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« La sortie du FCFA par le Cameroun est juridiquement possible » – Analyse

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« La sortie du FCFA par le Cameroun est juridiquement possible » – Analyse
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« La sortie du FCFA par le Cameroun est juridiquement possible » – Analyse

De l’avis d’Anicet Duprix Mani, la question de la création d’une nouvelle monnaie souveraine ou commune avec d’autres pays ne se fera pas dans les antichambres, si jamais le Cameroun décide un jour de prendre cette voie.

Lire ici sa sortie :

RÉPONSE À UN FOLLOWER

Question : « PAT DEPUIS 2011, À CHAQUE ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE J’ENTENDS DE VOUS LES GENS DU RDPC QUE LE CAMEROUN VA QUITTER LE FRANC CFA ET QUE LA PROCÉDURE EST DÉJÀ LANCÉE, QU’EN EST-IL EXACTEMENT 21 ANS PLUS TARD ? »

Ma réponse :

Déjà la période électorale est la mauvaise période pour avoir de vraies et bonnes informations sur les politiques économiques et sociales, car en cette période chacun va de ses élucubrations les plus farfelues pour juste défendre son candidat, mais si tu veux connaître la vérité il faut juger les faits et rien que les faits.

Quitter le franc CFA et créer une nouvelle monnaie : quelle procédure ? Ou quelle procédure les pays qui ont quitté le CFA ont déclenché jusqu’ici à savoir la Guinée, Madagascar, l’Île Maurice, le Mali etc…?

Déjà la sortie d’une monnaie ou d’une zone monétaire signifie l’adoption ou création d’une nouvelle monnaie. Il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit mais des actes officiels posés de manière assumée.

L’annonce de la rupture avec la zone Franc et le retrait progressif de la BEAC, du Cameroun ne se feront pas en catimini mais de façon officielle. La question de la création d’une nouvelle monnaie souveraine ou commune avec d’autres pays ne se fera pas dans les antichambres, si jamais le Cameroun décide un jour de prendre cette voie.

La faisabilité d’un tel projet repose sur une procédure complexe, à la fois juridique, institutionnelle et technique, qui ne peut se limiter à une simple déclaration politique sur Facebook.

  1. La décision politique et juridique

La création d’une nouvelle monnaie est d’abord un acte de souveraineté. Conformément au traité signé avec la France le 13 novembre 1961, traité qui fait suite au décret N 61-877 du 31 juillet 1961 signé conjointement par les Présidents Degaule et Ahidjo, les ministres Maurice Couve de Murville et Réné Okala, le Cameroun garde l’entière souveraineté de ses décisions et politiques, et peut quand il le veut sortir de la coopération monétaire avec la France et les pays de la zone Franc d’Afrique Centrale.

Sur le plan juridique, la sortie suppose une notification officielle à la BEAC et aux autres États membres, conformément aux traités fondateurs.

Le Cameroun doit ensuite adopter une loi nationale ou un acte constitutionnel consacrant l’abandon du FCFA et l’adhésion à une nouvelle politique monétaire.

Cette étape est fondamentale : sans base juridique claire, la crédibilité de la future monnaie serait compromise.

  1. La négociation financière avec la BEAC et la France

Le FCFA est arrimé à l’euro par un accord de coopération monétaire signé entre La CEMAC et la France. Quitter cette zone suppose donc :

La liquidation des avoirs extérieurs du Cameroun logés à la BEAC ;

La récupération d’une partie des réserves de change centralisées (dans le cadre de la garantie de convertibilité) ;

La redéfinition des liens financiers avec les autres pays de CEMAC utilisant le CFA.

Cette phase de négociation est souvent délicate car elle conditionne les ressources initiales qui permettront de soutenir la nouvelle monnaie.

  1. La création d’une banque centrale nationale ou commune si jamais le Cameroun s’engage dans une union monétaire

Une fois la décision actée, le Cameroun doit créer une institution monétaire propre :

Une banque centrale nationale, avec une coordination régionale minimale.

Les missions de cette nouvelle institution seraient :

L’émission de la monnaie ;

La définition de la politique monétaire ;

La régulation du système bancaire ;

La gestion des réserves de change.

Le choix institutionnel (monnaie commune vs monnaie nationale) reflétera la cohésion politique du Cameroun.

  1. Le choix du régime de change

Toute nouvelle monnaie doit s’inscrire dans un régime de change crédible. Trois scénarios principaux sont possibles :

Arrimage fixe à une devise forte (euro, dollar, yuan), cela entraîne la stabilité mais une dépendance ;

Flottement pur, cela entraîne une autonomie monétaire mais forte volatilité et risque d’inflation ;

Arrimage à un panier de devises → compromis permettant une flexibilité contrôlée.

Le choix du régime dépendra des priorités : stabilité des prix, soutien aux exportations, ou autonomie maximale.

  1. La phase de transition technique

La mise en circulation de la nouvelle monnaie implique :

Le retrait progressif du FCFA en circulation ;

L’impression et la distribution des nouveaux billets et pièces ;

L’adaptation des systèmes bancaires, des contrats commerciaux et des logiciels de paiement ;

Une campagne massive de communication pour rassurer la population et éviter la spéculation.

  1. Les mesures d’accompagnement économiques

Pour assurer la crédibilité de la nouvelle monnaie, plusieurs mesures sont nécessaires :

Constitution de réserves de change suffisantes (en devises et éventuellement en or) ;

Mise en place de contrôles temporaires des capitaux pour limiter la fuite des devises ;

Développement d’une politique budgétaire prudente, afin d’éviter que la nouvelle monnaie ne soit immédiatement affaiblie par les déficits publics ;

Recherche de partenariats monétaires ou commerciaux avec d’autres pays (par exemple le Ghana ou le Nigéria) pour élargir la base de soutien à la monnaie.

En conclusion

La sortie du FCFA par le Cameroun est juridiquement possible et politiquement envisageable. Toutefois, le Cameroun n’a pas à ce jour engagé une telle démarche. Il y a certes eu des reformes pour permettre une autonomie plus accrue du CFA, mais ces reformes ne sont pas des actes de sorties, mais des actes d’amélioration qui veulent aussi dire une adhésion pointue. Je rappelle juste que la BEAC est entrain de construire son nouveau siège du Cameroun pour sortir de ses anciens locaux qui appartiennent plutôt au gouvernement.

Le débat est ouvert pour ceux qui veulent y participer intelligemment et respectueusement.

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