréquents entre les deux hommes.

Par ailleurs, les enquêteurs ont examiné des communications effacées et ont tenté, sans succès, de retrouver un téléphone qu’ils jugeaient potentiellement crucial pour l’enquête sur l’affaire Martinez Zogo. Aucun de ces faits, pris isolément ou dans leur ensemble, ne suffit à démontrer la thèse avancée par Jeune Afrique.

Ils soulèvent toutefois des interrogations qui dépassent la simple question de la culpabilité ou de l’innocence des accusés dans le procès de Martinez Zogo.

Qui a autorisé la collecte de renseignements qui auraient été transmis à des particuliers ?
Quelles informations ont été partagées ?
Le personnel de la DGRE a-t-il utilisé les capacités de surveillance de l’État à des fins étrangères à la sécurité nationale ?
Les hauts responsables étaient-ils au courant ?
Et quelles garanties existaient pour empêcher que les renseignements recueillis par l’État ne soient utilisés dans le cadre de différends privés, qu’ils soient d’ordre commercial ou politique ?

Ces questions prennent une importance nouvelle, car elles ne reposent plus uniquement sur des témoignages anonymes concernant le fonctionnement des services de renseignement camerounais.

Elles apparaissent désormais dans les dossiers d’instruction, les déclarations des accusés et les témoignages recueillis lors des audiences publiques.

Alors qu’il a débuté par l’assassinat brutal d’un journaliste, ce procès révèle, de plus en plus, une réalité bien plus vaste : la manière dont les services de renseignement, les puissances privées, les intérêts commerciaux et les institutions étatiques ont pu s’entremêler à huis clos.

Le tribunal militaire de Yaoundé n’a pas encore rendu son verdict dans l’affaire Martinez Zogo.

En attendant, les allégations relatives à une responsabilité pénale ne sont pas établies, et les accusés bénéficient de la présomption d’innocence.

Mais, quel que soit le verdict final, les éléments de preuve et les allégations qui ont fait surface soulèvent une autre problématique à laquelle le Cameroun pourrait devoir faire face : celle de savoir si certains des outils de renseignement les plus sensibles de l’État ont été mis à la disposition de personnes auxquelles ils n’étaient absolument pas destinés.

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Guerre en Ukraine : des manifestations pacifiques dans plusieurs villes du Cameroun

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE LE COLLECTIF « RAMENEZ NOS FILS ET NOS FRÈRES » ENVISAGE DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES DANS PLUSIEURS VILLES DU CAMEROUN Douala, le 22 […]

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